Livres audio gratuits de la catégorie 'Philosophie' :


DIDEROT, Denis – Miscellanea (Sélection)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 32min | Genre : Philosophie


Diderot Portrait

Diderot, comme Montaigne, avait l’habitude d’écrire sur les premiers feuillets de ses livres et sur des feuilles volantes, qu’il y insérait, les jugements qu’il portait de ces ouvrages. Il appelait ces notes ses Miscellanea. Voici six pages inédites choisies au hasard…

« Les définitions des êtres moraux se font toujours par ce que ces êtres doivent être, et jamais par ce qu’ils sont. On confond sans cesse le devoir avec la chose. » (Des idées accessoires)

« Il savait bien ce qu’il faisait cet avocat célèbre qui entremêlait dans ses plaidoyers les arguments les plus frivoles et les arguments les plus forts. Le juge en était surpris, et ne concevant pas comment un aussi habile homme se trompait aussi lourdement à la valeur des choses, l’avocat lui répondit que quand on servait un dîner pour un grand nombre de convives, il y avait des plats pour tous les appétits. » (Diversité et étendue de l’esprit)

« Plus on médite un sujet, plus il s’étend ; on trouve que c’est l’histoire de tout ce qu’on a dans la tête et de tout ce qui y manque : et cela sert d’autant mieux que les idées et les connaissances y sont plus liées ; il part tant de branches, et ces branches vont s’entrelacer à tant d’autres qui appartiennent à des sciences et à des arts divers, qu’il semble que pour parler pertinemment d’une aiguille, il faudrait posséder la science universelle. Qu’est-ce que c’est qu’une bonne aiguille ? Dieu le sait. Le découragement et le dégoût nous prennent, et dans l’impossibilité de tout dire, car il faudrait tout savoir, on se tait ; parti dont la paresse naturelle s’accommode fort bien. » (Sur la diversité de nos jugements)

> Écouter un extrait : Sur le génie.

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ROUSSEAU, Jean-Jacques – Fragments sur les mœurs

Donneur de voix : Thomas de Châtillon | Durée : 12min | Genre : Philosophie


Jean Jacques Rousseau Emile ou de l education

Quelques aphorismes ou fragments retrouvés dans les papiers de J.-J. Rousseau, classés sous le nom de Fragments sur les mœurs.
On pourra les lire dans l’édition des Œuvres complètes de la Pléiade, Tome III, dans le chapitre Fragments politiques, pp. 498-500.

> Écouter un extrait : Fragment 01.

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VOLTAIRE – Dialogues du Douteur et de l’Adorateur

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 15min | Genre : Religion


Voltaire - Dialogues philosophiques

« Le Douteur. – Vous pensez donc qu’on a corrompu la religion simple et naturelle de Jésus, qui était apparemment celle de tous les sages de l’antiquité ?
L’Adorateur. – Rien ne paraît plus évident. Il fallait bien qu’au fond il fût un sage, puisqu’il déclamait contre les prêtres imposteurs, et contre les superstitions ; mais on lui impute des choses qu’un sage n’a pu ni faire ni dire. [...] Un sage ne peut changer l’eau en vin en faveur de gens déjà ivres. Un sage ne peut envoyer des diables dans le corps de deux mille cochons dans un pays où il n’y a point de cochons. [...] Un sage, quand il dit que Dieu est son père, entend sans doute que Dieu est le père de tous les hommes : le sens dans lequel on a voulu l’entendre est impie et blasphématoire.
Si vous croyez à un Évangile, vous êtes obligé de renoncer à tous les autres. Voilà une plaisante marque de vérité qu’une contradiction perpétuelle ; voilà une plaisante sagesse que des folies qui se combattent.
Si on a fait dire à Jésus que son royaume n’est pas de ce monde, ceux qui prétendent être les successeurs de ses premiers disciples ont été, autant qu’ils l’ont pu, les tyrans du monde, et ont marché sur la tête des rois. Si Jésus à vécu pauvre, ses étranges successeurs ont ravi nos biens et le prix de nos sueurs. »

L’astuce de Voltaire est de prêter à l ‘Adorateur ces idées qu’on attendrait plutôt dans les propos du Douteur.

Dialogues du Douteur et de l’Adorateur.

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MONTAIGNE, Michel (de) – Sur l’ivrognerie

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 28min | Genre : Essais


Ivrognerie

« L’ivrognerie, quant à elle, me semble un vice grossier et bestial. Il en est d’autres auxquels l’esprit semble prendre plus de part, et il y a même des vices qui ont je ne sais quoi de noble, si j’ose dire. Il en est auxquels se mêlent la science, le zèle, la vaillance, la prudence, l’adresse et la finesse : celui-ci est purement corporel et terrestre… Les autres vices altèrent l’intelligence ; celui-ci la détruit, et s’attaque au corps.

Sous l’empire du vin,
Les membres se font lourds, les jambes se dérobent,
On titube, la langue est pâteuse, l’intelligence coule à pic,
Les yeux sont vagues, et puis ce sont des cris,
Des sanglots, des querelles…
[Lucrèce, III, 575-78] »
Puis Montaigne dans cet Essai (Livre II, Chapitre 2) change de propos, nous parle de son père, de la sagesse etc, comme à son habitude.

Traduction en français moderne de Guy Pernon.

Sur l’ivrognerie.

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MONTAIGNE, Michel (de) – De ménager sa volonté

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 10min | Genre : Essais


Porte de la Grosse Cloche, ancienne mairie de Bordeaux

« Mon opinion est qu’il faut se prêter à autrui et ne se donner qu’à soi-même. » N’accusons pourtant pas Montaigne d’égoisme, car il s’est acquitté de tous ses devoirs d’homme et de citoyen, mais il avait un grand besoin d’indépendance, à une époque très troublée. La passion est mauvaise conseillère ; nous devons défendre notre liberté aussi « contre nous-mêmes ».
Nombreuses allusions dans cet Essai (III,10) à sa charge de maire de Bordeaux : « Le maire et Montaigne ont toujours été deux d’une façon bien claire. » Il s’est consacré consciencieusement à sa tâche, mais « sans se dévouer corps et âme » comme son père.

Traduction en français moderne de Guy Pernon.

Illustration : Porte de la Grosse Cloche à Bordeaux, lithographie de Charles Mercereau (1822-1864).

De ménager sa volonté.

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TOLSTOÏ, Léon – Tu ne tueras pas

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 19min | Genre : Essais


L Tolstoi

Comment ne pas être frappé par l’actualité de cet article (à méditer) écrit par Léon Tolstoï il y a un siècle ?

« Il suffirait de se remémorer que la même oppression, les mêmes guerres ont eu lieu de tous temps, sous n’importe quel chef de gouvernement : Nicolas ou Alexandre, Frédéric ou Guillaume, Napoléon ou Louis, Palmerston ou Gladstone, Mac Kinley ou tout autre, et l’on comprendrait que ce n’est nullement tel ou tel chef qui est spécialement cause des fléaux dont souffrent les peuples. Ces fléaux sont la conséquence d’une organisation sociale unissant tellement tous les membres de la société que tous subissent le joug de quelques hommes, le plus souvent d’un seul..
Pourtant ces nations s’irritent contre les actes stupides ou méchants des maîtres qu’ils s’imposent. Or, les châtier, c’est fouetter des enfants qu’on a soi-même pervertis. »

Laissons cependant à Tolstoï la responsabilité de sa « solution » : « Que tout empereur, roi, ou président de république se rende compte que sa fonction de chef de l’armée n’est nullement honorable, ni importante, comme le lui font croire ses courtisans, mais, au contraire, nuisible et honteuse ; et, aussitôt, l’arbitraire des empereurs, rois et présidents qui nous indigne tant et qui provoque leur assassinat, disparaîtra de lui-même. »

Traduction anonyme pour les éditions L’Idée Libre (1914).

Tu ne tueras pas.

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MONTAIGNE, Michel (de) – Sur l’art de conférer

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 20min | Genre : Essais


L'Art de conférer

Pascal qui n’aimait pas Montaigne l’appelle pourtant avec admiration : « l’incomparable auteur de L’Art de conférer » (Essais III, chapitre 8).
« Le plus fructueux et naturel exercice de notre esprit, c’est à mon gré la conférence. » écrit notre Gascon.

Le mot de « conférence » désignait au XVIème siècle une conversation (terme employé dans notre traduction moderne) ou une discussion plutôt qu’un exposé fait en public et pour Montaigne c’est aussi tout débat, toute communication orale, toute joute pour atteindre la vérité.

Quelques extraits : Comme on interrogeait Mélanthios sur ce qu’il pensait de la tragedie de Denys l’Ancien : « Je ne l’ai point vue, dit-il, tant elle est obscurcie par son langage. » La plupart de ceux qui jugent les discours des grands de ce monde devraient dire aussi :
« Je n’ai pas entendu ce qu’il disait, tant cela était obscurci par la gravité, la grandeur et la majesté. »

« Nous n’aimons guère la critique, et il faudrait au contraire la rechercher et s’y soumettre, quand elle se présente sous la forme de discussion et non de discours magistral. Quand on rencontre une opposition, on ne se demande même pas si elle est fondée, mais comment s’en débarrasser, à tort ou à raison. Au lieu de lui tendre la main, nous lui sortons les gri ffes. »

Traduction en français moderne de Guy Pernon.

Sur l’art de la conversation.

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LUCRÈCE – De natura rerum : Les Phénomènes terrestres (Livre VI, Extrait)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 40min | Genre : Poésie


Lucrece

Lucrèce (1er siècle av. JC) a écrit en vers le monde selon les principes d’Épicure (341-270 av. JC) dont la physique est en gros une reprise de l’atomisme de Démocrite. Cet atomisme est un matérialisme radical qui sert la passion antireligieuse du poète et invite à connaître la nature pour la démystifier et railler les causes magiques qui entretiennent les superstitions. Dans le livre VI du De natura rerum il étudie les phénomènes célestes, terrestres et humains qui effraient l’homme. Les phénomènes terrestres dont il nous propose une explication sont : 1) Les tremblements de terre 2) Pourquoi la mer ne s’accroît-elle pas ? 3) Les volcans 4) Les crues du Nil 5) Les lacs à émanations pestilentielles 6) Les puits et les sources extraordinaires 7) Les propriétés magnétiques de l’aimant.
La science a évolué mais ces vues d’il y a 22 siècles valent d’être connues… À signaler pour les auditeurs passionnés par ces problèmes l’ouvrage de Michel Serres : La Naissance de la physique dans le texte de Lucrèce : Fleuves et turbulences 1977.

Traduction en vers d’André Lefèbvre (1834-1904) .

Les Phénomènes terrestres.

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