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Livres audio gratuits de la catégorie 'Philosophie' :


VOLTAIRE – Dictionnaire philosophique : Certitude – Croire – Superstition

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 50min | Genre : Philosophie


Enlèvement du roi de Pologne par les confédérés de Bar (1771)

Une clarification de la notion de Certitude, une définition de Croire et quelques impertinences sur la Superstition, aussi bien païenne que chrétienne, trois articles du Dictionnaire philosophique.

« Les sortilèges, les divinations, les obsessions, ont été longtemps la chose du monde la plus certaine aux yeux de tous les peuples. Quelle foule innombrable de gens qui ont vu toutes ces belles choses, qui ont été certains ! Aujourd’hui cette certitude est un peu tombée. » (Certitude)

« « Sur quoi crois-tu cela ? dit Harpagon. – Je le crois sur ce que je le crois, répond maître Jacques. » La plupart des hommes pourraient répondre de même.
Croyez-moi pleinement, mon cher lecteur, il ne faut pas croire de léger.
Mais que dirons-nous de ceux qui veulent persuader aux autres ce qu’ils ne croient point ? Et que dirons-nous des monstres qui persécutent leurs confrères dans l’humble et raisonnable doctrine du doute et de la défiance de soi-même ? » (Croire)

Superstition contient cinq sections :
Miracle chrétien de 1771 – Assassinat « chrétien » de Pologne en 1771 – Sottises superstitieuses tirées de Cicéron, de Sénèque et de Plutarque… et les conclusions et espérances de Voltaire :

« Peut-il exister un peuple libre de tous préjugés superstitieux ? C’est demander : Peut-il exister un peuple de philosophes. »

« En un mot, moins de superstitions, moins de fanatisme ; et moins de fanatisme, moins de malheurs. »

Illustration : Enlèvement du roi de Pologne par les confédérés de Bar (1771).

> Écouter un extrait : Certitude.

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SEGALEN, Victor – Dans un monde sonore

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 5min | Genre : Philosophie


Frederic Leighton - Orphée et Eurydice (1864)

Il faut être renseigné sur les synesthésies, sur le mythe d’Orphée et son abandon d’Eurydice pour apprécier pleinement cet assez difficile ouvrage de Victor Segalen plutôt destiné aux amateurs de philosophie et de mythologie.

Deux mots sur l’auteur breton Victor Segalen (1878-1919), médecin, romancier, poète, ethnographe, sinologue et archéologue. Œuvre foisonnante ordinairement classée par cycles : Cycle des apprentissages (Les Cliniciens ès lettres, Les Synesthésies et l’école symboliste, Essai sur soi-même, Journal de voyage) ; Cycle polynésien (Les Immémoriaux, Gauguin dans son dernier décor, Le Maître-du-Jouir, Hommage à Gauguin, La Marche du feu, Penser païens, Journal des îles, Le Double Rimbaud, Vers les sinistrés, Hommage à Saint-Pol-Roux) ; Cycle musical et orphique (Voix mortes : musiques maories, Dans un monde sonore, Siddhârtha, Entretiens avec Debussy, Orphée-Roi, Gustave Moreau maître imagier de l’orphisme, Quelques musées par le monde), etc.

Sur le site en 2015, Équipée et Voyage au pays du réel.

Dans un monde sonore fut publié en 1907 sous le pseudonyme de Max-Anély.

Un univers entêtant dans lequel la voix des protagonistes est amplifiée par des résonateurs de cuivre et de verre qui activent des flammes faiblement colorées et chantantes. André, l’ingénieur de ce dispositif acoustique, se plaint de sa femme qui a développé une « perversion de l’ouïe » et se réfugie dans un excès de lumière qu’il déteste. Il pense que sa femme est folle, elle pense que son mari est fou…

Illustration : Frederic Leighton, Orphée et Eurydice (1864).

Dans un monde sonore.

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VALÉRY, Paul – Propos sur l’intelligence

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 37min | Genre : Philosophie


Propos sur l'intelligence

En 1926, dans son opuscule Propos sur l’intelligence, Paul Valéry se propose de répondre « à quelques questions posées dans la Revue de France par M. Jean Laporte au cours d’une enquête sur la Crise des Professions Libérales ».

Que de résonances, près d’un siècle plus tard, de ces raisonnements !
Les deux parties des jugements exprimés sont De l’intelligence-faculté et De l’intelligence-classe.

« Chacun se sert de l’esprit qu’il a. Un manœuvre se sert du sien, par rapport à soi, autant que quiconque, philosophe ou géomètre. Si ses discours nous semblent grossiers et trop simples, les nôtres lui sont étranges ou absurdes ; chacun de nous est un manœuvre pour quelqu’un.

Nous vivons sur des notions très vagues et très grossières, qui d’ailleurs vivent de nous. Ce que nous savons, nous le savons par l’opération de ce que nous ne savons pas.

L’Intelligence est l’une de ces notions qui ne prennent leur valeur que des autres termes auxquels elles sont jointes dans quelque discours qui les compose ou les oppose. On l’oppose parfois à la sensibilité, parfois à la mémoire, parfois à l’instinct, et parfois à la sottise. Tantôt c’est une faculté, et tantôt un degré de cette faculté.

L’attente et la constance pèsent à notre époque, qui essaye de se délivrer de sa tâche à grands frais d’énergie.La mise en jeu, la mise en train de cette énergie exigent le machinisme, et le machinisme est le véritable gouvernant de notre époque. Il faut voir de quel prix nous payons ses immenses services, en quelle monnaie l’Intelligence se libère, et si l’accroissement de puissance, de précision et de vitesse ne va pas réagir sur l’être qui le désire et qui l’obtient de la nature.

Il y a une sorte de pacte entre la machine et nous-mêmes, pacte comparable à ces terribles engagements que contracte le système nerveux avec les démons subtils de la classe des toxiques. Plus la machine nous semble utile, plus elle le devient ; plus elle le devient, plus nous devenons incomplets, incapables de nous en priver. »

Que dirait aujourd’hui Valéry de l’ordinateur et des robots fortifiant sa thèse ?

Propos sur l’intelligence.

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ARISTOTE – De la mémoire et de la réminiscence

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 35min | Genre : Philosophie


Mnémosyne, déesse de la mémoire

Selon Aristote, auteur de De la mémoire et de la réminiscence, le cœur est le siège de l’intelligence, du courage et de la mémoire, d’où l’expression « savoir par cœur ». La mémoire est comme une écriture. Les traces du passé étaient gravées sur une tablette de cire, dont les inscriptions étaient plus ou moins durables. Se souvenir consisterait donc à relire ce qui avait été inscrit quelque part au coin de son âme.

Ce traité d’Aristote, qui remonte à 350 avant JC, est très accessible :

« La mémoire ne s’applique pas davantage au présent : c’est l’objet de la sensation ; car la sensation ne nous fait connaître ni le futur, ni le passé ; elle nous donne le présent, et pas autre chose. La mémoire ne concerne que le passé, et l’on ne peut jamais dire qu’on se rappelle le présent quand il est présent ; par exemple, qu’on se rappelle cet objet blanc au moment même où on le voit, pas plus qu’on ne se rappelle l’objet que l’esprit contemple, au moment où on le contemple et où on le pense ; on dit seulement qu’on sent l’un et qu’on sait l’autre. » (Chapitre 1)

« Il y a aussi des choses dont nous nous souvenons beaucoup mieux, pour les avoir vues une seule fois, que nous ne nous souvenons de certaines autres que nous avons mille fois vues. Lors donc que la réminiscence a lieu en nous, c’est que nous éprouvons de nouveau quelques-unes des émotions antérieures, jusqu’à ce que nous éprouvions l’émotion après laquelle celle-ci vient habituellement. Voilà aussi pourquoi notre esprit recherche ce qui a suivi, soit à partir de tel instant ou de tel autre, soit à partir d’une chose semblable ou contraire, soit même d’un objet simplement voisin ; et cet effort de l’esprit suffit pour produire la réminiscence. » (Chapitre 2)

Quelques passages réclament cependant plus d’efforts :

« Voilà donc ce qu’est la mémoire et ce que c’est que se souvenir. Répétons-le : c’est la présence dans l’esprit de l’image, comme copie de l’objet dont elle est l’image ; et la partie de l’âme à laquelle elle appartient en nous, c’est le principe même de la sensibilité, par lequel nous percevons la notion du temps. »

Traduction : Jules Barthélémy Saint-Hilaire (1805-1895).

Illustration : Mnémosyne, déesse de la mémoire, mosaïque romaine (Musée de Tarragone).

De la mémoire et de la réminiscence.

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VOLTAIRE – Dictionnaire philosophique : Crimes ou délits de temps et de lieu – Procès criminel

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 35min | Genre : Histoire


Vue de Loreto (XVIIIe)

Voltaire nous propose dans son Dictionnaire philosophique deux articles qui ont surtout un intérêt historique.

Crimes ou délits de temps et de lieu :

« C’est une chose très-indifférente d’avoir une statue dans son vestibule ; mais si, lorsque Octave surnommé Auguste était maître absolu, un Romain eût placé chez lui une statue de Brutus, il eût été puni comme séditieux. Si un citoyen avait, sous un empereur régnant, la statue du compétiteur à l’empire, c’était, disait-on, un crime de lèse-majesté, de haute trahison. »

Procès criminel :

« C’est un grand abus dans la jurisprudence que l’on prenne souvent pour loi les rêveries et les erreurs, quelquefois cruelles, d’hommes sans aveu qui ont donné leurs sentiments pour des lois. », article qui se termine par un rappel détaillé de « l’Affaire Sirven » où Voltaire joua un grand rôle et dont nous avons sur le site plusieurs références, en particulier Les Sirven et leurs persécuteurs et plusieurs versions du Traité sur la tolérance (Version 1, Version 2, Version 3).

Illustration : Vue de Loreto (XVIIIe).

Crimes ou délits de temps et de lieu.

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AGRIPPA, Henri Corneille – De l’excellence et de la supériorité de la femme

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 50min | Genre : Essais


Cornelius Agrippa

Titres des 30 chapitres de De l’excellence et de la supériorité de la femme :

01) Nulle différence de l’âme de la Femme d’avec celle de l’Homme.
02) Il y a des preuves certaines de l’excellence de la femme au-dessus de l’homme.
03) Le nom d’Eva prouve la supériorité de la Femme au-dessus de l’Homme.
04) La Femme est le chef-d’œuvre des ouvrages de Dieu.
05) Le lieu où fut formée la Femme en prouve la grandeur.
06) La qualité de la matière dont fut faite la Femme, en établit l’excellence.
07) Louanges données à la beauté de la Femme.
08) Pudeur et modestie des Femmes.
09) Propreté de la Femme.
10) La Femme fournit le principal dans la génération.
11) Choses particulières et étonnantes qui se remarquent dans la Femme.
12) Preuve tirée de l’usage de la parole.
13) La Femme fait le bonheur de l’homme.
14) La Femme paraît avoir été moins blâmable que l’homme, dans la désobéissance.
15) La Femme peut tout sur l’homme.
16) L’iniquité de la femme a souvent été plus louée que la bonté de l’homme.
17) L’excellence de la Femme est prouvée par les principes d’Aristote.
18) Tout le mal vient des hommes, et le bien vient des Femmes.
19) Les mauvais Maris font seuls les mauvaises Femmes.
20) Les Femmes sont les auteurs de tout ce qu’il y a de bon.
21) Rien de grand et d’illustre que n’aient fait et puissent faire les Femmes, également comme les hommes.
22) Les Femmes savent toutes choses naturellement.
23) Prudence et sagesse des Femmes.
24) Hauts Faits, et Bravoure des Femmes.
25) Marques d’honneur rendues à la Femme.
26) Privilèges accordés à la Femme par les Lois.
27) Les Femmes sont capables de tout ; l’Histoire en fait foi.
28) L’état où est la Femme aujourd’hui, est par usurpation de ses droits.
29) La Femme n’est point faite pour obéir à l’homme.
30) Récapitulation et Conclusion de ce Traité.

« Si quelqu’un, plus exact que moi, trouvait des preuves nouvelles qui pussent embellir ce traité ; loin de le regarder comme un critique mordant, je lui saurais gré de m’avoir secondé, et d’avoir rendu, par ses lumières et ses recherches, ce petit ouvrage plus complet et plus riche. »

Ce traité est rédigé en latin en 1505 par Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim (1486-1535), dit Cornelius Agrippa, génie de la Renaissance comme Léonard de Vinci, parlant huit langues (allemand, français, italien, espagnol, anglais, latin, grec, hébreu), humaniste, philosophe, théologien, médecin, alchimiste, kabbaliste chrétien, astrologue, mage, juriste, versé en science de la guerre et des explosifs… et pour finir grand féministe, connaissant parfaitement les femmes de la Bible et faisant un éloge de la femme où le sérieux et le respectable côtoient parfois le ridicule :
« Et elles conservent ce prodigieux amour de la pudeur, jusqu’aux derniers moments de la vie, et même après la mort. Comme on remarque en celles qui ont péri dans l’eau : car, comme rapporte Pline, et comme on le remarque tous les jours, le cadavre d’une femme noyée nage sur le ventre, la nature ménageant encore la pudeur de la défunte : un homme noyé, au contraire, nage sur le dos. »

Gardons-nous de provoquer une polémique !

Traduction anonyme (1801).

> Écouter un extrait : Chapitres 01 à 15.

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VOLTAIRE – Dictionnaire philosophique : Flibustiers – Folie – Fraude

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 25min | Genre : Philosophie


François Lolonois (1630-1669)

À la lettre F du Dictionnaire philosophique, ces trois articles de Voltaire font réfléchir, surtout le troisième :

Flibustiers (Les flibustiers étaient des aventuriers qui, aux XVIe et XVIIe siècles, écumaient les côtes et dévastaient les possessions espagnoles en Amérique.) :

« On ne sait pas d’où vient le nom de flibustiers, et cependant la génération passée vient de nous raconter les prodiges que ces flibustiers ont faits : nous en parlons tous les jours ; nous y touchons. Qu’on cherche après cela des origines et des étymologies ; et si l’on croit en trouver, qu’on s’en défie. »

Folie :

« Le fou n’est point privé d’idées ; il en a comme tous les autres hommes pendant la veille, et souvent quand il dort. On peut demander comment son âme spirituelle, immortelle, logée dans son cerveau, recevant toutes les idées par les sens très-nettes et très-distinctes, n’en porte cependant jamais un jugement sain. Elle voit les objets comme l’âme d’Aristote et de Platon, de Locke et de Newton, les voyait ; elle entend les mêmes sons, elle a le même sens du toucher : comment donc, recevant les perceptions que les plus sages éprouvent, en fait-elle un assemblage extravagant sans pouvoir s’en dispenser ? »

Fraude – S’il faut user de fraudes pieuses avec le peuple :

« Bambabef. – Quoi ! vous croyez qu’on peut enseigner la vérité au peuple sans la soutenir par des fables ?

Ouang. – Je le crois fermement. Nos lettrés sont de la même pâte que nos tailleurs, nos tisserands, et nos laboureurs ; ils adorent un Dieu créateur, rémunérateur et vengeur ; ils ne souillent leur culte, ni par des systèmes absurdes, ni par des cérémonies extravagantes ; et il y a bien moins de crimes parmi les lettrés que parmi le peuple. Pourquoi ne pas daigner instruire nos ouvriers comme nous instruisons nos lettrés ? »

> Écouter un extrait : Flibustiers.

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LATZARUS, Louis – Éloge de la bêtise

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 10min | Genre : Philosophie


Éloge de la bêtise

« Je voudrais bien, dit-le député, mériter tous ces compliments, mais, dans les succès que j’ai pu remporter, ni la raison, ni le jugement, ni cette petite portion d’intelligence que vous m’attribuez n’entrèrent pour rien. Que fallait-il ? Plaire, et sinon à tous, du moins au plus grand nombre. Donc cacher avec soin ce qui élève et distingue. Donner au plus petit député l’impression que je suis son frère affectueux et dévoué. N’être pas fier, la grande règle de notre démocratie, où l’on pardonne tout au bon garçon. Ne jamais examiner une question sous son aspect éternel, mais la réduire toujours à un intérêt : intérêt de parti, intérêt de groupe, intérêt d’un arrondissement ou d’un homme. C’est dans les dictionnaires seulement que la politique est l’art de gouverner la Cité. En réalité, elle consiste à séduire une assemblée par des moyens qui sont à peu près ceux d’un paysan qui vend sa vache à  la foire. La moindre ruse y suffit, et une connaissance sommaire des hommes et des circonstances.
Et l’homme le plus sot peut gouverner, à condition qu’il ait des choses une vue directe et simple. Il y a eu au pouvoir des hommes intelligents, je n’en disconviens pas. Mais ils ne s’y étaient élevés que par des procédés fort médiocres, et ne s’y sont maintenus que par des pratiques extrêmement faciles. Leur intelligence ne les aidait pas, et au contraire leur nuisait. Il ne faut pas en politique beaucoup d’idées ; elles gênent et encombrent. Il ne faut même pas beaucoup de formules. Pendant des années, il a suffi de dire aux députés : « Je suis un républicain de gauche. » Cette expression a vieilli. Mieux vaut la remplacer aujourd’hui par celle-ci : « Je suis un démocrate sincère. » Grâce à ce talisman, vous passez au travers des pièges les plus subtils. Vous tomberez, c’est entendu, car tout s’use, et il n’est pas de prestige qui puisse éternellement garder son éclat ; mais, vous tomberez « bien » ; ce qui signifie : avec la certitude de vous relever et de reprendre le pouvoir au bout de quelque temps. O divine bêtise ! tu te prélasses victorieusement dans les alcôves, et tu es assise sur tous les trônes. »

Peut-être aurez-vous envie de parcourir ce succulent Éloge de la bêtise (1925)… quatre vingt dix ans plus tard.
Louis Latzarus, l’auteur (1878-1942), est un journaliste, essayiste, biographe et romancier français, auteur de plusieurs romans policiers.

Rassurons-nous… Il n’y a pas seulement en politique que règne la bêtise !

Éloge de la bêtise.

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