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TELLIER, Jules – Discours à la bien-aimée (Poème)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 10min | Genre : Poésie


Jules Tellier

Jules Tellier (1863-1889), écrivain, journaliste et professeur à Cherbourg, à Langres, à Constantine et à Moissac eut une existence qui connut rarement le sourire. Son grand ami Maurice Barrès lui consacra plusieurs belles pages et prononça de lui un discours bouleversant le jour de son inhumation à 26 ans :

« C’est d’un homme trop irréfléchi de se consoler avec des espoirs. Jules Tellier d’ailleurs, comme tant de voluptueux, de la réalité n’utilisait que les tristesses.
Tous ses discours ardents ont le timbre des chants que l’Église psalmodie sur les cercueils. Il s’en exhale un parfum semblable à l’odeur que laissent dans les temples les fleurs et la cire des enterrements. [...] Son visage avait une extrême douceur dans cet affreux hôpital de province où il fut porté sur la civière des malades abandonnés. Pauvre visage de vingt-six ans qui, dès les premières atteintes, se détourna vers la mort. [...] Aussi, sans contester la tristesse de Tellier ou plutôt la noble gravité qui fut son expression familière et qu’indique le bronze, je crois que nous devons, à la suite de cette journée, emporter de ce prince de la jeunesse une image plus rassérénée. »

Le poème en prose Discours à la bien-aimée traduit cette tristesse dans un style de blessé par la vie :

« Je souffre, ô bien-aimée, pour beaucoup de choses, et d’abord pour songer trop que vous m’êtes fidèle, à la vérité, parce que les occasions vous manquent, ou, si vous l’aimez mieux, pour ne pas me faire de peine, et parce que mon caprice est que vous le soyez, mais que vous ne sentez point par vous-même le besoin de l’être, et qu’il n’y a en vous aucun sentiment intime et personnel qui vous oblige à le rester.
Et puis, il est toujours triste d’aimer, quand on a passé l’âge où l’on croit l’amour éternel.
Ainsi je me plaignais à la bien-aimée et elle écoutait mes plaintes avec une patience d’autant plus méritoire qu’elle n’en comprenait pas un mot et qu’elle les jugeait stupides. »

Discours à la bien-aimée.

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