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23 commentaires sur cette page. Ajoutez le vôtre !

  1. Pascalette le 27 mars 2019

    Bonjour Ricou ! j’attendais ce livre avec impatience ! J’ai hate de vous entendre. Pour moi, Bernanos est décidement plus facile à écouter qu’à lire. Vous et Pomme avez réussi à me donner le goût de certaines lectures que je trouvais indigestes… Au plaisir que j’ai à vous écouter, je décroche moins… Merci !!

  2. Christophe G. le 27 mars 2019

    Un grand merci pour cet enregistrement d’un classique de la littérature !

  3. Pomme le 27 mars 2019

    Mon cher Ricou, comme j’ai eu le privilège d’écouter l’intégralité de votre lecture avant vos audio-lecteurs, alors je peux déjà vous féliciter chaleureusement pour sa qualité. je comprends Pascalette: vos intonations si justes, et pourtant si sobres, semblent aplanir les difficultés du texte (car parfois, ouh! Bernanos s’envole haut!). Quant à votre voix, si proche, si intime, tellement appropriée à ce texte, difficile de ne pas tomber sous le charme.
    Il semble bien que vous soyez d’or et déjà (non non, je ne fais pas de faute!)maître es Bernanos! Vous ne pourrez pas vous arrêter là…

  4. Ricou le 27 mars 2019

    Merci Pascalette, pour vos encouragements toujours fidèles et si beaux. Et si prompts surtout: vous m’étonnez vraiment.
    Attention, ce livre de Bernanos est sans doute un peu plus difficile à écouter que le « Journal d’un curé de campagne ». Mais je serais vraiment heureux si je peux vous avoir aidé à y accéder!
    Bonne lecture!

  5. Ricou le 28 mars 2019

    Merci Christophe pour votre gratitude.

  6. Christiane le 2 avril 2019

    merci monsieur, pour ce si beau texte qui nous rappelle que Dieu nous a créés pour être libres et heureux mais que les hommes n’ont su que faire de cette liberté sinon du malheur. Comme le dit si bien Dostoïevski « il est une chose que les hommes préfèrent à la liberté, et c’est l’esclavage »…tout au long des terribles siècles d’histoire, heureusement, des consciences clairvoyantes ont dénoncé puisamment cet adage. J’avais déjà écouté « journal d’un curé de campagne » magistralement lu par Christiane-Jehanne, et ce second roman si généreusement offert par vous-même a amplifié mon impression de profonde admiration pour l’auteur et ses interprètes. On sort grandi de lectures telles !! Grâce à vous, merci encore et encore.

  7. Ricou le 3 avril 2019

    Bonsoir Christiane,
    Merci beaucoup pour votre commentaire, si juste.
    Ce qui me touche sans doute le plus, c’est que cette lecture ait réussi à « amplifié votre admiration profonde pour l’auteur ».
    C’est le compliment le plus beau que vous pouvez faire à n’importe quel lecteur !
    Je suis heureux que les fameux 70 ans légaux depuis la mort de Bernanos soient révolus pour que ses oeuvres puissent être accessibles à un plus large public.
    Vous me faites une surprise en disant que Christiane-Jehanne avait déjà lu le « Journal d’un curé de campagne » que j’ai voulu offrir moi-même aussi à LA dès janvier, avant « Sous le soleil de Satan », même si historiquement le deuxième a été écrit avant le premier.
    Je ferai plus attention une prochaine fois…
    Oui, on sort grandi de telles lectures, je suis d’accord avec vous.
    Mais on en est aussi parfois bouleversé, n’est-ce pas?
    Car Bernanos, vous l’avez compris, n’a pas peur de se plonger « au coeur du coeur » de l’homme, là où se décide précisément le « choix » auquel nous invite Dieu en nous créant libres. Don merveilleux s’il en est que cette liberté, plus que la vie, dans un sens, puisque la liberté intérieure, elle, personne ne peut nous l’ôter.
    Et le tableau que l’auteur nous brosse de ce qu’il faut bien appeler un « combat » intérieur est saisissant, parfois très sombre.
    J’évoque cela, car vous me faites plaisir, dans votre commentaire, en relevant que tout ne s’arrête pas à l’usage malheureux de leur liberté par certains, ce qui serait trop décourageant et pessimiste.
    En effet, des « consciences clairvoyantes » (merci pour cette expression) permettent de faire jaillir la lumière des plus sombres ténèbres. A mon avis, l’auteur et de certains de ses « héros » en font partie
    Ricou

  8. Christiane le 4 avril 2019

    Bonsoir, monsieur, je n’avais pas vu que vous aviez proposé dès le 8 janvier « Le journal d’un curé de campagne », sinon, je ne me serais pas permise de vous dire que je l’avais déjà écouté, de façon si directe. Je suis touchée de voir que vous ne l’avez pas pris en mauvaise part. Car enfin, puisqu’on est dans le thème, j’aurais été la méchante et vous le gentil. Merci aussi d’avoir répondu à mes observations de façon si précise et si intéressante. Cela vous ennuierait-il que j’ajoute quelques remarques d’ordre spirituel à votre analyse ? Bien reconnaissante à vous. Christiane

  9. Ricou le 5 avril 2019

    Bonsoir Christiane,
    Je ne serai ennuyé par aucune remarque d’ordre spirituel de votre part, que du contraire!
    Et même à propos du « Journal » si vous le voulez, car cela donnerait une suite que je n’ai malheureusement pas encore pris le temps d’offrir au dernier commentaire. Cette suite me brûle pourtant les doigts, mais le temps me manque.
    Puisque vous connaissez le texte, cela devrait vous être aisé.
    J’attends avec autant de curiosité (bonne) que de joie vos remarques,
    moi aussi bien reconnaissant,
    Ricou

  10. Christiane le 10 avril 2019

    bonsoir, cher monsieur, j’ai souri en lisant que » vous aviez les doigts brûlants » de composer une réponse, car pour ma part ce serait le contraire, je suis en peine d’écrire et d’en être satisfaite alors que la ferme intention y était. outre que j’ai eu bcp de travail -hum- à mesure qu’une idée me vient, elle me parait banale ou elle se complique. J’ai lu le tir nourri des commentaires qui suivent votre lecture du « Journal d’un curé .. » et je trouve tout fort judicieux alors je ne vois pas ce qui peut être ajouté. J’ai lu aussi ailleurs des remarques sur le Soleil de Satan, certaines enthousiastes, d’autres négatives, mais jamais indifférentes.Cette effervescence autour d’un roman montre, comme aurait dit Rousseau, que les idées abordées par l’auteur donne à ses lecteurs une remarquable « furie » de penser (« C’est là une question qui donne furieusement à penser ! »lol ) L’œuvre de Bernanos n’est peut-être pas un monument, mais elle est une relance, un relai pensif,qui oblige à se lire soi-même. Le pénible souci du bien, du mal, de la responsabilité de l’homme ou de sa destinée tragique surgit alors de nouveau, car jamais ne cessera ce désir de connaître LE plan d’ensemble, l’éternité des choses, ce mystère de l’existence et celui de Dieu, qui en est la question centrale, qu’il existe, ou qu’il n’existe pas…/…

  11. Christiane le 10 avril 2019

    Donnent, pardon pour l’affreuse faute d’orthographe.Sinon,en espérant ne pas abuser,voici quelques remarques qui concernent le démon, car son existence est avérée dans la bible,n’est-ce pas ? Mais quelle importance a-t-il dans ma vie ? Et je me dis : au bout du compte, qu’il s’occupe ou non de moi, je suis déjà de son côté si je fais comme lui. Beaucoup de gens-mêmes sont de son côté.Il n’a pas de souci à se faire, il en a déjà beaucoup dans la poche. Je n’ai besoin ni de courir la lande à minuit ni d’invoquer les esprits. Si je ne me soucie pas de faire une place à Dieu, même petite, dans ma vie, si je ne passe pas du temps avec lui (prière, lecture de sa parole)comme je le fais avec les gens que j’aime, si je ne consacre pas un peu de mes revenus pour soulager la misère du monde, je suis du côté de Satan. « Tu crois qu’il y a un seul Dieu, tu fais bien; les démons le croient aussi, et ils tremblent ! » (épitre de Jacques 2, v.19) Ai-je plus de foi qu’un démon ? Et j’en fais quoi de ma foi ? – Malachie 3,18 :Et vous verrez la différence entre le juste et le méchant, dit l’Éternel, entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas. » J’aimerais bien que le Seigneur s’aperçoive de ma différence… hélas !
    Pour arriver à ses fins, le diable a recours sans se mouiller à tous les moyens possibles et subtils : distractions, médias, sorties, travail – bref, tout ce qui accaparera notre temps et nous rendra accros à …nous-mêmes. Il va aussi faire en sorte de nous faire mal manger, trop boire, trop fumer, trop travailler et j’en passe bien sûr, manière d’être trop occupés toujours de nous-mêmes…c’est cela LE péché. Car la notion morale de péché n’existe pas dans la bible ; est péché tout ce qui me détruit, qui entraîne la mort prématurée du corps ou celle de l’âme, de la planète, de mon prochain, tout ce qui est l’inverse de la création. Dieu ne dit pas « ne pèche pas pour ne pas être maudit », il dit « Obéis à mes conseils alimentaires, sociaux et moraux et ta vie sera meilleure et heureuse. Ce sont les B-attitudes du croyant, le Bon, le Beau, le Vrai. Deutéronome 30, 15 et 19 « Vois, je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité .
    Jérémie 21,8 Tu diras à ce peuple: Ainsi parle l’Éternel: Voici, je mets devant vous le chemin de la vie et le chemin de la mort. »
    Le diable, je veux dire, n’a pas beaucoup à faire pour tout détricoter, l’homme se charge du reste. Il l’a prouvé et le prouve encore. « Vous serez comme des dieux » avait promis le satan, sauf qu’il fait luire sur les hommes son soleil de camelote.
    C’est pas trop embrouillé? Lol. On dit saoulant chez les jeunes. J’espère que vous me le direz quand même. Je vous envoie mes plus amicales pensées. Christiane

  12. Ricou le 13 avril 2019

    Bonjour Christiane,

    Non, non, votre commentaire n’a rien d’embrouillé, ni de saoulant, à mes yeux du moins. Merci pour cet effort auquel vous avez bien voulu consentir pour nous donner ce long, précis et pertinent commentaire. Vous dites que vous étiez en peine d’écrire et d’en être satisfaite? Ah, que nous auriez-vous livré si la plume vous avait brûlé les doigts!

    J’apprécie beaucoup votre analyse. Je trouve très éclairantes, aussi, les citations que vous nous donnez de la Bible. Je ne voudrais pas discuter chaque point que vous abordez, surtout qu’en fait vous nous livrez une réflexion personnelle, nourrie d’expérience, de regard critique, de clairvoyance. Pourtant, je voudrais vous demander si vous ne trouvez pas qu’il y a un risque de redonner vie à la vieille momie du manichéisme, dont le masque mortuaire est d’une fraîcheur saisissante, et qui consiste à voir le monde comme livré à deux forces antagonistes, le bien et le mal, la lumière et la ténèbres, le vrai et le faux, Dieu et Satan. Saint Augustin, à côté des merveilles qu’il nous a offertes en héritage, en particulier sur l’amour de Dieu et la grâce qu’Il nous donne, nous a un peu induits sur ce chemin « fourchu » du « tout bien ou tout mal ». Il me semble que nous avons bien des difficultés à sortir des profondes ornières creusées par plus de 17 siècles de passages et repassages.

    Oui, je le reconnais, nous pourrions multiplier les citations pour défendre l’une et l’autre position. Mon but n’est pas du tout de vous contredire, car j’approuve tout ce que vous dites. Je désire seulement poser une ou deux questions, en toute sincérité. Elles ne sont pas nées en moi à la lecture de Bernanos, mais elles ont grandi en considérant la différence entre la rédaction du « Soleil de Satan » et celle du « Journal d’un curé de campagne ». Les personnages « héros » ne sont plus les mêmes. Il me semble que Bernanos a changé entre ces deux oeuvres. Il n’est que de voir les finales du premier, « Sous le Soleil de Satan », où il affirme que « le témoignage du saint est arraché par le fer » alors que les derniers mots du curé de campagne ont un tout autre accent: « qu’est-ce que cela fait…? tout est grâce ».

    Je vous livre quelques citations qui me sont venues à l’esprit après vous avoir lue.

    Encore une fois, Christiane, ne les prenez pas pour une opposition à votre commentaire. Je m’interroge « à haute voix », c’est tout. La première est de la même épître de saint Jacques que vous citez et je reprends votre traduction. Jc 1,13-15: « Que personne, lorsqu’il est tenté, ne dise: C’est Dieu qui me tente. Car Dieu ne peut être tenté par le mal, et il ne tente lui-même personne. Mais chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise. Puis la convoitise, lorsqu’elle a conçu, enfante le péché; et le péché, étant consommé, produit la mort. »

    Est-ce que saint Jacques n’introduit pas ainsi une nuance, comme un « no-man’s land » entre « appartenir à Dieu » et « appartenir à Satan ». C’est vrai, certains de nos comportements ne sont pas « parfaits », ne sont pas exactement selon la volonté de Dieu. Est-ce que pour cela qu’ils sont « parfaitement mauvais » et qu’ils nous lient ipso facto à Satan en nous livrant à lui pieds et poings liés? Je ne crois pas. Et voici justement une deuxième citation que je voulais faire. Elle est de la première épître de saint Jean:5,16-17: « Si quelqu’un voit son frère commettre un péché qui ne mène point à la mort, qu’il prie, et Dieu donnera la vie à ce frère, il la donnera à ceux qui commettent un péché qui ne mène point à la mort. Il y a un péché qui mène à la mort; ce n’est pas pour ce péché-là que je dis de prier. Toute iniquité est un péché, et il y a tel péché qui ne mène pas à la mort ». Je pense que Bernanos (ou son curé de campagne…) devait avoir ce texte à la mémoire pendant le si émouvant épisode avec la comtesse du château, la veille même de la mort subite de celle-ci. Et personnellement, il me semble que Bernanos comme « son curé » lutte intérieurement pour « quand même » prier…

    Suite à ce texte, je rebondis tout de même sur une phrase de vous. En effet, vous faites naître la curiosité en moi, car vous connaissez bien la Bible, et vous êtes sûre de vous en disant que la « notion morale de péché n’existe pas dans la Bible ». Même si un commentaire sur L.A. n’est peut-être pas le lieux idoine pour un tel échange, j’en suis conscient, je voudrais savoir sur quoi vous vous appuyez pour dire cela?
    Vous dites : « est péché tout ce qui me détruit, qui entraîne la mort prématurée du corps ou celle de l’âme, de la planète, de mon prochain, tout ce qui est l’inverse de la création » Je crois qu’il faudrait insister sur l’aspect fondamentalement « volontaire » de cette destruction pour qu’il y ait effectivement péché. Car une mort prématurée du corps n’est pas en soi un péché. Je ne le crois pas. Tout le « Journal d’un curé de campagne » est là pour nous le montrer, puisque la cirrhose du jeune curé est précisément un héritage familial, et en cela involontaire, donc non peccamineux, ou je me trompe? On pourrait dire de même pour une catastrophe naturelle. L’homme n’est pas le responsable de tout ce qui nous semble « dérèglement » dans la nature. Selon les biologistes, 99% des espèces vivantes ont disparu avant même l’apparition de l’homme sur la terre. Cet état de fait n’est nullement un prétexte pour faire de la création ce que nous voulons, mais je trouve que nous devons essayer de garder un regard équilibré. Comme vous le suggérez, Christiane, le péché vient trop souvent d’une préoccupation démesurée de nous-mêmes, une « hypertrophie du nombril » comme je l’ai entendu un jour avec humour. Mais les catastrophes naturelles, bien que « catastrophes » qui entrainent la mort prématurément, peuvent générer des torrents de dévouements et d’entraides. Le péché ne peut pas donner de tels fruits.

    La citation que vous faites du livre du Deutéronome (30,15) m’a toujours été difficile depuis que je la connais. C’est vrai qu’elle résume toute la « morale » vétérotestamentaire: « si tu agis bien, Dieu te récompensera, tu vivras de longs jours, tes affaires prospéreront » . Cependant, est-ce que le passage au Nouveau Testament ne nous fait pas faire un « saut » plus haut? C’est encore une question de ma part, Christiane. « Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité »… pour le peuple Hébreux, et pour certains fils spirituels actuels d’Abraham, il s’agit là de la vie bien concrète que nous aimons tous. Je pense que cette pédagogie de la « récompense » n’a été qu’une étape dans l’histoire de Dieu avec son peuple. Un jour, en Jésus, Dieu a voulu nous demander plus: agis bien, et on te frappera sur la joue. Fais le bien, et on te donnera en récompense une couronne d’épines. Agis bien, et les hommes te cloueront en croix, dans le silence apparent de Dieu. Car Jésus, qui avait pourtant choisi « la vie » selon les mots du Deutéronome, n’a pas eu la récompense promise à ce choix puisqu’il n’a pas eu cette longue vie terrestre, ni lui ni sa postérité… et qu’à la place la Bible nous dit que sa vie s’est terminée par un échec complet, qu’il est mort, mort sur une croix. Le « curé de campagne » n’est-il pas mort inconnu de tous, prématurément, jugé faussement comme alcoolique par tous (tous les non-lecteurs, je veux dire) après avoir pourtant « choisi la vie » en s’efforçant de se dévouer corps et âme pour ceux qui lui étaient confiés?

    Je voudrais terminer, pour ne pas abuser, moi non plus.
    Connaissez-vous ces petites histoires qu’on appelle du joli nom d’ « apophtegmes » et qui nous sont parvenues du fin fond des déserts égyptiens, véhiculées durant des siècles par la tradition orale? Elles sont nées et ont été transmises par les premiers moines chrétiens, dès les 4e et 5e siècle, qui vivaient au désert, à l’écart des villes. Les moines (d’alors) avaient fort à faire avec les démons qui voyaient d’un mauvais œil qu’on leur résiste par l’ascèse et la prière. Un jour, deux démons se trouvèrent fatigués de se creuser la cervelle pour trouver le moyen de faire tomber dans leur piège un vieux moine qui priait nuit et jour, sans relâche. Nos deux compères démons décident de quitter leur moine, et de s’en aller vers la ville pour prendre un peu d’air. Ils arrivent à la porte de la ville, et tombent sur un autre démon, seul, qui se reposait tranquillement. Les deux nouveaux lui racontent leurs efforts vains pour distraire ce seul vieux solitaire du désert, et lui de répondre qu’il est seul pour s’occuper de la ville entière, et qu’il n’a rien d’autre à faire pour cela que de laisser tous les habitants à leurs plaisirs pour les détourner de Dieu.

    Il me semble que cela rejoint un peu votre constat, Christiane, non?
    J’espère moi aussi n’avoir pas été trop « embrouillé »…

    Merci pour vos pensées amicales, auxquelles je réponds volontiers,

    Bonne journée
    Ricou

  13. Christiane le 15 avril 2019

    Je suis dans un coin de Camargue sans l’Internet, et, à la faveur d’un petit réseau je vous envoie de mon mobile l’expression de mon émotion et mes remerciements pour votre réponse que je vais découvrir avec joie petit à petit. @ pas trop tard la joie de vous faire un autre petit mot.Christiane

  14. Pascalette le 13 mai 2019

    Bonjour Ricou, moi qui avais tant de peine avec Bernanos, non seulement je vous ai écouté dans « Sous le Soleil de Satan » mais j’ai fais une deuxième écoute du Journal d’un Curé de Campagne ! Je trouve ces deux romans assez fascinants même s’il m’a fallu m’y reprendre à plusieurs fois… Heureusement, il y a votre voix et votre lecture qui m’ont beaucoup aidée à aplanir les difficultés du texte, comme le dit si justement Pomme. Merci pour cette si belle lecture et à très bientôt ?!

  15. Christiane le 16 mai 2019

    Avec un intérêt aussi vif et une motivation toujours intacte, malgré les jours qui ont passé sous le soleil de Camargue, je tiens à vous re-remercier pour votre commentaire à la fois humble et coupant comme des ciseaux, sachant mettre la pointe sur le vif du sujet, là où le problème devient compliqué à débattre.Oui, je parlais plus en mon nom qu’en celui de l’auteur.
    Vous me piquez en disant que Saint Augustin est manichéen. Il me semblait pourtant que son approche était plus ontologique que théorique.Le mal, je crois, n’est pas une entité autonome chez lui mais il fait partie d’un tout intrinsèque, comme les deux facettes d’une pièce de monnaie (par exemple) lesquelles,bien que distinctes si on les regarde une après l’autre, font un tout. Quand même,pour raisonner, le cerveau a besoin de se constituer en termes d’opposition, et se donner des clés différentielles; forcément des dualités apparaissent.Il faut appeler un chat un chat. Ce qui est mal n’est pas bien, l’homme n’est pas la femme;le plaisir n’est pas la souffrance;la maladie n’est pas la santé;le rire,les larmes; le chaud, le froid.Si ces données ne sont pas autonomes, elles sont néanmoins objectives, ce sont des absolus . Pour en revenir au Bien et au Mal, certains disent même que les valeurs morales sont subjectives; cependant, dans leur comportement, ils se réfèrent à des absolus. S’ils essuient une injustice leur sang ne fait qu’un tour et ils crient à la réparation! La philosophie n’est rien si elle n’est pas ancrée dans la réalité. Ce qu’on entend par bien et mal donne le cadre des valeurs de la société. Enserrées dans la réalité, ces deux notions existent bel et bien . Cependant, comme la pièce de monnaie; Ainsi le pire criminel peut avoir ses bons côtés, les nazis aimaient leur famille, la musique, les chiens.Il n’y a donc pas LE MAL ici et LE BIEN là bas..L’arbre en Éden était celui de la connaissance du bien et du mal il n’y avait qu’un seul arbre, à côté de l’arbre de vie. Peut-on plutôt parler de dualisme chez l’homme? Il est esclave de ses passions mais il sent bien qu’il a des devoirs et par des efforts violents il veut se débarrasser de ses méchants boulets . Or n’étant pas moralement sans reproches il est moralement impuissant. Le bien attire, fait bondir d’enthousiasme mais le mal séduit beaucoup. Comme disait un comique « Je croyais que je n’étais personne et je m’aperçois que je suis plusieurs. » Beaucoup d’auteurs parlent de « cette voix souveraine qui instruit et juge » ;l’homme l’entend et pourtant il la brave. (Je parle de la majorité des gens qui ont deux sous de jugeote… je ratisse large.) Tenez, Platon rejoint Bernanos( en visionnaire de la décadence de l’humanité) qd il déclare, en décrivant la tragédie de la nature humaine dévorée de désirs et de besoins qu’il ne peut satisfaire : »Sa nature est un mensonge, c’est la plus grande misère jointe à l’orgueil le plus extrême.  » Parlons-en :Quel orgueilleux ce père Donissan ! C’est un prophète à l’envers, un loser. « Son extérieur est d’un saint, et quelque chose en lui, pourtant, repousse, met sur la défensive… Il lui manque la joie!  » Tout lui semble aquilon « arraché par le fer ». Même trouver des paroles géniales semble l’épuiser. C’est qu’il croit gagner tout seul ce combat titanesque, bibliquement perdu d’avance pour l’homme, contre le mal. C’est ça LE péché, l’orgueil de l’homme qui pense que ses œuvres le sauveront, qu’en se martyrisant avec sa haire,sa discipline et son cilice, qu’en se faisant couper en petits morceaux alors qu’on ne lui demande rien, il va gagner sa place au paradis.Cependant la lutte avec Satan est inégale, on ne peut pas se mesurer à lui… sa maîtrise de la ruse et du mensonge ont fait que « Sa haine s’est réservé les saints » finit par dire l’abbé. Tout foire pour lui. Aveugle,paniqué et déboussolé, il ne voit pas qu’elle est déjà prête la place. Le Christ nous l’a promise. Je vais aussi vous raconter une histoire.Supposez qu’on veuille traverser l’Atlantique à la nage. Nager c’était mon truc, à l’époque,je pouvais faire, bonne mesure, 5 km sans m’entraîner. Mon fils en ferait une vingtaine, un nageur de compétition une cinquantaine, un athlète d’endurance une centaine peut être.. après, bien avant d’atteindre l’Amérique, un bateau devra venir nous prendre pour faire le reste du chemin sinon on se noiera tous.C’est cela la Grâce. Le meilleur de tous les nageurs n’arrivera jamais tout seul, il faut monter ds le bateau. On a galéré, souffert, il a fallu se battre c’est bien,très bien mais…Comme vous le dites Bernanos a peut être évolué.Je ne sais. Moi je pense qu’il a voulu montrer qu’il n’y a pas de saints. Il n’y a que des pauvres hommes aveugles à qui Dieu envoie sa petite flamme qui éclaire son intelligence et lui donne un cœur de chair; que l’homme arrive malgré tout à être heureux en ce monde car il sait que justice lui est déjà faite en étant reconnu innocent. Il le sait..Il le CROIT .Que le monde passera sans arriver au bonheur sur terre, qu’importe. Ce qui est sûr c’est que G.B envisage, dans Le Journal, le salut sous l’angle de la grâce, c’est à dire de l’amour inconditionnel de Dieu. « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique afin que QUICONQUE croit en lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle. » (Jean 3,16)On a aussi bien avant dans l’ancien Testament((Habacuq 2)cette affirmation fondatrice:
     » Mais le juste vivra par la foi ! »

    C’est énorme!!!

    L’apôtre Paul à qui rien n’échappe, reprend plus tard cette formidable déclaration dans Romains 1, 17 : « Parce qu’en[l’Évangile] est révélée la justice de Dieu par la foi et pour la foi, selon qu’il est écrit: Le juste vivra par la foi.! »

    Oh monsieur, pardon pour cette trop longue réponse et merci de m’avoir fait le plaisir de vous parler. Il y a tant à dire. Bien à vous dans l’esprit qui nous vivifie. Christiane

  16. Ricou le 18 mai 2019

    Bonjour Pascalette,
    Votre reconnaissance si gentille me touche à chaque fois et stimule en même temps ma propre reconnaissance à votre égard!
    C’est vrai que Bernanos n’est pas toujours facile.
    Je trouve cependant qu’il est parvenu à rendre ses personnages très proches de nous. Même les personnages les plus « extraordinaires » gardent un côté familier. C’est une clé pour nous mettre plus à l’aise avec cet auteur qui est à mes yeux un grand penseur qui écrit dans sa maturité, un grand croyant aussi, qui n’a pas eu peur d’interroger ses propres convictions, sa propre foi, et les croyances de ceux qui l’entouraient.
    De là à lire deux fois le même ouvrage lu par la même personne, à si peu de temps d’intervalle…
    A vous qui partagez avec moi une grande admiration pour Pomme, je peux avouer que j’ai aussi replongé deux fois dans le bonheur toujours nouveau de réécouter les Misérables!
    Je voudrais vous dire également à très bientôt. Malheureusement, je crains ne pouvoir vous offrir une nouvelle lecture avant quelques temps. Ce n’est pourtant pas l’envie qui me manque.
    Ou bien dois-je comprendre que vous voulez lire une deuxième fois « Sous le soleil »??? J’ai un petit doute.
    Bonne(s) prochaine(s) écoute(s) (Ai-je besoin de vous recommander Pomme, si vous ne savez que choisir?)

  17. Ricou le 18 mai 2019

    Bonjour Christiane,
    Vous me donnez l’envie de laisser pour quelques semaines mes Ardennes profondes pour aller me ressourcer – à l’abri d’internet – au cœur de la Camargue.
    D’abord je serais alors assez proche de La Grande Motte pour découvrir enfin cette architecture originale que je ne connais qu’indirectement: première joie.
    Ma deuxième joie, ce serait de bénéficier alors d’une douche de vitamines D sans doute plus « serrée » que les bonnes vieilles averses humides (!) de ma région ne me le permettent. Je ne connaissais pas cet effet secondaire du soleil: remplir d’énergie nos pauvres cellules grises.
    Quelle énergie débordante, en effet, dans votre dernier commentaire, Christiane!
    Je voudrais vous répondre, mais chacune de vos lignes fait naître en moi un paragraphe entier, ou presque. De plus, à vous lire, je crois même déceler que vous ne nous avez donné qu’un résumé de ce que vous brûliez de nous offrir. Est-ce que je me trompe?
    Je devrai suivre la même voie et me contenter de relever quelques points. Quoiqu’il en soit, merci pour vos précisions, pour votre plaisir à nous parler aussi, de nous livrer votre regard, le paysage intérieur que dessine Bernanos en vous. C’est vrai qu’il y a tant à dire…
    Il fait gris chez moi. Alors ayez s’il vous plaît la même patience que la nature qui m’entoure, qui ne jouit pas de l’effet stimulant du soleil de Camargue, et qui a bien des semaines de retard sur tout ce qui se trouve plus au « sud ».
    Je n’ose vous dire « à très bientôt » comme Pascalette. Mais je vous dis « au plus tôt que je pourrai »

  18. Christiane le 19 mai 2019

    Vous devez être extra-lucide, intuitif ou inspiré. J’aurais toute une correspondance à tenir pour répondre aux questions que vous m’avez posées dans vos derniers messages, mais quelle place il me faudrait sans parler de la crainte d’être importune ou envahissante!
    Enfin, qui va me lire à part vous, cher monsieur si patient, qui m’accueillez avec tant de discernement !
    J’ai regretté d’avoir coupé court à l’analyse du Père Donissan, je veux dire de l’avoir expédié de façon si négative. En réalité je préfère ce roman- [au Journal que j'aime bcp ]-sa richesse d’interprétation me fait tourner la tête… si bien que je suis capable de dire tout et son contraire la minute d’après, sans avoir l’impression de m’être écartée du sujet. L’abbé qui décède droit dans ses bottes a une stature littéraire tellement forte, il offre une représentation de la sainteté si déroutante et si paradoxale, oscillant dangereusement entre ciel et abîme, avec pour fond ce silence de Dieu…. qu’il ne peut pas être enfermé dans un commentaire aussi réducteur que celui que je vous ai laissé. « J’ai juré de vous émouvoir, d’amitié ou de colère, qu’importe ! » a déclaré lui-même Bernanos, ai-je lu ! Pari tenu, jusqu’à la fin des temps, n’est-ce pas ? Et grâce aux lecteurs bénévoles bien souvent !
    j’ai donc fini en queue de poisson, pour garder l’image aquatique… Bon,je regarderai la skyline de la Grande Motte, en me disant que vous êtes là-bas.. Car je repars demain de la région sud parisienne. De votre rivage vous ne verrez pas une sirène, mais vous imaginerez juste en face, sur la grève triturée par le vent, la gentille mémée qui grâce à vous se triture sainement les méninges pour trouver quelques remarques, sur les mystères du Seigneur, qui seraient dignes de votre attention. Christiane

  19. Claryssandre le 19 mai 2019

    A Christiane
    Pardonnez moi, madame, de m’immiscer dans votre dialogue avec monsieur Ricou. Vous vous demandez qui peut bien vous lire… Moi par exemple. Je suis FASCINÉE par votre intelligence, votre culture, la profondeur et la richesse de vos propos ! En vous lisant j’ai l’impression de m’élever quelques secondes au dessus de la poussière sans toutefois atteindre ne serait ce que vos chevilles. Merci de nous faire partager ves questionnements, commentaires, réflexions et connaissances si enrichissants. Bonne journée à vous.

  20. Ricou le 19 mai 2019

    Ouf, j’suis pas tout seul… Profond soulagement.
    Merci de vous être manifestée (même très humblement, Claryssandre.
    Quant à vous, Christiane, sachez que je n’irai à la Grande Motte qu’en rêve (ou en images sur internet). Mon métier ne me permet pas de longs voyages, et même très peu de courts. C’est ainsi que j’ai appris à aimer dans ses plus petites merveilles la nature verdoyante qui m’entoure(bien que gémissante dans les douleurs d’un enfantement toujours en cours).
    Merci pour vos commentaires…
    Ricou

  21. Christiane le 19 mai 2019

    @ Claryssandre,
    merci infiniment,ma chère, votre commentaire me fait beaucoup de bien. Je lis souvent les vôtres sur le site, et jamais vous ne manquez d’encourager par vos propos bienveillants, admiratifs ET bien tournés le moindre bonheur qu’on a pu vous procurer. C’est une belle qualité qui attire l’amitié et l’expression de la mienne en retour. Christiane

  22. Claryssandre le 19 mai 2019

    @Christiane
    Je suis très touchée. Merci.🌺

  23. Pascalette le 20 mai 2019

    Cher Ricou, ces deux livres méritent amplement une seconde lecture voir plus, et vous écouter est un tel plaisir ! De plus, la lecture de vos commentaires et ceux de Christiane m’ouvrent de nouveaux horizons sur mes propres convictions. Mais avant de revenir à Bernanos, je vais faire un petit tour avec Pomme et Dostoievski et d’autres petites choses un peu plus légères ! J’ai bien compris que vous êtes très occupé mais je ne peux m’empêcher de vous dire à bientôt pour une nouvelle lecture (?)… quand vous en aurez le temps et l’envie… Chez moi, l’espoir fait vivre ! A bientôt

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