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ANDREÏEV, Léonid – À la fenêtre

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 10min | Genre : Nouvelles


Alexey Tyranov - Studio of the artists N. and G. Tchernetsov (1828)

« Après avoir soupiré en pensant à la bêtise humaine, André Nicolaiévitch regarda de nouveau la rue. Juste en face de la fenêtre, du côté opposé, s’élevait une belle maison. Des sculptures de bois couvraient toute la façade ; c’était comme une dentelle, qui commençait aux soubassements d’un rouge foncé et se terminait au faîte de la toiture de fer, de laquelle s’élançait une flèche également ajourée. [...] André Nicolaiévitch n’avait jamais envié ces gens-là, et n’aurait pas voulu avoir autant d’argent qu’eux. Une ou deux fois l’idée vint à André Nicolaiévitch que lui aussi pourrait être un homme qui gagnerait beaucoup d’argent, qui posséderait une maison aux fenêtres étincelantes et une jolie femme. Mais cette supposition lui causait un grand effroi. [...] Il se trouvait bien, d’ailleurs, dans son bureau. Sa table, la même depuis quinze ans, était recouverte de toile cirée et poussée tout à fait dans le coin, et quand son chef, le conseiller, entrait, il ne voyait pas André Nicolaiévitch caché derrière les autres employés. »

Connaissez mieux cette âme russe peinte par Léonid Andreïev dans À la fenêtre, dernière nouvelle du recueil Les Sept Pendus qui s’exprime ainsi, après une décevante aventure : « Comme elles sont inconstantes, les femmes ! Un jour elles vous appellent « chéri », « bien aimé », le lendemain « fantôme » ! ».

Traduction : Serge Persky (1870-1938).

Illustration : Alexey Tyranov, Studio of the artists N. and G. Tchernetsov (détail, 1828).

À la fenêtre.

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2 commentaires sur cette page. Ajoutez le vôtre !

  1. gaumondie le 8 juin 2016

    merci monsieur DEPASSE.

  2. emiliemilie le 15 janvier 2017

    C’est surtout dans la littérature russe qu’on peut retrouver ces âmes angoissés par la vie. Je pense toujours en lisant ce type d’histoires aux gens qui ne cessent de répéter « pourvu qu’ils n’arrivent rien »… Comme si seul le mauvais pouvait advenir….

    Dans la littérature pour enfant, il y a une très beau conte, où une femme qu’on pourrait qualifier d’obsessionnelle recueille un oisillon et lui apprend à voler… Pour s’envoler avec lui. André Nicolaiévitch aurait besoin de voler;)

    Merci René Depasse

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