Livres audio gratuits de la catégorie 'Nouvelles' :


FÉNÉON, Félix – Les Ventres

Donneur de voix : Christian Dousset | Durée : 22min | Genre : Nouvelles


Félix Fénéon par Vallotton

Après L’Éducation spiritualiste, tribune philosophique et politique, voici un autre aspect du talent de Félix Fénéon à travers l’une de ses nouvelles parue dans La Libre Revue du 1er décembre 1883 et intitulée Les Ventres.

« Un assourdissant vacarme emplissait cette petite bourgade savoyarde.
Temps lugubre et froid : ciel gris de nuages, terre grise de neige piétinée et boueuse. La nature était triste parce qu’on était en février ; les hommes gais parce qu’on était en carnaval.
De tout le territoire ambiant, les campagnards étaient accourus au village, bien décidés à prendre leur revanche des stagnantes tristesses de l’hiver. Et c’étaient des cris, des danses, des gesticulations.
Seuls, deux hommes se montraient réfractaires à ces joyeusetés carnavalesques. »

Sont-ils si éloignés de nous ces villageois gavés, sourds à la détresse de ces deux « étrangers », incapables d’un geste d’humanité ? Oserai-je un rapprochement intempestif en évoquant Brueghel, Marco Ferreri et Coluche ? En tous cas, ici, point « d’Auvergnat qui, sans façons, m’a donné quatre bouts de pain quand dans ma vie il faisait faim » mais des Savoyards qui…

Illustration : Félix Vallotton, portrait de Félix Fénéon (1898).

Licence Creative Commons

Les Ventres.

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SCOTT, Walter – Le Miroir de ma tante Marguerite

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 30min | Genre : Nouvelles


Le Miroir de ma tante Marguerite

Walter Scott (1771-1832), auteur d’Ivanhoé et Quentin Durward a publié en 1829 des Romans mystérieux, soit Du merveilleux dans le roman, La Chambre tapissée, ou La Dame en sac et Le Miroir de ma tante Marguerite, nouvelle écossaise que nous présentons aujourd’hui, classée parfois dans Les Rubriques de Canongate.

« Ce conte est très bon et l’on dit que cette aventure est effectivement arrivée à lady Primrose, mon arrière grand-mère ayant aidé sa sœur à cette occasion », déclare Scott, amoureux du fantastique, mais qui tient à limiter sa croyance au surnaturel « réservée aux esprits faibles ou enfants » tout en prenant plaisir à dramatiser des événements auxquels il ne croit pas.
L’introduction, très autobiographique, nous renvoie à des impressions d’enfance de Scott, tandis que les deux chapitres nous rapportent ce que lui a raconté sa tante Marguerite sans qu’il y ajoute rien.

Traduction : Albert Montémont (1788-1861).

> Écouter un extrait : Introduction.

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MADELINE, Jean – Les cloches sonnent – Le Revoir – Trois Poèmes

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 25min | Genre : Poésie


L'Annonciation, statuettes en bois

Poétiques, délicats, charmants, gentiment ironiques étaient les quatre récits précédemment publiés de Jean Madeline.

Il en est de même pour les trois poèmes dédiés aux trois dames de Pages d’album et pour les deux nouvelles :

Les Cloches sonnent ou « la résurrection d’un cœur mort. »

Le Revoir ou « quand l’Ange Gabriel retrouve la Vierge Marie dans une Exposition à Paris ».

Illustration : L’Annonciation, statuettes en bois (Musée des Beaux-Arts de Lyon).

> Écouter un extrait : En musique (Poème).

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MÉRÉDAC, Savinien – La Saisie

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 19min | Genre : Nouvelles


Hutte, Île Maurice

Savinien Mérédac, nom de plume d’Auguste Efnouf (1880-1939) est un ingénieur et écrivain, romancier, poète et critique littéraire mauricien, auteur de Des histoires (1932) au nombre de quatre.

Le Message, Furcy, déjà sur le site, Le Triomphe du rêve et La Saisie, souvenir attendrissant et drôlement raconté par un ancien huissier qui, lors d’une saisie, fut… saisi de pitié.

« Je sentis que je ne pourrais jamais opérer cette saisie-là. Pourquoi ?
[...]
Enfin, j’ai arrangé son affaire, et jamais la pauvre femme n’a oublié ça. De temps en temps elle paraît à la maison, portant une cambarre de chouchoute ou quelques patates d’arouil ; quelquefois, c’est un bouquet de pauvres fleurs communes, pour ma femme ; ce matin, deux œufs de sa poule, pour mon petit Toto… Et chaque fois qu’elle vient, comme ça, voyez-vous, eh ! ben, ça me brouille le cœur. D’abord, quelqu’un de reconnaissant, hein ! C’est un phénomène, ça !… Ensuite Bonnefemme Zaza, je ne sais pas moi ! c’est tous les pauvres, toutes les miséreuses chargées d’enfants, toutes les cases vides, et tous les estomacs vides… »

Cela se passait à l’Île Maurice.

La Saisie.

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TWAIN, Mark – Une visite mystérieuse

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 15min | Genre : Nouvelles


Une visite mystérieuse

Trouvée dans le supplément littéraire du Figaro du 6 juillet 1907, cette amusante nouvelle de Mark Twain Une visite mystérieuse à la fin de laquelle l’humoriste vous suggère des trucs pour alléger les déclarations d’impôts qui fonctionnaient bien chez les richards américains.

Écoutez, Français imposables, l’ami fortuné de Mark Twain :

« S’il n’y avait pas, sous la rubrique « Déductions», ces onze libératrices exceptions, je me verrais réduit chaque année à la mendicité pour fournir des subsides « à ce détestable, maudit » gouvernement de tyrans et de voleurs ! »

« Cet homme compte parmi les meilleurs citoyens du pays, gens de haute moralité, d’intégrité en affaires, d’honorabilité au-dessus de toute attaque.
Des milliers de citoyens, parmi les plus fiers, les plus riches, les plus honorés, les plus réputés de l’Amérique n’agissent pas autrement chaque année. »

Traduction anonyme (1907).

Une visite mystérieuse.

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TOLSTOÏ, Léon – Albert – Un homme pleurait

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 30min | Genre : Nouvelles


Kuzma Petrov-Vodkin - Un violon

« Albert, œuvre assez peu connue en France, a été écrit en 1857 et en 1858.
Au commencement du mois de janvier 1857, Léon Nicolaiévitch Tolstoi entendit à Saint-Pétersbourg un violoniste de grand talent, Kizewetter. Il apprécia son jeu, rencontra plusieurs fois l’artiste, écouta son histoire et fut profondément ému par le sort misérable de ce « maniaque de génie », mais hélas ! alcoolique.
Le 12 janvier, Tolstoï quittait la Russie. C’est à l’étranger qu’il commença à écrire Albert. Dès le 1er mars, à Dijon, il lut à Tourgueniev un premier texte qu’il remania trois fois.
À chaque remaniement Tolstoï introduisit de nouveaux personnages dans le récit. Quant au titre, six fois il le
changea.
Aux sons du violon d’Albert, Déléssov est envahi par les souvenirs de sa jeunesse. L’artiste qu’était Tolstoï révèle ici sa maîtrise tout entière ; le lecteur lui aussi se sent emporté malgré lui – il ne saurait résister à tant de jeunesse, de fraîcheur et d’amour. » (Texte légèrement écourté de la présentation)

Un homme pleurait n’est pas une « suite » d’Albert, mais un fragment qui n’appartenait pas aux premières versions.

« S’il pleurait sur les jours passés, c’est seulement parce qu’ils étaient passés sans retour, parce que jamais plus ils ne reviendraient. Les souvenirs revenaient l’un après l’autre et le violon d’Albert répétait toujours les mêmes paroles : « Il est passé pour toi et pour toujours le temps de la force, de l’amour et du bonheur. Jamais plus il ne reviendra. Pleure-le donc, verse sur lui toutes les larmes de tes yeux. Meurs en le pleurant. La vie ne te réserve pas d’autre ni de plus grand bonheur. »

Traduction :

- Albert : Ernest Jaubert (1856-1942) et Boris Tseytline (18?-1889).
- Un homme pleurait : Théodore Tutchev (18?-19?) et Charles Salomon (1862-1936).

Albert.

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MADELINE, Jean – Le Mensonge – Dans les regards – Toujours – La Robe

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 30min | Genre : Nouvelles


Dans les regards

Jean Madeline (1866-1919) est le pseudonyme d’Edmond Fabre, qui a publié plusieurs romans. On sait peu de choses sur ses œuvres. Il fut journaliste et écrivain, mais il est surtout connu comme sous-préfet de Rambouillet, puis préfet de Corse, du Tarn, de Maine-et-Loire et de l’Oise. Homme de lettres aimable, il fut bon républicain et toucha même au roman érotique…

Les quatre nouvelles que nous vous proposons, par leur poésie et leur discrète ironie, donnent envie d’en lire davantage.

Extraits :

« – Fait-on beaucoup de politique ici ?
Il me demanda, surpris :
- Qu’entendez-vous par là ?
Et je compris que l’art de servir son ambition en feignant de se dévouer aux affaires publiques leur était inconnu. » (Le Mensonge)

Dans les regards relate de manière très poétique les différentes images que l’on peut laisser sur la rétine de ceux que l’on croise dans la rue. Tel conservera de madame Verdot la vision d’une « belle bourgeoise », tel autre d’« un joli mollet », d’une assez vieille femme, d’une courtisane qui attend sur un banc, alors qu’elle est une gentille maman que sa fillette accueille avec joie.

« Ils marchent, sans oser se rien dire, timides devant l’aveu. Et les feuilles à peine nées, les feuilles précoces qui déjà savent leur métier, s’étonnent de ces amoureux qui ne savent pas encore le leur. Les branches espiègles se rapprochent, tâchent de les resserrer, de les joindre. Les mousses se font glissantes à leurs pieds. Mais, pour monter les marches de l’escalier d’amour, ces innocents se tiennent à la rampe.
Au travers des branches tremble un reflet d’eau. Et c’est un étang, dont l’intimité verte s’étoile de tulipes blanches. Il se baisse, cueille une fleur, et tandis qu’il l’accroche, maladroit aux palpitations du corsage, toute sa tendresse longtemps gardée déborde, emplit l’avenir :
- Tu m’aimeras toujours, Toujours ?

« Et voilà pourquoi Gertrude, qui sait tout cela, se penche sur sa robe de noce, lui demandant son histoire à elle, le secret de son avenir, ce que cette vie qui va s’ouvrir lui apportera de joies et de tristesses – et si elle ne regrettera jamais les jours d’autrefois, et cette chambrette paisible, où la lampe presque éteinte met un recueillement de crépuscule. » est la conclusion de La Robe.

> Écouter un extrait : Le Mensonge.

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AUDOUX, Marguerite – Ce que je sais de lui

Donneuse de voix : Cocotte | Durée : 7min | Genre : Nouvelles


Auguste Renoir - La Cueillette des fleurs

« Je le trouvais en haut du chemin où il aimait à attendre et voir venir ses amis. Les deux mains tendues, il s’informait d’abord de ma santé, puis il ouvrait la barrière verte de son beau jardin, et tout de suite il m’entraînait par les allées.
- Venez voir mes fleurs.
Nous allions lentement d’une touffe de fleurs à l’autre pendant qu’il m’expliquait de quel endroit il les avait fait venir, et quels soins elles exigeaient. Les rosiers grimpants, surélevés, encerclés et formant d’énormes bouquets placés de-ci de-là sur la pelouse, attiraient et retenaient le regard. Mais c’était surtout vers les fleurs rares que Mirbeau s’attardait pour m’expliquer leur origine. »

Ce que je sais de lui.

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