Livres audio gratuits de la catégorie '3. XVIe siècle' :


MONTAIGNE, Michel (de) – La Couardise, mère de la cruauté (Essais II, 27)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 30min | Genre : Essais


Jacques Callot - Duel à l'épée

Aujourd’hui que les réparations de l’honneur par le duel – à l’épée – sont passées de mode, l’Essai (Livre II, chapitre 27) La Couardise, mère de la cruauté n’a plus qu’un intérêt historique.
En revanche, certains passages sur la cruauté sont facilement actualisables :

« Car en quel état peut être l’âme d’un homme attendant la mort pendant vingt-quatre heures, les membres brisés sur une roue, ou, à la façon antique, cloué sur une croix ? »

Et les exemples que cite Montaigne pour terminer son Essai sont épouvantables.

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

La Couardise, mère de la cruauté.

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MONTAIGNE, Michel (de) – De l’affection des pères aux enfants (Essais II, 8)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h | Genre : Essais


Anton Pizarro - Caballero con su hijo

L’Essai 8 du Livre II, De l’affection des pères aux enfants nous apprend beaucoup de choses sur la vie privée de Montaigne : « Je me suis marié à trente-trois ans, et j’approuve le choix de trente-cinq, qu’on dit être le conseil d’Aristote. [...] On dit que, tout petit, je n’ai été fouetté que deux fois, et modérément. Je devais rendre la pareille à mes propres enfants – mais ils meurent tous en nourrice… Léonore, qui est ma seule fille à avoir échappé à ce triste destin, a atteint six ans et plus sans que l’on ait employé pour sa formation et le châtiment de ses fautes d’enfant, autre chose que des paroles, et bien douces. »
La vie des bébés ne l’intéresse pas : « Nous sommes couramment plus émus par les trépignements, jeux et niaiseries puériles de nos enfants que nous ne le sommes par la suite de leurs actions bien pensées. [...] J’ai bien peur que les dépravations des enfants ne trouvent leur source dans les vices des pères. »

Curieux aussi que dans cet Essai qu’il dédie à Madame veuve D’Estissac, mère d’un de ses amis, il n’hésite pas à montrer une certaine misogynie : « Les femmes ont naturellement tendance à contredire leurs maris. Elles saisissent à deux mains tous les prétextes de s’opposer à eux et la première excuse trouvée leur sert de justification d’ensemble. [...] Plus elles ont tort et plus elles sont contentes d’elles-mêmes. »

Il ajoute nombre d’anecdotes où il compare« enfants corporels » et « enfants de l’esprit ». « Il est peu d’hommes s’adonnant à la poésie qui ne seraient pas plus flattés d’être les pères de l’Énéïde que du plus beau garçon de Rome, et qui ne supporteraient pas plus facilement la perte de l’un que de l’autre. Car selon Aristote, de tous les ouvriers, c’est le poète qui est le plus amoureux de son œuvre. »

Que penser de cette hypothèse finale :
« Si Épicure avait eu le choix de laisser derrière lui un enfant contrefait et taré, ou un livre bête et stupide, n’eût-il pas choisi – et non seulement lui, mais tout homme aussi savant que lui – de subir le premier malheur plutôt que le deuxième ? »

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

De l’affection des pères aux enfants.

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MONTAIGNE, Michel (de) – Des mauvais moyens employés à bonne fin – Nous ne goûtons rien de pur (Essais II, 20, 23)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 12min | Genre : Essais


Gladiateurs

Des mauvais moyens employés à bonne fin (Livre II, Chapitre 23) :

« La faiblesse de notre nature humaine nous pousse souvent à cette nécessité d’utiliser de vils moyens pour une noble fin… Les Romains, par exemple, enseignaient au peuple la vaillance, le mépris du danger et de la mort par de furieux combats de gladiateurs et d’escrimeurs qui se battaient jusqu’à la mort, se tailladaient et s’entretuaient devant eux. »

Le chapitre 20 Nous ne goûtons rien de pur nous invite à méditer sur le fait que « parmi les plaisirs et les biens que nous avons, il n’en est aucun qui soit exempt de quelque mélange de peine et de désagrément… Même les lois de la justice ne peuvent subsister sans quelque mélange d’injustice : et comme dit Platon, ceux qui prétendent ôter des lois tous leurs désagréments et leurs inconvénients entreprennent de couper la tête de l’Hydre. »

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

Des mauvais moyens employés à bonne fin.

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MONTAIGNE, Michel (de) – De la liberté de conscience – Toutes choses ont leur saison (Essais II, 19, 28)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 20min | Genre : Essais


Julien l'Apostat

De la liberté de conscience (Livre II, Chapitre 19) est surtout un éloge (avec réserves) de Julien l’Apostat qui régna de 362 à 363 comme empereur chrétien, mais abjura sa religion, d’où son surnom. Montaigne fait un parallèle avec les guerres civiles qui ravagent son temps, et on lui demanda de supprimer cet Essai…

« Voilà donc à peu près ce que l’histoire peut dire, en quoi l’attitude de l’empereur Julien mérite d’être considérée ; c’est qu’il s’est servi, pour attiser les dissensions civiles, de la même recette que celle que nos rois viennent d’employer pour les éteindre : la liberté de conscience. »

L’Essai Toutes choses ont leur saison (Livre II, Chapitre 28), c’est à dire « Chaque chose en son temps » se résume dans ces lignes :
« On peut étudier à tout âge, mais pas aller à l’école : rien de plus sot qu’un vieillard apprenant l’alphabet ! … Toute chose ne convient pas à tout âge. S’il faut étudier, que ce soit quelque chose qui convient à l’état dans lequel nous sommes. »

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

De la liberté de conscience.

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MONTAIGNE, Michel (de) – Comment notre esprit s’empêche soi-même – Contre la fainéantise (Essais II, 14, 21)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 15min | Genre : Essais


Âne de Buridan

Le très bref Essai Comme notre esprit s’empêche soi-même (Livre II, chapitre 14) est une reprise du paradoxe de l’Âne de Buridan, philosophe du XIVème siècle :

« C’est une idée amusante que de concevoir un esprit balançant exactement entre deux envies semblables : on est sûr qu’il ne prendra jamais parti, puisque l’inclination et le choix reposent sur une inégalité de valeurs. »

P.S. : Voltaire (encore lui !) au chant douze de La Pucelle d’Orléans rappellera cette légende :

« Connaissez-vous cette histoire frivole
D’un certain âne illustre dans l’école ?
Dans l’écurie on vint lui présenter
Pour son diner deux mesures égales,
De même force, à pareils intervalles ;
Des deux côtés l’âne se vit tenter
Également, et, dressant ses oreilles,
Juste au milieu des deux formes pareilles,
De l’équilibre accomplissant les lois,
Mourut de faim, de peur de faire un choix. »

Contre la fainéantise (Livre II, Chapitre 21) devrait plutôt s’intituler « Contre la fainéantise des Rois. » Rappel : en France, l’époque des Rois fainéants (Thierry III, Childéric III…) s’étend de 670 à 750.

« Et l’on devrait bien souvent rappeler aux rois, que cette grande responsabilité qu’on leur donne de commander à tant d’hommes, n’est pas une charge pour les oisifs, et qu’il n’est rien qui puisse si justement ôter aux sujets d’un prince l’envie de se dévouer et de risquer leur vie pour son service, que de le voir lui-même flâner à des occupations inutiles et plates, et rien qui les décourage mieux de prendre soin de sa vie que de le voir si peu soucieux de la leur. »

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

Comment notre esprit s’empêche soi-même.

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MONTAIGNE, Michel (de) – Du démentir – De la conscience – À demain les affaires (Essais II, 4, 5, 18)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 30min | Genre : Essais


Jacques Amyot, admiré par Montaigne

Toutes les études consacrées au dessein des Essais sont parties de ce chapitre Du démentir (Livre II, 18) :
« En me peignant pour les autres, je me suis peint avec des couleurs plus nettes que celles qui étaient les miennes au début. Je n’ai pas plus fait mon livre que mon livre ne m’a fait. C’est un livre consubstantiel à son auteur : il ne s’occupe que de moi, il fait partie de ma vie ; il n’a pas d’autre objectif ni de but extérieur à lui-même comme tous les autres livres. »

Dans De la conscience (Livre II, 5), Montaigne s’attarde sur la torture, très employée de son temps :
« Il arrive donc que le juge, qui a soumis un homme à la « question » pour ne pas le faire mourir s’il est innocent, le fait finalement mourir et innocent… et torturé. Il en est tant qui se sont accusés eux-mêmes en faisant de fausses confessions. »

À demain les affaires (Livre II, 4) pourrait être une illustration du dicton populaire « Ne remets jamais à demain ce que tu peux faire aujourd’hui » :
« Et Plutarque lui-même m’a appris que Jules César eût été sauvé si, allant au Sénat le jour où il fut assassiné par les conjurés, il avait lu un document qu’on lui présenta… Cela étant dit, il est tout de même bien difficile, en ce qui concerne les actions humaines, de formuler raisonnablement une règle assez précise pour que le hasard n’y conserve pas ses droits. »

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

> Écouter un extrait : Sur le démentir.

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MONTAIGNE, Michel (de) – De la cruauté (Essais II, 11)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 41min | Genre : Essais


Torture

L’Essai 11 du Livre II, De la cruauté, développe trois thèmes :

1- La vertu est un combat avec soi-même

« La vertu refuse de prendre la facilité pour compagne, et le chemin emprunté par les pas que dirige une bonne inclination naturelle, doux et en pente légère, n’est pas celui de la véritable vertu. Celle-ci réclame au contraire un chemin rude et plein d’épines… »

2- La cruauté envers les hommes

« Je vis à une époque où abondent les exemples effarants de cruauté, à cause des désordres entraînés par nos guerres civiles. Et l’on ne voit rien de pire dans l’histoire ancienne, que ce à quoi nous assistons tous les jours. Mais cela ne m’y a nullement habitué. Je ne pouvais pas croire, avant de l’avoir vu moi-même, qu’il puisse y avoir des esprits assez monstrueux pour être capables de commettre des meurtres rien que pour le plaisir, découper à la hache les membres de quelqu’un, s’exciter à inventer des tortures inusitées et des morts nouvelles. »

3- La cruauté à l’égard des animaux

« Un naturel sanguinaire à l’égard des bêtes témoigne d’une propension naturelle à la cruauté. Quand on se fut habitué, à Rome, aux spectacles demises à mort d’animaux, on en vint aux hommes et aux gladiateurs. La Nature, je le crains, a donné à l’Homme un penchant à l’inhumanité. Personne ne prend plaisir à voir des bêtes jouer et se caresser – et tout le monde en prend à les voir s’entre-déchirer et se démembrer. »

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

De la cruauté.

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MONTAIGNE, Michel (de) – Des plus excellents hommes – De trois bonnes femmes (Essais II, 35, 36)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 42min | Genre : Essais


Epaminondas

Des plus excellents hommes (Livre II, chapitre 36) :

« Si l’on me demandait de faire un choix parmi tous les hommes qui sont venus à ma connaissance, je crois qu’il y en a trois que je mettrais au-dessus des autres. L’un est Homère. [...] Le second personnage est pour moi Alexandre le Grand. [...] Le troisième personnage, et le plus éminent de tous à mon avis, c’est Epaminondas. »

De trois bonnes femmes (Livre II, chapitre 35) :

« J’ai choisi de parler ici de trois femmes qui ont déployé leur bonté et leur affection pour entourer la mort de leurs maris. »

Une épouse de condition modeste d’un voisin de Pline le Jeune qui choisit de mourir avec son mari très malade à qui elle conseille le suicide.

La noble Arria qui se poignarde devant son mari Paetus. « Elle n’eut le temps que de dire ces trois mots d’une si grande profondeur : « Tiens, Pætus, cela ne fait pas mal » en cherchant à lui ôter la crainte de la suivre dans la mort. Pætus se frappa aussitôt avec ce même glaive… »

Quand Sénèque, contraint de mourir sur l’ordre de Néron, dit à sa femme Paulina : « Apaise ta douleur, et console-toi avec ce que tu as connu de moi et de mes actes, et poursuis le reste de ta vie avec les honnêtes occupations auxquelles tu t’adonnes. », Paulina répond : « Non, Sénèque, je ne vous laisserai pas sans ma compagnie dans des circonstances aussi graves… je partirai en même temps que vous. »

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

Des plus excellents hommes.

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