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RETBI, Shmuel – Les Deux Pères

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14:33
7 décembre 2016


cocotte

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Les deux pères             Shmuel Retbi                       

 

Une rencontre pas comme les autres

 

Le patron jeta le journal d'un geste brusque sur le guéridon. Il réfléchit un moment et annonça :

 » Georgio ! Je commence à en avoir assez de leur insolence. Je n'ai pas une banane à moi sur tout le territoire de ce fichu pays. Il faut que cela cesse. « 

L'interpellé prit le journal et lut à mi-voix :

 » Le Prince de Castelammare, le fameux Joe Bananas, semble encore avoir disparu de la circulation. Selon des sources proches de la Direction du Syndicat du Crime, il se méfierait encore des tentatives de vengeance du clan Masseria. Le chef de cette noble famille sicilienne, on s'en souvient, aurait été abattu il y a une dizaine d'années par deux hommes à la solde du roi de la banane. La rédaction de ce journal retire toute responsabilité quant à l'exactitude de ces assertions calomnieuses et n'oserait mettre en doute, ne fût-ce qu'allusivement (ça veut dire quoi, ce mot là, Patron ? ) l'ho-no-ra-bilité de Monsieur Joe Bananas. Rappelons que M. Bonanno ne se trouvait pas aux États-Unis au printemps 1932 lors de la fusillade qui mit fin à la carrière de cinq ou six membres actifs de la Mafia sicilienne.

 

Le parrain regarda son subordonné d'un air de pitié

             » Le terme « allusivement » n'a aucune importance. Ce qui compte, c'est le mot « honorabilité ». Ce Tom Kayser commence à m'exaspérer.

- Je vais l'appeler au téléphone, boss et je vais lui faire avaler son porte-plume !

- Du calme, Grégorio. On ne menace pas un journaliste, voyons. Combien de fois dois-je te le rappeler ? On l'appelle au téléphone et on lui dit : Cher Monsieur Kayser, mon employeur n'aime pas l'usage que vous faîtes de ce sobriquet de « Joe Bananas » auquel un homme d'honneur comme lui n'a certes pas droit.  »

- Oui, je comprends, boss. S'il s'excuse, d'accord, sinon…

- Grégorio, efface le terme « sinon » de ton discours, mon garçon. Ce mot n'existe que dans les romans policiers. Et puis appelle mon médecin, je sens que j'ai encore le cœur qui flanche. « 

 

L'aide de camp s'éclipsa furtivement.

Resté seul, Joe Bonanno se prit la tête entre les mains et réfléchit. Comme il se sentait vieux, lui, à peine âgé de trente-sept ans. Il avait l'impression d'avoir vécu quatre vies au moins. Combien de combats dans les ténèbres, combien de

batailles au grand jour, combien de luttes ouvertes et sournoises il avait déjà derrière lui. Un homme d'honneur comme lui avait pourtant la conscience absolument nette. Non, il n'avait pas failli. Non, son intégrité restait de marbre. La disparition de Joe Masseria représentait un grand pas en avant vers la paix des familles. S'il y avait une petite ombre devant ses yeux, c'était celle de Salvatore Maranzano, son ancien patron, qu'on l'accusait d'avoir trahi et mis à mort. Ah ! Comme les gens sont méchants ! Il avait envie de faire une bonne action, encore une autre, rien que pour le plaisir. Un homme d'honneur se doit bien cela de temps en temps, non ? Mais les bonnes actions, ça ne court pas les rues. De plus, cela arrive rarement tout seul. Les bonnes actions, c'est comme les incendies, les ennemis et les flics, ça se provoque.

Au moment où Joe Bananas se retrouvait seul dans son cabinet de travail, le téléphone sonnait chez Meyer Lansky à quelques milliers de kilomètres de là. Le roi des attrape-nigauds et des casinos clandestins saisit le récepteur d'un geste lent et écouta :

 » Monsieur Lansky ? C'est Irving Bounim à l'appareil. « 

- Monsieur le Rabbin, quel honneur et quel plaisir…

- L'honneur et le plaisir sont pour moi. J'ai beaucoup apprécié le coup de main au cercle nazi. Le journal a l'air de vous accorder le mérite de l'opération, ce me semble.

- Oh, vous savez, les journaux sont pleins de racontars et d'histoires à mourir debout.

- Il n'en reste pas moins que nous voilà débarrassés de cette sale engeance pour un bon moment. Le Ciel bénisse ceux qui ont fait la chose.

- En quoi puis-je vous être utile ?

- Il s'agit d'une grosse affaire, légale, évidemment, mais secrète.

- Mais toutes nos affaires le sont, comme vous le savez. Comme disent les Sages :  » La bénédiction se pose là où le regard ne se porte jamais.  »

- Très juste, cher Monsieur Lansky. En deux mots, voici l'affaire : nous avons besoin d'un versement immédiat de cent mille dollars sur une banque suisse. Ce montant constitue un apéritif dont le plat du jour nous coûtera peut-être cinq millions de dollars.

- Cinq millions ! Vous n'y allez pas avec le dos du carnet de chèques, vous !

- Quand vous connaîtrez le but de l'opération, vous direz que c'est pour rien. Il s'agit de sauver cent cinquante mille Juifs polonais et roumains de l'enfer nazi. « 

 

Un long silence suivit cette dernière affirmation. Lansky prononça à mi-voix

 

 » Continuez, vous avez les cent mille de toute façon. « 

Quittons les villes de Tucson  en Arizona, et et de Las Vegas en Californie et sautons par-dessus les terres et les océans. Nous voici d'un coup à Fribourg, en Suisse, en fin de matinée. Le Ministre Jean-Marie Musy donne un formidable coup de poing sur la table et s'insurge :

 » Voilà vingt ans que je me bats pour cette Confédération ! Les gens ne pensent qu'à prendre au lieu de donner ! Bandes de fous ! Mais vous ne comprenez donc pas que les finances sont au plus bas ? Nous sommes au bord de l'abîme ! Achetez-vous des lunettes, que diable ! Oui, je sais. J'ai peut-être tort de dire : « Heureusement qu'il y a l'Allemagne.  » Je n'oblige personne. Je parle du point de vue économique, évidemment, et non sur le plan politique ou humanitaire, comprenez-moi bien. Enfin… Heureusement que notre neutralité reste sauve, c'est toujours ça… « 

Les journalistes une fois dehors, Musy sort un mouchoir de sa poche et s'éponge le front. Il ouvre le tiroir de son bureau et en tire une longue enveloppe décachetée. Il extirpe lentement les deux pages dactylographiées et les dépose sur son buvard. Pour la quatrième fois, il lit lentement la longue dépêche émanant du Conseil Juif américain de sauvetage :

 

 » … contre un montant de cinq millions de dollars en espèces. Nous connaissons votre désintéressement et votre intégrité. Si vous le souhaitez, nous pourrons mettre toute somme que vous demanderez, soit à votre nom, soit à n'importe quel compte que vous jugerez utile de voir créditer… « 

Au bout d'une demi-heure de réflexion, la décision de Jean-Marie Musy était prise. Il sonna sa secrétaire :

 

 » Appelez le bureau de M. Himmler et demandez-le personnellement de ma part. « 

 

La communication fut rapidement établie. La conversation eut lieu en allemand :

 

-           » Comment se portent vos affaires, Heinrich ?

-          - Celles du Reich vont au mieux. Les miennes, au contraire, sont au plus bas. Margaret refuse de quitter l'appartement de service et moi, il faut bien que je vive quelque part. Avec les deux enfants que m'a faits ma secrétaire, vous pensez, ce n'est pas facile, même pour un super-chef de police.

-          - Je pourrais peut-être vous apporter une certaine aide, voyez-vous…-     - Comment cela ? Le gouvernement helvétique aurait-il pitié de mes malheurs ?

- Pas exactement. Il s'agit d'autre chose, une affaire un peu délicate, mais qui pourrait peut-être présenter quelques avantages.

- Vous me faîtes mourir d'intérêt, mon cher ami, parlez, parlez !

- Mais il y a aussi quelques inconvénients. Par quoi je commence, par les contre ou par les pour ?

- Hmm. Par les contre, allez-y.

- Il y a de l'argent juif qui cherche une poche vide.

- Pas question. Une race impure n'a pas le don de purifier l'argent.

- Bon, alors je ne mentionne pas les pour…

- Non, il ne peut pas y avoir de « pour » dans votre histoire.

- Eh bien n'en parlons plus ! Dommage pour les cinq millions de dollars…

- Hein ? Comment ? J'ai mal entendu !

- Vous avez parfaitement entendu. Bon, je ne vais pas vous torturer. L'argent n'a pas d'odeur. D'ailleurs, l'argent juif américain provient sûrement de louches affaires usurières faites sur le dos de populations aryennes.

- Vraisemblablement. Allez-y. Racontez-moi votre histoire. « 

Jean-Marie Musy exposa en quelques minutes le projet du Conseil Juif de Sauvetage. Cinq millions de dollars seraient versés sous forme de dix versements mensuels. Pendant cette période de dix mois, cent cinquante mille Juifs d'Europe orientale seraient expulsés vers l'Amérique, via la Suisse et l'Italie.

L'accord fut rapidement conclu. Himmler disposait à Fribourg d'un compte courant dont Musy nota les détails.

Pendant les semaines qui suivirent, un plan opérationnel très précis fut établi entre les deux hommes. La filière d'évasion serait testée sur un groupe de vingt-quatre Rabbins hongrois dont les familles avaient déjà gagné les États-Unis quelques années plus tôt. Cent mille dollars trouvèrent leur chemin jusqu'au compte suisse du dirigeant nazi. Une société spécialisée dans la fabrication de poudre de poisson fournit un énorme camion dont la remorque fut dotée d'un double-fond où l'on cacha les vingt-quatre rabbins. Le camion fut arrêté à la frontière autrichienne. Il contenait des caisses de poudre de poisson. Deux d'entre elles furent ouvertes par la douane. Rien de suspect n'éveilla l'attention des douaniers autrichiens et le camion arriva sans encombre à Trieste sans avoir pénétré sur le territoire suisse. De là, il gagna rapidement le port de Gènes où le chargement fut transporté dans un entrepôt au nom de la société hongroise.

La police italienne effectuait des contrôles périodiques mais, là encore,  rien n'éveilla les soupçons. Le port vivotait lamentablement et aucun bateau ne s'inscrivait jamais partant pour une traversée transatlantique. Les semaines passaient et les vingt-quatre Rabbins commençaient à s'ennuyer. L'alternative ne manquait pas de simplicité : soit, on restait là jusqu'à l'arrivée du Messie, soit, on sortait pour tomber entre les mains de la police italienne. De là à la déportation vers un camp de concentration en Pologne, il n'y avait qu'un pas que les prudents érudits se gardèrent bien de faire.

 

Au bout d'un mois et demi, le contact italien de Jean-Marie Musy le mit au courant de la situation. Le Ministre décida de faire part au Rabbin Irving Bounim de l'impasse à laquelle le système avait abouti. Une somme de dix mille dollars assura momentanément le silence du poste de police italien préposé au secteur du port. Mais une solution s'imposait.

 

Irving Bunim appela Meyer Lansky et le mit au courant des derniers événements.

 » Dans le port de Gènes, vous dites ? Donnez-moi quarante-huit heures. Je vais voir ce qu'on peut faire. « 

Le lendemain matin, le Rabbin Bounim recevait une visite peu ordinaire. Un homme d'une soixantaine d'années, à la longue barbe blanche, vêtu à la façon des Rabbins d'Europe orientale, se présentait chez lui. Aharon Kotler avait échappé par miracle à la Gestapo. Arrivé à Vilna, il avait tenté sans succès de remonter sa haute école rabbinique et, finalement, avait accepté de partir pour la Suède et, de là, pour les États-Unis. Sa renommée était parvenue depuis longtemps aux responsables de l'éducation juive américaine. La communauté l'accepterait avec joie et subviendrait à tous ses besoins. En échange, il mettrait sa science et son expérience au service de la collectivité juive partout où cela s'avèrerait nécessaire.

 

Le Rabbin Kotler allait prendre congé de son hôte lorsque le téléphone sonna.

 

 » Meyer Lansky à l'appareil. J'ai du nouveau.

- Ah, déjà ? Vous avez fait vite !

- Les circonstances l'imposent, ce me semble. Je vous ai arrangé une entrevue avec quelqu'un d'important dans le monde de la finance et du bien public. Il s'agit de Monsieur Joseph Bonanno, si le nom vous dit quelque chose. « 

 

Le Rabbin Bounim faillit s'étrangler en avalant sa salive :

 

 » J'ai entendu ce nom quelque part, en effet.

- Prenez le train pour Tucson à sept heures demain matin. Vous arriverez là-bas après-demain vers midi. On vous attendra. Il a beaucoup hésité mais, finalement, il est d'accord. Il ne demande rien en échange. « 

 

Irving Bounim reposa le combiné et regarda le Rabbin Aharon Kotler :

 » J'ai déjà besoin de vos bons services. Nous partons demain matin pour un petit voyage de trois ou quatre jours. « 

Deux jours plus tard, les deux hommes descendaient du train en gare de Tucson. Deux hommes en complet gris et aux épaules larges comme des armoires normandes firent quelques pas en leur direction :

 » Monsieur Bounim ? Nous sommes les secrétaires de Monsieur Bonanno et nous avons pour mission de vous conduire à lui. « 

 

Ils regardèrent le deuxième homme d'un air soupçonneux. Irving Bounim intervint:

 

 » Ce monsieur est le Rabbin Kotler. Il m'accompagne. « 

Les quatre hommes quittèrent la gare et montèrent dans une immense limousine noire dont les vitres sombres étaient couvertes d'épais rideaux. La route se fit en silence. Un quart d'heure plus tard, le gravier crissait sous les pneus de la Cadillac qui déposait ses occupants au pied d'un vaste perron de marbre. Deux gorilles montaient la garde devant la double porte d'entrée. D'énormes molosses patrouillaient au grand galop autour de la villa. En bref, tout inspirait le respect et la confiance. L'intérieur de la bâtisse n'était pas moins accueillant. On avait l'impression qu'il était au moins vingt fois plus facile d'entrer dans la maison que d'en sortir vivant. Un majordome poli fit asseoir les visiteurs dans deux grands fauteuils de cuir et disparut par une porte latérale. Il refit surface quelques minutes plus tard. Debout dans l'entrebaillement de la porte, il fit signe aux deux rabbins de le suivre. Un long couloir les conduisit jusqu'à une énorme porte entièrement capitonnée. Le maître d'hôtel frappa deux petits coups puis trois autres plus rapides. La porte s'ouvrit sur un immense cabinet de travail.

Assis à son bureau, un homme encore jeune mais à l'apparence maladive fixa sur les nouveaux venus un regard clair et froid. Le Rabbin Bounim ne manquait pas de ressources sur le plan diplomatique. Il s'avança d'un pas et sans prendre garde à son propre titre et rang, ôta son chapeau et se courba profondément devant le maître de maison. Celui-ci remarqua que le second visiteur ne bronchait pas. D'un geste de la main, il leur fit signe de s'asseoir et commença en ces termes :

 » Mon ami Lansky m'a mis au courant de l'affaire qui vous préoccupe. Si je comprends bien votre position, vous vous occupez du sauvetage de Juifs d'Europe centrale, n'est-ce pas ?

- Je m'occupe, je m'occupe, c'est un bien grand mot. J'aimerais arriver à faire quelque chose, même une goutte d'eau dans cette mer d'enfer.

- Oui, je sais. Meyer m'a mis au courant. Lui-même met ses talents au service de la Marine Fédérale. Son réseau de spécialistes est parvenu à faire saisir plus de cinquante espions à la solde de l'Allemagne. Ses bateaux de pêche signalent la présence des sous-marins ennemis le long des côtes du Mexique. Pour lui, c'est une question d'honneur, vous comprenez ? Le service de l'impôt l'autorise maintenant à diminuer sa déclaration de près de 90 % et à mettre les fonds ainsi disponibles au service de l'effort de guerre. Je ne peux que m'enorgueillir d'avoir de tels amis. Bien, venons-en au fait. Vous dites : vingt-quatre personnes à faire sortir du port de Gènes avec ou sans la bénédiction de la police italienne.

- Oui, c'est là le problème. Aucun navire ne peut quitter le port pour l'Atlantique. L'ordre donné aux Italiens par les Allemands ne souffre aucune exception.

- Dans ce genre de cas, il ne faut jamais tenter de lutter contre les autorités, il faut les aider, au contraire. Donc, s'ils autorisent certains navires à partir pour l'Espagne ou pour la Libye, eh bien un navire partira pour l'Espagne ou pour la Libye, ce n'est pas si compliqué que ça. Je crois avoir entendu dire que l'Espagne était grosse consommatrice de poudre de poisson. Ils en mettent partout, dans le rizotto, dans la paella, même dans les patates. Les choses doivent se passer dans la légalité la plus minutieuse, je suis un homme d'honneur, moi. « 

Le parrain se tut. Les yeux baissés sur son buvard, il semblait absorbé dans de profondes pensées. Le Rabbin Bounim bougeait impatiemment d'une fesse à l'autre sur sa chaise. Le regard clair se posa sur le second invité dont aucun trait n'avait bougé pendant tout l'entretien :

 

 » Qui est ce vénérable dignitaire ?

- C'est le père des Juifs, le Rabbin Aharon Kotler. Il ne comprend pas encore l'anglais, il vient juste d'arriver.

- Qu'il me bénisse. Tant de gens veulent ma mort. J'ai fait déjà trois infarctus. On m'a tiré dessus encore la semaine dernière, alors que je n'ai jamais fait de mal à une mouche. « Le Rabbin Bounim se tourna vers son ami et traduisit en yiddish les propos de leur hôte. Le Rabbin Kotler se leva lentement, avança à pas mesurés jusqu'au large bureau et posa doucement les mains sur les épaules de Don Papino :

 

 » Zog eim ehr zol leiben lang un shtarben in bet.  »

 

Le Rabbin Bounim traduisit :

 

 » Dieu vous gratifiera d'une longue vie et vous mourrez dans votre lit. « 

 

Joe Bonanno était ému jusqu'aux larmes :

 » Ah ! Quel bonheur ! Il me plaît ce type-là ! Je vais tout mettre en oeuvre pour vous satisfaire.

Une semaine plus tard, un énorme container de farine de poisson était chargé sur un rafiot en partance pour Barcelone où il n'arriva d'ailleurs jamais. Une fois passé le cap de Gibraltar, le navire obliqua vers le sud-ouest. Trois semaines plus tard, il contournait les Caraïbes et déposait sa cargaison dans le petit port de Tampa en Floride où l'attendait un escadron des hommes de Meyer Lansky.

Le Rabbin Kotler tint parole. Joe Bananas mourut en 2002, à l'âge de quatre-vingt-dix-sept ans.

Quelques mois plus tard, une longue auto noire stationnait devant l'entrée de l'école rabbinique de Lakehood.  Deux hommes d'un âge avancé en descendirent et demandèrent à parler au Père des Juifs. Un homme d'une soixantaine d'années les reçut dans son bureau. Ils expliquèrent le but de leur visite :

 » Nous sommes les fils de Joseph Bonanno. Il y a de cela soixante ans, le Père des Juifs a béni notre vénéré Papino. Nous voulons lui parler et obtenir la même bénédiction de sa bouche. « 

 

Le Directeur de l'institution religieuse réfléchit un moment puis déclara :

 » Je pense que vous faites allusion à mon père. À mon grand regret, il est mort depuis plus de vingt ans. Je suis bien son fils mais, malheureusement, il ne m'a pas doté de la faculté de bénir les gens comme il savait le faire lui-même. Vous devrez vous contenter de mes remerciements et d'une poignée de mains. « 

 

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