Livres audio gratuits de la catégorie 'Philosophie' :


BECCARIA, Cesare – Des délits et des peines

Donneuse de voix : Domi | Durée : 1h 59min | Genre : Philosophie


Torture

Cesare Beccaria Bonesana (né en 1738 à Milan, mort en 1794) est un juriste, criminaliste, philosophe, économiste et homme de lettres italien rattaché au courant des Lumières.
Très influencé, selon sa propre expression, par « l’immortel » Montesquieu, ainsi que par Helvétius et les encyclopédistes français, Beccaria s’intéresse très tôt aux questions liées à l’équité du système judiciaire. Il signe son chef-d’œuvre à 26 ans avec Des délits et des peines (1764-1766), qui pose les bases de la réflexion moderne en matière de droit pénal et amorce le premier mouvement abolitionniste. Certains des arguments avancés sont déjà anciens, mais Beccaria en fait une parfaite synthèse d’autant plus neuve qu’il se dégage de tout modèle religieux. Il y établit les bases et les limites du droit de punir et recommande de proportionner la peine au délit. Beccaria pose aussi en principe la séparation des pouvoirs religieux et judiciaire. Dénonçant la cruauté de certaines peines comparées au crime commis, il juge « barbare » la pratique de la torture et la peine de mort, et recommande de prévenir le crime plutôt que de le réprimer.

Traduction : Jacques Auguste Simon Collin de Plancy (1794-1881).

> Écouter un extrait : Partie 01.

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SPINOZA, Baruch – Traité théologico-politique

Donneuse de voix : Saperlipopette | Durée : 10h 10min | Genre : Philosophie


Baruch Spinoza

« Ayant donc considéré toutes ces choses ensemble, savoir, que la lumière naturelle est non-seulement méprisée, mais que plusieurs la condamnent comme source de l’impiété, que des fictions humaines passent pour des révélations divines, et la crédulité pour la foi, enfin que les controverses des philosophes soulèvent dans l’Église comme dans l’État les passions les plus ardentes, d’où naissent les haines, les discordes, et à leur suite les séditions, sans parler d’une foule d’autres maux qu’il serait trop long d’énumérer ici ; j’ai formé le dessein d’instituer un examen nouveau de l’Écriture et de l’accomplir d’un esprit libre et sans préjugés, en ayant soin de ne rien affirmer, de ne rien reconnaître comme la doctrine sacrée que ce que l’Écriture elle-même m’enseignerait très clairement. »

Traduction : Émile Saisset (1814-1863).

> Écouter un extrait : Partie 00.

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PLATON – Ménon

Donneurs de voix : Projet collectif | Durée : 1h 38min | Genre : Philosophie


Platon

« « Me dirais-tu bien, Socrate, si la vertu peut s’enseigner, ou si elle ne le peut pas et ne s’acquiert que par la pratique ; ou enfin si elle ne dépend ni de la pratique ni de l’enseignement, et si elle se trouve dans les hommes naturellement, ou de quelque autre manière ? » (Ménon).
Cette question, si doctement formée par Ménon était une question débattue traditionnellement à Athènes devant les élèves des Grands Sophistes. Elle trouve, pourtant, en Socrate, un élève indocile. Il voudrait, en effet, obtenir d’abord une définition de la vertu, pour pouvoir déterminer sa réponse à cette question. Dans cet effort de recherche d’une définition, Ménon va s’épuiser, et il faudra finalement l’aide d’un interlocuteur inattendu, un petit esclave de ce même Ménon, pour qu’apparaisse le principe d’une réponse vraie, dans la thèse selon laquelle « apprendre » n’est rien d’autre que « se ressouvenir ». Mais Ménon ne cessera de vouloir précipitamment revenir à la réponse dans les termes de sa question initiale. Aussi, même en adaptant la méthode, et en prenant l’avis d’Anytos (futur accusateur de Socrate) sur l’existence de maîtres de vertu, comme les Sophistes, le sens des conclusions de la discussion restera-t-il, jusqu’à la fin, entaché d’équivoque. En effet, l’absence d’une élucidation complète de la notion de vertu compromet la réussite d’une conclusion.
La fin du dialogue semble donc sans conclusion. Pourtant, l’invitation à s’exercer à se ressouvenir, invitation faite au beau milieu du dialogue, trouve, à la fin de celui-ci, un terrain propice puisqu’il « s’est passé » quelque chose. Il faudra donc chercher et se souvenir de l’idée. Un maître d’esclave comme Ménon comprend-il la leçon, en quittant Socrate ? pourra-t-il oser repenser à la discussion menée avec l’esclave pour s’y instruire ? Saura-t-il changer de regard et de manière de vivre ?

Traduction : Victor Cousin (1792-1867).

> Écouter un extrait : Partie 01.

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DIDEROT, Denis – Pensées philosophiques

Donneuse de voix : Domi | Durée : 2h 40min | Genre : Essais


Denis Diderot

Les Pensées philosophiques sont un recueil d’aphorismes que l’écrivain français Denis Diderot publia en 1746 ; c’est sa première œuvre personnelle, mais publiée anonymement et clandestinement avec une adresse fictive (La Haye). C’est l’éditeur parisien Laurent Durand, rue Saint Jacques, qui l’édite clandestinement.
« Piscis hic non est omnium » : ce poisson-là n’est pas pour tout le monde. Cette phrase qui figure sur la page de titre de la première édition montre que l’auteur a bien conscience d’y tenir des propos qui vont déranger la vision établie de la religion. L’ouvrage est d’ailleurs publié anonymement, soi-disant à La Haye. Diderot ne s’y était pas trompé : ce livre connut un succès retentissant et fut condamné au feu par arrêt du parlement de Paris du 7 juillet 1746.

L’Addition aux Pensées philosophiques est un recueil de 72 aphorismes de Denis Diderot rédigé en 1762 et paru anonymement en 1770. Comme son titre l’indique, il fait suite aux Pensées philosophiques. (Source : Wikipédia)

« On y voit un philosophe profondément affligé des obstacles de toute espèce que les préjugés religieux ont opposés aux progrès des Lumières, employer tour à tour les armes du raisonnement et du ridicule pour détruire une superstition qui, depuis vingt siècles, pèse sur l’esprit humain… » (Naingeon dans Recueil philosophique)

> Écouter un extrait : Partie 01.

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WEIL, Simone – Cahiers (Extraits)

Donneur de voix : Un veilleur | Durée : 55min | Genre : Philosophie


Simone Weil

Ces extraits sont tirés des Cahiers de 1940 et 1941, ainsi que des premiers mois de 1942. Simone Weil n’écrivait que pour elle, et dans le dessein de retrouver des idées et des vues qu’elle avait.

> Écouter un extrait : Cahiers T1 (Extraits).

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WEIL, Simone – L’Enracinement (Deuxième Partie)

Donneur de voix : Ludovic Coudert | Durée : 9h | Genre : Philosophie


Simone Weil

« Notre époque a pour mission propre, pour vocation, la constitution d’une civilisation fondée sur la spiritualité du travail. Les pensées qui se rapportent au pressentiment de cette vocation, et qui sont éparses chez Rousseau, George Sand, Tolstoï, Proudhon, Marx, dans les encycliques des papes, et ailleurs, sont les seules pensées originales de notre temps, les seules que nous n’ayons pas empruntées aux grecs. C’est parce que nous n’avons pas été à la hauteur de cette grande chose qui était en train d’être enfantée en nous que nous nous sommes jetés dans l’abîme des systèmes totalitaires. Mais, si l’Allemagne est vaincue, peut-être que notre faillite n’est pas définitive. Peut-être avons-nous encore une occasion. On ne peut pas y penser sans angoisse ; si nous l’avons, médiocres comme nous sommes, comment ferons-nous pour ne pas la manquer ?

Cette vocation est la seule chose assez grande pour la proposer aux peuples au lieu de l’idole totalitaire. Si on ne la propose pas de manière à en faire sentir la grandeur, ils resteront sous l’emprise de l’idole ; elle sera seulement peinte en rouge au lieu de brun. »

Simone Weil (1909-1943), L’Enracinement, ou Prélude à une déclaration des devoirs envers l’être humain (extrait tiré de la p. 161, éditions Champs-Flammarion, 1943).

Accéder à la première partie…

> Écouter un extrait : Partie 01.

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WEIL, Simone – Méditations sur l’économie

Donneur de voix : Ludovic Coudert | Durée : 20min | Genre : Philosophie


Simone Weil

Dans le contexte actuel de crise sanitaire et sociale, nos dettes explosent, et la France était déjà très endettée à environ 100 % de son PIB. Les États et les particuliers regardent donc l’avenir avec inquiétude. Qui pourra prêter ? rembourser ? pourra-t-on emprunter ? Mais des questions éthiques aussi ressurgissent. Comment juger de la responsabilité en matière de dettes ? La justice consiste-t-elle uniquement à payer ses dettes ? Distinguer rigoureusement et sans faiblir entre créancier et débiteur est-il le signe d’un véritable début d’équilibre économique ?

On pourra se rappeler qu’en 2008 la question de l’annulation des dettes s’était posée. En fait, elle s’est toujours posée. Dans l’Antiquité, l’esclavage pour dettes a posé de multiples problèmes. Chez les Hébreux, l’annulation des dettes était périodiquement prévue. Tout récemment, lors d’une de ses déclarations télévisées pendant le confinement, le chef de l’État français a annoncé que la dette des pays d’Afrique serait annulée. Est-ce surprenant ?

La réflexion de Simone Weil sur l’économie a pour mérite principal d’éclairer le caractère inéluctable des reports et annulations partielles ou totales des dettes. Beaucoup de situations et d’intérêts nous incitent à oublier périodiquement cela, mais ce n’est pas un hasard.

« L’économie est chose singulière. Combien de fois, depuis un certain nombre d’années, ne parle-t-on pas, soit à propos de tel ou tel pays, soit à propos du monde capitaliste dans son ensemble, d’effondrement économique ? On a ainsi l’impression, excitante et romantique, de vivre dans une maison qui, d’un jour à l’autre, peut s’écrouler. Pourtant, qu’on s’arrête un instant pour réfléchir au sens des mots, et qu’on se demande s’il y a jamais eu effondrement économique. Comme toutes les questions extrêmement simples, si simples qu’on ne songe jamais à les poser, celle-ci est propre à jeter dans un abîme de réflexions. […]

L’économie n’est pas comparable à une architecture ni les malheurs de l’économie à des effondrements.

Dans tous les domaines auxquels s’applique la pensée et l’activité humaine, la clef est constituée par une certaine notion de l’équilibre, sans laquelle il n’y a que misérables tâtonnements.»

Simone Weil, Quelques réflexions sur l’économie, 1937.

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WEIL, Simone – Quelques réflexions autour de la notion de valeur

Donneur de voix : Ludovic Coudert | Durée : 24min | Genre : Philosophie


Simone Weil

Surmonter les contradictions essentielles de la pensée, en les éliminant, c’est peut-être la valeur propre du travail et de l’œuvre poétique, si l’on en croit Paul Valéry, dans son Cours de poétique. Mais est-ce le propre de la démarche du philosophe et le sens de son travail ? « La valeur est au centre de la philosophie » déclare Simone Weil, dans la première ligne de ces Quelques réflexions autour de la notion de valeur, vraisemblablement inspirées par le propos de Valéry dont elle eut connaissance. Dans un texte, tiré du premier des Cahiers de Marseille, elle écrit en effet : « Valéry : Cours de poétique. Commence par faire entièrement abstraction de toute considération de valeur (alors qu’il ne s’agit que de valeurs), puis décrit. Procédé très instructif (mais comme procédé) pour déceler la marque en creux de la valeur. »
En considérant que, d’un côté, la philosophie a partie liée avec la valeur et que, d’un autre côté, la vie ne se sépare pas de l’affirmation de valeurs (on ne peut les traiter séparément de la vie elle-même, pour les connaître) Simone Weil relève une contradiction entre le désir de connaître la valeur et son impossible satisfaction. Elle soutient que cette contradiction appartient en propre à la valeur supérieure de la philosophie elle-même. En étant aspiration à la vérité, elle est attachement au détachement, attachement à une vie détachée et attachement à la mort finalement. C’est cette situation paradoxale qui permet au philosophe d’atteindre la vérité et la valeur de chaque chose dans une hiérarchie des biens, en libérant l’attention.
« La notion de valeur est au centre de la philosophie. Toute réflexion portant sur la notion de valeur, sur une hiérarchie de valeurs, est philosophique ; tout effort de pensée portant sur un objet autre que la valeur est, si on l’examine de près, étranger à la philosophie. Par là, la valeur de la philosophie elle-même est hors de discussion. » Le manuscrit du texte s’interrompt brutalement, après que Simone Weil a cité enfin le nom de Paul Valéry, ayant situé la doctrine élaborée par lui dans sa leçon de poétique. « Quant aux systèmes complets construits dans le dessein d’éliminer toutes les contradictions essentielles de la pensée, on comprendrait que s’ils ont une valeur, elle ne peut être que poétique ; c’est ici que l’affirmation de Valéry est tout à fait juste. » (Simone Weil, Quelques réflexions autour de la notion de valeur, 1941 Œuvres, Quarto Gallimard, p. 121).
« La tempête qui nous entoure a déraciné les valeurs, en a défait la hiérarchie, et les met toutes en question pour les peser sur la balance toujours fausse de la force. Nous du moins, pendant ce temps, mettons-les toutes en question nous aussi, chacun de nous pour son compte, pesons-les en nous-mêmes dans le silence de l’attention, et souhaitons qu’il nous soit accordé de faire de notre conscience une balance juste. » (Simone Weil, À propos de la théorie des quanta, derniers mots de ce texte signé du pseudonyme Emile Novis, dans l’édition des Œuvres en Quarto Gallimard, p. 592)

Quelques réflexions autour de la notion de valeur.

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