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BRYANT, Sara Cone – Trois Contes pour les tout-petits

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10:40
18 mars 2019


cocotte

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1

Epaminondas et sa tatie

Il était une fois une fois un petit garçon noir qui vivait en Afrique. Sa maman  lui avait donné

 le nom d’ Epaminondas, qui est celui d’un célèbre général.

Epaminondas allait souvent rendre visite à sa tatie, et, chaque fois, elle lui donnait quelque

 chose qu’il ramenait à sa maison pour sa maman.

Un jour, elle lui donna un gros morceau de gâteau, doré à point, magnifique et très appétissant.

 Elle lui dit : Tiens bien ton gâteau pour le rapporter à ta maison !

Epaminondas le prit dans son poing et le tint bien serré, comme ça, et il rentra chez lui. Mais,

 le temps de revenir à sa maison, il n’y avait plus dans son poing que des miettes.

Sa maman lui dit :

-Qu’est-ce que tu m’apportes, Epaminondas ?

-Un gâteau, maman !

-Un gâteau ! dit la maman. Epaminondas, qu’as-tu fait du bons sens que tu as reçu à ta naissance ?

Ce n’est pas la bonne manière de porter un gâteau. Quand on porte un gâteau, il faut l’envelopper

de quelques belles feuilles d’arbre et le mettre dans ton chapeau, puis tu mets ton chapeau sur ta

tête et tu reviens à la maison. Tu entends, Epaminondas ?

- Oui, maman, dit Epaminondas.

Le jour suivant, sa tatie lui donna une livre de beurre pour sa maman, une belle motte, fraîche, avec

un bon goût sucré.

Epaminondas entoura le beurre avec des feuilles fraîches , le mit dans son chapeau et revint à sa

maison. C’était une journée très chaude.

Peu de temps après, le beurre commença à fondre. Il coula sur sa figure, sur ses oreilles, sur son cou.

Quand il arriva à sa maison, le beurre n’était plus dans le chapeau, il était sur Epaminondas. Quand

sa maman le vit, elle s’écria :

- Pour l’amour du ciel, Epaminondas, qu’est-ce que tu apportes là ?

-Du beurre, maman ! Tatie me l’a donné !

-Du beurre ! dit sa maman ! Epaminondas, qu’as-tu fait du bon sens que tu as reçu à ta naissance ?

Ce n’est pas comme ça qu’on transporte le beurre. Il faut l’envelopper de feuilles, puis aller au ruisseau

 et le tremper, le tremper, le tenir serré dans tes mains et revenir ainsi à la maison.

-Oui, maman, dit Epaminondas.

Un autre jour, quand Epaminondas alla chez sa tatie, elle lui donna un mignon petit chien.

Epaminondas l’entoura de feuilles, il alla jusqu’au ruisseau, et il le plongea dans l’eau, encore et encore, en

 le serrant bien dans ses mains.

Quand il arriva à sa maison, le petit chien était presque mort. Quand la maman le vit, elle s’écria :

- Pour l’amour du ciel, Epaminondas, qu’est-ce que tu apportes ?

- Un petit chien, maman !

- Un petit chien, pour l’amour du ciel, qu’as-tu fait du bons sens que tu as reçu à ta naissance ? Ce n’est

 pas comme ça qu’on porte un petit chien ! Pour promener un petit chien, il faut prendre un long morceau

 de ficelle, on entoure le cou du petit chien avec un bout de la ficelle, on pose le chien par terre, on prend

 l’autre bout dans sa main et on traîne le chien à la maison de cette façon. Tu entends ?

- Très bien, maman ! dit Epaminondas.

- La fois suivante, quand Epaminondas alla chez sa marraine, elle lui donna un pain à ramener à sa maison :

 un gros pain frais, doré, avec une belle croûte brune.

- Epaminondas prit une ficelle, entoura le pain avec la ficelle, mit le pain par terre, attrapa l’autre bout de

 la ficelle et le traina ainsi jusqu’à sa maison. Mais, quand il arriva, sa maman vit qu’il n’y avait plus rien au

 bout de la ficelle.

-Pour l’amour du ciel Epaminondas, qu’est-ce que tu traînes au bout de ta ficelle ?

-Un pain, maman, dit Epaminondas. C’est Tatie qui me l’a donné !

-Du pain ! dit sa maman. Oh ! Epaminondas, Epaminondas, qu’as-tu fait du bon sens que tu as reçu à ta

naissance ? Ce n’est pas comme cela qu’on porte un pain. Tu n’iras plus chez ta tatie, c’est moi qui irai lui

 rendre visite.

 Le lendemain, elle dit : Je vais  aller moi-même chez ta tatie. Mais je te dirai seulement une chose,

 Epaminondas. Tu vois ces six tartes que j’ai préparées ? Je les ai mises sur le seuil de la porte pour les faire

 refroidir. Alors, écoute-moi bien, Epaminondas ! Quand tu sortiras, fais bien attention où tu mettras tes pieds

quand tu passeras dessus.

-Oui, maman, dit Epaminondas

Et la maman d’Epaminondas mit son bonnet, mit son châle sur ses épaules, prit une corbeille et partit chez la

 tatie. Les six tartes étaient en train de refroidir, bien rangées sur le seuil de la porte.

Epaminondas fit bien attention quand il sortit. Il mit ses pieds exactement au milieu de chaque tarte.

Quand sa maman rentra à la maison, personne ne sait ce qu’elle dit à Epaminondas, mais je vous laisse

 l’imaginer.

 

 

La petite poule rouge

La petite poule rouge se promenait avec ses poussins dans la cour de la ferme quand elle trouva

 un grain de blé.

- Qui va planter ce grain de blé ? dit-elle

- Pas moi ! dit le dindon

- Ni moi ! dit le canard

-Alors, je le planterai, dit la petite poule rouge.

Et elle planta le grain de blé.

Quand le blé fut mûr, elle dit :

- Qui va porter ce blé au moulin ?

- Pas moi, dit le dindon

- Ni moi, dit le canard

- Alors, je le porterai, dit la petite poule rouge.

Et elle porta le blé au moulin.

Après avoir ramené la farine chez elle, elle dit 

- Qui va faire du pain avec cette farine ?

- Pas moi, dit le dindon

- Ni moi, dit le canard

- Alors, je le ferai, dit la petite poule rouge

Quand le pain fut cuit, elle dit :

- Qui va manger ce pain ?

- Moi ! cria le dindon

- Moi ! cria le canard

- Non, vous n’en mangerez pas ! dit la petite

poule rouge. C’est moi qui le mangerai ! Clouk ! Clouk !

Et elle appela ses poussins pour le manger avec elle.

 

Comment Frère Lapin trompa la Baleine et l’Eléphant

Un jour, le petit Frère Lapin courait dans le sable, tactac, tac tac, quand il vit la Baleine et

l’Eléphant en train de se parler. Petit Frère Lapin s’approcha d’eux en se cachant et il entendit

leur conversation. Et voilà ce qu’ils se disaient :

-Tu es le plus gros animal sur la terre, frère Eléphant, disait la Baleine, et moi, je suis le plus gros

animal dans la mer. Si nous nous associons, nous pourrons gouverner tous les animaux du monde

 et je sais comment y arriver !

-Très bien, très bien, trompeta l’Eléphant. Cela me convient . Nous ferons comme ça !

Petit frère Lapin se dit : Cela ne me plaît pas. Je ne veux pas être gouverné par eux !

Il alla chercher une très longue, très solide corde, puis un gros tambour, et il alla cacher tout ça

dans les buissons. Puis il alla sur la plage à la recherche de la Baleine. Quand il la vit, il s’approcha

 d’elle et lui dit :

-Oh ! S’il vous plaît, Madame la Baleine, vous qui êtes si forte, voulez-vous me rendre un grand

 service ? Ma vache s’est enlisée dans la boue à un quart de mille d’ici, et je ne peux pas la faire

sortir. Vous êtes si robuste et si obligeante que je me permets de vous demander votre aide.

La Baleine était si flattée du compliment qu’elle répondit : « Oui, je veux bien ! »

« Bon, dit le Lapin, je vais attacher le bout de ma longue corde autour de votre corps et je vais

courir attacher l’autre bout à ma vache. Quand ce sera fait, je taperai sur mon gros tambour.

Quand vous l’entendrez, tirez très fort car ma vache est enfoncée profondément dans la boue. » 

« Bouh, gronda la Baleine, Je la sortirai,  même si elle était enfoncée jusqu’aux cornes ! »

Petit Frère Lapin attacha la corde autour de la Baleine, et il courut, tac tac, tac tac, à l’endroit où

se tenait l’Eléphant.

-Oh ! S’il vous plaît, puissant et bienveillant Eléphant, dit-il en faisant une grande révérence,

Voudriez-vous me rendre un grand service ?

-Lequel ? répondit l’Eléphant ?

-Ma vache est enfoncée dans la boue à un quart de mille d’ici, dit le petit Frère Lapin et je ne peux

pas la sortir. Certainement, costaud comme vous l’êtes, vous pourriez, si vous le voulez bien, et je

 vous serais très reconnaissant de m’aider.

-Certainement, répondit l’Eléphant majestueusement, certainement !

-Bon, dit petit Frère Lapin, je vais attacher un bout de ma longue corde à votre trompe et l’autre

bout à ma vache. Quand ce sera fait, je taperai sur mon gros tambour. Quand vous l’entendrez, tirez

aussi fort que vous le pourrez car ma vache est très lourde.

-Pas de problème, dit l’Eléphant, je pourrais tirer jusqu’à trente vaches.

-Je suis sûr que vous pourrez, dit poliment le Lapin. Seulement, il faut commencer doucement, puis

 tirer ensuite très fort, aussi fort que vous pourrez ! »

Il attacha solidement l’autre bout de la corde autour de la trompe de l’Eléphant, puis il courut

 jusqu’au buisson. Il s’assit et commença à battre du tambour.

La Baleine commença à tirer, et l’Eléphant commença à tirer et, en un instant, la corde se tendit,

aussi raide que possible.

« Ce n’est pas croyable ce que cette vache est lourde, dit l’Eléphant. Mais je la sortirai quand

même ! » Et il cala ses pattes de devant dans le sol et il donna une énorme secousse.

« Pauvre de moi ! dit la Baleine, cette vache doit être coincée quelque part ! » Elle s’enfonça au

 plus profond de l’eau en donnant une grande secousse.

La Baleine tira le plus fort possible, l’Eléphant tira le plus fort possible. Mais la Baleine glissait de

 plus en plus vers la terre parce que l’Eléphant tirait de plus en plus fort et qu’il enroulait, à mesure,

 la corde autour de sa trompe.

Quand la Baleine sentit qu’elle allait glisser sur la terre à cause de la vache, elle plongea dans

 la mer la tête la première en donnant un grand coup de reins.

L’Eléphant tomba et glissa jusqu’à la plage. Il était très en colère. Alors, il tira encore plus fort et

donna une telle secousse qu’il tira la Baleine hors de l’eau.

-Qui me tire ? mugit la Baleine

-Qui me tire ? trompeta l’Eléphant

Et chacun vit la corde enroulée autour de l’autre compère.

-Je vous apprendrai à jouer à la vache ! rugit la Baleine

-Je vous apprendrai à vous moquer de moi ! trompeta l’Eléphant

Et ils recommencèrent à tirer. Mais, à la fin, la corde cassa.

La Baleine retourna à la mer et l’Eléphant repartit vers sa forêt.

Mais tous les deux étaient si honteux qu’ils ne voulurent plus s’adresser la parole.

Ainsi, le projet qu’ils avaient fait de gouverner tous les animaux de la terre fut abandonné

pour toujours.

Et le petit Frère Lapin alla s’asseoir dans ses buissons et il se mit à rigoler, à rigoler, à rigoler…

 

 

 

 

 

 

 

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