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BRYANT, Sara Cone – Deux Contes pour les tout-petits

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7:40
12 avril 2019


cocotte

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1

La souris de villes et la souris des champs


Il y avait une fois une petite souris qui vivait à la campagne. Un jour, elle invita son amie, une


petite souris qui habitait à la ville, à lui rendre visite.


Quand la petite souris de la ville s’assit à table, elle fut très surprise de voir que la petite souris


des champs n’avait rien à manger, à part de l’orge et du grain.


« Vraiment, dit-elle, tu ne vis pas bien du tout ! Tu devrais voir comment je suis. J’ai d’excellentes


choses à manger tous les jours. Tu devrais venir me rendre visite et voir comme c’est merveilleux


 de vivre en ville.


La petite souris des champs était très heureuse d’accepter l’invitation et, peu après, elle alla à la


 ville rendre visite à son amie.


La première pièce où l’emmena la souris de la ville fut la cuisine de la maison dans laquelle elle


 vivait. Là, sur l’étagère la plus basse, derrière des pots en pierre, il y avait des sacs en papier


remplis de sucre roux. La petite souris de la ville fit un trou dans le sac et invita son amie à se servir.


Les deux petites souris se mirent à grignoter et à grignoter.  Elles se régalaient et la petite souris des


 champs pensait que, de toute sa vie, elle n’avait jamais rien mangé d’aussi bon. Elle était


 justement en train de se dire combien la vie de son amie devait être heureuse, quand soudain,


 la porte s’ouvrit avec un « bang » et la cuisinière entra pour prendre un peu de farine.


« Courons ! » dit la souris de la ville, et elles coururent aussi vite qu’elles pouvaient jusqu’à un


trou, dans lequel elles purent se réfugier. La souris des champs avait très peur, mais la souris des


villes lui dit : « Ce n’est rien. Elle va partir et nous pourrons continuer notre repas. »


Quand la cuisinière fut partie et qu’elle eut fermé la porte derrière elle, la souris de la ville voulut


 faire une surprise à son amie. Elle l’emmena dans un coin où, sur la plus haute étagère, il y avait


 un grand pot de pruneaux . Elles en sortirent un et commencèrent à la grignoter. C’était encore


 meilleur que le sucre ! La petite souris des champs aimait beaucoup les pruneaux et elle mangeait


 aussi vite qu’elle pouvait.


Malheureusement, au milieu de leur repas, elles entendirent un grattement et un assourdissant


 « Miaou « Qu’est-ce que c’est ? » dit la souris des champs ? La souris de la ville murmura :


 « Chut ! » et elles coururent jusqu’au trou. Là, elles étaient hors de danger.


Quand elles furent en sûreté, la souris de la ville dit : « C’était le vieux chat. C’est le plus dangereux


 mangeur de souris de la ville. S’il t’attrape, tu es perdue ».


« C’est terrible, dit la petite souris des champs. Ne revenons pas au placard. »


« Non, dit la souris de la ville, je vais t’emmener à la cave. Il y a quelque chose d’extraordinaire. »


Ainsi, la souris de la ville conduisit sa petite amie jusqu’à l’escalier qui mène à la cave.


Là, il y avait un grand placard, avec beaucoup d’étagères. Et, sur ces étagères, il y avait un gros pot


 de beurre, et des fromages dans des sacs, et, à côté, des chapelets de saucisses et un baril de


pommes.


Cela semblait si bon que la petite souris des champs courut le long de l’étagère, grignota un


morceau de fromage, puis un morceau de beurre, jusqu’à ce qu’elle aperçoive un délicieux petit


 morceau de fromage, dans un petit coin. Il sentait particulièrement bon. Elle s’approcha et elle


 était sur le point de mordre dedans quand la souris de la ville la vit :


« Arrête ! arrête ! »cria la souris de la ville. C’est une souricière ! »


La petite souris des champs s’arrêta et dit : « Qu’est-ce que c’est qu’une souricière ? »


« Cette chose est une souricière, dit la petite souris de la ville. Dès que tu touches le fromage avec


 tes dents, quelque chose de lourd te tombe sur la tête et tu es morte ! »


La petite souris des champs regarda la souricière, puis le fromage. Alors, elle dit à la souris de la


ville : « Excuse-moi, mais je pense que je vais rentrer à ma maison. Je n’ai que de l’orge et du grain


à manger, mais je mange en paix et confortablement, tandis que tu as du sucre roux, des pruneaux


 et du fromage, mais tu as tout le temps peur de mourir. »


Alors, la petite souris des champs repartit à sa maison, où elle vécut heureuse et tranquille tout


 le reste de sa vie.


Le roi des grenouilles


N’avez-vous jamais entendu l’histoire des grenouilles stupides ?


Des grenouilles vivaient dans un étang. Un jour, elles décidèrent qu’elles voulaient un roi.


  Jusque là, elles avaient vécu parfaitement  sans roi, mais elles s’étaient mis dans la tête qu’elles


devaient en avoir un.


Elles envoyèrent un messager à Jupiter pour lui demander de leur envoyer un roi, qui règnerait


 sur elles.


Jupiter savait combien les grenouilles étaient stupides, et il leur envoya un roi qui ne leur ferait


 pas de mal. Il jeta une grosse bûche au milieu de l’étang.


En entendant le « Plouf », les grenouilles eurent peur et rentrèrent en vitesse dans leurs trous


 pour se cacher de la Bûche. Mais, au bout d’un moment, elles s’aperçurent que le roi ne remuait


pas. Elles n’eurent plus peur et allèrent même s’asseoir sur lui.


Finalement, elles envoyèrent un autre messager à Jupiter pour lui demander un nouveau roi.


Jupiter leur envoya une anguille.


Les grenouilles étaient très contentes, et elles eurent très peur aussi. Mais les jours passèrent et


elles virent que le roi n’était pas dangereux et qu’elles n’avaient rien à craindre de lui. Alors, elles


ne le respectèrent pas.


Elles envoyèrent un troisième messager à Jupiter pour lui demander encore un nouveau roi, mais


 le meilleur qui soit au monde.


Jupiter se mit en colère à cause de leur stupidité : « Je vais, dit-il, vous envoyer le roi que vous


méritez ! » et il leur envoya un héron.


Les grenouilles, très contentes, montèrent à la surface de l’étang pour voir leur nouveau roi.


 Le héron les attrapa avec son long bec l’une après l’autre. Au fur et à mesure qu’elles sortaient


de l’eau, le héron les avalait immédiatement.


C’était vraiment le meilleur roi pour elles.


 

 

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