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(O) CHAUVELIER, Françoise – La Porte verte

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19:02
4 décembre 2008


Victoria

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La Porte verte


De toute sa hauteur grise le mur s'élève et plante son immense masse comme une gigantesque lame de guillotine dans le bleu du ciel. À ses pieds la fureur de la ville. Et l'absence terrible d'ombre. La lumière éclabousse l’espace d'aiguilles de verre qui fouillent et déchirent les yeux. Pantos marche et ne cesse de se retourner dans l'espoir, peut-être, qu'on le rejoigne ou avec les hésitations de qui laisse en arrière un ami cher, un moment de bonheur, une maison aux odeurs d'enfance et aux recoins devenus minuscules sous le coup des années passées. Pantos vient dans ce quartier depuis trois mois. Comme ça, juste pour voir, pour respirer l'air d'ici, pour prendre une part infime de ce lieu. Il dépasse un premier carrefour puis, fidèle à l'habitude, ralentit en passant devant une porte verte coincée de guingois entre un bar et un magasin de poupées anciennes. Derrière la vitrine, une profusion de dentelles et de rubans, de boucles de cheveux morts auréolant des visages de porcelaine, et des yeux vides dans ces miniatures d'humains. Pantos chaque fois est légèrement mal à l'aise mais la porte verte est là, juste à côté et la porte verte est son rendez-vous. Le bar constitue d'ailleurs un bon prétexte pour s'arrêter sans éveiller les soupçons. En perpétuels travaux il oppose souvent aux regards ses vitres blanchies à l'eau de chaux. Parfois l'entrée est grande ouverte sur les sifflements des plâtriers ou des peintres. Pantos peut alors stationner et se plonger dans l'observation du va-et-vient des ouvriers. Un jour, il s'est approché de la porte verte et tout en feignant de se retourner pour reprendre son chemin, il a exercé une légère pression sur l'huis qui n'a pas bougé. Pantos a pu jeter un coup d'oeil sur le petit rectangle d'aluminium placé à mi-hauteur du chambranle de la porte. Les chiffres  sont légèrement effacés, visiblement tous fréquemment utilisés tout au long des dernières années. Rien ne laisse deviner ce que peut être l'actuel code. L'air affairé ou le pas dilettante, selon les couleurs du ciel ou celles de son coeur, Pantos fait pèlerinage ici chaque semaine. Il erre, déambule, circule. C'est selon. Certains jours il s'arrête même pour attendre et manifeste ostensiblement tous les signes de l'impatience, il s'invente des rendez-vous, consulte sa montre avec d'amples gestes du bras, se parle à lui-même :
« Déjà onze heures, ça fait un quart d'heure de retard, je vais partir je crois, je ne peux tout de même pas passer ma journée ici ». » Et rien ni personne ne le retiennent en effet. Alors il rebrousse chemin le sourcil foncé de celui qui a perdu son temps et le coeur lourd de cette solitude sans fond qu'il connaît bien maintenant. La semaine passée il commençait à repartir et il s'était retourné une dernière fois, comme ça, juste pour voir, pour respirer encore un peu de cet air là devant la porte verte. Un homme en sortait à l'instant ; il avait le corps à moitié engagé dans l'ouverture et Pantos avait déjà fait demi tour, pressant l'allure sans oser courir. Lorsqu'il était arrivé devant la porte celle-ci achevait de se refermer sur son secret, un escalier ou un vestibule à moins que ce ne soit un couloir. L'homme s'éloignait. Pantos s'était senti très jaloux de la connaissance que l'inconnu avait des lieux. Il aurait pu, il aurait dû le rattraper, exiger qu'il ouvre la porte. Pantos avait en bouche mille prétextes, une enquête sur l'habitat du quartier, la curiosité du promeneur, l'oubli d'un code donné par un ami qu'il l'attendait. Il aurait pu raconter une passion dévorante pour les porches, les halls, les narthex et prostyles, les seuils, les grilles et autres goulets. Il aurait pris un léger accent pour justifier sa démarche, les étrangers à Paris s'intéressent à tout et n'importe quoi. Il aurait évoqué son projet de revenir avec un appareil photographique si le lieu en valait vraiment la peine.
« Vous comprenez, je repère d'abord le terrain, les photographies noir et blanc coûtent si cher, bien sûr pour ce genre de sujet il n'y a que le noir et blanc… » L'homme s'était éloigné, Pantos rêvait encore autour de l'occasion manquée. Il était tard, une petite bruine se posait sans bruit sur le trottoir, les voitures se faisaient rares et dans les arbres les moineaux s'égosillaient autour de leurs nichées voraces  et bruyantes. Pantos était reparti le coeur gros. Ça aurait pu être un si beau jour.

Un soir, alors que Pantos entame une de ses campagnes de rangement qui lui tiennent lieu de parade contre la progression sournoise et persévérante de l'ennui, il décide d'ouvrir le grand tiroir de son bureau. Depuis des années il y dépose toutes les traces autour desquelles il brode sa vie, oubliant que celle-ci n'a plus grand-chose à voir avec ce qu'il a vécu auparavant, s'accrochant donc à de menus et dérisoires vestiges d'un temps qu'il ne peut oublier. Il s'agit essentiellement de carnets et papiers de toutes tailles sur lesquels il a pris des notes devenues totalement énigmatiques tant elle disent laconiquement les événements passés et les émotions. Parfois Pantos ne peut que sourire à la lecture de ces réflexions allusives ou codées dont le sens a définitivement disparu. Il a toujours aimé les formules qui suggèrent, les figures de rhétorique qui jouent sur l'implicite, les approches indirectes, voyant en elles plus de force et de vérité que dans la moindre liste comptabilisant les fait de l'existence. Ainsi a-t-il pris l'habitude de remplacer sur son agenda les remarques de type de : «Dix heures rendez-vous chez le dentiste » et « Dix-huit heures cinéma avec Claire ou Jérémy », par des annotations d'une autre nature. « Quinze heures très exactement » ou « Place de la Sorbonne au pied de la statue d'Auguste Comte ». « Quinze heures, peut-être était-ce le jour où il pleuvait tant alors que nous devions aller voir les roses dans les jardins de Bagatelle ?… À moins que ce ne soit la fois où… » Qu'importe en fait ! Ce travail de déchiffrement, Pantos en sait l'inanité et il mesure bien le risque qu'il y a à vouloir soumettre tous ces papiers à un énième examen maniaque d'interprétation. C'est en lui que doivent reposer maintenant les sédiments de son histoire, et la consultation de son tiroir ne peut rien lui apprendre qu'il ne sache déjà. Il n'empêche, Pantos ne se résout jamais au moindre tri et il garde ses papiers aussi abscons soient-il avec l'obstination des gens qui ne veulent ni le deuil ni l'oubli et pour lesquels les pèlerinages sont un calvaire et une accusation portée contre leur mémoire défaillante.
 Ce soir donc, Pantos ouvre le grand tiroir de son bureau. Depuis sa dernière inspection quelques élastiques et trombones y ont été jetés en désordre. Il retrouve aussi deux ou trois lettres auxquelles il a certainement répondu et qu’il a glissées là, en attente d'une éviction pure et simple qu'il n'a pas effectuée sur le coup par scrupule ou dans l'espoir de renouer avec le désir d'un véritable échange épistolaire. Le tiroir est devenu ainsi au cours des mois passés une sorte de purgatoire pour la correspondance qu'il reçoit, lui évitant la mauvaise conscience qu'il aurait à jeter une lettre aussitôt lue et le regret d'avoir détruit par précipitation l'opportunité d'une possible relation. Pantos fouille sans entrain et sans but, déplaçant un carnet, feuilletant un cahier duquel s'échappe un petit carton. Il se baisse pour le ramasser, se souvenant y avoir noté une adresse, l'adresse de la porte verte justement. Il replace le bristol dans le cahier puis le ressort. Sans intention particulière il pose les yeux sur les mots qu'il sait sans surprise. Il les a lus tant de fois qu'il peut en indiquer avec certitude la place, nom de la rue, numéro de téléphone et même l'endroit exact où son index gauche a laissé une légère auréole dont il ne connaît pas l'origine, lui si soigneux dès qu'il a affaire à des papiers ou à des livres. Cette fois sans savoir pourquoi, Pantos garde le petit carton à la main. Il ne veut pas particulièrement le lire mais se surprend à le faire avec une concentration nouvelle, accompagnant chacune signe de toute son attention. C'est au moment précis où il recommence à déchiffrer l'adresse qu'il prend conscience d'une anomalie. Il a la curieuse impression d'un décalage, une sorte de déséquilibre juste niveau du chiffre qu'il vient de relire. Pantos approche le bristol de la lampe de son bureau, reprend sa lecture et là, soudain, il réalise son erreur. Non pas une erreur sous ses yeux, mais une erreur qu'il commet chaque semaine en se rendant là-bas, devant la porte verte, comme ça, juste pour voir, pour respirer le même air, pour prendre une part infime de ce lieu où la porte verte s'appuie de guingois sur un magasin de poupées anciennes. Sous le coup de cette découverte son coeur s'emballe, il cogne et s'arrête, se rebelle face à ces deux chiffres lus et sus et pourtant étranges, il accroche ses pulsations désordonnées au plus profond de sa gorge, il écrase son larynx qui lui coupe le souffle. Incrédule Pantos lit et relit l'adresse. Rien n'y fait. Tout est conforme, il se rend bien chaque semaine dans la rue indiquée mais il s'est jusque-là trompé de numéro. Oh probablement n'y a-t-il qu'une cinquantaine de mètres, cent peut-être au grand maximum entre le numéro de la porte verte et celui qu'il a sous les yeux. Mais c'est toute sa familiarité avec ce bout de rue qui est bouleversée et remise en cause ; elle n'a plus sens ni légitimité. Son émotion à reconnaître la poignée de cuivre, à discerner une éraflure nouvelle sur la peinture verte, sa tendresse pour le rideau grisâtre qui occulte l'unique fenêtre du rez-de-chaussée, le plaisir qu'il a à saluer une ou deux personnes qu'il a croisées à plusieurs reprises en ce même lieu, tout cela fait de lui non pas un habitant de l'immeuble mais un habitué dont le bien-fondé des allées et venues hebdomadaires ne saurait être discuté. Et c'est tout cela que le petit carton, ce bristol légèrement taché dénonce d'un signe, d'un chiffre qui prend d'un seul coup une importance folle. Pantos se sent coupable d'une faute impardonnable mais n'en comprend pas la raison. Certes il a perdu beaucoup de temps à espérer l'opportunité d'une rencontre qui avait peu de chance de se produire là où il allait, mais au fond cette rencontre à l'improviste a-t-elle la moindre chance de se faire un jour quel qu’en soit l’endroit? Pantos jette le cahier dans lequel il a glissé l'adresse et repousse brutalement le tiroir de son bureau. Il est, plus que déçu, triste. Il va devoir renoncer à ces infimes familiarités, le trajet, le choix du trottoir, la satisfaction qu'engendre la reconnaissance des lieux. Il va lui falloir apprivoiser une réalité qui lui est encore étrangère, à moins qu'il ne décide à l'instant de ne plus jamais retourner dans cette rue. Il vient d'être dépouillé de ce qui faisait le petit bonheur de ses semaines, de cette idée totalement artificielle certes mais oh combien réconfortante, qu'il reste toujours quelque chose d'un lien avec un être cher quand on sait où il dort. Et il croyait savoir mais il se trompait. Cette erreur, Pantos la ressent comme une trahison, comme un douloureux abandon, comme une seconde rupture. Depuis des mois il a persisté à dire son amour par ce rituel hebdomadaire qui le conduit devant une porte verte appuyée de guingois contre un magasin de poupées anciennes, refusant de donner raison à ceux qui prédisent la mort inéluctable d’un amour non partagé. Seulement il s'est trompé de porte ! Ridicule ! Pantos ricane d'amertume.

Le lendemain Pantos se prépare rapidement. Sa décision est prise, il va retourner sur les lieux et mener calmement son enquête pour repérer la nouvelle adresse. Sur place il sait qu'il ne pourra éviter un pincement au coeur mais il ne peut rester ainsi, l’âme toute chiffonnée autour du désarroi dans lequel l'a plongé sa découverte. Il décide de prendre le bus qui le conduira rapidement dans le quartier qu'il avait l'habitude de rejoindre à pied en un long cheminement rêveur et vagabond. Sitôt habillé il part avec l'excitation du chasseur, débarrassé de toute appréhension et pressé d'en découdre. Il est cependant un peu dépité quand, descendant du bus, il constate qu'il lui faut remonter la rue dans la direction d'un quartier qu'il n'aime guère. Il marche à longues enjambées pour affermir ses intentions et finit par découvrir une immense porte vitrée sans charme qui annonce une habitation très cossue. Alors qu'il arrive une femme sort en laissant la porte se refermer lentement derrière elle. C'est le moment où jamais. Pantos repousse résolument le battant et pénètre dans un hall en pierre blanche s'ouvrant sur une belle cour carrée où se glissent quelques timides rayons de soleil. Un homme y est occupé à planter des fleurs entre des arbustes sagement taillés. Pantos se dirige vers lui avec l'assurance désinvolte de qui se sait à sa place et l’interroge sur l'existence d'une société dont le siège correspondrait à cette adresse. L'homme, content de cette diversion lui fournit les renseignements attendus. Pantos met rapidement fin à l'entretien pour ne pas éveiller la méfiance de celui qui se révèle être le gardien de l'immeuble. Se dirigeant vers la sortie que de larges vitraux modernes colorent maintenant de taches dorées, il l'avertit de son envie de jeter un rapide coup d'oeil sur l'architecture intérieure du bâtiment. Les escaliers s'enroulent autour d'une cage d'ascenseur ancien où la moindre partie de cuivre brille doucement sous la lumière diffractée du soleil. Le tapis large et épais étouffe le bruit des pas. Pantos commence à monter doucement dans le fracas des battements de son coeur. Sur chaque palier il découvre une unique porte de chêne clair avec une lourde poignée fraîchement astiquée, un bouton de sonnette, et pas le moindre nom. Entre chaque étage il s'arrête, l'oreille tendue dans l'attente d'un son dont il sait à l'avance qu'il provoquera sa fuite paniquée tant il a peur de se faire surprendre ici sans avoir la moindre explication à fournir. Pourtant à sa peur se mêle aussi la détermination du prédateur, cette sorte de fièvre qui soutient l'action en cours. Monter une marche, poser l’autre pied sur la suivante pour donner l'illusion du mouvement alors qu'on est figé dans la plus totale immobilité à l'affût du silence et de ce qui pourrait le troubler, prendre l'air dégagé en cachant tous les signes de la tension la plus extrême. Pantos est totalement absorbé par la décomposition méthodique de chacun de ses mouvements. Il serait bien incapable en cet instant de dire quelle proie il vise et ce qu'il surveille, n’ayant conscience que de ses gestes arrêtés comme autant d’instantanés d'images de son corps qu'un réalisateur de film muet juxtaposerait sans se préoccuper de l'histoire racontée. Ainsi Pantos parvient au quatrième et dernier étage devant une ultime porte tout aussi silencieuse et close que les autres. Il écoute un long moment avec une attention si forte que les pulsations de son sang et l'assèchement de sa bouche se fondent dans un vacarme terrible. C'est le sifflement de l'air passant entre ses lèvres qui le ramènent brutalement à la réalité. Pantos fait demi-tour et descend mécaniquement d'une traite les quatre étages. Il débouche dans le hall tout fleuri de soleils multicolores, pousse la grande porte vitrée, se retrouve sur le trottoir, épuisé, nauséeux, plein d'un grand chagrin incompréhensible de gosse abandonné.

Depuis cette expédition Pantos n'est jamais retourné dans la rue, là-bas, juste pour voir, pour respirer le même air, pour prendre une part infime de ce lieu qui n'est pas le sien. Pourtant il a eu bien plus d’informations en une seule fois que tout au long des mois précédents. Jamais il n'a franchi le seuil de la porte verte, jamais il n'a pu savoir quel couloir, quel escalier ou vestibule se trouve derrière. Sentinelle égarée il avait la constance des modestes sans grand destin. Paradoxalement l'immeuble à la porte vitrée n'a pas opposé de résistance lors de sa première et unique visite, livrant mille détails à partir desquels Pantos pourrait rêver : « Quel étage habite-t-elle ? Prend-elle l’ascenseur ? Non, elle doit monter à pied, rien ne l'essouffle. Dort-elle côté rue ou côté cour ? Le matin le soleil inonde les fenêtres du quatrième, peut-être doit-elle fermer les volets… Enfin si elle est bien au quatrième… Mais je me souviens, elle n’aime pas l'ombre… »
Pantos ne rêve pas, il ne rêve plus ; il évite du moins ; rêver fait souffrir. De toutes les façons il ne veut pas apprivoiser cette porte vitrée, glacée, hautaine, prétentieuse. Elle ne lui plaît pas. Dans le grand tiroir de son bureau les carnets et cahiers dorment et aucune main ne vient plus jamais les déranger. Parfois un regard les frôle encore et Pantos dans un murmure léger comme un soupir s’inquiète de ce que la vie peut se tromper.
Là-bas la porte verte appuyée de guingois sur le magasin de poupées anciennes s'ouvre et se ferme sur les heures et bonheurs d'autres. Un peu plus haut la grande porte vitrée bâille d'un air digne et compassé. Et à l'autre bout de cette même rue l'ombre au pied du grand mur, semblable à une lame de guillotine plantée dans le ciel tant il est haut, s'allonge chaque jour un peu plus.

19:17
4 décembre 2008


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