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NAÏMI, Kadour – Mots d’amour

UtilisateurMessage

17:14
19 octobre 2017


cocotte

Membre

messages 762

1

A l'inconnue
Depuis le début,
je t'aime.
Chaque jour,
je t'espère.
Depuis le début,
je te connais.
Tes yeux
ont la couleur de l'espérance,
tes lèvres
la saveur de la terre,
ton corps
la chaleur de la lave,
même si elle me fait peur.
Et ton âme
est musique et danse.
Voilà pourquoi,
égaré
mais têtu,
je marche et je te cherche,
mon oasis dans le désert.


Heureux, ô combien heureux
Heureux, ô combien heureux,
instants bénis où les amants
transforment le plus modeste des endroits
en un magnifique palais de roi,
et donnent au sentiment d'amour
l'énergique beauté d'une tempête déchaînée
où les vagues du cerveau,
les éclairs de l'émotion,
les vents de l'instinct
et les tonnerres de la passion
proclament avec joie la fusion volcanique
des laves flamboyantes de deux moitiés d'âme
en une seule âme
finalement unie,
radieuse,
heureuse


Dois-je te l'avouer ?
Dois-je te l'avouer,
âme de mon âme,
sans risquer de t'attrister ?
Ce sentiment qu'est l'amour,
si exigent,
si bouleversant,
si hors de l'ordinaire,
je ne sais pas si l'espèce
dont je fais partie
est capable de satisfaire
ce redoutable
et merveilleux
mystère.
Même


Même si
Même si mon pays m'a rejeté,
même si ma famille m'a renié,
même si ma femme m'a volé,
même si mon enfant ma insulté,
même si mon ami m'a maltraité,
je continuerai,
je persisterai
à empêcher mon coeur de haïr
pour ne pas le salir,
pour ne pas le trahir.
Car, pour ne pas devenir cinglé,
pour ne pas périr,
j'ai besoin d'aimer.


Priorité
On m'a appris, recommandé, répété:
« Aime ton prochain comme toi-même. »
On n'a hélas ! pas compris
ou oublié
de m'apprendre
à aimer
aussi et d'abord
mon plus proche prochain :
moi-même.
Comment, dans ce cas,
aimer les autres
si personne ne m'a aimé,
pas même moi-même ?


Aimetoi
!
Aime-toi !
m'a dit mon Ange Protecteur.
Aime-toi
avant de demander
à d'autres de t'aimer.
Obéissant, je suis allé
devant mon miroir,
je me suis regardé
droit dans les yeux
et, à haute voix, je me suis dit :
Je t'aime.
Deux larmes m'ont fait comprendre
que j'ai beaucoup à faire
pour satisfaire
l'invitation de mon Ange Protecteur.


Reflet
Beaucoup d'hommes,
en comparaison desquels les cochons sont des anges,
ont sali ton corps,
et en partie ton âme.
Tu n'as pas osé me l'avouer.
Cela m'a été murmuré par tes fausses amies…
Quand tu l'as su,
la honte et le remords t'ont fait pleurer
des larmes amères.
J'ai été faible, as-tu balbutié,
mais je ne suis pas mauvaise.
Je sais, t'ai-je répondu,
que l'éclat d'une lumière
qui gît dans l'eau sale
a de sale seulement l'image.
Et maintenant, je sais
que la plus honnête des femmes
n'a jamais eu, pour me regarder,
des yeux si doux


Clé
Tu seras ma mère,
tu seras aussi mon père,
et ma soeur et mon frère,
tu seras mon amour le plus beau,
tu seras la meilleure part de moi-même,
tu seras mon ciel et ma terre,
mon feu et mon air,
toi qui m'offriras
la clé
de la joie.
Moments
Il y a des moments beaux, comme maintenant,
où ma pensée va
à mes semblables
qui, en ce même moment,
sont humiliés, torturés, assassinés
parce qu'ils ne se rendent pas,
parce qu'ils résistent
aux cannibales de l'existence,
par amour de la vie.
Voilà pourquoi, en ce beau moment de ma vie,
une voix me murmure:
Il n'est pas complet, ton bonheur.


Mais c'est ainsi
Je ne veux pas vivre sans aimer,
quitte à aller trop loin,
à me perdre dans un ailleurs,
à souffrir,
moi qui évite la souffrance,
à être blessée, et même à blesser,
même à mourir, moi qui veux vivre.
Angoisses, fantômes, nuages sombres de la folie,
je sais que vous êtes à l'affût.
Mais c'est ainsi.
Je ne sais pas vivre sans aimer.
Telles sont les pensées
de celle qui est surprise
mais heureuse
d'avoir ces pensées,
en sachant que,
pour exister,
il faut les réaliser


Défi
Comme il est bon,
comme il est beau
de t'aimer, mon amour.
Mais combien
difficile
et facile.
Difficile comme le mystère de la vie
et facile comme le soleil qui luit.
Difficile comme le temps qui fuit
et facile comme la fortune qui sourit.
Difficile comme une équation avec trop d'inconnues
et facile comme un et un font deux.
Se perdre et se donner
en la personne aimée
n'est pas instinct inné.
C'est le miracle des miracles
que ne garantit aucun oracle
contre une possible débâcle.
C'est le défi des défis
pour que le plus beau chef-d'oeuvre
proposé à l'action humaine
soit accompli.


Toi
Bien sûr,
tu as des yeux,
un nez, une bouche,
des cheveux
et d'autres attributs naturels.
Comme toutes les femmes.
Comme toutes les fleurs
ont des pétales, des couleurs, un parfum.
Mais toi,
c'est toi.
Quand tu marches,
quand tu me regardes,
quand tu me parles,
avec tant de bonté,
d'élégance,
de clarté,
tu réussis le prodige
de me faire de nouveau croire
à la femme,
à l'amour,

tu me fais de nouveau croire
à la croyance.


Vagabondage
Je te pense tant et tant
sans trouver un instant
rien d'autre qui ne soit important.
De toi je suis si plein
que ma tête ne trouve aucun frein
pour calmer le coeur qui geint.
Je sais maintenant que mon sort
a largué les amarres dans un port
où chaque amoureux vivant et mort
vagabonde
fasciné par le mouvement des ondes,
heureux et angoissé,
voyant tout clair et embrumé.


JeJe voudrais
Je voudrais
l'amour de la liberté
et la liberté de l'amour,
les rêves d'amour
et les amours de rêves,
les secrets des mystères
et les mystères des secrets.
Et ce n'est pas trop désirer

Si tu veux
Si tu veux être mon soleil,
je serais ta planète.
Si tu veux être mon vent,
je serais ta bannière.
Si tu veux être mon oasis,
je serais ton eau.
Ou l'inverse,
comme tu veux.
Pour moi c'est égal.
Temps
Ah !… Mauvais, mauvais temps
si haïr est chose normale
tandis qu'aimer est surprenant.
Heureux !… Bienheureux
ceux qui trouvent normal d'aimer.
Plus heureux encore ceux qui ont toujours aimé
quelque soit le temps,
surtout quand le temps est mauvais.
Ceux-là n'oublient jamais
qu'au-delà des nuages qui obscurcissent le ciel en hiver
le soleil est présent, resplendissant

Là, sur le chemin
Comme tu es joli
avec ta forme arrondie,
lisse comme la peau d'un beau sein,
parfaite comme une formule géométrique.
Combien tu es joli
dans ta simplicité,
ta nudité,
tranquillement immobile
pour l'éternité,
malgré ton apparence futile,
là, sur le chemin.
Et pourtant tu n'es
qu'un caillou,
un tout petit caillou,
là, sur le chemin.
Mais, toi comme moi,
nous avons chacun un destin.
Pour toi et pour moi, je l'espère
beau et serein.


En regardant une femme à sa fenêtre
Il est séduit par la blonde
et il la séduit.
Peu de temps après,
tout en aimant la blonde,
il est séduit par la rousse
et il la séduit.
Et il aime la rousse
tout en aimant la blonde.
Même destin avec la brune,
puis la noire,
puis une autre,
et une autre encore,
et encore une autre.
L'homme
qui, en ce moment,
regarde de sa fenêtre,
une autre femme à sa fenêtre,
aurait voulu
avoir autant de vies
pour vivre chacune
avec chacune des femmes aimées.
Une seule,
une seule question,
fidèlement le torture:
en une seule vie,
aimer tant de femmes,
est-ce vraiment aimer
ou ne pas savoir aimer ?


Chinoiserie grecque
- Ah, le bonheur d'aimer !
s'exclame Yin,
en dégustant un thé à la menthe.
- Ah, le malheur de perdre
le bonheur d'aimer !
répond Yang,
laissant fluctuer
la fumée de sa cigarette d'opium.
Un troisième interlocuteur,
au nom composé, YinYang,
sourit avec gentillesse,
se lisse la moustache de droite, puis celle de gauche,
et dit:
le bonheur est
le moment où le malheur
est absent,
et vice-versa.


Ah ! les veinards !
Deux amoureux
(l'âge n'a rien à faire dans cette histoire)
ont l'idée d'aller s'aimer,
pour fêter la dernière nuit de l'année,
entre deux tombes de cimetière.
Pendant qu'ils jouissent,
les squelettes qui reposent en paix
claquent joyeusement leurs osselets
et s'exclament :
Ah ! les veinards !… Ah ! les veinards !
Pfuit !
La douceur de sa main
caressant mon corps,
la chaleur de ses seins,
et ses yeux souriants,
si tendres,
si charmants…
Oh, oui ! Oh, oui !
Je suis aimé
et j'aime !
Pfuit !…
Réveil.
Ce n'était qu'un rêve…
Seulement un rêve.
Mais c'est mieux qu'un cauchemar,
c'est mieux que rien,
un beau rêve.


Poésies
Mon amour,
tu me demandes pourquoi
je ne t'écris plus de poèmes.
Je t'écrivais des poèmes
pour rendre encore plus poétique
notre amour.
Maintenant qu'il est devenu
lui-même poésie,
celle-ci n'est-elle pas ainsi
la mieux accomplie?
Mais je t'écrirai, mon amour,
encore d'autres poèmes
pour te dire que je t'aime,
et aussi mes regards
et mes caresses
mais d'abord
toutes mes grandes et petites attentions
seront des poésies
qui te diront
combien,
combien les mots sont insuffisants
pour te dire combien je t'aime.


Anniversaire
En cet anniversaire
de beaucoup de mes années,
voilà longtemps que je cherche,
cherche, cherche et encore cherche
un amour
eau de source
fraiche et limpide,
soleil
de matin d'été,
vague océane
sans cesse renouvelée…
Si c'est trop demander,
Mort !
Sois clémente :
éteins-moi !
Mon corps, jeté à la mer par un ami,
au moins servira de pâture
à quelques poissons qui cherchent nourriture…
Mais non ! Mais non !
C'est le vaincu qui proclame le vainqueur,
et moi, je n'aime pas être vaincu.
Tant qu'il y a vie…
Donc,
espoir ! Espérance !


Piano
De nos deux corps nus,
nous avons fait un piano
et, des ongles de nos pieds aux cheveux de nos têtes,
nous nous amusons à jouer,
avec tous les doigts de notre être,
toutes les gammes du désir,
des sensations,
toutes les notes du plaisir,
des émotions,
en savourant le nectar
de la sensuelle extase.
Violon
Tu es le bois
et moi les cordes
du violon.
Musique magnifique
quand la dirige
le virtuose des virtuoses :
Maître Amour.


Que c'est beau !
Que c'est beau de s'aimer,
amor mio,
l'un à l'autre se donner,
âme, coeur, corps,
viscères et nerfs,
sang et sueur.
Que c'est beau de s'aimer,
mon amour,
s'enivrer de tendresse,
et, tes douces mains unies aux miennes,
faire danser nos corps enlacés
tandis que le Bonheur nous murmure avec délicatesse :
Oui !
Oui ! Vous êtes heureux !
vous qui vous aimez
avec tant de douceur,
tant de chaleur,
avec l'honnêteté de ceux
que la vie a blessés
mais qui se sont relevés
parce qu'en l'amour,
le bel amour, le vrai amour,
l'heureux amour,
ils ont toujours cru, espéré.
Le voilà conquis !
Que c'est beau de nous enlacer,
mi amor,
l'un plein de l'autre à en déborder,
chaque nuit et chaque jour.
Que c'est beau de nous aimer,
en nous abreuvant d'ivresse
dans la lumière de nos yeux,
en rendant jaloux de nos caresses
même les anges dans les cieux,
en étant l'un à l'autre
Princesse et Prince de nos rêves éveillés,
humus et suc de notre sève !
O notre miraculeux, infini,
simple et splendide
amour !
Nous nous désirons ! Nous nous confondons !
La vie a désormais un sens !
Et nous savons et nous voyons et nous sentons
que nous nous aimons.
Nos larmes sont de joie,
de jouissance nos cris et nos professions de foi.
Avec toi, en toi,
et toi avec moi, en moi,
nous vivons et vivrons
de notre amour
tant que nous sommes sur cette terre.
Et si, après,
nos âmes continuent à vivre,
nous continuerons ensemble,
unis, ravis
à folâtrer parmi les fleurs.


Levain
Femme
qui, par moi, a souffert,
tes larmes n'ont pas coulé en vain.
La pâte dont je suis fait est bonne,
tu en as été le levain.
Une âme d'homme atrophiée
fut de tes larmes arrosée.
La bonne graine y fut semée,
et la fleur du remords
a reporté sur toi la pensée :
oui, je t'ai fait du tort.
A présent,
même si c'est trop tard,
tu es vraiment aimée.
Bénédiction
O créatures humaines ! Aimons ! Aimons !…
De tout notre amour, aimons !
Avec tout ce qu'il y a de beau en nous, aimons !
C'est notre seule authentique bénédiction
quand nous mourrons.


Prévention
Je suis allé à la pharmacie
du Désir
et j'ai pris un médicament
contre le renoncement.
Ce médicament, je vous en dis le secret :
il est composé de courage, d'espérance,
de lucidité, de beauté.
C'est un médicament pour aimer,
savoir aimer,
pouvoir aimer.
Incident de parcours
Ma belle aux yeux soleils,
j'ai eu aujourd'hui
un incident de parcours.
Je conduisais, et j'étais gai,
quand une autre voiture m'a tamponné.
Dommages matériels seulement
pour tous, heureusement.
Après le choc, ce qui m'a plu,
c'est que je n'ai pas pensé à ma vie
mais de n'avoir pas causé de la peine
à ceux qui m'aiment
et que j'aime.
Ma belle aux yeux soleils,
ce jour pour moi
restera un beau jour.


La bourse ou l'amour !
Comme le boutiquier
fait ses comptes en boutiquier,
comme l'usurier,
comme le banquier,
comme tous ceux qui ont une âme-tirelire,
ils calculent, calculent, calculent et recalculent
en termes de pertes et de profits
tout
et donc aussi l'amour.
Ils sont incapables de comprendre que l'amour,
l'amour vrai, l'amour AOC,
l'amour amour,
cet amour-là a horreur des marchands.
L'amour ne calcule pas,
tout au plus, avec délicatesse, en tremblant,
en rougissant, en s'excusant
il évalue seulement,
pour conjurer l'illusion et la douleur,
combien est réelle
cette mystérieuse, rarissime, extra-ordinaire qualité,
en soi et dans l'autre :
la grâce d'aimer.


Attention : marché !
Une femme m'a dit: Je t'aime.
Elle était habillée et maquillée
d'une manière visiblement recherchée.
Hélas !
j'ai constaté que j'étais
au marché de l'amour,
et que dans la balance
ces mots ne pesaient pas lourd.
Ils n'étaient que l'étiquette
d'un produit de mauvaise qualité.
En un autre endroit
où les marchands sont absolument interdits,
et les balances aussi,
une autre femme,
simplement habillée,
m'a simplement,
silencieusement, pudiquement
fixé des yeux
un moment.
Ce regard n'eut pas besoin de balance
pour vérifier que ce langage
était bien fidèle à son message.
Voilà ce que j'y ai lu :
Qui aime pour tout autre que l'amour de l'amour,
mérite tout cet autre, mais pas l'amour.


Désert
Le désert
n'est pas
là où je croyais,
là où je l'attendais.
Le désert n'est pas
l'immensité nue des dunes étendues,
mais les métropoles où sont accumulés les humains.
Le désert n'est pas
d'être seul dans une chambre,
mais un individu qui n'est personne dans la foule.
Le désert n'est pas
là où on dort seul dans un lit,
mais là où on dort à deux, séparés par le manque d'amour.

Rencontre
Heureux qui te rencontre,
toi au sourire de fleur.
Le temps, quand tu te montres,
se met de bonne humeur.
Il a suffit d'une prière
et ton corps s'est mis à la danse.
Mon âme qui n'est pas de pierre
et mes yeux ont goûté leur chance.
Fille d'une contrée voisine,
au regard ouvert et ardent,
délicieuse femme-gamine,
de toi je me souviendrai longtemps.


O Déesse de l'Amour !
J'en ai rencontré,
j'en ai connu
des hirondelles et leur chant d'amour printanier.
Mais, sauvage ignorant,
j'en fus le bourreau mécréant.
Même si, hirondelles, cela ne change rien pour vous,
sachez que votre bourreau a été
la victime de ses méfaits…
O Déesse !
Déesse de l'Amour !
Je te le demande en soumis :
apprends-moi à aimer !
Je t'en prie,
je t'en supplie,
apprends-moi à aimer,
à donner
tout
et pour la vie.
De Madame la Mort,
j'ai appris à ne plus avoir peur.
Mais le Paradis de l'Amour,

jusqu'à cette heure,

m'est encore interdit.

O Déesse !Déesse de l'amour !
Celui qui ne veut pas
mourir sans aimer,
le gladiateur de la vie, te supplie !
Ne m'oublie pas !
J'attends encore de toi
le plus beau cadeau.

Déesse !

Ni Tarzan ni Zorro
Que veux-tu, ai-je dis à moi-même,
t'es pas Tarzan, ni Zorro.
Tu t'es saoulé et t'es triste
pour une femme
qui n'en vaut pas la peine.
Tu sais, l'amour, c'est comme les gants,
faut le prendre à ta mesure.
ça sert à rien de faire le con
en voulant forcer la nature.
Allez !Allez ! Il y aura bien
un coeur de femme qui rimera
un de ces jours avec le tien.
En attendant, soigne ta blessure
d'amour-propre.
Puis regarde ailleurs
les belles filles souriantes :
parmi elles, une sera ton amante.


Histoire de grenouille
Un jour, j'ai entendu cette conversation entre deux
grenouilles, qui se réchauffaient au soleil, assises sur un
nénuphar.
- Si le crapaud que tu aimes te demande, par amour de
lui, de te couper une patte, le ferais-tu ?
- Naturellement non, je ne suis pas folle.
- Alors pourquoi lui permets-tu de te maltraiter au point
de réduire ton coeur en lambeaux ?
- C'est l'amour !… murmura tristement la seconde
grenouille. Pas d'amour sans souffrance !
- Quelle jouissance trouves-tu dans la souffrance ?
La malheureuse ne sut quoi répondre. Puis, très
embarrassée, elle sauta dans l'eau et disparut.
Un seul but
Argent ! Pouvoir !
Honneurs ! Gloires !
Crimes ! Sang !
Sacrifices ! Trahisons !
Agitations ! Tourments !…
Pour un seul but :
éviter une existence de solitude,
aimer et être aimé.
Peut-être

Un seul but
Argent ! Pouvoir !
Honneurs ! Gloires !
Crimes ! Sang !
Sacrifices ! Trahisons !
Agitations ! Tourments !…
Pour un seul but :
éviter une existence de solitude,
aimer et être aimé.
Peut-être…


Amour sciencefiction
J'ai aimé une Musulmane.
Quand elle m'a dit
que les Chrétiens sont des bâtards
et les Juifs des avares,
j'ai aimé une Chrétienne.
Un jour, elle m'a déclaré
que les Juifs sont des sangsues
et les Musulmans des faux-culs.
Alors j'ai aimé une Juive.
Mais une fois elle m'a affirmé
que les Chrétiens sont des mécréants
et les Musulmans des fainéants.
J'ai alors aimé une Blanche.
Mais, pour elle, les Noirs puent
et les Jaunes suent.
Je l'ai quittée pour une Noire
qui m'affirma que les Blancs sont des cadavres
et les Jaunes des macaques.
Alors j'ai aimé une Jaune.
Mais elle aussi trouvait
que les Blancs ont des nez pointus
et que les Noirs sont des turlututus.
Il ne me reste donc qu'à chercher
une Extraterrestre,
en espérant que notre bonheur
ne dépendra ni de foi ni de couleur.

Faiblesse
Par une sombre nuit, tu es apparue
dans mon firmament.
Je n'étais pas prêt
pour devenir ton digne amant.
Lasse de mon coeur manant,
alors trop souffrant
d'une blessure précédente,
tu t'es crue délaissée
et t'en es allée,
chère étoile filante.
Pardon pour ma faiblesse !
Je te pardonne ton impatience.
Et tous mes voeux pour la poursuite
de ton Odyssée !


Miel
Vu que des hommes et des femmes
ont mis trop de sel dans ma vie,
j'ai cherché de me faire ami
de quelque abeille qui aurait l'âme
de m'offrir un peu de son miel.
Mais, voilà, l'abeille a voulu
me trousser une camisole
pour que je ne sois pas un fol
qui manquerait trop de vertu
et démériterait du ciel.
J'ai quitté donc la belle abeille
et son amour qui se marchande,
elle qui parlait d'une offrande
de la merveille des merveilles.
Où aller donc chercher mon miel ?

Métamorphose
On m'a dit, déclaré et tant de fois hurlé
Tu es un âne !
Tu es un âne !
On m'a tellement répété
Tu es un âne !
Tu es un âne !
Tu es un âne !
que j'ai voulu braire,
ruer et faire la bête.
Pour les satisfaire,
pour leur plaire,
pour me faire aimer par eux.
Mais ils me reprochèrent
de braire, de ruer
et de faire la bête.
Décidément, tu es un âne !
crièrent-ils,
Âne ! Âne !
Ne sachant plus quoi faire
pour me faire accepter,
ne pouvant pas non plus les ignorer
parce que leurs yeux aussi
continuaient avec mépris
à me dire
Âne

je devins alors vraiment âne.
Oui, âne !
Et je me suis rué sur eux.
Et avec mes dents, mes pieds-sabots,
mes cris-braiments,
ma colère d'âne,
je les ai tués,
comme tue un âne…
Mais depuis ce jour-là,
il n'y a plus personne pour me dire
Tu es un âne.
On me condamna à mort
et je fus content de ma victoire :
les juges ne me traitaient
pas en âne;
j'étais enfin reconnu
et déclaré ce que je suis :
un homme.

Sainte putain
Son corps se vend
à tout acheteur,
à toute heure.
Mais son coeur
n'a pas de prix;
il est offert, gratuit,
sans trouver preneur


Garde forestier
En montagne j'ai rencontré
un garde forestier.
Il prend soin des forêts.
En le voyant tranquille et heureux,
je me suis demandé:
Et moi, qu'est-ce que je garde ?
Le garde forestier observait
les arbres et souriait, satisfait.
Moi, j'ai aussi observé les arbres,
puis le garde forestier
et j'ai pensé :
Bien sûr, il ne parvient pas
à prévenir tous les incendies;
pourtant, il est satisfait
d'être gardien de forêts.
Parce qu'il aime les forêts.
Et moi, qu'est-ce que je garde,
qui me satisfait
et que j'aime ?


Encore un jour
Encore un jour sans toi vécu
Encore un jour me voit vaincu
Et encore une fois sans pouvoir
Réaliser mon bon vouloir
De vivre heureux De vivre mieux
Tous les deux en un même lieu
Pour bien affronter notre adieu
A cette terre une fois vieux
Ce jour est passé à jamais
Perdu annulé désormais
Ce mauvais jour privé d'amour
Ah mauvais jour muet et sourd
Et pourtant toi mon espérance
Reste avec moi et sois ma lance
Contre les coups de la malchance
C'est à nous de mener la danse.


The End
Toute gaie,
elle a enfin conclu: J'aime un autre.
Lui la regardait silencieux, digne, immobile.
Et puis, continua-t-elle,
tu sais bien qu'entre nous, ça n'allait plus.
Lui la regardait silencieux, digne, immobile.
Ça te fait mal ? demanda-t-elle.
Lui réfléchit
un moment,
long moment.
Puis, avec simplicité, il répondit :
C'est vrai, comme tu l'as dit,
qu'entre nous ça n'allait plus,
l'amour était fini.
Pour le reste, je suis assez grand
pour m'occuper de mes soucis.
Elle,
elle sourit, contente, satisfaite.
Alors, bonne chance ! dit-elle.
A toi aussi, répliqua-t-il.
Et il s'efforça de sourire.
Maintenant, vas et sois heureuse !
conclut-il.
Quand, soulagée, satisfaite, elle partit,
il alla à la fenêtre

d'où il put la voir s'éloigner,
tandis que son visage, à lui, pâlissait.
Ensuite il est allé jusqu'au miroir,
s'est regardé,
a lentement baissé la tête
et a voulu pleurer.
Mais même les larmes
l'avaient abandonné.
Qui sait pourquoi
à ce moment-là
une phrase lui vint en tête :
Tu seras un homme, mon fils


Mérites
Femme qui cherches un homme argenté,
tu ne mérites pas d’être aimée,
mais seulement payée,
comme une prostituée.
Femme qui cherches un homme fameux,
tu ne mérites pas d’être aimée,
mais seulement présentée
comme une chienne bien dressée.
Femme qui ne cherches rien d'autre que l’amour,
si tu trouves l’homme juste,
tu auras l’amour.


Avec moi
Il pleut en ce jour d'automne
et c'est triste
parce que tu n'es pas pas avec moi.
Même si le soleil brillait en un jour d'été
ce serait triste
parce que tu n'es pas avec moi.
Et je suis heureux
d'être triste
quand tu n'es pas avec moi.
Cinq heures du matin
Il y a des nuits où l'ennui
fait alliance avec l'insomnie
et me donne l'envie,
sans regrets,
de prendre l'ultime billet de départ.
Et puis arrive la lumière du matin
qui me fait renoncer au sombre projet…
Jusqu'au moment du vide prochain.
Quand il arrivera,
nous verrons !


Insomnie
Sommeil ! Sommeil ! ami ingrat
pourquoi ne viens-tu pas à moi ?
Dis-moi, serais-tu donc jaloux
de celle qui a fait ma joie ?
Hélas ! Regarde ! Elle n'est plus là.
Pourtant, je la sens, je nous vois,
la nuit, au Bois des Rêves, fous,
les deux en un, malgré le froid.
Que c'est beau d'être heureux pour deux,
au-delà des mots, silencieux
d'un silence bourré de sens,
nous réchauffant de notre feu.
Mais, voilà, mon lit vide et creux;
mes bras n'enlacent plus qu'un voeu.
Ainsi, il faut payer un cens
pour une absence ou un adieu


Saisons
Tu souris,
tu ris
d'un rire de fraîche jeune fille.
Et pourtant tu as subi
tant de misères
dans l'enfance,
bien des chimères
dans l'adolescence.
Même ta vie de femme
est un automne de mélancolie.
Mais tu souris,
tu ris,
d'un rire de fraîche jeune fille,
parce que tu aimes la vie.
Quelquefois,
ton coeur subit l'hiver
et tu disparais
pour affronter cette saison d'enfer,
seule, malgré la compagnie,
dans ta maison réduite à linceul,
avec tes blessures, tes brûlures,
papillon aux ailes brisées.
Et moi, ta fleur,
je reste sans nouvelles,
sans savoir quoi faire
pour soigner tes douleurs.

Heureusement, passe vite ton hiver,
retourne ton énergie printanière,
et l'été de l'amour triomphant.
Te voici de nouveau, mon papillon ressuscité,
resplendissant,
souriant,
avec ton rire de jeune fille.
Et moi, je me fais pour toi
la plus belle des fleurs !


Lavage
Laver, laver, laver, laver
le corps,
mais pas seulement,
la tête aussi
des pensées mauvaises et médiocres,
le coeur aussi
des sentiments méchants et sordides.
Laver dès le moment de la naissance,
à tout âge,
et autant que possible en gaieté,
laver toutes les saletés.
Ainsi j'honore mon unique auto-commandement :
ne moisis pas dans les ordures, quelqu'en soit la parure,
et jouis des beautés de la vie.


Fidèle
à Louisa,
la petite chienne de mon enfance.
Durant trois jours et trois nuits,
à la porte d'entrée,
il se tient debout.
Chaque fois que j'apparais,
il lève sur moi son visage doux,
plus que beau,
aimable,
et ses yeux clairs, curieux.
Il attend…
Il espère…
Un matin, je le découvre
assis devant la porte close
du cinquième étage de l'immeuble,
là où habite une personne.
Je le regarde encore,
tandis qu'il attend
depuis longtemps,
doux, discret, silencieux.
Plusieurs nuits et plusieurs jours,
assis devant la porte toujours close,
il attend,
toujours doux, discret, silencieux.
Enfin,
avec douceur, discrétion, en silence,
comme il avait attendu,
comme il m'avait regardé,
son corps s'immobilise sans gémir,
abandonné par la vie

devant la porte close
de la personne
morte depuis quelques jours.
Il m'a plut de le nommer Fidèle,
ce chien de rue.


Partir
Finalement !… La sérénité…
Vieux navire !
Voici venu le moment

de partir

Partir
Finalement !… La sérénité…
Vieux navire !
Voici venu le moment
de partir !…
loin, le plus loin
de la terre des dictateurs sanguinaires
et des esclaves volontaires,
des sentiments violents et des humiliations,
des haines et de l'impossibilité d'aimer…
Pars ! vieux navire !
Tel est mon désir.
Mais la vue !… Ah ! la vue
de mes chers aimés
debout sur le quai,
immobiles,
silencieux,
pétrifiés,
anéantis
m'empêche de sourire.

Étranger
Étranger
dans mon pays,
étranger
ailleurs aussi.
L'essentiel est
de ne pas être étranger
à moi-même
et à ceux que j'aime.




où s'épanouissent mes désirs,
où de satisfaction je soupire,
où mon corps respire avec plaisir,
où je suis empereur dans mon empire,
là est ma patrie
et ma matrie,
là est sur terre mon paradis


Vacances
Je suis allé en vacances.
Voici que le lieu déchaîne
les hordes hurlantes des souvenirs.
Les vignes,
les montagnes,
la mer,
les joies…
Même les sifflements du train qui passe non loin
me rappellent
les sifflements d'autres trains.
O morceau de terre
de ma naissance,
suis-je coupable
de t'avoir abandonné, dédaigné ?
T'ai-je trahi ?…
Non ! me dit l'Ange du Bien,
on ne trahit pas.
Simplement – et cela est juste – on quitte
ce qu'on n'aime plus,
ce qui ne donne pas le bonheur.


Midi
Midi,
soleil doux,
sérénité,
tout est tendresse.
Je suis dans un jardin d'oranges
enchanté par la musique
de ses eaux de fontaines et de ruisseaux.
Voici que vient vers moi,
rayonnante,
la Volupté
dans le corps lumineux d'une femme souriante,
enveloppée d'un parfum
qui rappelle un espace et un temps lointains.
Et elle avance
vers moi.
Oui, vers moi.
O, merveilleuse offrande !…
Pour le reste de l'action,
demandez-le à Sherazad
ou à votre imagination.


Tu savais
Tu savais
que tu étais seule,
et tu as eu le courage
de rester seule,
tu as eu la dignité
d'affronter tout toute seule.
Ton unique choix était :
haïr ou aimer,
succomber ou résister,
mourir ou vivre.
Certes, comment entrer dans la vie est important,
mais plus important encore,
comment la continuer.
Maintenant,
finalement,
tu es sortie du tunnel obscur et glacial,
voici la lumière chaude et l'air pur !
Tu n'es plus seule,
tu es en bonne compagnie
avec toi-même.
Tu as su transformer tes douleurs
en splendides ailes
et tu as pris le magnifique envol.
Merveilleuse colombe.
Ton ciel, en amant ému et joyeux,
t'a accueillie
et tu poursuis
le voyage de ta vie.


Ce soir, une étoile
Ce soir, une étoile qui brille
dans le ciel noir
m'attire beaucoup.
Je la contemple longtemps.
D'un coup, je pense
qu'au même instant,
deux autres yeux,
peut-être, la fixent aussi :
deux yeux qui m'aiment.
Peut-être regardent l'étoile aussi
les yeux d'un tueur ou d'un clochard,
les yeux d'une femme abandonnée ou d'un vieillard solitaire…
Ce soir, dans le ciel noir,
l'étoile qui brille
m'attire beaucoup.
Dans la nuit de ma nuit,
cette étoile brille
lointaine,
fragile, incertaine.
Mais tant qu'elle scintille
l'obscurité n'est pas totale.


Comme un train
Certes, tout passe, certes.
Comme un train.
J'ai mis du temps
à comprendre
que la vie est un train
qui ne passe qu'une seule fois
et ne siffle qu'une seule fois.
Mais
si l'on réussit,
même pour un instant,
l'instant d'une vie,
à monter dans ce train
et en savourer
la compagnie,
les paysages,
alors le voyage
ne sera pas vain.


Dédé et Titi
Il y a plus de quatre mille ans environ
dans la plus importante cité de Chine
se sont rencontrés Dédé et Titi.
Ainsi appelait-on familièrement Désir et Intelligence.
- Alors, Dédé, toujours à courir, inquiet et agité ?
demanda calmement Titi.
- Mais toujours le plus puissant ! répondit Dédé
fièrement.
- Pour les faibles, observa Titi calme et gentille.
- Et toujours le plus recherché ! ajouta le vaniteux.
- Pour les aveugles.
- Et toujours chanté et glorifié !
- Par les sourds.
- Oh ! s'exclama l'orgueilleux, contrarié. Comme tu
manques de chaleur !
- La tienne est un incendie qui brûle et détruit;
la mienne est un soleil de mai qui caresse et répand la
vie.
- Pourtant, insista le plastronneur, la majorité des
humains me préfèrent.
- Pourtant, insista le plastronneur, la majorité des
[ humains me préfèrent.
- Je ne suis sensible qu'à
- Je ne suis sensible qu'à la qualité.
- Qelle présomption ! accusa le méprisant.
- Ma seule présomption est de ne pas en avoir.
- Oh ! répéta le l'outrecuidant, outré.
- Veux-tu qu'on devienne amis ? proposa gentiment Titi.

Collaborer me semble une belle action.
Dédé la toisa d'un regard bizarre, hostile puis, sans
répondre,
il partit sans saluer, encore plus inquiet et agité.
Dédé et Titi se croisèrent une deuxième fois
vers l'an 350 avant l'ère chrétienne, dans un jardin de
la périphérie d'Athènes,
puis une troisième fois en l'an 2001, dans la plus
haute tour de New York.
Mêmes dialogues, mêmes épilogues.
Une quatrième fois Dédé et Titi se sont retrouvés
face-à-face
dans un petit village d'une tribu d'Amazonie,
depuis toujours isolée du reste de l'humanité
dont elle craint la cruauté.
Là, entre Dédé et Titi,
je ne sais quels furent le dialogue et l'épilogue,
car personne n'est venu les raconter.


Dédé et Titi
Il y a plus de quatre mille ans environ, dans la
plus importante cité de Chine, se sont rencontrés
Dédé et Titi. Ainsi appelait-on familièrement Désir
et Intelligence.
- Alors, Dédé, toujours à courir, inquiet et agité ?
demanda calmement Titi.
- Mais toujours le plus puissant ! répondit Dédé
fièrement.
- Pour les faibles, observa Titi, calme et gentille.
- Et toujours le plus recherché ! ajouta le
vaniteux.
- Pour les aveugles.
- Et toujours chanté et glorifié !
- Par les sourds.
- Oh ! s'exclama l'orgueilleux, contrarié. Comme
tu manques de chaleur !
- La tienne est un incendie qui brûle et détruit ; la
mienne est un soleil de mai qui caresse et répand la
vie.
- Pourtant, insista le plastronneur, la majorité des
humains me préfèrent.
- Je ne suis sensible qu'à la qualité.
- Qelle présomption ! accusa le méprisant.
- Ma seule présomption est de ne pas en avoir.
- Oh ! répéta le l'outrecuidant, outré.
- Veux-tu qu'on devienne amis ? proposa
gentiment Titi. Collaborer me semble une belle
action.

Dédé la toisa d'un regard bizarre, hostile puis,
encore plus inquiet et agité, sans saluer, il partit.
Dédé et Titi se croisèrent une deuxième fois, vers
l'an 350 avant l'ère chrétienne, dans un jardin de la
périphérie d'Athènes, puis une troisième fois en l'an
2001, dans la plus haute tour de New York. Mêmes
dialogues, mêmes épilogues.
Une quatrième fois Dédé et Titi se sont retrouvés
face-à-face dans un petit village d'une tribu
d'Amazonie, depuis toujours isolée du reste de
l'humanité dont elle craint la cruauté.
Là, entre Dédé et Titi, je ne sais quels furent le
dialogue et l'épilogue, car personne n'est venu les
raconter.


Aprèsmidi
Après-midi d'été.
Une jeune fille apparaît.
Joliment mystérieuse.
Mystérieusement jolie.
- Tu me veux ? demande-t-elle.
Je la regarde bien
pour m'assurer qu'elle plaisante.
Elle éclate de rire, la coquine,
et répète :
- Je suis sérieuse, tu sais.
Alors, tu me veux ?
Ce n'est pas sa beauté
qui m'attire
mais d'abord son mystère.
- Oui, je te veux,
dis-je.
Elle éclate encore de rire
et se met à courir
dans le jardin plein
de roses et d'épines.
- Alors, tu me veux vraiment ?
La belle m'attire
mais la mystérieuse m'effraie.
Ou le contraire.
Franchement, je ne sais pas.
- Alors ? répète la Sirène. Alors ?
Désir,
Peur,
Plaisir,

Douleur
se disputent mon coeur.
- Je ne resterai pas toujours ici !
m'avertit la coquine.
Moi, j'hésite.
J'ai peur de mon désir
et je ne désire pas ma peur.
Alors, je m'élance !
Au moins je saurai
si je mérite cette chance.


Peutêtre
Je t'ai vue passer
mais, timide, je n'ai pas osé
t'approcher, te parler,
t'apprivoiser.
Et je t'ai laissé passer
comme on laisse passer
le bonheur.
Peut-être.
Qui ne désirait, de son côté,
que s'arrêter
et me rencontrer.
Peut-être.
Quelle connerie,
ne pas oser !


Miracle
O Miracle ! Miracle !
en ce monde compliqué, méchant, faux.
O Miracle ! Miracle !
Femme,
D'où te vient cette simplicité
qui me bouleverse ?
D'où te vient ton infinie tendresse ?
D'où te vient ta limpide vérité ?
Et ces…
ces…
tes sourires,
et tes paroles,
et tes gestes
si simples, si tendres, si vrais
qu’ils semblent les sourires, les paroles, les gestes
de l’Univers ?…
Femme,
es-tu réelle
ou seulement une illusion de mon rêve les yeux ouverts ?


Vie d'humain
Elle est venue,
vêtue des couleurs allègres des fleurs,
et s'est assise à côté de moi
sur le même banc du parc.
Un instant a suffi :
je fus troublé, ravi.
Peut-être s'est-elle mise ici
simplement pour se reposer,
peut-être aussi pour parler.
Le temps est passé.
Aucun mot ne fut prononcé.
De son joli sac, elle a pris
un caramel qu'elle a mangé,
puis une cigarette
qu'elle a fumée.
Mais aucun mot ne fut prononcé.
Cependant, elle semblait regarder ailleurs
me permettant ainsi de l'observer.
J'ai rendu la politesse
avec la même délicatesse,
lui permettant de m'observer,
tandis que je semblais regarder ailleurs.
Mais nos regards,
trop éduqués, trop civilisés, trop domestiqués,
peut-être apeurés,
ne se sont jamais rencontrés.
A la fin,
peut-être parce que je n'ai pas réagi,
peut-être parce qu'elle n'a pas osé,
elle s'en est allée
avec dignité.


7 stations
sur la Voie de l'Amour
1
Ô toi
Ô toi qui as trouvé
la clé de mon trésor
le plus précieux, le plus profond, le plus délicat,
tu me fais vivre la vraie vie
pour laquelle je suis né.
Merveilleuse est ton oeuvre
au-delà de tout espoir.
2
Le septième jour
Le septième jour,
on dit que Dieu s'est reposé
après avoir créé l'Univers.
Moi, au contraire, je ne veux pas me reposer,
jamais,
aucun jour, aucune nuit, aucun instant
de t'aimer,
toi, mon Univers.

A l'amie du coeur
Amie du coeur
de mon aimée,
dis-moi une seule chose:
si, quand mon aimée
te parle de moi,
ses yeux brillent de joie.
4
Mon coeur
Mon coeur !
O mon coeur !
Tu as été si longtemps fermé…
Par chance le destin
t'as finalement porté
sur la Voie de l'Amour.
Là, tu as senti
le délicieux bouleversant urgent
appel
de l'infinie tendresse…
Je me souviens alors de tes paroles,
mon aimée.
Tu avais raison, totalement raison,
quand tu m'as dit
de ta voix si douce
et les yeux tendrement souriants :
Au fond, toi aussi, tu as un coeur tendre !


5
Pour
Pour quelque geste ou mot doux que je t'offre,
tu me dis toujours Merci !
Si tu veux vraiment me faire plaisir,
il vaut mieux me dire Je t'aime bien !
ou encore mieux me dire
les deux mots les plus beaux qui ont été inventés:
Je t'aime !
Ou
Mon amour !
C'est la plus belle manière de me dire Merci !
6
La prière
Je t'en prie,
ne me fais pas de reproches
même avec douceur,
si mon coeur
ne s'est pas ouvert
à peine caressé par toi.
Trop, il était trop blessé,
aveuglé, refroidi….
Par chance,
tu as été une amante patiente,
tellement patiente, je le sais,
plus qu'aucune autre,
et tu as su soigner le coeur malade

avec le baume de ton amour.


7
Moi je suis ici
Moi, je suis ici,
toi, ailleurs.
Moi, je te pense
et tu me manques tellement !
Qui sait, toi,
à quoi tu penses
et si je te manque.
Toi seule le sait.
Quand nous nous téléphonerons,
peut-être tu me le diras.
En tout cas,
moi je te pense
et tu me manques tellement
que je ne réussis pas, malgré ton conseil,
à jouir du beau moment.


YinYang
Quand je vois tout mal,
tu me fais voir la beauté qui est en moi,
quand tout autour de moi est obscur,
tu allumes la lumière qui est en moi,
quand je pleure,
tu réveilles l'allégresse qui est en moi,
quand j'ai froid,
tu fais briller le soleil qui est en moi,
quand la colère m'envahit,
tu la chasses avec la douceur qui est en moi,
quand la folie me prend,
tu me rappelles la sagesse qui est en moi,
quand je me tourmente,
tu me calmes avec la sérénité qui est en moi,
quand je suis désespéré,
tu fais revivre l'amour qui est en moi…
Merci, âme de mon âme.


Avant avant dernier
Je le sais
Je le sais,
même quand je ne l'espère plus,
que tu existes
quelque part,
plus probablement
au pays du soleil,
au bord de la mer ou au sommet d'une montagne,
qui font de l'existence une belle aventure.
Je sais,
je ne sais pas comment,
mais je le sais,
je l'ai toujours su
que tu as
la fragilité de la vie
et son énergie.
Et je sais que, comme moi,
tu pâtis la douleur
et cherches le bonheur.
Et je sais
que quand le hasard,
nommé aussi fortune,
permettra
enfin
notre rencontre,
alorenfin
notre rencontre,
alors je saurai que ce que je savais,
je le savais vraiment.


Futur antérieur
Nous le savons.
A l'instant même où nous nous verrons,
pour la première fois,
nous nous reconnaîtrons.
Sans mot, ni tambour, ni trompette.
Sans besoin de temps ni de fleurs.
Et nous nous offrirons
le secret du bonheur.
Déclaration
Je me débarrasserai de tout :
carrière, argent, maison, beaux vêtements.
Je ne garderai que quelques livres.
Alors j'irai la trouver.
Devant elle,
simplement, sans aucune forme de mise en scène,
j'enlèverai tous mes habits.
Puis nu, comme un ver de terre,
sans avoir le corps d'un athlète
ni d'un mannequin pour revue de mode,
je dirai à celle qui s'est proposé de m'aimer :
Voilà qui je suis.


Où estu
?
Où es-tu,
toi qui me libéreras de l'affreux doute
du verbe au conditionnel en faveur du futur certain ?
Toi qui effaceras
de mon âme la persistante mélancolie
et l'illumineras de joie ?
Toi qui dissoudras
de mon coeur l'affreuse colère
et le berceras d'une douce sérénité ?
Toi qui me feras renoncer à l'obsédante envie de mourir
et me redonneras le goût de continuer à vivre ?
Toi qui me libéreras du douloureux passé
et m'apprendras à savourer le présent ?
Toi qui me guériras de l'angoisse
avec le remède de la confiance ?
Toi qui m'épargneras l'ennui du corps
et m'offriras le plaisir du désir ?
Toi qui épanouiras mon visage de sourire et de rire
qui porteront tous les autres à sourire et à rire ?
Où ?…
Où donc es-tu,
toi, la sève de mon bonheur ?


 

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