Livres audio gratuits de la catégorie 'Philosophie' :


VOLTAIRE – Lucien, Érasme et Rabelais

Donneuse de voix : Ritou | Durée : 12min | Genre : Philosophie


Voltaire - Dialogues philosophiques

« Lucien. — Qu’est-ce qu’un cardinal, Érasme ?

Érasme. — C’est un prêtre vêtu de rouge, à qui l’on donne cent mille écus de rente pour ne rien faire du tout.

Lucien. — Vous m’avouerez du moins que ces cardinaux-là étaient raisonnables. Il faut bien que tous vos concitoyens ne fussent pas si fous que vous le dites.

Érasme. — Que M. Rabelais me permette de prendre la parole. Les cardinaux avaient une autre espèce de folie, c’était celle de dominer ; et comme il est plus aisé de subjuguer des sots que des gens d’esprit, ils voulurent assommer la raison qui commençait à lever la tête. M. Rabelais, que vous voyez, imita le premier Brutus, qui contrefit l’insensé pour échapper à la défiance et à la tyrannie des Tarquins. »

Lucien, Érasme et Rabelais.

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PLATON – La République (Livre 1)

Donneur de voix : Ludovic Coudert | Durée : 1h 59min | Genre : Philosophie


Platon Buste

Ce dialogue, d’une trentaine de pages, est la partie introductive de la République de Platon, livre souvent tenu pour l’œuvre majeure du philosophe. Il y est question de la justice, et des opinions que les uns et les autres en ont. Les opinions se heurtent. La justice, est-ce payer ses dettes et dire la vérité ? demande Socrate à Céphale. Ou, plus généralement, selon Polémarque, le fils de Céphale, « rendre à chacun son dû » ? Le ton et le contenu du début de cette discussion irriteront profondément Thrasymaque qui voudra forcer Socrate à dire que la justice n’est que « l’intérêt du plus fort ». Devant ce choc des opinions, l’esprit d’examen de Socrate semblera, à juste titre, d’une redoutable et froide rigueur. De cette rencontre, naît ce dialogue d’une richesse étonnante, où l’on trouve défendues deux thèses essentielles de la pensée platonicienne : que la justice est harmonie et santé de l’âme, et qu’il vaut mieux subir que commettre une injustice.

Ce texte peut être lu ou écouté pour lui-même. Certains historiens avancent, en effet, que Platon ne l’avait pas d’abord conçu comme une introduction au reste de la République, quoiqu’il l’utilisât ainsi par la suite. Peu nous importe en un sens : mais le fait est que ce premier livre présente une unité particulière et qu’il se démarque nettement de la suite, par son style et par la variété des personnages du dialogue. Surtout, il donne déjà les principes essentiels de la pensée platonicienne, et annonce amplement la suite des neuf livres de la République.
Thrasymaque à Socrate: « Parce que tu t’imagines que […] les chefs des cités, ceux qui sont vraiment chefs, regardent leurs sujets autrement qu’on regarde ses moutons, et qu’ils se proposent un autre but, jour et nuit, que de tirer d’eux un profit personnel ? » (343b).
Socrate : « Si une cité d’hommes bons venait à l’existence, il semble qu’on y lutterait pour échapper au pouvoir comme maintenant on lutte pour l’obtenir, et là il deviendrait clair que le véritable gouvernant n’est point fait en réalité, pour chercher son propre avantage, mais celui du gouverné… » (347d)

Traduction : Émile Chambry (1864-1938).

> Écouter un extrait : Prologue.

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MONTAIGNE, Michel (de) – De la modération

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 16min | Genre : Essais


La Modération

L’ Essai I29, De la modération est lu dans une traduction moderne. Voici quelques lignes de la version originale :

« Comme si nous avions l’attouchement infect, nous corrompons par notre maniement les choses qui d’elles memes sont belles & bonnes. Nous pouvons saisir la vertu de façon qu’elle en deviendra vicyeuse, si nous l’embrassons d’un desir trop aspre et violant. »

« Ne soyez pas plus sages qu’il ne faut, mais soyez sobrement sages. J’ay veu tel grand blesser la reputation de sa religion pour se montrer religieux outre tout exemple des hommes de sa sorte. J’aime des natures temperées et moyennes. L’immodération vers le bien mesme, si elle ne m’offense, elle m’estonne et me met en peine de la baptiser. »

« Je veux donc, apprendre cecy aux maris, s’il s’en trouve encore qui y soient trop acharnez: c’est que les plaisirs mesmes qu’ils ont à l’acointance de leurs femmes, sont reprouvez, si la moderation n’y est observée; et qu’il y a dequoy faillir en licence et desbordement, comme en un subjet illegitime. »

Traduction en français moderne de Guy Pernon.

Sur la modération.

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CICÉRON, Marcus Tullius – Les Tusculanes : Le Mépris de la mort

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 2h 10min | Genre : Philosophie


Tusculanes

En août 2010, lors des premières atteintes sérieuses de sa maladie, notre amie Victoria discuta plusieurs fois avec moi du célèbre Essai de Montaigne Que philosopher c’est apprendre à mourir qu’elle aimait beaucoup. En ce triste 30 novembre 2011, jour de son inhumation, je dédie à sa mémoire cet enregistrement du premier livre des Tusculanes de Cicéron sur Le Mépris de la mort, très voisin (en 45 avant JC), par la pensée et le style, de Montaigne et que sa finesse littéraire aurait sûrement apprécié.

« Premièrement donc, voyons ce que c’est que la mort, qui paraît une chose si connue. II y en a qui pensent que c’est la séparation de l’âme avec le corps. D’autres, qu’il ne se fait point de séparation, mais que l’âme et le corps périssent en même temps, et que l’âme s’éteint dans le corps. Parmi ceux qui tiennent que l’âme se sépare, les uns croient qu’elle se dissipe incontinent : d’autres, qu’elle subsiste encore longtemps après : et d’autres, qu’elle subsiste toujours. »

« Mourir peut être un mal : mais être mort n’est rien. »

« La vérité, si nous voulons en convenir, est que la mort nous enlève, non pas des biens, mais des maux. »

«Regardons plutôt la mort comme un asile, comme un port qui nous attend.
Plût à Dieu que nous y fussions menés à pleines voiles ! Mais les vents auront beau nous retarder, il faudra nécessairement que nous arrivions, quoiqu’un peu plus tard. »

Traduction : Désiré Nisard (1806-1888).

> Écouter un extrait : Chapitres 05 à 20.

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MONTAIGNE, Michel (de) – Sur la peur – Sur le dormir – Sur la vanité des mots

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 25min | Genre : Essais


Tour de Montaigne

Trois courts Essais du Livre I bourrés de références historiques gréco-latines…
« Je ne suis pas un bon naturaliste, comme on dit, et ne sais guère par quels ressorts la peur agit en nous ; mais quoi qu’il en soit, c’est une étrange affection, et les médecins disent qu’il n’en est aucune qui fasse plus dérailler notre jugement. » (Sur la peur, I-17)

« Lors du combat naval qu’il remporta en Sicile, contre Sextus Pompée, Auguste, sur le point d’aller au combat, se trouva accablé d’un sommeil si profond que ses amis durent le réveiller pour qu’il donne le signal de la bataille. » (Sur le dormir, I-44)

« La rhétorique est un outil inventé pour agiter et manipuler une foule, un peuple en révolte, et on ne l’emploie que pour des États malades, comme la médecine pour les corps. » (Sur la vanité des mots, I-51)

Traduction en français moderne de Guy Pernon.

> Écouter un extrait : Sur la peur.

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PÉGUY, Charles – Note sur Bergson

Donneur de voix : Ludovic Coudert | Durée : 1h 31min | Genre : Philosophie


Henri Bergson

Curieuse « note » en vérité ! De belle longueur (42 pages), elle fait place en effet à une digression, presque sur toute sa longueur, dont le sujet manifeste est : Descartes… Est-elle alors mal nommée ?

Au début du XXème siècle, une querelle s’éleva au sujet de la philosophie de Bergson, lequel attirait de nombreux admirateurs à ses cours. On la taxe d’irrationalisme ou d’antirationalisme. Bergson critiquait certes l’intellectualisme, mais ne révoquait pas l’intelligence, ni la raison, ni la sagesse. Dénonçant les procès instruits sur des contre-sens, Charles Péguy prend parti pour Bergson, dans cette Note.

Entre Descartes, philosophe de la raison, et Bergson, philosophe de l’intuition, notre auteur discerne les différences certes, mais il regarde et souligne surtout une puissance analogue d’invention et de renouvellement. Après quatre premières pages au vocabulaire assez technique, Péguy trouve les images neuves, et qui lui resteront propres, pour toucher l’intelligence et le cœur de son lecteur. C’est tout un art de lire les philosophes qui nous est ici suggéré en des formules mémorables. Le ton est viril, jamais pédant, quoique savant. La prose y a son élévation mystique. On entend résonner un propos empreint de panache, d’esprit chevaleresque, de liberté d’esprit et de franchise. On devine, en plus d’un endroit, l’attachement à la France de celui qui, la même année, mourra au champs d’honneur à Villeroy, en Seine et Marne, en 1914.

« Une grande philosophie n’est pas celle qui n’est jamais battue. Mais une petite philosophie est toujours celle qui ne se bat pas. »

> Écouter un extrait : Partie 01.

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VOLTAIRE – Deux Dialogues philosophiques

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 16min | Genre : Philosophie


Epictete le boiteux

Les Dernières Paroles d’Épictète à son fils : Épictète, près de mourir, interroge son fils (en a-t-il eu un ? ) sur la « nouvelle secte des Palestiniens ».

« Épictète. — Quelle est donc cette secte ?
Le fils. — Elle est composée de ces Juifs qui vendent des haillons et des philtres, et qui rognent les espèces à Rome.
Épictète — La vertu qu’ils enseignent est apparemment de la fausse monnaie. »

Boldmind et Medroso : Au temps de l’Inquisition, un dialogue sur la liberté de pensée entre un Anglais libre de s’exprimer et un Espagnol contraint au mutisme (1763).

Les Dernières Paroles d´Epictète à son fils.

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MONTAIGNE, Michel (de) – Sur la physionomie

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 30min | Genre : Essais


Physionomie de Michel de Montaigne

En fait, cet Essai (III, Chapitre 12) Sur la physionomie ne traite guère de la physionomie sinon vers la fin où Montaigne nous raconte que son bon air, sa bonne mine lui sauvèrent deux fois la vie… Des souvenirs de la guerre civile, de la peste, de son comportement dans cette période ; de nombreuses références à Socrate, une très belle traduction de Platon du discours de ce dernier après sa condamnation, des évocations de la mort… sont la matière de ce long essai de réflexions sur la sagesse.

Traduction en français moderne de Guy Pernon.

> Écouter un extrait : Sur la physionomie.

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