Livres audio gratuits de la catégorie 'Histoire' :


VILLIERS DE L’ISLE-ADAM, Auguste (de) – Le Réalisme dans la peine de mort

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 29min | Genre : Histoire


James Gillray - Le Bourreau (1798)

« Villiers de L’Isle-Adam, raconte Léon Bloy, avait la passion de courir le guilledou des exécutions capitales, et les messieurs de la guillotine le considéraient comme un amateur éclairé. »

Nous en avons deux confirmations.

En 1883 il publia Le Secret de l’échafaud où nous avons lu :

« Brusquement, la bascule joua, le carcan s’abattit, le bouton céda, la lueur du couteau passa. Un choc terrible secoua la plate-forme ; les chevaux se cabrèrent à l’odeur magnétique du sang et l’écho du bruit vibrait encore, que, déjà le chef sanglant de la victime palpitait entre les mains impassibles du chirurgien de la Pitié, lui rougissant à flots les doigts, les manchettes et les vêtements. »

En 1890, Le Réalisme dans la peine de mort approfondit les questions que chacun peut se poser !

« Soudain – pendant qu’il jette un coup d’œil presque furtif sur le couteau – la pesée d’un aide fait basculer le condamné sur cette passerelle de l’abîme ; l’autre moitié de la cangue s’abaisse : l’exécuteur touche le déclic… un éclair glisse… plouff ! – Pouah ! quel éclaboussis ! Deux ou trois grosses gouttes rouges sautent autour de moi. Mais déjà le tronc gît, précipité, dans le panier funèbre.
L’exécuteur, s’inclinant très vite, prend quelque chose dans une espèce de baignoire d’enfant, placée en dehors, sous la guillotine… »

La pensée directrice de Villiers est : « Bref, on va se venger ici, c’est-à-dire équilibrer le meurtre par le meurtre, – voilà tout, c’est-à-dire commettre un nouveau meurtre sur le prisonnier ligoté qui va sortir et que nous guettons pour l’égorger à son tour. »

Illustration : James Gillray, Le Bourreau (1798).

Le Réalisme dans la peine de mort.

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MARX, Karl – Le Capital (Livre Premier, Première Section)

Donneuse de voix : Albatros | Durée : 8h 49min | Genre : Histoire


Karl Marx

Livre premier : Le Développement de la production capitaliste – Première section : La Marchandise et la monnaie (traduction de J. Roy entièrement révisée par l’auteur, 1872).

Dans cette première section, point de capitalistes ni de prolétaires, encore. Marx nous parle de la marchandise, cette forme sous laquelle, à notre époque capitaliste, se présentent pratiquement tous les produits du travail, tous les biens utiles (cela n’a pas été le cas en tous temps) ; cette forme dont les lois et contradictions – qu’élucide ici Marx, gouvernent les producteurs-échangistes, au lieu qu’ils puissent se gouverner eux-mêmes ; cette forme, dont Marx ne fait ici qu’esquisser le dépassement dans une époque future où les hommes deviendraient libres et maître de leur destin.

« La vie sociale, dont la production matérielle et les rapports qu’elle implique forment la base, ne sera dégagée du nuage mystique qui en voile l’aspect, que le jour où s’y manifestera l’œuvre d’hommes librement associés, agissant consciemment et maîtres de leur propre mouvement social. »

Pour l’instant, Marx nous emmène au marché observer un tisserand y échanger avec un tailleur 20 mètres de toile contre un habit. De cet échange sans malice – apparemment -, il tire une première abstraction, une équation toute simple : 20 mètres de toile = 1 habit. À partir de là, Marx perce les énigmes, avant lui irrésolues, de l’économie politique : qu’est-ce qui détermine la valeur d’une marchandise ? Les marchandises s’échangent-elles conformément à leur valeur ? Comment ? Qu’est-ce qui détermine leur prix ? Pourquoi l’or sert-il de mesure de valeur des marchandises ? Et comment sert-elle de monnaie ? Comment des billets en papier – ou de simple symboles -, peuvent-ils remplacer l’or ? Qu’est-ce qui détermine la quantité d’or nécessaire dans un pays ? Etc.

Cette version audio est disponible ici avec ou sans les notes. Cette dernière ne dure plus que 5h55.

Certaines incertitudes, quant au texte de 1872 (disponible sur Gallica), ont été levées en croisant la traduction des Éditions sociales (1971) ; celle de l’édition Quadrige, sous la responsabilité de Jean-Pierre Lefebvre – qui avait accès aux notes manuscrites de Marx ; la première édition allemande, 1867.
Certains errata signalés en fin de texte (1872) ont été intégrés à la version enregistrée, mais pas tous.

Traduction : Joseph Roy (18..-18..).

Une autre version texte est disponible sur Wikisource.

Illustration : Karl Marx (Le Capital, édition française de 1872).

> Écouter un extrait : Préface.

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VIDOCQ, François – Mémoires (Chapitre 13)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 5min | Genre : Biographies


Jean-Baptiste Lallemand - Vue de la Saône à Lyon (178?)

On ne s’étonne plus, après de telles révélations sur ses fréquentations, que Vidocq soit devenu un préfet de police expert en psychologie criminelle !

Contenu de ce chapitre :

Je revois Francine – Ma réintégration dans la prison de Douai – Suis-je ou ne suis-je pas Duval ? – Les magistrats embarrassés – J’avoue que je suis Vidocq – Nouveau séjour à Bicêtre – J’y retrouve le capitaine Labbre – Départ pour Toulon – Jossas, admirable voleur – Son entrevue avec une grande dame – Une tempête sur le Rhône – Le marquis de Saint-Amand – Le bourreau du bagne – Les voleurs du garde-meubles – Une famille de chauffeurs

Tout n’est pas d’un égal intérêt, évidemment : Jossas, admirable voleur est plus attachant que les pillages des bords de la Tamise, mais vous pouvez préférer Les voleurs du garde-meubles.

Accéder au Tome 01 des Mémoires de Vidocq

Illustration : Jean-Baptiste Lallemand, Vue de la Saône à Lyon (178?).

Chapitre 13.

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MARGUERITTE, Paul – La Femme et la politique

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 20min | Genre : Histoire


Les Françaises veulent voter, affiche de 1934

Paul Margueritte (1860-1918), l’auteur naturaliste d’À la mer fut un ardent défenseur des droits de la femme dans Adam, Ève et Brid’oison aux titres évocateurs : La Guerre et les femmes, La Jeune fille, Le Mythe virginal, Le Droit à l’enfant, L’Amour dans le mariage, La Femme et l’enfant, etc… et les deux chapitres :

La Part des femmes et La Voix des femmes groupés dans La Femme et la politique, étude historique de la marche du féminisme vers la fin de la guerre 14-18.

« C’est en 1869 que la première candidate au baccalauréat se vit renvoyée durement à ces travaux ménagers, que l’Arnolphe de Molière assigne à la femme : couture, broderie, etc. C’est de 1881 que date la fondation des lycées de jeunes filles, ou 1886 seulement que les femmes, admises dix-huit ans plus tôt à la Faculté de médecine concourant pour l’internat. En vérité, c’est d’hier. D’hier qu’elles sont doctoresses, avocates. D’hier qu’elles travaillent à l’École des beaux-arts et à la Villa Médicis. Aujourd’hui, les femmes de presque tous les pays ont une arme de revendications : c’est le Conseil international, qui, en 1888, naquit d’un Congrès à Washington, et d’un autre à Chicago, en 1893.

N’est-il pas extraordinaire de penser que le suffrage universel met le bulletin de vote dans les mains d’une masse d’esprits ignorants, d’alcooliques, d’êtres immoraux et tarés, et qu’il le refuse à des milliers de femmes courageuses, laborieuses, force de la race et soutien véritable du pays ? »

Ajoutons cette note de Wikipédia :

« La place des femmes en politique en France a évolué au fil des siècles. Alors qu’au Moyen-âge, nombre d’entre elles ont accès à certaines fonctions importantes et exercent le pouvoir, leur statut change sous l’Ancien régime : les lois entourant la succession des enfants de Philippe IV condamnent de jure et de facto les femmes à un rôle non politique. Une phase d’émancipation voit ensuite le jour. Elle va des premières revendications de la Révolution, avec Olympe de Gouges et Anne-Josèphe Théroigne de Méricourt, à celle des féministes de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle telles Louise Weiss jusqu’à une forme plus moderne, dans une France encore en proie aux inégalités, comme Simone de Beauvoir ou Françoise Giroud.
La Constitution du 27 octobre 1946 consacre l’égalité entre les hommes et les femmes dans son préambule : « la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme ». Si le droit de vote aux femmes françaises arrive tard en comparaison des autres pays européens, il n’en demeure pas moins qu’avec plus de 5 % de députées élues à la première élection législative, la France compte un des Parlements les plus féminisés de son époque, en comparaison avec certaines assemblées nationales de pays scandinaves. »

Retour possible aussi vers le livre de George Sand (1848) sur le même thème : Lettre aux membres du Comité central.

Illustration : Les Françaises veulent voter, affiche de 1934.

La Femme et la politique : La Part des femmes – La Voix des femmes.

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VOLTAIRE – Dictionnaire philosophique : Bacchus – Baiser – Barbe

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 30min | Genre : Histoire


Moïse sauvé des eaux - La Naissance de Bacchus

Trois articles à problèmes du Dictionnaire philosophique sans rapport entre eux, sinon l’ordre alphabétique et où Voltaire expose des traditions et propose des hypothèses.

Bacchus serait un avatar de Moïse ?

« Les anciens poëtes font naître Bacchus en Égypte ; il est exposé sur le Nil, et c’est de là qu’il est nommé Myses par le premier Orphée, ce qui veut dire en ancien égyptien sauvé des eaux, à ce que prétendent ceux qui entendaient l’ancien égyptien, qu’on n’entend plus. Il est élevé vers une montagne d’Arabie nommée Nisa, qu’on a cru être le mont Sina. On feint qu’une déesse lui ordonna d’aller détruire une nation barbare ; qu’il passa la mer Rouge à pied avec une multitude d’hommes, de femmes et d’enfants. Une autre fois le fleuve Oronte suspendit ses eaux à droite et à gauche pour le laisser passer ; l’Hydaspe en fit autant. Il commanda au soleil de s’arrêter ; deux rayons lumineux lui sortaient de la tête. Il fit jaillir une fontaine de vin en frappant la terre de son thyrse ; il grava ses lois sur deux tables de marbre. Il ne lui manque que d’avoir affligé l’Égypte de dix plaies pour être la copie parfaite de Moïse. »

Baiser :

« Il y avait chez les anciens je ne sais quoi de symbolique et de sacré attaché au baiser, puisqu’on baisait les statues des dieux et leurs barbes, quand les sculpteurs les avaient figurés avec de la barbe. Les initiés se baisaient aux mystères de Cérès, en signe de concorde.
Les premiers chrétiens et les premières chrétiennes se baisaient à la bouche dans leurs agapes. Ce mot signifiait repas d’amour. Ils se donnaient le saint baiser, le baiser de paix, le baiser de frère et de sœur, ἅγιον φίλημα. Cet usage dura plus de quatre siècles, et fut enfin aboli à cause des conséquences. »

Barbe :

« Il est à remarquer que les Orientaux n’ont jamais varié sur leur considération pour la barbe. Le mariage chez eux a toujours été et est encore l’époque de la vie où l’on ne se rase plus le menton. L’habit long et la barbe imposent du respect. Les Occidentaux ont presque toujours changé d’habit, et, si on l’ose dire, de menton. On porta des moustaches sous Louis XIV jusque vers l’année 1672. Sous Louis XIII, c’était une petite barbe en pointe. Henri IV la portait carrée, Charles-Quint, Jules II, François Ier, remirent en honneur à leur cour la large barbe, qui était depuis longtemps passée de mode. Les gens de robe alors, par gravité et par respect pour les usages de leurs pères, se faisaient raser, tandis que les courtisans en pourpoint et en petit manteau portaient la barbe la plus longue qu’ils pouvaient. »

Illustration : Jean-Jacques Lagrenet, Moïse sauvé des eauxJean Jouvenet, La Naissance de Bacchus.

> Écouter un extrait : Bacchus.

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VILLIERS DE L’ISLE-ADAM, Auguste (de) – La Couronne présidentielle

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 50min | Genre : Histoire


La Couronne présidentielle

Dans Chez les passants (recueil posthume de fantaisies, pamphlets et souvenirs, 1890) Auguste de Villiers de l’Isle-Adam présente avec humour le compte rendu d’une séance du Congrès à Versailles, où la Chambre et le Sénat réunis, doivent discuter, non pas de la déchéance de nationalité, mais de La Couronne présidentielle (Chapitres : L’Ordre du jour ; Le Projet de Loi ; À la tribune ; Au Palais de l’Élysée ; Au Congrès ; La Séance de nuit ; L’Incident final).

Le Président de la Troisième République portera-t-il sur la tête une couronne ou non ? L’existence d’un tel ornement satisferait la droite, mais la gauche sentirait trop le souvenir de la couronne royale ou de la couronne impériale.
Ce qui complique le problème, c’est que le Président Jules Grévy est absolument opposé au pouvoir présidentiel. En prenant sa charge, Grévy annonce aussitôt qu’il renonce à user du droit de message et du droit de dissolution. Le deuxième pouvoir auquel il renonçait avec affectation était celui de dissoudre la Chambre. Il était inscrit dans la Constitution et permettait à un Président de droite de dissoudre tant qu’il en avait envie, avec l’accord du Sénat, une Chambre de gauche, ou inversement.
En 1887 éclate le scandale des décorations : le gendre du Président, Daniel Wilson a été convaincu de trafic d’influence. Il vendait des nominations dans l’Ordre de la Légion d’honneur. Les chambres contraignent alors Grévy à la démission le 2 décembre.

L’actualité et les sujets sont différents, mais vous trouverez certains passages qui nous y ramènent.

> Écouter un extrait : 01. Ordre du jour – Projet de loi.

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MICHELET, Jules – Notre France (Sélection)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 25min | Genre : Histoire


Mont Saint-Michel

Jules Michelet écrivait : « Je voudrais que dans tout ouvrage d’éducation circulât une chaude idée de la patrie ».

Dans Notre France, sa géographie, son histoire (1866), il exploite cette idée.

« Vous voulez un exemple du merveilleux secours que la géographie peut prêter à l’histoire, lisez Notre France qui par sa forme narrative et descriptive, attrayante dans le détail et dans l’ensemble, pourra être mise au nombre des livres récréatifs qui instruisent le lecteur en l’amusant. Personne ne se plaindra, j’en suis sûre, de trouver dans celui-ci des paysages vrais, de l’histoire réelle, des héros qui ont vécu, dont les noms sont bons à retenir, car ce sont nos saints, les saints de la patrie ! » (Préface posthume de 1916 signée de Madame Jules Michelet)

La France à vol d’oiseau est le deuxième chapitre:
« Il ne suffit donc pas de tracer la forme géographique des provinces, il y a nécessité de les étudier aussi historiquement selon leurs associations politiques, c’est-à-dire en longitude, du Nord au Midi, devoir comment l’histoire a violé la géographie. [...] Et d’abord, contemplons l’ensemble de la France, pour la voir se diviser d’elle-même. [...] On l’a dit, Paris, Rouen, le Havre, sont une même ville dont la Seine est la grande rue. Éloignez-vous au midi de cette rue magnifique, où les châteaux touchent aux châteaux, les villages-aux villages ; passez de la Seine-Inférieure au Calvados, et du Calvados à la Manche, quelles que soient la richesse et la fertilité de la contrée, les villes diminuent de nombre, les cultures aussi ; les pâturages augmentent. Le pays est sérieux ; il va devenir triste et sauvage. Aux châteaux altiers de la Normandie vont succéder les bas manoirs bretons. »

L’Île de France – Paris – Patrie clôt le livre :
« Mais il ne faut pas prendre la France pièce à pièce, il faut l’embrasser dans son ensemble. C’est justement parce que la centralisation est puissante, la vie commune, forte et énergique, que la vie locale est faible. Je dirai même que c’est là la beauté de notre pays. Il n’a pas cette tête de l’Angleterre monstrueusement forte d’industrie, de richesse ; mais il n’a pas non plus le désert de la Haute-Écosse, le cancer de l’Irlande. Vous n’y trouvez pas, comme en Allemagne et en Italie, vingt centres de science et d’art ; il n’en a qu’un, un de vie sociale. L’Angleterre est un empire, l’Allemagne un pays, une race ; la France est une personne. »

Illustration : Vue aérienne du Mont Saint-Michel.

La France à vol d’oiseau.

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CHAMPAGNAC, Jean-Baptiste-Joseph – Les Sirven et leurs persécuteurs – Accusation de meurtre, fondée sur des présomptions et des calomnies

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 40min | Genre : Religion


Pierre-Paul Sirven

De ces deux affaires judiciaires, Les Sirven et leurs persécuteurs est la plus connue parce qu’elle se déroula au moment même de la célèbre affaire Calas et que Voltaire s’y impliqua également.

« On n’a vu que trop d’enfants dénaturés tremper leurs mains dans le sang de leurs pères. Mais les annales du crime fournissent peu d’exemples de pères qui aient égorgé leurs enfants. A Rome, même à Rome, qui donnait à ses citoyens un pouvoir absolu dans leurs familles, à part les fils de Brutus et celui de Manlius, pourrait-on citer beaucoup d’enfans mis à mort par leurs pères ? et quand ce crime a été si rare chez un peuple qui ne le punissait pas, doit-on le présumer si facilement dans une nation dont les lois, les mœurs douces, le caractère aimant et sensible le repoussent avec horreur ?
Pierre-Paul Sirven, établi depuis plus de vingt ans à Castres, sa patrie, y exerçait les fonctions de commissaire à terrier. Il épousa, en 1734, Toinette Léger, dont il eut trois filles.
Sirven et sa femme, nés tous deux protestants, élevèrent leurs enfants dans la même croyance ; ce fut la cause de leurs infortunes. »

Cette affaire est une illustration de l’intolérance religieuse qui existait en France au XVIIIe siècle puisque le protestantisme y était interdit depuis 1685.

En fuite, Pierre-Paul Sirven et son épouse furent jugés et condamnés à mort par contumace. C’est en 1771 que Voltaire plaidera leur cause et démontrera leur innocence.

Une occasion de se reporter au Traité sur la tolérance (Version 1, Version 2, Version 3) et à l’Histoire abrégée de la mort de Jean Calas pour enrichir le texte de Champagnac.

Accusation de meurtre, fondée sur des présomptions et des calomnies est la relation d’une erreur judiciaire :

« En matière criminelle, des présomptions souvent téméraires, et suggérées par la malignité, ont souvent égaré la sagesse des juges, et fait commettre plus d’un crime juridique, en appelant sur la tête d’un innocent la vengeance des lois réservée aux seuls coupables. Les magistrats, les jurés, appelés à prononcer sur le sort de tant d’individus, ne sauraient marcher avec trop de prudence dans la voie des présomptions. »

Illustration : Pierre-Paul Sirven.

Les Sirven et leurs persécuteurs.

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