Livres audio gratuits de la catégorie 'Nouvelles' :


ACHARD, Amédée – L’Eau qui dort (Version 2)

Donneur de voix : DanielLuttringer | Durée : 3h 5min | Genre : Nouvelles


L'Eau qui dort

Extrait : « Berthe prit en main la direction des choses importantes ; avec ce sens droit et clair que certaines femmes apportent dans la pratique des affaires, elle dirigea la correspondance et le travail de son mari, lui indiquant les points sur lesquels il devait insister et lui dictant les termes des transactions auxquelles il était de son intérêt de consentir. Elle fut le guide, le conseiller de sa liquidation ; mais, toujours délicate, elle eut cet art profond de sauver l’amour-propre de Félix et de lui laisser croire que tout ce qu’il faisait à l’instigation de sa femme, c’était lui qui l’avait décidé. Quand ils causaient le soir, elle avait, pour lui faire adopter ses idées, une souplesse admirable d’expressions auxquelles il se prenait chaque fois comme un oiseau à de la glu. Tantôt elle émettait une opinion sous forme de problème à résoudre, et lui en indiquait la solution comme une chose qu’il avait résolue d’avance ; d’autres fois elle lui demandait d’un air tranquille s’il ne se souvenait pas d’avoir décidé qu’une démarche au sujet de laquelle ils avaient discuté la veille devait être tentée dans la journée. Il y avait des heures où elle feignait de combattre une idée qu’elle avait d’abord suggérée, pour lui bien donner, en cédant à propos, la conviction que seul il l’avait trouvée. Pour lui ôter cette terreur puérile que leur repos matériel était compromis, elle vendit à son insu tous ses diamants, se confia au joaillier de la famille pour avoir des parures identiques en pierres fausses, et fit voir à Félix un gros paquet de billets de banque.
- Ils sont à moi, dit-elle, et voilà notre vie à tous assurée pour deux ans.
Félix ouvrit de grands yeux et lui demanda d’où provenait une si grosse somme.
- De votre caisse, répondit-elle en riant ; du temps que vous m’y laissiez puiser, je vous ai un peu volé pour qu’une fantaisie ne me prît jamais au dépourvu.
- Oh ! les femmes ! murmura Félix ; elles oublient tout, si ce n’est les chiffons ! »

> Écouter un extrait : Chapitre 01.

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MARGUERITTE, Paul – L’Énigme – Volupté

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 27min | Genre : Nouvelles


Gustave Caillebotte - Le Parc Monceau (1877)

Ces deux nouvelles de Paul Margueritte s’adressent, l’une à tous les auditeurs :

L’Énigme : « Et en même temps, à la cordiale pitié, à l’élan de sympathie que Warl ressentait, s’ajoutait un peu de blague artiste et un sourire, en songeant que, tout de même, il avait débiné leur truc ! »

et l’autre, Volupté, traite d’un sujet plutôt réservé aux adultes :

« Enfin, l’influence de la chambre comptait bien aussi : tout ce qu’elle offrait de familier et d’intime, ces préparatifs de volupté, ce lit, ces friandises, jusqu’à ces énervants lilas blancs qui s’exhalaient à outrance, hors d’une conque en cristal. »

Illustration : Gustave Caillebotte, Le Parc Monceau (1877).

L’Énigme.

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NERVAL, Gérard (de) – Mes prisons

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 27min | Genre : Nouvelles


Prison Sainte-Pélagie

Trois illustres poètes du dix-neuvième siècle nous ont parlé de leur incarcération :

- Alfred de Musset dans Le mie prigioni (1857),
- Paul Verlaine dans Mes prisons (1893),
- et Gérard de Nerval dans Mes prisons, un chapitre de La Bohème galante (1853).

« Je ne peindrai pas les douleurs d’une nuit passée au violon ; à l’âge que j’avais alors, on dort parfaitement sur la planche inclinée de ces sortes de lieux ; le réveil est plus pénible. [...] Quelques heures après, nous comparûmes devant un juge d’instruction, qui envoya deux d’entre nous à Sainte-Pélagie sous la prévention de complot contre l’État. Il s’agissait alors, autant que je puis m’en souvenir, du célèbre complot de la rue des Prouvaires, auquel on avait rattaché notre pauvre souper par je ne sais quels fils très-embrouillés. »

Mes prisons.

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SCHOLL, Aurélien – Jolie société ! – Paris en noir – Un homme providentiel

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 36min | Genre : Nouvelles


Paris en noir

Vers 1880 la France semble en bien mauvais état si l’on écoute Aurelien Scholl, l’auteur de Une Chinoise et du Miracle de Montargis.

Jolie société !
« Depuis l’Elysée jusqu’à la Morgue, tout change, tout passe. Voyez les journaux les plus graves. Tant que les grandes questions remplissent leurs colonnes, tant qu’ils ont des discours à reproduire, ils annoncent à peine un incendie, un vol nocturne, Ils ne se dérangent guère que pour un assassinat. Quand, au contraire, la politique ne donne pas, quand les Chambres sont prorogées, on ne voit plus que guet-apens, enfants écrasés par des voitures ou incendiés par l’imprudence de leurs parents qui leur avaient donné des allumettes en disant : « Nous sortons, amusez-vous bien ». On ne peut plus démolir un mur sans que les maçons y trouvent un trésor. »

Paris en noir
« Le fiacre se rendit au Trocadéro par les petites rues de la rive gauche. Rappelez-vous, s’écria alors des Tourteaux, la magnificence de l’Exposition de 67, le bruit, l’animation, les musiques, et regardez ! Il n’y a pas un chat ! murmura Canasson. – Il n’y a pas même de marchandises, s’écria des Tourteaux avec ironie. Assez ! mon ami, assez ! je retourne à Crétigran. »

Un homme providentiel, ou « comment la gloire arrive grâce à la découverte d’un cadavre » est moins pessimiste.

Illustration : Charles Lansiaux, Berge de la Seine. Gîte d’un miséreux (191?).

> Écouter un extrait : Jolie société !.

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BARONCELLI, Folco (de) – Babali

Donneuse de voix : Cocotte | Durée : 22min | Genre : Nouvelles


La Coiffe comtadine

Folco de Baroncelli-Javon (1er novembre 1869 à Aix-en-Provence – 15 décembre 1943 à Avignon) est un écrivain et un manadier camarguais, disciple de Frédéric Mistral et tenant du Félibrige. « Inventeur » de la Camargue, il en a exploité des traditions avérées et en a instauré de nouvelles.
Il passe son enfance au château de Bellecôte près de Nîmes où il fait ses études. Nîmes est alors ville taurine et capitale des félibres ; il y rencontre Roumanille et, en 1889, Mistral. Dès 1890, il publie en provençal un premier ouvrage, Babali, et, l’année suivante, il fonde avec Mistral le journal L’Aiòli, avant d’être appelé au service militaire.
Folco de Baroncelli a contribué à transformer la Camargue, jusque là étendue sauvage et désolée, en une nature ordonnée et apprivoisée, devenue parc naturel et l’une des destinations de vacances les plus courues.

Babali était une jeune brosseuse d’indienne dans une fabrique de tissus provençaux. Elle était adroite, toujours contente, toujours gaie et souriante. Pour jouer, pour courir, pour faire la farandole, elle était toujours la première. Un jour, elle rencontre un beau gardian qui amenait un groupe de taureaux à une abrivado (taureaux, entourés de gardians, parcourant les rues de la ville, jusqu’aux Arènes, pour la course du lendemain), à Avignon.

Illustration : Coiffe avignonnaise, photo de Jean-Louis Zimmerman (licence Cc-By-2.0).

Babali.

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WELLS, Herbert George – L’Étoile

Donneuse de voix : Gaëlle | Durée : 36min | Genre : Nouvelles


Earth in space (1903)

Une étoile apparaît dans le ciel, qui se précipite sur la planète Neptune, et se rapproche à une vitesse vertigineuse de la Terre. Sur celle-ci, les femmes et les hommes de tous les continents observent, s’interrogent, s’inquiètent. Puis se succèdent changements climatiques, tremblements de terre, éruptions volcaniques, fonte des neiges, innondations… Que restera-t-il de notre monde après le passage de cette étoile ? Et qu’en saura-t-on depuis Mars ?
Cette courte nouvelle d’H.G. Wells, à la frontière de la science et du fantastique, a été publiée en 1897. Elle est accompagnée par des Préludes de Debussy, et disponible en deux versions, avec et sans accompagnement sonore.

Traduction : Henry-David Davray (1873-1944).

Illustration : An artist’s view of the earth, The Booklovers Magazine (1903).

Licence Creative Commons

L’Étoile (avec accompagnement musical).

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TOURGUENIEV, Ivan – Un songe

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h | Genre : Nouvelles


Mihály Munkácsy - Étude pour « Le Prêteur sur gage »

Un songe
« Je viens d’avouer qu’il m’arrivait de m’endormir sous l’obsession de pensées et de rêveries indéfinissables. Je dormais beaucoup d’habitude, et les songes jouaient un rôle important dans ma vie ; toutes les nuits j’avais des rêves. Je ne les oubliais point, je leur prêtais une signification, je les prenais pour des avertissements, et je m’efforçais de pénétrer leur sens mystérieux ; quelques-uns de ces songes se répétèrent à plusieurs reprises, ce qui m’a toujours surpris et paru très étrange. Voici le rêve qui m’impressionna le plus vivement… »

La quête de ce père « biologique » est le sujet de cette nouvelle attachante qui nous fait comprendre le drame intime d’une mère violée communiquant difficilement avec son fils unique à qui Un songe a appris la vérité.
Ce récit, écrit à la première personne, n’est pas autobiographique car Tourgueniev avait deux frères et ne perdit pas son père à 7 ans…

Traduction : Michel Delines (1851-1914).

Illustration : Mihály Munkácsy, Étude pour « Le Prêteur sur gage » (1874).

Un songe.

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AHIKAR – Les Gâteaux de chien

Donneur de voix : Ahikar | Durée : 20min | Genre : Nouvelles


Les Gâteaux de chien

« Ma cousine arriva en courant et dit à sa mère devant tout le monde : « Maman, pourquoi tu nous fais manger des gâteaux pour chien ? » Ma tante gênée répliqua aussitôt : « Mais voyons, Charlotte, qu’est-ce que tu racontes ? Personne ne te fait manger des gâteaux pour chien. » Charlotte ouvrit la main et déposa sur la table quelques petits gâteaux secs. « Et ça ! cria-t-elle. — Voyons Charlotte, calme-toi, dit ma tante de plus en plus gênée… Et qu’est-ce que tu racontes ? C’est ça que tu appelles des gâteaux pour chien ? — David m’a dit qu’ils ne les mangeaient pas, ils les achetaient uniquement pour le chien. » Ma tante était cramoisie. Pour cacher sa gêne, elle prit un petit gâteau et le porta à sa bouche. [...] »

Les Gâteaux de chien.

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