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GORKI, Maxime – La Mère

Donneuse de voix : Albatros | Durée : 16h 11min | Genre : Romans


Portrait de Gorki par Serov

Lorsqu’il écrit La Mère en 1906, Gorki est aux États-Unis, avec mission de collecter des fonds pour le parti bolchevik. Il le termine à Capri où il s’exile et se soigne. Il vient de participer à la révolution russe de 1905, ce qui lui a valu d’être emprisonné par le gouvernement tsariste. Forcé de travailler à l’âge de 10 ans, devenu écrivain, il est opposant révolutionnaire depuis toujours.

Ce livre montre la pénétration des idées socialistes internationalistes et révolutionnaires, au sein de la classe ouvrière russe, à la veille de 1905, cet épisode préparatoire à la révolution de 1917.

Il montre comment un jeune ouvrier, Pavel, refuse de se laisser abrutir par l’exploitation, de se laisser aller au machisme, à l’alcoolisme, etc., dans lesquels a sombré autrefois son père. Lui et d’autres jeunes se forment et se transforment au contact de militants étrangers au faubourg, issus, pour certains, de la noblesse. Ils interviennent bientôt à la fabrique, à la campagne, dans la rue, lors de la journée internationale du 1er mai, avec la perspective de la répression, de la prison, etc. La mère de Pavel s’arrache douloureusement à son passé de femme battue par son mari – dont elle est veuve, et devient progressivement à son tour une militante.

« J’ai aussi compris votre vérité : tant qu’il y aura des riches, des puissants, le peuple n’obtiendra ni justice, ni joie, ni rien. [...] Parfois, la nuit, je me remémore le passé, ma force foulée aux pieds, mon jeune cœur brisé… et j’ai amèrement pitié de moi-même ! Mais pourtant, ma vie s’est améliorée. [...]
Je me suis tue toute ma vie, je ne pensais qu’à une chose : à éviter pour ainsi dire la journée, à la vivre sans qu’on m’aperçoive, pour qu’on m’ignore… Et maintenant je pense à tous… je ne comprends peut-être pas très bien vos affaires… mais tout le monde m’est proche, j’ai pitié de tous et souhaite le bonheur de tous… » (Première Partie, Chapitre XVI)

« Le moment est venu de résister à la force avide qui vit de notre travail, le moment est venu de se défendre ; il faut que chacun comprenne, que personne ne viendra à notre secours, si ce n’est nous-mêmes ! » [Pavel, Première Partie, Chapitre XII]

« On dit qu’il y a sur la terre toutes sortes de peuples : des Juifs et des Allemands, des Français, des Anglais, des Tatars. Mais je ne crois pas que ce soit vrai. Il y a seulement deux races, deux peuples irréconciliables : les riches et les pauvres ! » [Pavel, Première Partie, Chapitre XXVIII]

Traduction : Serge Perski (1870-1938).

Illustration : Portrait de Maxime Gorki en 1905, par Valentin Alexandrovich Serov (1865-1911).

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17 commentaires sur cette page. Ajoutez le vôtre !

  1. Ahmed le 19 juillet 2016

    Bonsoir chère Albatros ,

    Je tiens à vous remercier de cette aimable lecture et dont le sujet important aussi que votre courage de parcourir ces pages qui tracent la littérature russe dont j aime bien votre voix qui attire mon attention …

    Bien cordialement ,
    Ahmed

  2. Albatros le 24 juillet 2016

    Merci cher Ahmed pour vos encouragements.
    Irez-vous jusqu’au bout des aventures de cette mère et de sa transformation, dans le creuset du combat contre l’exploitation ?
    Bonne écoute.

  3. van den bogaert le 7 septembre 2016

    Merci à vous !

  4. Kadour le 27 septembre 2016

    Bonjour !

    merci de ce don de lecture. J’ai senti que vous y avez mis une part importante de votre personne. Cependant, si vous permettez, une remarque. Quand votre bouche est trop près du micro, j’ai été un peu distrait à cause des bruits de la déglutition. Mais quand votre ton de voix est plus bas, alors j’adhère complètement.
    En tout cas, toute ma reconnaissance pour votre bravoure à lire ce long et passionnant roman.
    Kadour

  5. emiliemilie le 15 octobre 2016

    Ca y est je suis devenue communiste! Mais quelle œuvre! Plus jeune j’avais lu « ma vie  » de Trotsky, mais ce roman a une force de persuasion bien plus forte. Quelle beauté, quelle poésie! Souvent quand je laisse un commentaire, je m’émerveille sur la poésie de auteurs. Mais je pense que la poésie est au-dessus de l’intellect, elle est pure inspiration, à la limite du divin…. La fin est magnifique, un pur éloge de la liberté. J’ai pensé au film Brazil quand on voit les papiers s’envoler… Enfin bref, je parle de Gorki à tout le monde, ma mère, mes amis, mon boulanger…

    Merci Albatros pour votre voix qui sert à merveille ce texte. Votre lecture est à la fois sensible et délicate comme le roman.

    Quand lisez-vous les bas-fonds?;)

  6. Kadour le 15 octobre 2016

    A Emiliemillie,
    oui, le roman est très enthousiasmant. Mais avant de devenir communiste, permettez-moi de vous conseiller l’écoute ou la lecture de « La conquete du pain » de Kropotkine. Informations sur lui ici :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Kropotkine
    Kadour

  7. Albatros le 16 octobre 2016

    Merci Emiliemilie.
    Je m’étais résolue à m’atteler à la lecture de « La Mère », pensant qu’aucun de nos donneurs de voix ne le ferait.
    Erreur : pendant que j’enregistrais laborieusement ce texte (j’ai tout de même mis 10 mois), une fameuse donneuse de voix sur ce site a fait demander si j’avais persévéré dans mon projet.
    Elle venait de terminer et de publier « Ma vie d’enfant » et songeait, sans doute, à passer à « La mère »…
    Patience, donc, « Les Bas-fonds » devraient arriver.
    Je les attends moi-même aussi, d’ailleurs ;-)

  8. Albatros le 16 octobre 2016

    Merci, Kadour, pour votre écoute vigilante.
    Vous souvenez-vous des chapitres où l’écoute était malaisée ? En effet, je peux les réenregistrer. Même si je n’ai pas entendu ces « déglutions » (burk), il m’est arrivé de reprendre entièrement un chapitre en me rendant compte de sa mauvaise qualité sonore.
    De toute façon, je tiendrai compte de votre remarque en cas de prochain enregistrement.

    Dites, dans son ouvrage, « la conquête du pain », Kropotkine est un vrai défenseur de la révolution sociale et du… communisme (même s’il précise : « communisme anarchiste ») – lecture très intéressante, en tous les cas.

  9. Kadour le 17 octobre 2016

    Chère Albatros,
    je ne me souviens pas très exactement des chapitres où l’écoute me fut malaisée, mais il s’agit des tout premiers chapitres. Cependant, puisque d’autres personnes n’ont pas remarqué ces légers bruits, pourquoi ne pas considérer la question comme provenant uniquement du fait qu’étant metteur en scène et réalisateur de profession, mon oreille a été plus sensible que celle des autres à cet aspect.
    Si vous le permettez, je préférerai vous voir enregistrer d’autres beaux textes comme celui de “La mère” pour nous enrichir. Permettez-moi de vous proposer la lecture de « la conquête du pain ». Bien entendu, ce n’est pas un roman, mais un essai, cependant il est nourri par un souci et un élan semblables à ceux de la mère, avec cette différence que Kropotkine savait distinguer entre les autoritaires et les non autoritaires.
    Autre proposition de lecture : “En gagnant mon pain” puis “Mes universités”, de Gorki.
    Pour revenir à Kropotkine, oui, bien entendu, c’était un militant du changement social dans le sens d’un communisme libertaire. Si je suis intervenu auparavant auprès de la personne enthousiasmée, à juste titre, par l’écoute de votre lecture de “La mère”, c’est pour contribuer à l’aider à ne pas confondre le “communisme” autoritaire, qui a commis tant de vilaines choses, avec celui, authentique, d’un Kropotkine.
    A propos de vos prochains enregistrements, permettez-moi de vous suggérer de tenir la bouche assez loin du micro, afin que soient enregistrées uniquement vos paroles. Veuillez vérifier si d’autres bruits ne s’y ajoutent pas, et tout sera parfait, car dans votre manière de lire je sens que vous mettez tout votre coeur et tout votre esprit. Là est l’essentiel.
    Encore une fois merci du généreux don de lecture que vous nous offrez.
    Kadour

  10. Albatros le 18 octobre 2016

    Kadour,

    Le véritable sens de votre « avertissement » à Emilieemilie ne m’avait évidemment pas échappé…

    Mais, si je peux me permettre, il est hors de propos.

    Car que voit-on ici : de belles figures de combattants sincères, qui ont eu raison d’être ce qu’ils étaient. Des militants sensibles et très divers, loin des caricatures. La mère évalue très bien les uns et les autres – y compris son propre fils.
    On y voit des intellectuels qui ne peuvent s’empêcher d’être parfois stériles et un peu arrogant, des ombrageux, méfiants, anarchisants et même… des croyants (la mère).
    Ils sont tous unis dans un même combat contre l’exploitation et l’autocratie.

    Ou est l’autoritarisme ici ?

    Pourtant, ce sont bien des « communistes » que l’on voit dans ce roman.

    D’abord le récit est inspiré de ce que Gorki a vécu lui-même aux côtés des bolchéviks.

    Ensuite, on voit ici des militants qui sont reliés à un parti – qui n’est pas nommé, dont on ne voit pas les dirigeants, mais qui leur apporte une formation, des journaux, d’autres militants en renfort, etc.

    Et surtout, tout le récit montre des être unis dans cette conviction – qui n’est pas citée non plus, mais que manifeste leur vie, leurs choix, leurs déclarations, etc. : « l’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes » et « prolétaires de tous les pays, unissons-nous ».

    Et ça, c’est bien du communisme.

    EmilieEmilie ne s’y est pas trompé, en tous les cas. Et c’est vrai que c’est enthousiasmant.

    Après, loin de moi de vouloir esquiver la question des « vilaines choses ».

    Mais on n’efface pas ainsi d’un trait de plume le combat sincère qu’a mené des millions d’opprimés, à la suite de cette poignée de pionniers (si, si, des millions) – ni même leurs convictions – communistes, forgées dans la lutte.
    Il faut s’y arrêter. On leur doit.
    Et c’est cela le sujet.

    Le stalinisme, c’est après.

    D’ailleurs, même la version anarchiste du communisme (cela me fait drôle de l’appeler comme cela – la faute à Kropotkine), lorsqu’elle a su convaincre par dizaines, centaines de milliers d’exploités, lors de périodes révolutionnaires, n’a pas su éviter de se compromettre avec des… staliniens (République espagnole de 36). Malheureusement.

    Or, au vu de la crise actuelle, de la guerre sociale qui nous est menée, oui, même les écrits de Kropotkine, qui parlent de communisme – fût il « anarchiste », sont rafraîchissants.

    Quant à en offrir la lecture… C’est encore autre chose…
    Kadour, vous n’avez pas envie de vous lancer ?

  11. Kadour le 18 octobre 2016

    Chère Albatros,
    merci beaucoup de votre lettre.
    Il m’est agréable de constater que l’écoute d’un roman ne se limite pas au plaisir littéraire, mais puisse être l’occasion d’un échange utile de points de vue sur la situation sociale actuelle et les manières de l’affronter.
    Vous avez totalement raison pour l’essentiel et je partage vos convictions.
    Permettez-moi cette addition : j’ai été et je reste une personne qui a vécu et vis une existence semblable à certains personnages du roman.
    Et je connais la biographie de Gorki suffisamment pour savoir combien il a été conscient, dès le départ, du risque contenu dans la version marxiste du communisme, et cela dès Lénine (voir le massacre par l’Armée Rouge de la commune de Kronstadt e, 1921, et l’élimination par la même armée de l’autogestion paysanne en Ukraine) : la dictature du parti (c’est-à-dire d’un groupe restreint de personnes) sur les militants et le peuple. J’ajoute que les malheurs n’ont pas commencé avec Staline, mais avec Karl Marx lui-même, quand il a orchestré l’exclusion des anarchistes de cette Internationale qui proclamait justement ce que vous rappelez, et qui est une idée anarchiste : « l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ».
    Par conséquent, les millions de militants sincères et magnifiques ont vu leurs sacrifices récupérés par une caste nouvelle de privilégiés, une bourgeoisie étatique présentant leur capitalisme d’État comme “communisme”, avec l’arrogance de faire croire que seuls eux pouvaient “sauver” le peuple.

    Ce que je voulais dire, et mal dit, j’en conviens, c’est ceci : c’est splendide d’être communiste, c’est-à-dire de vouloir une société de citoyens libres, coopérant librement pour construire une communauté humaine où, finalement, n’existerait plus ni exploiteur dominateur ni exploité dominé.
    Mais gare ! Gare à se laisser une nouvelle fois entourlouper et se laisser berner par les profiteurs qui finissent par transformer nos enthousiasmes et de nos sacrifices en nouvelle domination-exploitation, abusivement proclamée “communiste”.

    Venons-en au roman. Vous demandez : “Ou est l’autoritarisme ici ?”… Eh bien, il est (mais l’auteur ne le dit pas, peut-être parce qu’il n’en était pas encore conscient, peut-être pour un autre motif) dans le fait que Pavel, le fils, est un “chef” qui est le seul à décider, sinon le premier et l’ultime à décider des actions à entreprendre, qui est le seul sinon le plus intelligent, etc. Rappelez-vous la scène du jugement, au tribunal. Ne dirait-on pas une réplique, en plus petit, d’un Marx, d’un Lénine, d’un Trotsky, d’un Staline, etc. ? Relisez donc certains passages, à la lumière de l’expérience historique vécue, et subie, à la lumière du lamentable échec des espérances de millions d’exploités du monde, causé non pas par le capitalisme, mais par l’autoritarisme d’obédience marxiste, et vous trouverez dans la roman de Gorki ce que j’ai trouvé : de magnifiques personnes offrant leur vie à un bel idéal, dont la mère avant tout, mais, aussi, des personnages comme Pavel qui se croit plus investi que les autres, qui ne parle pas avec eux en terme d’égalité mais dans une relation hiérarchique de chef à subordonné, parce que lui sait plus qu’eux. C’est la répétition, à petite échelle, de ce ce que Bakounine reprochait à Marx : son doctorat en philosophie ne devait pas lui permettre de se croire plus savant que ses camarades. D’ailleurs, à présent, on a constaté ce que fut le socialisme dit “scientifique”.
    Si je parle ainsi c’est parce que je fus, dans ma jeunesse, l’une des dupes de cette conception autoritaire du communisme. Je dus maoïste, pour être clair. Et seulement en maturant, j’ai compris que je fus trompé, que j’eus l’ignorance de ne pas prêter attention aux conceptions libertaires. Voilà pourquoi, en constatant l’enthousiasme d’emilie, j’ai senti le besoin de la mettre en garde, pour ne pas commettre les erreurs que j’ai personnellement commises.
    Vive donc le communisme libertaire, c’est-à-dire cet idéal où des citoyens réellement libres coopèrent de manière réellement libre pour construire une société sans chefs dominateurs (et exploiteurs), mais où l’intelligent et le moins doué, le fort et le faible auto-gèrent ensemble leur société, en élisant des représentants qui défendent réellement leurs intérêts.
    L’expérience historique nous a enseigné, à notre détriment hélas, qu’en ce qui concerne les modalité politiques pour arriver à ce genre de société, Marx avait totalement tort, y compris Lénine, et Bakounine raison, y compris Kropotkine.
    Oui, vous avez raison : “Or, au vu de la crise actuelle, de la guerre sociale qui nous est menée, oui, même les écrits de Kropotkine, qui parlent de communisme – fût il « anarchiste », sont rafraîchissants.” Je dirai plus : l’expérience historique nous devrait enseigner que, désormais, seuls les écrits libertaires sont, désormais, utiles, et non pas ceux marxistes (je parle ici de la conception politique et non de l’analyse économique, bien que Marx s’est trompé en croyant que les crises du capitalisme le porterait “mécaniquement” à la ruine. Encore la vision messianique de Marx).
    Suis, à présent, plus clair ?

    Enfin, concernant l’invitation de me lancer moi-même dans la lecture, mon vieil ordinateur ne me permet pas d’utiliser un bon microphone. J’envisage d’en acquérir un nouveau en fin d’année. En outre, bien qu’ayant étudié l’art de l’acteur en France, voilà longtemps, mon intonation demeure encore un peu algérienne. Il me semble que cet aspect pourrait diminuer le plaisir de l’écoute à une oreille française.
    P.s. 1 : Alors, pourquoi ne lirez-vous pas les romans de Gorki que je vous ai proposés ?
    P.s. 2 : J’apprécie le pseudonyme (baudelairien ?) que vous avez choisi.
    Amitié,
    Kadour

  12. emiliemilie le 22 octobre 2016

    Ce livre sent la vie dans ce qu’elle a de sombre et de lumineux. Jusqu’à la fin des temps, l’homme aura la tentation du pouvoir soit pour lui soit pour un autre et rien ne changera. J’ai fréquenté également des milieux anarchistes, où il y avait le gourou et ses sujets. Pavel rappelle qu’il y aura toujours une ombre dans le désir d’égalité et que seule une poignée d’individus pourront lutter contre l’anneau de pouvoir.

    Mais j’ai trouvé que le roman soulevait des questions importantes:

    - La religion.
    Je me suis demandé quelles étaient les convictions religieuses de l’auteur. Pourquoi a-t ‘il créer ce personnage central, la mère, cette femme profondément croyante qui fait le lien entre la parole du Christ et le communisme. J’ai cru qu’elle allait tourner sa veste au fur et à mesure de son éveil pour mieux mettre en lumière les valeurs humanistes. Mais non… j’ai trouvé cela beau de ne pas diaboliser ni la religion, ni le communisme.
    Cela a apporté des réponses à certaines questions que je me posais.

    Tout comme Emile Zola dont j’ai beaucoup aimé l’œuvre « Lourdes », il y avait chez ces intellectuels une vraie réflexion sur le monde avec un effort de ne pas prendre parti.

    Je me posais également beaucoup de questions sur la manière de mettre en pratique les évangiles dans les groupes religieux d’aujourd’hui.
    Le fils rêve d’un Dieu plus proche de l’homme, il juge le Christ trop sévère, il le souhaiterait plus miséricordieux. Aujourd’hui, on a ce Dieu et je suis obligée de constater que l’on s’en sert pour ne pas réformer sa conduite et continuer à écraser les plus faibles.

    Gorki loue la valeur de l’éducation, de la connaissance. Aujourd’hui, elle est bien plus accessible, mais qu’en fait l’homme? J’ai eu la chance d’être née dans un milieu très populaire où l’on aimait les livres, la musique. J’ai essayé de faire partager mon engouement à mon entourage. Mais comment faire face à l’esprit du monde qui malgré les grandes phrases de Elle magazine « prônons l’être plutôt que le paraître » fait tout le contraire?

    Même si je ne suis guère optimiste sur le devenir de l’humanité, même si je ne crois pas en l’homme, j’ai trouvé que dans ces pages soufflait un vent de liberté et d’espoir. Elles m’ont rappelé que des gens étaient prêts à perdre leur vie pour le bien-être des autres. La fin m’a particulièrement émue. Quand on voit ces feuilles qui s’envolent face à l’oppression, c’est un cri de joie dans la nuit, le rappel qu’on n’écrasera jamais le désir de liberté de l’homme. Et je me dis que dans mon lit, bien au chaud, je suis moi aussi une communiste!

    Chère Albatros, nous n’imaginons pas le temps que prend l’écoute d’un roman. Et les lecteurs ont enfin peu de soutien, notamment peu de commentaires. Mais sachez que sans vous je n’aurais jamais connu un tel auteur. Et vous avez une voix des plus agréables, je serais prête à faire le tour du monde littéraire bercée par votre vo. Kadour et moi espérons la suite des pensées de Gorki que vous m’avez fait découvrir et aimer. ;)

    Kadour, j’ai moi-même un fort accent toulousain. A part Pagnol, je ne peux rien lire. Chaque fois que j’ouvre la bouche, on entend les cigales et le tintement des glaçons dans le verre de Ricard. Si votre voix est agréable, je ne pense pas que des intonations algériennes freinent le plaisir de l’écoute.

  13. Kadour le 24 octobre 2016

    Chère emiliemilie,
    Quel beau commentaire !… Merci de l’avoir écrit. Cela me fait chaud au cœur !… Les précisions que vous apportez, notamment sur les anarchistes (en réalité autoritaires, donc de faux anarchistes) et à propos de l”ombre” de Pavel sont très pertinentes.
    A présent, j’ai bien compris, me semble-t-il, votre enthousiasme de “communiste”. Et je le partage entièrement.
    Espérons que Albatros aura le temps de satisfaire ce que nous lui avons demandé.
    Pour ma voix, si les autres pensaient comme vous, je me serai lancé à lire, pour faire, moi aussi, un don. Mais je crois que la plupart des auditeurs du site n’ont pas la même patience. Et puis je suis occupé par l’écriture : trois essais de socio, deux romans, deux brochures de poésie et une pièce de théâtre :)
    Étant donné que vous avez aimé “La mère” de Gorki, peut-être aimeriez-vous “Résurrection” de Tolstoï. Je l’ai apprécié. Il est sur le site.
    Amitiés !
    Kadour

  14. emiliemilie le 5 novembre 2016

    Merci pour votre conseil. J’ai téléchargé résurrection depuis très longtemps(mon cœur me porte toujours vers la littérature russe) mais je ne l’ai toujours pas écouté. Vous donnez à ce roman un poids supplémentaire.

    Je vous souhaite… de l’inspiration pour tous vos projets. Au plaisir de vous lire et peut-être de vous entendre.

  15. Kadour le 6 novembre 2016

    Chère Emiliemilie,
    je suis content de savoir que vous lirez Résurrection. Je pense que vous aimerez.
    Et merci pour vos souhaits. M’entendre, je ne crois pas, mais me lire… cela me ferait beaucoup plaisir. J’ai besoin d’opinions de personnes de coeur et d’esprit :)
    Bien cordialement !
    kadour

  16. Albatros le 10 janvier 2017

    Emiliemilie,

    Vous avez écrit « Je me suis demandé quelles étaient les convictions religieuses de l’auteur. ».

    Je me le suis demandée aussi, tout au long du texte. Au chapitre XI par exemple, Gorki fait entrer Rybine, homme 20 ans plus âgé que Pavel, impressionné par l’intervention (clandestine) du jeune homme et de ses camarades à la fabrique :
    « — Tu vois, Pavel ! Ce n’est pas par la tête, c’est par le cœur qu’il faut commencer… Le cœur, c’est un endroit de l’âme humaine sur lequel il ne pousse rien que…

    — Que la raison ! acheva Pavel avec fermeté. C’est la raison seule qui affranchira l’homme.

    — La raison ne donne pas la puissance, répliqua Rybine d’une voix vibrante et obstinée. C’est le cœur qui donne la force, et non pas le cerveau ! »
    [...]
    Et Rybine disait, tranquille et sûr :

    — Un lieu saint ne peut rester vide. La place où Dieu vit en nous est attaquée, s’il tombe de l’âme, une plaie se formera, voilà ! il faut inventer une foi nouvelle, Pavel… Il faut créer un Dieu juste pour tous, un Dieu qui ne soit ni un juge, ni un guerrier, mais l’ami des hommes ! »

    D’après quelques recherches, il se trouve que Maxime Gorki était peut-être plutôt plus proche de Rybine que de Pavel. En tous les cas, « [d]ans le numéro de mars 1907 de la revue du Mercure de France, Maxime Gorki défend la position des Constructeurs de Dieu contre l’athéisme de Gueorgui Plekhanov pour qui les religions sont amenées à disparaître avec l’avènement du communisme » https://fr.wikipedia.org/wiki/Construction_de_Dieu

    Au sein de la fraction bolchevique du parti social-démocrate récemment réunifié (avril 1906) un courant de la « Construction » ou de « l’édification » de Dieu, cherche à concilier marxisme et religion est animé par le futur commissaire du peuple à l’instruction, dans le gouvernement soviétique de 1917, Lounatcharski. Gorki soutient ce courant, puis un autre l’ « école de Capri », créé en août 1909, où il s’est Exilé depuis 1906. S’y rapprochent, outre le courant de « la Construction de Dieu », celui de l’ « otzovisme », initié par Bogdanov (beau-frère de Lounatcharski) qui exige la démission des députés bolchéviks de la Douma et prône la fondation d’une « culture prolétarienne »..
    En juillet 1909, Lenine convoque à Paris une conférence de la rédaction élargie du « Proletari » où il dénonce ces courants. Bogdanov est exclu peu de temps après de la fraction bolchévique et fonde le journal Vperiod à la fin de 1909. Lénine fonde alorsen mai 1911, à Longjumeau une « contre école ». Vperiod se désagrège en 1913-1914
    Voir aussi « Theatre et révolution » d’Emile Copfermann où est retracée la vie de Lounatcharski http://iconotheque-russe.ehess.fr/film/1088/

    Vous trouverez dans le 7è texte du recueil « De la religion » de textes de Lénine, enregistrées ici (http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/lenine-de-la-religion.html) deux lettres à Maxime Gorki, avec qui, semble_t_il il ne souhaite pas rompre, écrites en 1913, où il lui dit sans concession ce qu’il en pense : « En agrémentant l’idée de Dieu, vous avez agrémenté les chaînes dont ils [les cléricaux, Nicolas II, les cadets, etc.] entravent les ouvriers et les moujiks incultes. »

    « Le prêtre catholique détournant des mineurs [...], est bien moins dangereux justement pour la démocratie que le prêtre sans soutane,le prêtre sans religion grossière, le prêtre penseur et démocrate, qui prêche l’édification et la création du bon Dieu. Car le premier prêtre, il est facile de le dénoncer, de le condamner et de le chasser ; mais on ne saurait se défaire aussi simplement du second; il est mille fois plus difficile de le dénoncer [...] »

    http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/lenine-de-la-religion.html

    Voilà, chère Emiliemilie de quoi, peut-être éclairer votre lanterne.

    A bientôt, peut-être, par lectures interposées,
    Bien à vous et une excellente année 2017,
    Albatros

  17. Joel le 1 octobre 2017

    Merci Albatros, très agréable diction c’est un plus pour nous auditeurs.

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