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(O) DEGANDT, Alain – Et si l’on chantait ? (6 chansons)

Sujet verrouillé
UtilisateurMessage

12:30
22 avril 2020


Alain Degandt

Membre

Haute-Vienne/France

messages 225

1

Bonjour à tous,

Je soumets à vos suffrages six chansons. J'espère qu'elles vous plairont.

La première, je l'offrirai en cadeau aux enfants confinés (et à leurs parents sans doute très occupés Clin d'oeil mais qui sauront bien trouver quelques petites minutes de répit pour se détendre en y prêtant l'oreille…) :

Sais-tu c'que j'ai vu ?

Les cinq autres, sous forme de main offerte (plutôt aux adultes) :

La romance de Lolita

J'ai cassé ma pipe

La péniche

Pas la frite

Sérénade


SAIS-TU C’QUE J’AI VU ? (Chanson pour les enfants)

 

1 – Sais-tu c’que j’ai vu,

C’que j’ai vu,

C’que j’ai vu, en sautant d’mon lit ?

 

J’ai vu dans le matin gris

Un loup de Transylvanie

Poursuivant à l’aveuglette

La queue d’une souricette

En nuisette.

 

 

2 – Sais-tu c’que j’ai vu,

C’que j’ai vu,

C’que j’ai vu, au coin de ma rue ?

 

J’ai vu un renard joufflu

Se sauvant d’un poulailler

L’oeil hagard, les traits tirés

Comme il avait l’air fourbu !

Pauvre bête !

 

 

3 – Sais-tu c’que j’ai vu,

C’que j’ai vu,

C’que j’ai vu,

au fond d’mon jardin ?

 

J’ai vu sous une salade

Une limace malade

D’avoir couru l’marathon

Autour d’un gros potiron

Sans gonflette.

 

 

4 – Sais-tu c’que j’ai vu,

C’que j’ai vu,

C’que j’ai vu, derrièr’ mon armoire ?

 

J’ai vu, les mains dans les poches

Une band’ de pauvres mioches

Qui sifflaient un air ancien

C’était “Tiens, v’là du boudin !”

À tue-tête.

 

 

 

5 – Sais-tu c’que j’ai vu,

C’que j’ai vu,

C’que j’ai vu, dans le ciel de pluie ?

 

J’ai vu voler un facteur

L’air jovial et sympathique

Chargé de porte-bonheur

Pour les enfants d'Amérique

Quel athlète !

 

 

6 – Sais-tu c’que j’ai vu,

C’que j’ai vu,

C’que j’ai vu, un dimanch’ matin ?

 

J’ai vu à l’arrêt du bus

Une tique et une puce

S’disputer le dos d’un chien

Qui allait prendre le train

Gar’ de l’Est.

 

 

7 – Sais-tu c’que j’ai vu,

C’que j’ai vu,

C’que j’ai vu, l’quatorze juillet ?

 

J’ai vu un porte-drapeau

L’oeil luisant et le coeur gros

Ecouter la Marseillaise

Du match de rugby à treize

Tarbes-Sète.

 

 

8 – Sais-tu c’que j’ai vu,

C’que j’ai vu,

C’que j’ai vu, au bal des pompiers ?

 

J’ai vu un saxophoniste

Jouer les équilibristes

Il cherchait un Si bémol

Juché sur les deux épaules

D’la Préfète.

 

 

Fin : Sais-tu c’que j’ai vu, c’que j’ai vu ? …

 

LA ROMANCE DE LOLITA

 

1 – Solange est une Lolita

Qui jamais ne lit au lit

Ell’ rêve de Dolce Vita

Baby Doll en Italie

 

2 – Un jour ell’ quitt’ra la Mayenne

Prendra le train pour Paris

Marr’ de rester dans la moyenne

Peut plus survivre à l’ennui

 

3 – Les aut’ fill’ ont des roploplos

Des gros nibards, des nénés

Des roberts, des loch', des lolos

Dont les point’ vous saut’ au nez

 

4 – Solange a de petits nichons

Un’ pair’ de seins virtuels

Qui affolent tous les garçons

Tous les yeux se port’ sur elle

 

5 – Dimanche au concours de plongeon

Dans son maillot à bretelles

Elle égala les grands champions

En torpille sexuelle

 

6 – Ell’ mit le jury dans sa poche

En se trémoussant des hanches

Ses copin’ étaient plutôt moches

La coupe était dans la manche

 

7 – Un jour un vague impresario

Que connaissait un d’ses potes

La fit venir dans ses studios

Ell’ crut gagner le jackpot

 

8 – Ell’ s’mit à singer Rachel Welsh

Brigitt’ Bardot, Marilyn

Ell’ s’badigeonnait de crèm’ fraîche

Dévalisait les vitrines

 

9 – Cet italien libidineux

En âge d’être son père

Profita de son corps grâcieux

Et d’son fougueux caractère

 

10 – Ell’ tourna des rôles de niaise

Dans des feuill’tons pour mémères

Elle essayait de mettre à l’aise

Ses grands dadets d’partenaires

 

11 – Le soir ell’ rentrait dans sa piaule

Un’ chambr’ de bonn’ sous les toits

L’néon du Crédit Agricole

Rythmait l’blues, le désarroi

 

12 – Ell’ regrettait d’avoir quitté

Sans même avoir crié gare

Ses vieux parents, sa bell’ cité

Et foutu l’camp à la gare

 

13 – Oubliant dans sa foll’ cavale

Rachid, Ahmed, son lycée

L’odeur d’moisi des rues d’Laval

Les flirts, la band’, les baisers

 

14 – L’hystérie d’sa mère abîmée

Par trente ans d’conservatoire

Et son père en gauchiste athée

L’Télérama dans l’tiroir

 

15 – Mais p’têt’ qu’un beau jour aura lieu

Au détour d’une réplique

Un évèn’ment miraculeux

Un trouble_ un souffle_ un déclic

 

16 – Devant l’équipe médusée

Par son ton si véridique

Ell’ f’ra connaître au monde entier

Ses dons d’actrice tragique

 

17 – Finis les seconds rôl’ miteux

Les hôtels borgn’, les cafards

L’avenir s’ouvre, radieux :

SOLANGE EST DEVENUE STA-A-AAAAR !!!!

 

 

J’AI CASSÉ MA PIPE

 

REFRAIN :

J’ai cassé ma pipe

Ma vieill’ pipe en bois

Et en écume de mer

Qui me venait d’oncle Omer

 

1 – Il m’avait fait devant notaire

L’héritier d’cet objet de choix

Et quand il a cassé sa pipe

Qui en hérita ? – C’est bien moi !

REFRAIN

 

2 – Zoé, ma tant’ de Saint-Nazaire

Faillit avaler son bréviaire

De jalousie, quand elle apprit

Qu’d’Omer j’étais le légataire !

 

REFRAIN

 

3 – Dans son bon gros fourneau bien chaud

Je fumais du foin d’artichaut

Et d’la crott’ séchée de chameau

Coupée de gazon d’Angleterre

REFRAIN

 

4 – Il sortait d’ma locomotive

Un nuage en forme d’endive

Qui m’donnait pas l’allur’ sportive :

Auprès des fill’, c’était zéro !

 

REFRAIN

 

5 – C’est pourquoi de manièr’ furtive

J’allais m’cacher dans les coursives

Pour me détruire la salive

En aspirant l’jus du tuyau …

 

Loin du r’gard des badauds !

Tout en bas, tout en bas

Tout en bas, tout en bas

Tout en bas, tout en bas

Tout en bas du bateau !

 

 

LA PÉNICHE

 

Depuis vingt ans qu’ell’ fait l’tapin

Entre Clichy et Caumartin

Elle a acquis de l’expérience

De l’amour ell’ connaît la science

Trois nœuds à l’heur’, c’est sa cadence

C’est sa cadence

 

Depuis vingt ans qu’ell’ fait l’trottoir

Levée très tôt, couchée très tard

Y’a pas d’plac’ pour la vie d’famille

Ell’ qui rêvait d’avoir un’ fille

D’y croire encor', ça la béquille

Ça la béquille

 

Depuis vingt ans qu’ell’ fait c’boulot

Faut fair’ l’amour sans fair’ d’marmots

Sinon ton mac perd du pognon

Ça l’rend nerveux, y t’fil’ des gnons

Et vid’ tes cales au ceinturon

Au ceinturon

 

Ça fait vingt ans qu’ell’ fait la pute

Qu’ell’ vend son corps aux mâl(e)s en rut

Vingt ans d’amour sans sentiments

Gestes brutaux, mots dégradants

Un drôl’ de fret dans ton chaland

Dans ton chaland

 

Vingt ans ça tir’ sur les guibolles

On s’alanguit, on devient molle

On n’a plus d’chien, on perd la foi

Parfois c’est mêm’ n’importe quoi

On reste à quai pendant des mois

Pendant des mois

 

En vingt ans on tomb’ sur des dingues

Qui piqu’ leur cris(e), qui vous déglinguent

D’un coup d’surin vous défigurent

Vous brûl’ un sein ou vous torturent

Y’a d’la rouill’ dans tout’ la structure

Tout’ la structure

 

L’artisanat, c’est passé d’mode

On vous fil’ vos congés sans solde

Les jeun’ commenc’ sans avoir l’âge

Le top, c’est l’usin’ d’abattage

Faut s’bouger du ch’min de halage

Ch’min de halage

 

Alors à l’heur’ de la retraite

On s’retrouv’ tout’ seul’ comme un’ bête

Sans vraie amie, sans compagnon

Le corps meurtri, l’cœur en haillons

Sous la ligne de flottaison

De flottaison

 

 

© Alain DEGANDT – Guéret, mars 2000 – Tous droits réservés

 

PAS LA FRITE

Journée maussade

Le cœur en rade

Mon goéland est en cal’ sèche

Mon canari bouff’ l’os de seiche

Dans sa cage

 

Jour de lenteur

Traînent les heures

J’égrèn’ le temps sur mon piano

J’me lav’ les mains au lavabo

J’n’ai plus d’âge

Oh ! pas la frite ! non,non,non,non … je n’ai pas la frite …

 

Molles ivresses

Pâles caresses

J’erre entre plaisir et ennui

Puni, banni du Paradis

Et j’enrage

 

Paroles plates

Fruits qui se gâtent

Jamais je n’atteindrai la rive

Le bois où naît la source vive

Une plage

Oh ! pas la frite ! non,non,non,non … je n’ai pas la frite …

 

Les corps humides

Les nuits torrides

Je danse avec le grand troupeau

Le sam’di soir après l’boulot

J’suis en nage

 

Car de touristes

Perdue la piste

J’photographie le monument

De ma bêtis’ dans le ciment

Je voyage

Hou, hou, hou …

 

Être tout seul

Jusqu’au linceul

Que peut m’apporter l’avenir

Hiéroglyph’ j’arriv’ pas à lire

J’tourn’ la page

Car …

Oh, là,là,là,là,là,là … oh ! pas la frite !

Non, non,non,non … je n’ai pas la frite.

 

© Alain DEGANDT – Guéret, février 2000 – Tous droits réservés

 

 

SÉRÉNADE

 

Un couple d’amants enlacés

De retour du bal,

Raviva notre cher passé

Comme un vieux fanal :

 

Ensemble nous nous promenions

Le long du canal.

Une péniche et nous rêvions

À d’autres escales.

 

Un rameur glissait en silence,

Passait un vélo.

Le garçonnet de l’Assistance

Rentrait son troupeau.

 

Au loin le ciel était en sang

Par-dessus les monts,

Il étalait ses pansements

Et nous nous serrions.

 

Nous croisions l’idiot du village

Qui sifflait un air,

Suivant le chemin de halage

Ses souliers ouverts.

 

Il faisait bon, tu avais froid :

« - Il est déjà tard ! »

Et je t’abritais sous mon bras,

J’aimais ton regard.

 

Des jardiniers faisaient brûler

Des fanes de pois.

Des chasseurs, le fusil cassé,

Donnaient de la voix.

 

Se hâtant, un vol de ramiers

Faisait siffler l’air.

Liz, la femme de l’éclusier,

Fermait sa barrière.

 

Quand arrivés chez tes parents,

Dessous la marquise,

Nous nous embrassions goulûment,

C’était l’heure exquise.

 

Collé contre toi me disant :

« - J’ai mal à pleurer.

Fais bien attention, sois prudent ! »

Je te rassurais.

 

Tu me tendais alors tes lèvres,

L’air désespéré.

Tu tremblais, tu avais la fièvre.

Un chien aboyait.

 

« - Mon bel amour je dois partir,

Va, ne prends pas froid. »

Tu esquissais un doux sourire :

« - Téléphone-moi ». (bis)

 

© Alain DEGANDT – Guéret, janvier 2000 – Tous droits réservés

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui.

Bonne fin de journée à tous !

Alain D.


13:51
22 avril 2020


Pomme Arnaudon

Membre

France

messages 1130

2

OUI

J'ai beaucoup aimé vos textes, malgré une sourde nostalgie, ou grâce à ce sentiment délicat. Ils sont à la fois pleins de vie et mélancoliques. Une réussite.

La chanson pour enfants = une perle!

Vite vite que nous vous entendions chanter!

21:08
22 avril 2020


Jean-Pierre Baillot

Membre

messages 347

3

O

22:17
22 avril 2020


Domi

Membre

Ile de France

messages 297

4

O

23:27
22 avril 2020


chris

Membre

messages 158

5

O

17:11
23 avril 2020


Esperiidae

Membre

Esperiidae

messages 162

6

O O O O O O  

👏👍

20:22
23 avril 2020


Bruissement

Membre

Dijon/France

messages 592

7

O

17:21
27 avril 2020


Christian D.

Membre

Ruffec / Charente

messages 203

8

Un peu de blues et bien du talent; bravo, Alain!

O

17:29
27 avril 2020


Ahikar

Membre

ahikar

messages 439

9

O

Au plaisir de vous entendre chanter!!! Sourire

 

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