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AXA, Zo (d’) – Enfants-martyrs – Au Biribi des gosses

Donneuse de voix : Christiane-Jehanne | Durée : 25min | Genre : Essais


Zo d'Axa

Voici deux textes puissants de Zo d’Axa, pour la défense des enfants mis dans des bagnes.

Alphonse Gallaud de la Pérouse, dit Zo d’Axa, né à Paris le 24 mai 1864 et mort à Marseille le 30 août 1930, est un individualiste libertaire, antimilitariste, pamphlétaire et journaliste satirique français, créateur du journal L’En-dehors et de La Feuille.

Zo d’Axa est issu d’une famille bourgeoise. Descendant du navigateur La Pérouse, petit-fils du fournisseur officiel des aliments laitiers de la famille impériale, il est le fils d’un haut fonctionnaire des Chemins de fer d’Orléans devenu par la suite ingénieur de la Ville de Paris.

Le 6 octobre 1897, il fonde un nouveau journal, La Feuille, dont il rédige l’essentiel des textes, illustrés entre autres par Steinlen, Luce, Anquetin, Willette et Hermann-Paul.
Jusqu’en 1899, Zo d’Axa publie dans La Feuille divers articles antimilitaristes et anti-capitalistes. Il lance une campagne pour l’abolition des bagnes d’enfants. Lors des élections, La Feuille choisit un âne comme candidat officiel ; promené à travers Paris, il fait scandale.
Mais toute cette activité finit par le lasser. En 1900, il part à nouveau, et visite les États-Unis, le Canada, le Mexique, le Brésil, la Chine, le Japon, et l’Inde. Il envoie de chacun de ces pays des articles où l’on retrouve sa soif intarissable de justice. Aux États-Unis, par exemple, il visite la veuve de Gaetano Bresci qui assassina le roi italien Umberto 1er.
De retour en France, il vit un temps sur une péniche avant de s’installer à Marseille où il se fixe jusqu’à sa mort. Les dernières années de sa vie le voient blasé, pessimiste sur la nature profonde de l’humain. Il choisit de mettre fin à ses jours, le 30 août 1930.

De Enfants-martyrs, un extrait :
« Eh bien ! nous allons le dire, le montrer à tous, petits et grands, ce qu’elle fait, la Société, la paternelle Société, des enfants qu’elle prend en tutelle. Voici la maison de correction.
Ici l’on souffre, on saigne, on jeûne. Ici l’on tue.
C’est à Aniane. Citons des noms, citons des faits. Il faut qu’un de ces Biribi, lugubre autant que ceux d’Afrique, plus poignant, peut-être, puisqu’on y tenaille de la chair encore puérile, apparaisse dans son jour sinistre. C’est autre chose qu’un article à faire. Et c’est mieux qu’un réquisitoire. Ce devrait être un procès-verbal… »

Texte suivi d’une réponse de l’auteur à des contestations, et d’une lettre d’un témoin, Au Biribi des gosses : Aux enfants, martyrs, esclaves, d’hier et d’aujourd’hui.

Illustration : Portrait de Zo d’Axa.

Licence Creative Commons

Enfants-martyrs – Au Biribi des gosses.

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6 commentaires sur cette page. Ajoutez le vôtre !

  1. Jean-Pierre Baillot le 11 juin 2017

    Plutôt sympathique ce Zo d’Axa à la très belle pilosité. Vous vous encanaillez drôlement, Christiane-Jehanne ! Bravo !

  2. Christiane-Jehanne le 11 juin 2017

    Merci beaucoup,cher Jean-Pierre !
    Oui, j’ai trouvé ces textes vraiment essentiels, un autre suivra bientôt.
    Merci d’avoir pris le temps de ce message bien gentil et bonne journée à vous !
    Amicalement.
    Christiane-Jehanne.

  3. Ahikar le 14 juin 2017

    Merci chère Christiane-Jehanne pour cette belle lecture. Ce texte m’a immédiatement fait penser à un poème de Prévert écrit après la mutinerie de 1934 qui a éclaté dans le « bagne pour enfants » de Belle-Île-en-Mer. Suite à cette mutinerie, des améliorations seront apportées, mais ce « biribi » ne sera fermé définitivement qu’en 1977. Il est maintenant à l’abandon et j’avais encore pu le visiter il y a environ une décennie.

    La chasse à l’enfant

    Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
    Au-dessus de l’île on voit des oiseaux
    Tout autour de l’île il y a de l’eau
    Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
    Qu’est-ce que c’est que ces hurlements ?
    Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
    C’est la meute des honnêtes gens
    Qui fait la chasse à l’enfant
    Il avait dit j’en ai assez de la maison de redressement
    Et les gardiens à coup de clefs lui avaient brisé les dents
    Et puis ils l’avaient laissé étendu sur le ciment
    Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
    Maintenant il s’est sauvé
    Et comme une bête traquée
    Il galope dans la nuit
    Et tous galopent après lui
    Les gendarmes les touristes les rentiers les artistes
    Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
    C’est la meute des honnêtes gens
    Qui fait la chasse à l’enfant
    Pour chasser l’enfant, pas besoin de permis
    Tous les braves gens s’y sont mis
    Qu’est-ce qui nage dans la nuit
    Quels sont ces éclairs ces bruits
    C’est un enfant qui s’enfuit
    On tire sur lui à coups de fusil
    Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
    Tous ces messieurs sur le rivage
    Sont bredouilles et verts de rage
    Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
    Rejoindras-tu le continent rejoindras-tu le continent ?
    Au-dessus de l’île on voit des oiseaux
    Tout autour de l’île il y a de l’eau.

  4. Christiane-Jehanne le 14 juin 2017

    Cher Ahikar, bonjour, je vous remercie infiniment d’avoir pris la peine de ce très aimable message. Cela me touche.

    Ce texte de Prevert est splendide. Merci de rappeler le pouvoir
    des écrivains, c’est très important.

    Ces centres de « redressement  » furent abominables.
    Et, pour compléter, je viens de lire que des touristes furent sollicités et rétribués pour cette  » chasse à l’enfant ».
    Des bagnes d’enfants existent de par le monde.
    Des enfants martyrs partout.

    Merci beaucoup cher Ahikar de votre indulgence pour moi, et de ce commentaire qui nous offre ce magnifique poème.
    Bien amicalement.
    Christiane-Jehanne.

  5. Bruissement le 15 juin 2017

    Beaucoup trop d’horreurs insupportables à entendre mais qu’il fallait dire, avec courage et justice comme l’a fait Axa,Zo et avec la justesse de ton que vous avez employée, chère Christiane-Jehanne.
    Bonne continuation.

  6. Christiane-Jehanne le 15 juin 2017

    Grand merci,chère Bruissement, de ce message et d’avoir pris ce temps.
    Oui, il y a des choses abominables, inadmissibles, et le regard libre d’écrivains, via les poèmes, romans, la presse, est d’une extrême importance. Zo d’Axa était de ces « mousquetaires  » vigilants, pour essayer de faire évoluer nos sociétés.
    Je vous remercie beaucoup.
    Toutes mes amitiés bien sincères, chère Bruissement.
    Belle fin de journée !
    Christiane -Jehanne.

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