Page complète du livre audio gratuit :


BERNANOS, Georges – Journal d’un curé de campagne

Donneur de voix : Ricou | Durée : 10h 21min | Genre : Romans


Journal d'un curé de campagne

Un jeune prêtre vient d’être nommé curé d’Ambricourt, dans le nord de la France. Sa foi, sincère et profonde, son enthousiasme, se heurtent rapidement à l’indifférence, à la lâcheté de ses paroissiens.
Son désespoir, ses doutes, sa foi, ses tourments, ses problèmes de santé, c’est sur un cahier d’écolier qu’il va les écrire.
Grand prix du roman de l’Académie française en 1936, l’année de sa parution, Journal d’un curé de campagne est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre de la littérature française du XXe siècle.

> Écouter un extrait : Chapitre 01.


> Télécharger ce livre audio par archive(s) Zip [Aide] :

Journal d’un curé de campagne.zip


> Télécharger ce livre audio par chapitres [Aide] :

Chapitre 01.mp3 (Clic-droit, « Enregistrer sous… »)
Chapitre 02.mp3
Chapitre 03.mp3
Chapitre 04.mp3
Chapitre 05.mp3
Chapitre 06.mp3
Chapitre 07.mp3
Chapitre 08.mp3
Chapitre 09.mp3



> Références musicales :

Gabriel Fauré, Pavane pour orchestre et flûte, Op. 50, interprété par l’ensemble Detroit Symphony Orchestra, dirigé par Paul Paray (1954, domaine public).


> Consulter la version texte de ce livre audio.

> Rechercher : 7. XXe siècle, Romans, Romans (Complets), ,

 

Page vue 2 823 fois |
Envoyer à un(e) ami(e) Envoyer à un(e) ami(e) |

 

26 commentaires sur cette page. Ajoutez le vôtre !

  1. Pomme le 8 janvier 2019

    Cher Ricou, votre voix, aux inflexions si douces, s’adapte à merveille à l’intimité de ce texte. On croit entendre se confier ce jeune prêtre. C’est très émouvant. Un immense bravo.
    Pomme

  2. Francine du Québec le 9 janvier 2019

    Cher Ricou
    Merci de tout coeur pour cette belle lecture.
    J’aimé beaucoup.

  3. Pascalette le 9 janvier 2019

    Cher Ricou, quel plaisir de vous retrouver ! Je ne doute pas un instant qu avec vous j irai enfin jusqu’au bout de cette lecture trop souvent abandonnée.

  4. Ricou le 10 janvier 2019

    Bonjour Pomme,
    Vous avez été si prompte!
    Vous savez que je suis très reconnaissant de vous lire.
    Je suis tellement heureux en plus si ma lecture vous plaît! Les vôtres (si nombreuses) me transportent toujours et me font en plus découvrir beaucoup d’œuvres qui m’étaient encore inconnues.
    Peut-être un jour nous retrouverons-nous pour un nouveau duo?
    Ricou

  5. Ricou le 10 janvier 2019

    Bonjour Francine,
    Merci pour votre commentaire.
    J’ose le comprendre à la fois comme un compliment à l’auteur (du texte) et un encouragement à l’auteur (de la lecture)…
    Ricou

  6. Ricou le 10 janvier 2019

    Bonjour Pascalette,

    Vous avez donc déjà essayé de lire ce livre à plusieurs reprises? Oh!
    Je suis déjà heureux que je vous donne l’envie d’un nouvel essai, oui.
    Mais voulez-vous me faire encore plus plaisir que vous ne l’avez fait avec votre commentaire?
    Si vous arrivez effectivement au bout de la « lecture », cette fois, alors dites-le moi!
    Dans le cas contraire… dites-le moi aussi…
    Je suis un peu curieux, c’est vrai.
    C’est que j’ai beaucoup apprécié cet ouvrage, à mon avis l’un des plus beaux de Bernanos.
    Et secrètement, je voudrais que les lecteurs partagent (au moins en partie) ce goût.
    Sentez-vous pourtant libre, Pascalette, n’est-ce pas?
    Si ce n’est pas trop tard, je vous souhaite une bonne nouvelle année.
    Il reste tout de même à peu près 355 jours, et pour vous je suis sûr que ce sera l’occasion de nombreuses découvertes sur le site LA!
    Ricou

  7. Pascalette le 10 janvier 2019

    Bonjour Ricou, j’ai en effet tenté plusieurs fois cette lecture, il y a très longtemps. En tous cas, je suis ravie de la reprendre avec vous. Je n’hésiterai pas à vous dire si cela m’a plu ou non mais je suis sûre que ce sera le cas. Beaucoup de choses changent ou évoluent dans la vie… Je vous souhaite également une très belle année et je vous redis le plaisir de vous retrouver.
    Dès que j’ai fini d’écouter E Pradez que j’ai découvert avec Pomme, je me lance!
    A bientôt!

  8. Le Barbon le 17 janvier 2019

    Monsieur,

    Idem pour moi : je vais essayer de l’écouter, mais je ne l’aurais probablement jamais lu, comme je n’ai jamais réussi à lire Monsieur Ouine et Un crime, qui m’attendent toujours sur une étagère.
    J’ai vu le film il y a longtemps, il ne m’a laissé quasi aucun souvenir.
    A dieu vat !

  9. Ricou le 18 janvier 2019

    Bonjour monsieur Le Barbon,

    J’espère que vous arrivez effectivement au bout… et je voudrais sincèrement penser que dans le cas contraire, ce sera de la faute du lecteur et non de l’auteur!

    Quant à « Un Crime », je crois qu’il est en gestation sur le site. Patience. Monsieur Ouine me semble plus difficile à aborder que « le Journal ». Mais qui sait, un jour peut-être?
    Si ce « Journal » ne vous a pas découragé, je crois pouvoir mettre bientôt à votre disposition « Sous le Soleil de Satan »…

    Bon courage,
    Ricou

  10. jean.marc Delforge le 18 janvier 2019

    Bonsoir Ricou
    Le Curé de campagne m était inaccessible. Votre voix a su le mettre en valeur. J ai de l admiration pour ceux qui se dévouent pour le bien des autres.
    Tchuss JMD

  11. Pascalette le 21 janvier 2019

    Bonsoir Ricou, voilà c’est fait, je suis allée jusqu’au bout ! Je trouve que ce livre gagne vraiment à être écouté et votre modestie dut elle en souffrir, votre voix et votre lecture sont parfaites pour ce texte. C’est vrai que c’est sombre, triste mais quelle richesse d’écriture !Certains passages m’ont parus difficiles… Il a fallu que j’y revienne plusieurs fois… mais je ne regrette vraiment pas de m’être lancée car il y a aussi des passages magnifiques, vraiment bouleversants (sur la misère, les enfants…) et la volonté de ce curé à vouloir sauver des âmes malgré elles alors qu’il doit faire face au rejet de tous est poignante. Merci Ricou et à bientôt avec « Sous le Soleil de Satan ». Pascalette

  12. Ricou le 22 janvier 2019

    Bonjour monsieur Delforge,

    Merci d’avoir exprimé votre admiration pour ceux qui se dévouent pour le bien des autres. Je ne vous dis pas cela parce que je semble en faire partie, mais parce que j’ai longuement partagé cette admiration avant de me décider à essayer de participer, selon mes possibilités, à ce partage du bien commun que représente le patrimoine littéraire.

    J’ai infiniment plus bénéficié de ce qu’ont offert les autres que je ne pourrai jamais leur rendre!

    Je crois que ce constat peut s’étendre à tous les domaines de la vie…

    Je suis heureux de vous avoir rendu accessible un livre que je considère comme un petit trésor.

  13. Ricou le 22 janvier 2019

    Ah oui, Pascalette, ma modestie a bien souffert en vous lisant. Mais je ne me crois pas encore comme la grenouille de la fable, prête à éclater, toute gonflée et bouffie d’orgueil. Je devrais vérifier de temps en temps devant mon miroir pour ne pas me tromper!

    Oui, c’est vrai qu’en vous lisant j’ai presque poussé un petit cri de victoire. Les efforts pour offrir cette lecture (ici, une fois n’est pas coutume, efforts et plaisir se fondent) sont largement récompensés par le simple fait que j’ai réussi à vous faire aller jusqu’au bout, cette fois!!!

    Négatif ou positif, vous m’aviez promis de me faire part du résultat de votre essai d’écoute. Merci d’avoir tenu parole, Pascalette… et quelle joie de découvrir que vous avez été jusqu’au bout!!!

    Sombre, oui. Bien des passages le sont. Triste? Je n’ai pas eu la même impression. Ou du moins la tristesse ne domine jamais, n’a jamais le dernier mot. Et je pense que c’est comme cela dans toute l’oeuvre de Bernanos, pour autant que je la connaisse en tout cas. La tristesse n’a jamais le dernier mot, le désespoir n’est jamais vainqueur. C’est un peu cela qui « me tient » quand je lis Bernanos: même au plus sombre du récit, il y a toujours une petite lueur qui scintille quelque part. Je crois que c’était la façon de l’auteur de nous faire partager son espérance contre toute espérance.

    Oui, il y a des passages vraiment magnifiques, bouleversants dans ce livre. Si je ne les ai pas éteints par ma lecture, j’en suis content… et même un peu fier figurez-vous. Si, si.

    A bientôt… pour une autre étincelle d’espérance…?

    Je suis touché de votre fidélité, Pascalette!

    Ricou

  14. Desrousseaux le 25 janvier 2019

    je croyais tout connaître de ce livre que j’ai lu de nombreuses fois et qui n’a cessé de me tarauder tout au long de ma vie. Mais votre lecture – votre votre voix, votre diction – a fait jaillir des mots, ainsi prononcés, des sens que je n’avais jamais perçus. Comment ne pas vous en savoir gré?

  15. Jean-charles le 26 janvier 2019

    J’avais lu ce livre sans grand enthousiasme et pourtant un livre sincère bouleversant qu’il faut replacer dans son contexte religieux et historique pour l’apprécier plenemement quel plaisir vous m’avez procure merci vous êtes un artiste

  16. Ricou le 26 janvier 2019

    Bonsoir monsieur (?) Desrousseaux,

    Merci pour votre reconnaissance et la manière dont vous l’exprimez. Pour ma part, je n’ai pas (encore) lu ce livre de nombreuses fois. Et pourtant je n’ai aucun mal à comprendre que vous y trouviez toujours du neuf, indépendamment des louanges que vous me faites. J’ai lu un jour que Bernanos lui-même a avoué qu’il aimait ce livre plus que tous les autres qu’il a écrits. Même… il en aimait la lecture. Or on savait dans son entourage que ses livres, une fois expédiés à l’éditeur, ne l’intéressaient plus vraiment, il s’en détachait mystérieusement. Le « Journal » est une oeuvre de maturité littéraire pour son auteur, c’est sûr.

    Quant à moi, durant le temps les corrections et nettoyages de l’enregistrement, je me suis surpris à plusieurs reprises en train de relire et même méditer certains passages comme si je les découvrais pour la première fois. Je les avais pourtant lus pour les enregistrer! Bernanos a un don pour nous plonger avec simplicité et profondeur dans le coeur de l’homme pour nous en montrer les facettes tantôt obscures, compliquées, tantôt lumineuses et simples, mais toujours mystérieuses, ouvertes à de nouvelles découvertes…

    Bien à vous,

    Ricou

  17. Ricou le 26 janvier 2019

    Bonsoir Jean-Charles,
    Oui, vous avez raison, il est bon de se replonger dans le contexte qui a vu naître le livre pour mieux l’apprécier.
    Cependant, si la société et certaines habitudes religieuses ont effectivement évolué en 70 ans (et comment!), il me semble que bien des facettes de « l’homme », dans son fond, restent étonnamment semblables au fil des générations.
    Avis personnel, bien entendu!
    Merci beaucoup pour votre compliment!
    Ricou

  18. Kadour le 27 janvier 2019

    Bonjour !
    Cette lecture semble celle du personnage lui-même ou presque.
    Selon moi, j’aurai préféré de temps à autre un haussement du ton de la voix,
    pour refléter la colère du personnage, ce qui, à mes yeux, le rend plus crédible
    et plus intéressant.
    Quant au texte et au personnage, ce dernier aurait peut-être, à mon avis, moins souffert
    et mieux agi envers lui-même et envers les personnes qu’ils fréquentait s’il avait
    lu “Dieu et l’État” de Michel Bakounine, qui se trouve sur LA. Ce très sympathique et attachant curé de campagne y aurait trouvé une manière saine de s’aimer et d’aimer les autres.
    En tout cas, le style d’écriture du roman est admirable par une simplicité
    au sens de netteté, pureté, économie et précision des termes. Sans oublier
    les très beaux sentiments du personnage.
    Merci donc pour cette lecture-offrande !

  19. Kadour le 28 janvier 2019

    Pardonnez-moi un oubli : le choix musical est tout-à-fait harmonieux avec le drame raconté. Pour ma part, j’y ai vu une sorte de marche funèbre fatale. C’est très touchant !

  20. Ricou le 28 janvier 2019

    Bonsoir Kadour,

    Votre commentaire est vraiment détaillé, et je vous remercie pour votre précision!

    Pour le haussement du ton de la voix, je pense que vous avez raison, cela n’aurait sans doute pas nui d’en user plus que je ne l’ai fait. Je m’y suis essayé, dans un autre petit texte, mais avec un piètre succès, qui ne m’encourageait pas à étendre cet effort sur un livre de cette ampleur. Après avoir entendu un enregistrement historique de Bernanos, j’avais d’ailleurs à l’avance mesuré la distance entre sa voix ferme, déterminée, presque coupante, et la mienne, bien plus en retrait.

    J’ai fait ce que j’ai pu, conscient de mes limites dans les variations d’inflexions.

    Mais entre un haussement de ton et la colère, je trouve qu’il y a de la marge.
    Et pour le coup, je me demande si Bernanos a vraiment voulu que son « curé » se mette en colère, sur soi comme sur d’autres, dans un quelconque passage de ce livre. Dans les sermons de son confrère et père spirituel, le curé de Torcy, oui, sans doute j’aurais dû me faire monter la moutarde au nez plus souvent. De même dans les dialogues avec le Dr Delbende par exemple. Mais pour le reste, tous les monologues du jeune prêtre me semblaient empreints de douceur et de sincérité, de simplicité (vous le soulignez aussi), qui n’excluent pas, à mes yeux, un amour équilibré de soi ni un amour – vrai – des autres. Le brave curé n’avoue-t-il pas que son héroïsme à lui est de ne pas en avoir, et il sourit même à la pensée que s’il se déguisait en héros de Plutarque, il ferait sourire saint Pierre le jour où il serait forcé de frapper à sa porte…
    D’où mon choix d’interprétation.
    Je me ferai pourtant un plaisir curieux de découvrir « Dieu et l’Etat » de Michel Bakounine que vous indiquez!
    Pour l’accompagnement musical, je me fais un devoir de transmettre votre commentaire élogieux à la personne qui m’a très gentiment aidé mon choix! Elle vous en sera reconnaissante, ou l’est même déjà car je suis sûr qu’elle vous a déjà lu!
    Bien à vous,
    Ricou

  21. Kadour le 29 janvier 2019

    Bonjour Ricou,
    je partage entièrement votre point de vue. Ce qui m’avait fait réagir concernant notre brave et émouvant curé de campagne, c’est le souvenir de la personne qui lui est la plus chère : Jésus. Ne s’est-il pas emporté contre les marchands et les riches ? Cela ne l’a-t-il pas rendu plus attachant ? Sans parler de son déchirant cri final sur la croix : “Père! Pourquoi m’as-tu abandonné?” pour finir par conclure: “Que ta volonté soit faite!”… N’est-ce pas plus déchirant que si Jésus avait accepté son sort avec résignation, sans poser la fameuse demande ?
    Vous est-il possible de nous offrir la lecture des « cimetières sous la lune » et de « Sous les yeux de Satan » de Bernanos ?
    A propos de “Dieu et l’État” de Bakounine, je serai très curieux d’en écouter une version nouvelle lue par vous, bien que celle existante est très appréciable.
    Ceci dit, votre réponse à mon commentaire m’a profondément touché, ému. Je suis heureux que par l’intermédiaire de LA il est possible de faire la connaissance d’une personne comme vous, et de bénéficier de la générosité précieuse et instructive de ses lectures.
    Merci de tout cœur !
    Kadour

  22. Ricou le 29 janvier 2019

    Bonjour Kadour,

    Merci pour cette nouvelle et rapide réaction. Je ne suis pas mécontent que ma réponse rencontre votre pensée. Bien qu’il ne soit pas mauvais non plus, quelquefois, d’avoir des avis différents pour être forcé à la réflexion.

    Avez-vous deux minutes? Ne pensez pas, maintenant, que je cherche la petite bête, n’est-ce pas? Si vous avez la preuve que je n’arrive pas à hausser le ton de ma voix, j’aime par contre rebondir sur certains petits détails. Vous parlez de Jésus comme « du héros » du curé de campagne, un peu comme du héros du héros du livre. D’accord, c’était sans doute la personne qui lui était la plus chère. Mais souvenez-vous que le curé de Torcy lui a fait comprendre indirectement mais d’une façon fulgurante que notre pauvre curé s’était toujours senti près de Jésus… comme les disciples endormis au Jardin des Oliviers!!! Cette « révélation » subite (intérieure) avait de quoi freiner des ardeurs vindicatives, même justifiables, vous ne pensez pas? Quand on se sent si proche d’un tel « homme » et qu’on prend conscience qu’on n’est pas capable de rester éveillé à ses côtés pendant une heure alors qu’il est en train de vivre l’heure la plus solitaire de sa vie, y’a pas de quoi faire le malin… ni de hausser le ton, ni de vouloir trop en remontrer aux autres. C’est là, à mon avis, le mystère de ce curé de campagne et une grande partie de son combat intérieur. Sa force résidait dans sa faiblesse, si saint Paul me permet de le plagier. Bien sûr, vous aviez raison dans votre premier message, Kadour, on peut réagir très différemment quand on se voit soi-même dans cette faibless. Mais les rôles de chacun sont différents. L’un a le don de maîtriser une sainte colère, et en cela il reproduira une image de Jésus chassant les marchands du temple comme vous y faites allusion, mais un autre choisira la douceur et le silence, et en cela aussi il reproduira Jésus, en son chemin de croix où la Bible le présente comme une brebis muette qu’on conduit à l’abattoir…

    Faut-il faire un grief à notre curé de ne pas s’être mis en colère et de n’avoir pas imité son modèle? Si je peux encore vous donner mon avis, c’est que son modèle est malheureusement un modèle inimitable. Du moins en sa totalité et par un seul homme à la fois. Le génie de Bernanos (qui a évolué sur ce point) est de nous offrir un héros qui accepte sa faiblesse!!! Et je dirais qu’il ne pouvait pas mieux imiter son modèle que par cette acceptation, transformée en offrande volontaire et non en résignation, au dernier moment.

    Je me permets une question, Kadour. Êtes-vous bien sûr que Jésus ait prononcé en dernier la phrase que vous citez? La phrase « non pas ma volonté, mais ta volonté » remonte à quelques heures avant, au jardin des oliviers, justement là où Bernanos place le curé de campagne… endormi. Les dernières paroles de Jésus ne sont-elles pas plutôt « Père, pardonne-leur, il ne savent pas ce qu’il font? » (murmurées avec supplication, à mon avis, mais sans colère, qu’en pensez vous?) ou bien « Tout est achevé » juste avant d’incliner la tête.

    Cher Kadour je sais bien que Bernanos a de nombreux « écrits de combats » où ses convictions intérieures nettes se mettent au service de ses convictions politiques. Mais ici, je reste persuadé que c’est un Bernanos différent qui se livre à nous. Un Bernanos qui veut nous encourager à laisser bas toute préoccupation des apparences, et à redire les derniers mots de son « curé » : « Tout est grâce ». Avec l’infinie distance qui sépare cette « acceptation libre » d’une « résignation » lâche.

    Vous me lisez encore? J’abuse de votre patience. Mais je n’ai répondu qu’à la moitié de votre commentaire. Pour ce qui est de vous offrir les titres que vous me proposez, ce serait avec plaisir. « Sous le soleil de Satan » est prêt, et n’attend que mon petit résumé… Que direz-vous quand vous vous apercevrez que je n’y ai guère mis plus de « haussement de voix »??? Quant aux « cimetières sous la lune » ils me tentent bien aussi, car typique, je crois, d’un changement radical dans l’engagement de Bernanos. Mais je ne sais si un autre donneur de voix (plus énergique…) se laissera tenter avant moi. Je dispose d’assez peu de temps pour enregistrer. Merci beaucoup, pourtant, pour vos propositions encourageantes!

    Vous faites mention de ma générosité à lire. J’ai répondu à un précédent commentaire que je considère ce dévouement comme une toute petite compensation pour ce que j’ai reçu des autres donneur de voix! Je resterai toujours débiteur envers LA sur ce point!

    A bientôt peut-être?

    Ricou

  23. Kadour le 30 janvier 2019

    Bonjour Ricou,

    merci de poursuivre cet amical et utile échange. O combien j’apprécie beaucoup votre observation
    : « Bien qu’il ne soit pas mauvais non plus, quelquefois, d’avoir des avis différents pour être forcé à la réflexion. »
    Comment ne pas accorder non pas « deux minutes » mais tout le temps nécessaire à une personne qui a une telle conception de l’échange ?… Ne vous inquiétez nullement ; votre lecture du « Curé de campagne » et vos réactions à mes commentaires me prouvent que vous n’êtes pas le genre de personne à « chercher la petite bête », mais uniquement à s’efforcer de bien réfléchir.
    Je vous remercie pour les éclaircissements que vous avez portés sur Jésus, notre curé de campagne et le curé de Torcy.
    Cependant, je ne vois pas en quoi notre brave curé de campagne fait partie de ceux incapables de rester éveillés. Lui me paraît de la race de ceux qui n’auraient absolument pas dormi tandis que Jésus veillait sur le mont des oliviers. Preuve en est la conscience aiguë de notre curé de campagne,
    et sa capacité d’affronter les situations les plus difficiles.
    Les reproches que le curé de Torcy formule à notre curé me semblent être typiques d’un membre de l’oligarchie cléricale, celle qui a transformé le message de Jésus en un business. Et je regrette que la règle de la soumission (quel mot malencontreux, pour ne pas dire plus) ait obligé notre curé à ne pas affronter le curé de Torcy en lui jetant à la face « Pharisien hypocrite ! » En tout cas, c’est l’impression que j’ai eue en entendant ses remontrances contre notre curé de campagne.
    Quant à la présentation de Jésus comme « une brebis muette qu’on conduit à l’abattoir », j’avoue que cette présentation me heurte au plus profond de mon sens de l’équité. Dès ma jeunesse, avoir lu ce genre de choses a ébranlé totalement ma foi religieuse. Non ! Je ne peux croire qu’à un Créateur totalement bon, et rien que bon, totalement miséricordieux, sans aucun acte ni aucune parole de punition, et qui encourage la révolte contre toute forme d’injustice, y compris celle « divine ». Quand on m’a parlé de « mystère », concernant l’injonction divine d’accepter tout de lui, y compris les pires douleurs, non ! Il me semble qu’ainsi j’insulterai la divinité telle que je la conçois : uniquement bonne et miséricordieuse.
    Là où je ne suis pas d’accord avec vous, c’est de croire que le modèle de notre curé de campagne «  est malheureusement un modèle inimitable ». Que Bernanos le conçoive ainsi, son choix est à considérer, mais ce n’est pas le mien. J’imagine aisément « un héros qui accepte sa faiblesse!!! » Mais cela m’inquiète, car cette phrase résonne en moi différemment : la faiblesse humaine devant tout ce qui l’écrase, l’humilie, l’exploite, la fait souffrir. Je vous avais signalé « Dieu et l’État » de Bakounine, c’est ce qu’il dit en substance. Et je partage entièrement sa vue.
    Concernant les citations de Jésus, merci de me corriger.
    Et je suis totalement d’accord quand vous écrivez : « Les dernières paroles de Jésus ne sont-elles pas plutôt « Père, pardonne-leur, il ne savent pas ce qu’il font? » (murmurées avec supplication, à mon avis, mais sans colère, qu’en pensez vous? ) ou bien « Tout est achevé » juste avant d’incliner la tête. »
    Au sujet des convictions de Bernanos et de ses combats sociaux (je préfère ce mot à celui de « politique »), je les apprécie beaucoup, notamment sa position concernant la guerre civile en Espagne. Cependant, je ne suis pas d’accord avec « les derniers mots de son « curé » : « Tout est grâce ». Avec l’infinie distance qui sépare cette « acceptation libre » d’une « résignation » lâche. ».
    Oui, c’est vrai, il ne s’agit pas « d’une « résignation » lâche », mais, à mon avis personnel, d’un conditionnement psychologique qui m’est inacceptable, pour le motif déjà signalé auparavant : toute la réalité montre qu’en ce monde il est faux d’affirmer que « Tout est grâce ». Où est-elle, je répète ce que j’ai dit dans mon premier commentaire, à la vue des tremblements de terre, des tsunami, des naissances d’êtres humains physiquement handicapés, des maladies incurables, pour ne pas parler des tragédies causées par l’injustice sociale, et toute la cléricature de toutes les religions et spiritualités de ce monde ?
    Je suis certain que vous me lisez encore, comme j’ai plaisir et patience à vous lire.
    Concernant la lecture des « cimetières sous la lune », je considère que plusieurs versions de lecture sont les bienvenues, et d’abord la vôtre, telle que vous la concevez, avec le ton de voix que vous estimerez juste. Dommage si vous ne disposez pas de temps. Dois-je vous dire, avec tous les autres auditeurs et auditrices, combien votre voix communique de douceur, stimule la réflexion, enrichit l’esprit et le cœur ?
    Au cas où il vous semblera utile de poursuivre cet échange, sans exagérer de la généreuse hospitalité du site LA, en cliquant sur mon nom, vous trouverez sur mon site web mon adresse de courriel, car il me semble inconvenant de l’indiquer ici.
    Veuillez croire à mon amitié et à ma reconnaissance pour m’avoir permis d’écouter le « curé de campagne » et échanger avec vous ces considérations.
    Kadour

  24. Kadour le 31 janvier 2019

    P.S. Juste formuler ces deux oublis. 1) René Girard a démontré cette thèse : Jésus n’est pas venu se « sacrifier », mais pour éliminer toute idée de sacrifice. Voir « La violence et le sacré » et détails sur Wikipedia. 2) Permettez-moi également de vous signaler sur le site LA la nouvelle « Histoire d’amitié » dont je suis l’auteur. Vous y trouverez une manière indirecte et pathétiquement romancée concernant l’idée du sacrifice et l’ « agneau pascal ».

  25. Ricou le 3 février 2019

    Kadour, j’ai suivi avec intérêt votre lien vers votre site. Je comprends beaucoup mieux le bien-fondé de nombre de vos remarques!
    Quelle vie riche en expériences vous avez! Ce que j’ai dit sur mon manque de temps à consacrer aux enregistrements vaut malheureusement aussi pour la visite complète de votre site.
    Je vous y retrouverai pourtant avec plaisir, lors d’un loisir plus marqué, pour un échange renouvelé sur certains points à peine abordés ici.
    Je trouve votre contribution vraiment enrichissante!
    Il n’y a qu’une question que je ne voudrais pas laisser en suspens. C’est votre citation précédente concernant le cri de Jésus: « Mon Dieu mon Dieu (il ne dit pas « Père », ici), pourquoi m’as-tu abandonné? »
    Vous mettez ce texte en parallèle avec sa colère contre les riches. A tort à mon avis. C’est un cri déchirant, je vous le concède volontiers, mais ce n’est pas une révolte!!!
    Ce cri est tout sauf un cri de désespoir!
    Pourquoi?
    C’est un ami à deux doigts de la mort qui me l’a démontré on ne peut plus concrètement.
    En fait le cri de Jésus est formé des premiers mots d’un psaume, très familier à tous les Juifs, donc à Jésus. Or pour un Juif, dire les premiers mots d’une prière, d’un chant, d’un psaume, c’est « penser » son contenu dans son ensemble.
    Nous sommes bien d’accord?
    Eh bien, puisqu’il s’agit en l’occurrence du psaume 21, vous pourrez vérifier par vous-même que le cri d’abandon du début laisse ensuite la place à un cri… d’espérance: « Tu m’as répondu »!!! Oui, je sais, c’est un peu fou, et cela va à l’encontre du sens que l’on croit saisir à première vue.
    Je suis pourtant persuadé que le sens « à première vue » n’est pas toujours le bon.
    Je n’ai pas l’honneur d’être Français. Mais je prends justement l’exemple suivant exprès. Si je crie « Allons enfants… » je crois qu’il est clair qu’un Français comprendra plus qu’un non-Français, vous ne pensez pas?
    Il ne viendrait à l’idée d’aucun Français que ce « Allons enfants… » est un doux appel à ces mignonnes petites têtes bouclées qui courent partout à la sortie des écoles, pour la simple raison qu’un Français connait toute la suite du texte, parfois d’une violence déconcertante face aux premiers mots.
    Je me trompe?
    Et bien il en va de même pour ce cri de Jésus, j’en suis certain. Nous ne pouvons pas nous arrêter au sens premier, ce n’est pas le bon.
    Ce n’est pas une révolte, c’est un cri de confiance, aussi choquant que cela paraisse.
    Je voulais préciser cela, car je trouve qu’on tire trop facilement la couverture à soi si on ne va pas voir le sens véritable des mots. Vous avez assez d’expérience de l’écriture et de la mise en scène pour me comprendre facilement.
    Replacer les citations dans leur contexte est toujours nécessaire.
    Par contre, je ne nie pas le caractère énergique de certains passages de la vie du même Jésus. Simplement, j’ai voulu dire que dans le « Journal d’un curé de campagne », Bernanos n’a pas donné à son héros un charisme qui calque à 100% chaque trait de son modèle.
    Le reste… comme vous me le suggérez, je le partagerai volontiers via votre site!
    Merci pour tout, Kadour. Il est vraiment bon de pouvoir confronter certaines idées ensemble. Je crois sentir que vous avez éprouvé la même sensation.
    Ricou

  26. Kadour le 6 février 2019

    Bonjour, cher Ricou !

    Merci pour le temps que vous consacrez à me clarifier les choses. Et merci de me faire sentir
    votre profond amour du prochain, à travers votre foi que j’estime alors beaucoup !

    Juste deux petites choses encore.
    Concernant ce que vous écrivez « Mon Dieu mon Dieu (il ne dit pas « Père »)”
    il me semble que Jésus, dans sa langue maternelle, dit “Abi, Abi, lima sabbaghtani ?” Or, en langue arabe (que je connais bien), très proche de celle hébraïque, “Abi” signifie “Père”, “Seigneur”, “Maître”, “Propriétaire” d’un bien matériel. Donc, serait-ce une erreur de traduire “Abi” par “Père” ?… Il est vrai que l’on peut traduire par “Seigneur”, “Maître”, mais la traduction par “Dieu” me semble la moins fidèle.

    Enfin, vous parlez de l’ “honneur” d’être français. Permettez-moi de me méfier de tout « honneur » national, car il porte généralement à des sentiments regrettables. J’estime que vous avez le meilleur et le plus authentique honneur, celui d’un être humain ouvert à ses semblables. « Citoyen du monde » disaient nos bons vieux Socrate et Diogène.

    Très cordialement !
    Kadour

Ajouter un commentaire


NB. Vous pouvez aussi suivre ce billet sans ajouter de nouveau commentaire.