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PÉGUY, Charles – Notre cœur vil (Poème)

Donneur de voix : Ludovic Coudert | Durée : 2min | Genre : Poésie


Charles Péguy

Le 17 décembre 1911 Charles Péguy poste une lettre douloureuse et magnifique à celle qu’il aime en secret, Blanche Raphaël. Poème en acrostiche où chaque quatrain commence par une lettre qui compose le prénom de BLANCHE, cette lettre émouvante, tout en suggérant la profondeur de l’amour et de sa blessure, dit la souffrance d’un cœur qui résiste à l’emportement. En effet, entre le tourment et la consolation, le chrétien sent d’un côté la faiblesse d’un « cœur vil » et d’un autre côté sait qu’il peut espérer en la rédemption des cœurs affligés et sincèrement contrits.

« La jeune femme vient combler chez Péguy le manque de compréhension de la part de sa femme Charlotte. Non seulement cette dernière lui reproche d’avoir englouti sa dot dans la gestion d’une revue qui compte à peine mille abonnés, mais elle n’approuve pas l’évolution politique et spirituelle de son mari.

En proie à un ouragan sentimental avec Blanche, Péguy n’en refuse pas moins de céder à tout « dérèglement du cœur » et c’est aussi la force de résister qu’il ira chercher auprès de la Vierge de Chartres. En 1910, l’écrivain a incité la jeune femme à se marier, mais il ne se libère toujours pas de ce qu’un de ses proches a appelé son « adultère cérébral ». Il lui écrira plusieurs lettres de guerre, en lui demandant de prier avec lui, bien qu’israélite, par le Pater noster et l’Ave Maria. » (Pierre-Yves Le Priol, La Croix, édition du 5 septembre 2014, p. 28)

« Béni sois-tu, cœur pur
Pour ta détresse ;
Béni sois-tu, cœur dur
Pour ta tendresse.

Loué sois-tu, cœur las,
Pour ta bassesse;
Loué sois-tu, cœur bas,
Pour ta hautesse.

Avoué tu seras
Au dernier jour,
Quand tu comparaîtras
Au clair séjour.

Noué sois-tu serré
Comme une corde
Sur la très révérée
Miséricorde

Cloué sois-tu, cœur sec,
Au dur gibet
Sous la serre et le bec
Et sous l’onglet.

Honni sois-tu, cœur double,
Ô faux ami;
Honni sois-tu, cœur trouble,
Cher ennemi.

Et pardonné sois-tu,
Notre cœur vil,
Au nom des Trois Vertus;
Ainsi soit-il. » (Notre cœur vil)

Notre cœur vil (avec accompagnement musical).

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Notre cœur vil (sans accompagnement musical).

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> Références musicales :

Frédéric Chopin, Préludes, Op. 28, Prélude no. 6, Tolling bells, interprété par Vadim Chaimovitch (domaine public).


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4 commentaires sur cette page. Ajoutez le vôtre !

  1. Sans-Dents le 15 septembre 2014

    Beau !

  2. gallina le 17 septembre 2014

    Merci pour votre belle lecture!Le coeur qu’il soit pur,dur,las,sec,double,troube et béni!Honni soit qui mal y pense.

  3. gallina le 18 septembre 2014

    P.S.Mille pardons! troubLe.

  4. ludovic coudert le 18 septembre 2014

    Il n’y a pas de mal, j’ai bien compris votre phrase malgré cela. Et béni soit en effet ce cœur quels que soient ses états!
    Portez vous bien, amie.

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