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MARX, Karl – Le Capital (Livre Premier, Troisième Section)

Donneuse de voix : Albatros | Durée : 10h 48min | Genre : Histoire

Karl MarxLivre premier : Le Développement de la production capitaliste – Troisième Section : La Production de la plus-value absolue (traduction de J. Roy entièrement révisée par l’auteur, 1872).

On a vu dans la seconde section que le capitaliste, en achetant à l’ouvrier sa force de travail, même à son juste prix, compte lui faire produire plus de valeur qu’elle n’en vaut – une plus-value.

Mais comment cela se passe-t-il exactement ?

« L’homme aux écus a payé la valeur journalière de la force de travail ; son usage pendant le jour, le travail d’une journée entière lui appartient donc. Que l’entretien journalier de cette force ne coûte qu’une demi‑journée de travail, bien qu’elle puisse opérer ou travailler pendant la journée entière, c’est‑à‑dire que la valeur créée par son usage pendant un jour soit le double de sa propre valeur journalière, c’est là une chance particulièrement heureuse pour l’acheteur, mais qui ne lèse en rien le droit du vendeur.

Notre capitaliste a prévu le cas, et c’est ce qui le fait rire. L’ouvrier trouve donc dans l’atelier les moyens de production nécessaires pour une journée de travail non pas de six mais de douze heures. » (Chap 7 II)

« La période d’activité qui dépasse les bornes du travail nécessaire […] forme une plus-value […]. Je nomme cette partie de la journée de travail, temps extra et le travail dépensé en elle surtravail »(chap 9 1).

Combien d’heures dans une journée de travail – combien de « temps extra » ? Voilà donc la question décisive.

Mais avant d’observer au chapitre 10 comment elle s’est résolue historiquement, les chapitres 7 à 9 de cette troisième section détaillent minutieusement comment l’activité productive se combine avec la transformation de la matière première, des matières auxiliaires et avec l’usure des instruments de travail, dans le « procès de travail » d’une part, dans la création de valeur d’autre part.

Car le capitaliste a sa propre façon de présenter la chose. Par exemple, il fait rentrer l’avance des matières premières et des autres moyens de travail, dans le calcul du taux de plus-value (chap 9), ce qui le minimise énormément. Aussi peut-il crier à la ruine dès qu’il est question de limiter la journée de travail. (chap. 9 II, 10 et 11).

C’est ce qu’il fait, par exemple, face à la loi de 1833, qui, après des années de luttes ouvrières, osait interdire le travail de nuit et réduire à 12h la journée de travail… pour les enfants et adolescents de 13 à 18 ans.

Avant la naissance de la grande industrie, les fabricants avaient rêvé de faire passer la semaine de travail de « l’ouvrier manufacturier » de 4 à 6 jours et de porter, dans des « maisons de terreur » sa journée à 10 h. Mais de 1770 à 1830, devenus capitalistes, ils avaient réussi à élever le temps de travail journalier à… 18 heures, enfants et femmes compris.  (chap 10 V et VI).

« La création d’une journée de travail normale est [...] le résultat d’une guerre civile longue, opiniâtre et plus ou moins dissimulée entre la classe capitaliste et la classe ouvrière. » (Chap. 10 VII)

C’est cette histoire de la « journée de travail » que racontent les 7 parties du chapitre 10, en commençant par l’Angleterre, berceau de l’industrie moderne  jusqu’à l’affirmation par les ouvriers américains, en 1866, de l’objectif de la journée de 8 heures, adopté peu après par l’Association internationale des travailleurs, dite « l’Internationale », à son congrès à Genève.

On y voit, rapports d’inspecteurs de fabrique à l’appui, les conditions de travail , tant dans les fabriques modernes, où l’exploitation capitaliste fait des ravages en premier et qui sont soumises en premier à une limitation de la journée de travail – ces limites sont alors contournées voire violemment combattues par les fabricants (manufactures de coton, laine, lin, soie, chap. 10 II et 10 VI), que dans celles « de vieilles roches » qui en sont d’abord « libres » (poteries, boulangeries – au mode de production « antique », dentelleries, chemins de fer – jusqu’à 50 h de travail sans interruption, ateliers modistes – jusqu’à 30h sans interruption, forges, haut-fourneaux et laminoirs, où les enfants travaillent de nuit, blanchisseries « en plein air »), puis finalement « soumises » à leur tour .

Les qualificatifs qui émaillent ces descriptions ne sont alors pas tous de Marx :  « esclavage perpétuel » (Postlhewait), « esclaves blanc » (Morning star), « travailler à mort » (Dr Letheby), « Capital affamé de surtravail », « soif de vampire du capital pour le sang vivant du travail », « passion aveugle et démesurée [du capital], [...] gloutonnerie de travail extra »…

« Bien loin que ce soit l’entretien normal de la force de travail qui serve de règle pour la limitation de la journée de travail, c’est au contraire la plus grande dépense possible par jour, si violente et si pénible qu’elle soit, qui règle la mesure du temps de répit de l’ouvrier. Le capital ne s’inquiète point de la durée de la force de travail. Ce qui l’intéresse uniquement, c’est le maximum qui peut en être dépensé dans une journée. Et il atteint son but en abrégeant la vie du travailleur, de même qu’un agriculteur avide obtient de son sol un plus fort rendement en épuisant sa fertilité. » (Chapitre 10 VI)

« L’industrie cotonnière date de 90 ans… En trois générations de la race anglaise, elle a dévoré neuf générations d’ouvriers. » (Chp. 10 V, discours de Ferrand à la Chambre des communes, du 27 avril 1863)

« Après moi le déluge ! Telle est la devise de tout capitaliste et de toute nation capitaliste. Le capital ne s’inquiète donc point de la santé et de la durée de la vie du travailleur, s’il n’y est pas contraint par la société. » (Chap. 10 V)

La version sans les notes dure 6 h 56.

Traduction : Joseph Roy (18?- 18?)

Illustration : Karl Marx (Le Capital, édition française de 1872).

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Livre premier : Développement de la production capitaliste

Troisième Section : La Production de la plus-value absolue

Chapitre 07 : Production de valeurs d’usage et production de la plus-value

I. La production de valeurs d’usage.mp3 (Clic-droit, « Enregistrer sous… »)
II. La production de la plus-value.mp3

Chapitre 08 : Le capital constant et le capital variable.mp3

Chapitre 09 : Le taux de plus-value

I. Le degré d’exploitation de la force de travail.mp3
II. Expression de la valeur du produit en parties proportionnelles du même produit – III. La « dernière heure de Senior » – IV. Le produit net.mp3

Chapitre 10 : La journée de travail

I. Limite de la journée de travail.mp3
II. Le Capital affamé de surtravail – Boyard et fabricant.mp3
III. La journée de travail dans les branches de l’industrie où l’exploitation n’est pas limitée par la loi.mp3
IV. Travail de jour et nuit – Le système des relais.mp3
V. Lois coercitives pour la prolongation de la journée de travail depuis le milieu du quatorzième jusqu’à la fin du dix-septième siècle.mp3
VI. Lutte pour la journée de travail normale. Limitation légale coercitive du temps de travail – La législation manufacturière anglaise de 1833 à 1864.mp3
VII. La lutte pour la journée de travail normale. Contre-coup de la législation anglaise sur les autres pays.mp3

Chapitre 11 : Taux et masse de la plus-value.mp3

Version sans les notes :

Livre premier : Développement de la production capitaliste

Troisième Section : La Production de la plus-value absolue

Chapitre 07 : Production de valeurs d’usage et production de la plus-value

I. La production de valeurs d’usage.mp3
II. La production de la plus-value.mp3

Chapitre 08 : Le capital constant et le capital variable.mp3

Chapitre 09 : Le taux de plus-value

I. Le degré d’exploitation de la force de travail.mp3
II. Expression de la valeur du produit en parties proportionnelles du même produit – III. La « dernière heure de Senior » – IV. Le produit net.mp3

Chapitre 10 : La journée de travail

I. Limite de la journée de travail.mp3
II. Le Capital affamé de surtravail – Boyard et fabricant.mp3
III. La journée de travail dans les branches de l’industrie où l’exploitation n’est pas limitée par la loi.mp3
IV. Travail de jour et nuit – Le système des relais.mp3
V. Lois coercitives pour la prolongation de la journée de travail depuis le milieu du quatorzième jusqu’à la fin du dix-septième siècle.mp3
VI. Lutte pour la journée de travail normale. Limitation légale coercitive du temps de travail – La législation manufacturière anglaise de 1833 à 1864.mp3
VII. La lutte pour la journée de travail normale. Contre-coup de la législation anglaise sur les autres pays.mp3

Chapitre 11 : Taux et masse de la plus-value.mp3


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La création d’une journée de travail normale

est par conséquent le résultat d’une guerre civile

longue, opiniâtre et plus ou moins dissimulée entre

la classe capitaliste et la classe ouvrière. »


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7 commentaires sur cette page. Ajoutez le vôtre !

  1. GauthierT le 11 septembre 2017

    merci pour cette lecture intéressante
    cordialement
    Gauthier

  2. Albatros le 11 septembre 2017

    Merci, Gauthier, pour vos encouragements.
    Bien cordialement,
    Albatros

  3. Mônica le 12 septembre 2017

    Merci pour votre lecture plaisante de ce livre fondamental.

  4. Ceusette le 12 septembre 2017

    Merci encore pour ce travail considérable et précieux!

  5. Ceusette le 17 septembre 2017

    J’ai juste une remarque d’ordre technique. Dans la « version avec les notes », certains fichiers commencent par annoncer qu’il s’agit de la « version sans les notes ». En fait, cela ne pose pas de problème puisqu’il y a effectivement les notes! Je le signale juste pour les lectrices et lecteurs qui pourraient être dérouté(e)s. Sinon, c’est une très bonne idée de proposer deux versions (et ce d’autant que cela a représenté un travail supplémentaire). Sinon, je remercie la lectrice pour ses propres notes supplémentaires qui apportent des éclairages utiles au texte (ce qui est encore plus précieux pour les lecteurs malvoyants)

  6. Albatros le 17 septembre 2017

    Merci, Ceusette, pour la remarque.
    Cela devrait être corrigé très prochainement – j’ai envoyé les nouveaux fichiers.

    Bonne poursuite de lecture,

    Au chapitre 10, « la journée de travail », nous quittons les abstractions pour rentrer dans l’histoire concrète. Cela peut se lire de manière indépendante.

    Sauf que, évidemment, le propos de Marx est de montrer que cette histoire est indissolublement liée au capitalisme ; que le « comment » (sont exploités les travailleurs) est indissociable du « pourquoi » (sont exploités les travailleurs).

    On fait comme on veut.

    Bien cordialement,

    Albatros

  7. Ceusette le 21 septembre 2017

    De toute façon cela n’altérait en rien l’écoute. Oui, ce texte est passionnant, à lire et à relire… Vraiment!

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