Livres audio gratuits de la catégorie 'Nouvelles' :


SOUVESTRE, Émile – La Fileuse

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 30min | Genre : Nouvelles


La Vieille Fileuse

Depuis Le Philosophe sous les toits en 2009, une dizaine de nouvelles d’Émile Souvestre (1806-1854) ont vu le jour sur le site.
Nous disions alors que Les Récits de la muse populaire, dont fait partie La Fileuse (1849) procède des mêmes préoccupations littéraires que Le Philosophe sous les toits : Émile Souvestre part d’une anecdote, d’un fait divers qui déclenche des réflexions philosophiques.

La fileuse est une très vieille femme : « Tout à coup les lèvres qui semblaient scellées s’entr’ouvrirent » et nous l’entendons mélanger les lutins, les farfadets avec les domestiques qui l’entourent.
D’où la théorie de Souvestre : « l’invention n’avait fait que traduire l’esprit d’une race, car là est surtout le côté sérieux et pour ainsi dire historique des superstitions populaires. Outre l’instinct général et humain, elles expriment, dans leurs variantes infinies, le caractère particulier des différentes populations. Le monde fantastique de chaque contrée lui appartient aussi réellement que son ciel, sa végétation, ses fleuves ou ses montagnes. C’est la traduction symbolisée de son âme, la forme que prennent chez elle le rêve et le désir. »

Ajoutons trois notes explicatives :
« Le premier homme s’était écrié, en sentant qu’une partie du fruit défendu lui restait à la gorge : A tam (le morceau), et la première femme lui avait répondu : Eve (bois), d’où étaient venus pour tous les deux les noms d’Adam et d’Ève. »

« Cos coumte Ramoun, cela est comte Raymond, c’est-à-dire cela est juste. Ce proverbe s’est établi par suite des souvenirs de droiture et d’équité qu’a laissés dans le Languedoc Raymond V, comte de Toulouse, qui vécut au XIIe siècle. »

« Saint Plouradou est un de ces saints inventés par l’imagination populaire, comme saint Lâche, sainte Adresse, etc. Tous les détails qui précèdent expriment des superstitions ou des usages du Midi. Les pierres de petite vérole sont ces instrumens connus des antiquaires sous le nom de haches celtiques. Comté, l’homme sauvage ; dans le reste de la France, saint Hubert ou le veneur Caïn. »

> Écouter un extrait : 01. Le Goubelino.

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LOVECRAFT, Howard Philips – La Couleur dans le météore

Donneur de voix : Vincent de l’Épine | Durée : 1h 53min | Genre : Nouvelles


La Couleur dans le météore

« Après quelques tâtonnements, Ammi ouvrit la basse porte blanche.
Il faisait plutôt sombre à l’intérieur, car la fenêtre était petite et à moitié obscurcie par de grossières barres de bois, et Ammi ne put rien voir sur le plancher. La puanteur était insoutenable, et avant de continuer il lui fallait battre en retraite dans une autre pièce et revenir les poumons emplis d’air respirable.
Quand il revint, il vit quelque chose de sombre dans un coin, et quand il put y voir plus nettement, il poussa tout de suite un hurlement. Pendant qu’il criait il lui sembla qu’un nuage obscurcissait momentanément la fenêtre, et une seconde plus tard il se senti frôlé par une sorte de répugnante vapeur. D’étranges couleurs dansaient devant ses yeux, et s’il n’avait été paralysé par l’horreur du moment présent, il aurait pensé au globule dans le météore, que le marteau du géologue avait fait éclater, et à la végétation morbide qui avait poussé au printemps.
Mais sur le coup, il ne pouvait penser qu’à la monstruosité blasphématoire qui se tenait devant lui. »

La Couleur dans le Météore (The color out of space), parue en 1927, est plus connue sous les titres La Couleur tombée du ciel, ou La Couleur venue d’ailleurs. Cette nouvelle à la construction remarquable distille une terreur insidieuse qui commence par une vague inquiétude, pour culminer en une horreur monstrueuse et cosmique.
Lovecraft montre tout son talent à dire l’indicible, en mettant en scène une couleur d’une telle étrangeté qu’elle ne peut même pas être décrite. En 1927, il bouleverse déjà les codes de la toute jeune science-fiction, en nous montrant une forme de vie venue d’ailleurs, totalement étrangère et absolument incompréhensible.

Traduction : Vincent de l’Épine.

Illustration : The Color out of Space, par Paul Flanders (licence Cc-By-Sa-3.0).

> Écouter un extrait : Partie 01.

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RYNER, Han – L’Homme-singe

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 30min | Genre : Nouvelles


Gabriel von Max - Abélard et Héloïse

Un homme transformé en fourmi était le sujet du roman en six chapitres L’Homme-fourmi de Han Ryner (pseudonyme d’Henri Ner (1861-1938)).

La nouvelle L’Homme-singe est le dialogue entre l’auteur et un ancien savant devenu singe qui souffre de n’avoir pas pu créer une guenon épousable par un homme et en mourra.

« Mon étrange interlocuteur raconta son histoire. Il parlait lentement, péniblement, cherchant les mots, supprimant articles, pronoms, conjonctions. Ses phrases étaient interminables, coudées en brusques interruptions, perdues en parenthèses filandreuses, prolongées en incorrections bizarres : quelque chose d’intermédiaire entre le français et le singe. Aucun lecteur ne consentirait à l’horrible tension d’esprit qui me tortura plusieurs heures ; au risque de laisser perdre toute la couleur et tout le pittoresque du récit, je traduis en notre langue ce qui me fut dit en un agaçant sabir :
« Ne vous étonnez pas, Monsieur, de m’entendre parler. Je ne suis singe que depuis peu d’années. Je fus d’abord un homme, et un homme autrement intelligent que vous, – soit dit sans vous offenser ! – un homme de génie, tout simplement. »

L’Homme singe.

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VOGÜÉ, Eugène-Melchior (de) – Histoires d’hiver

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 24min | Genre : Nouvelles


Leonid Pasternak - O.S. Tseytlin et D.V. Vysotsky au café (1913)

Le recueil Cœurs russes (1893) de De Vogüé commence par Histoires d’hiver. C’est un dialogue de l’auteur avec Michaïl Dmitritch, proprietaire terrien « qui s’adonnait à l’étude des questions économiques, c’est-à-dire qu’il les mûrissait en fumant sa pipe et en discutant des soirées entières avec le maréchal de noblesse ou avec le juge de paix. Le premier étant un réactionnaire féroce et le second un rouge avéré, Michaïl Dmitritch possédait sur chaque question une solution autoritaire et une solution libérale qui prévalaient à tour de rôle dans son esprit, suivant l’interlocuteur rencontré la veille.Il travaillait plus spécialement la réforme de l’administration provinciale, l’amélioration du sort des paysans, l’extinction de l’ivrognerie et l’assimilation, des Israélites. »

Nous assistons à une confrontation des idées européennes et des idées russes sur la race, le pays, l’histoire, tout cela assez abstraitement et le Russe propose un exemple concret en racontant l’histoire de L’Oncle Fedia que vous pourrez écouter ensuite ou réécouter sur notre site.

Histoires d’hiver.

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ROORDA VAN EYSINGA, Henri – On ne badine pas avec l’infini (Troisième Sélection)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 30min | Genre : Nouvelles


Jean Veber - Les Parisiens tirant le Diable par la queue (détail)

Sept nouvelles pilules anti-stress, avec la même posologie que celle de la deuxième sélection de On ne badine pas avec l’infini de l’humoriste suisse Henri Roorda van Eysinga (Bruxelles, 1870-Lausanne, 1925).

La Queue du Diable
« J’ai assisté récemment, en qualité de journaliste, au congrès international des C.Q.T.L.D.P.L.Q. Ah ! la belle assemblée ! On fit l’appel ; et je constatai ainsi que le nombre des congressistes était supérieur à cinq cent trente six millions. (Un peu fatigué, je me dispensai de compter les derniers.) Tous Ceux Qui Tirent Le Diable Par La Queue avaient tenu à venir.
Ils avaient lâché la queue du Diable. Celle-ci traînait sur le plancher… »

Illustration : Jean Veber, Les Parisiens tirant le Diable par la queue.

> Écouter un extrait : Le piéton a-t-il droit à la vie?.

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BABEL, Isaac – Vie et aventures de Pavlitchenko Rodionytch

Donneur de voix : Ahikar | Durée : 22min | Genre : Nouvelles


Dimitri Moor - Bud' na strazhe ! (Sois sur tes gardes !, 1921)

Isaac Babel (1894-1940)

Ce récit nous conte l’ascension d’un porcher devenu général, et comment ce dernier se vengea de son seigneur et maître qui l’avait jadis humilié.

Encore une fois, Isaac Babel nous donne à voir une facette peu reluisante de l’humanité. Alors que partout on écrit des chants à la gloire de la cavalerie rouge, Babel, faisant preuve d’un immense courage, ose la vérité, ose l’horreur.

Alors que La Marche de Boudienny est sur toutes les lèvres :

« Conduis-nous, Boudienny, plus bravement au combat,
Que le tonnerre gronde,
Que l’incendie nous entoure.
Nous sommes tous des héros sans réserve,
Et toute notre vie est une lutte ! »

… Babel nous décrit le comportement des hommes en temps de guerre, nous décrit les exactions d’une armée en campagne. Et ce n’est pas beau ! vraiment pas beau ! à la limite de l’insoutenable !

Mais n’oublions pas qu’Isaac Babel a payé ses récits au prix fort, puisqu’il fut arrêté, torturé et finalement exécuté le 27 janvier 1940. Babel s’est sacrifié pour la vérité. Alors, le moins que l’on puisse faire, c’est de le lire !

Traduction : Maurice Parijanine (1885-1937) (J’ai amplement retouché la traduction dont certains passages étaient incompréhensibles.)

Illustration : Dimitri Moor, Bud’ na strazhe ! (Sois sur tes gardes !, 1921).

Vie et aventures de Pavlitchenko Rodionytch.

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RETBI, Shmuel – Les Deux Pères

Donneuse de voix : Cocotte | Durée : 20min | Genre : Contemporains


Auschwitz

1943. Dans cette étrange nouvelle, Shmuel Retbi met la Mafia au service de la communauté juive américaine dans le but de sauver vingt-quatre rabbins détenus dans un camp de concentration et leur permettre de rejoindre leurs familles installées aux États-Unis.

Ces vingt-quatre rabbins sont cachés dans un camion à double fond. Ils arrivent sans encombre à Gênes. Mais là, ils ne peuvent plus avancer.

Les communs efforts de la Mafia et de la communauté juive arriveront-ils à tromper la vigilance de la police autrichienne et de la douane italienne ?

Les Deux Pères.

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ZWEIG, Stefan – Le Bouquiniste Mendel (Version 2)

Donneur de voix : Christian Dousset | Durée : 1h 27min | Genre : Nouvelles


Arcimboldo - Le Bibliothécaire

« C’est seulement par les deux cercles de ses lunettes, à travers ces lentilles luisantes et absorbantes, que les milliards d’infusoires noirs des caractères d’imprimerie s’infiltraient dans son cerveau ; tout le reste ne faisait que passer à côté de lui, comme un vacarme contingent. »

Dans cette nouvelle parue en 1925, et qui appartient au recueil La Peur, Stefan Zweig nous livre une évocation de la société viennoise « d’avant et d’après la première guerre mondiale ».
Ce vieux bouquiniste juif, Jakob Mendel, véritable monument de la mémoire bibliographique mais totalement étranger au monde qui l’entoure, devient la victime d’une Europe qui, oublieuse de son humanité, a sombré dans la barbarie.
À travers cette œuvre sensible, Stefan Zweig nous invite à une réflexion sur la mémoire, le souvenir, le temps et… l’oubli.

« Et pourtant, cet homme, j’avais pu l’oublier ! Il est vrai que la guerre était venue et que je m’étais consacré à mes propres œuvres avec une ardeur semblable à la sienne. Mais j’éprouvais devant cette table vide une sorte de honte à son égard, doublée d’une vive curiosité. Qu’était-il devenu, en effet ? Où pouvait-il se trouver ? »

Traduction : Manfred Schenker (1883-1929).

Illustration: Arcimboldo, Le Bibliothécaire (1570).

Licence Creative Commons

Le Bouquiniste Mendel.

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