Livres audio gratuits de la catégorie 'Poésie' :


MUSÉE – Héro et Léandre (Poème grec)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 30min | Genre : Poésie


Ferdinand Keller - Héro trouvant Léandre

Léandre, jeune Grec de la ville d’Abydos, était aimé de Héro, prêtresse à Sestos, ville placée en face d’Abydos, sur les bords de l’Hellespont. Pour aller voir Héro, Léandre traversait tous les soirs l’Hellespont à la nage ; un flambeau allumé par son amante sur une tour élevée lui servait de phare. Léandre se noya pendant une tempête et fut jeté par la mer au pied de la tour de Héro qui, le reconnaissant le lendemain matin, se précipita du haut de cet édifice et se tua ainsi auprès de son amant.
Une fin qui rappelle (ou plutôt qui annonce) celle des couples célèbres Tristan et Yseult et Roméo et Juliette où l’un refuse de survivre à la mort de l’autre.

L’auteur grec Musée (en grec ancien Μυσαῖος), dit le Grammairien, est un poète égyptien de langue grecque, mais sa vie et son poème Héro et Léandre de plus de 300 vers ont donné lieu a des interprétations très diverses.
Ovide mentionne souvent dans ses vers cette histoire tragique : « Tu aurais souvent pu, ô Léandre ! te priver de ton amie ; tu passais le détroit pour qu’elle connût ton courage ». Rappelant ailleurs le dernier trajet où périt Léandre : « Plus d’une fois, dit-il, le jeune amant de Héro avait passé les ondes à la nage, et il les aurait encore passées cette dernière fois, mais sa route était ténébreuse ».
Virgile de même.

Traduction : J.-F. Grégoire et François-Zénon Collombet (1808-1853), 1834.

Illustration : Ferdinand Keller, Héro trouvant Léandre.

Héro et Léandre.

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LAMARTINE, Alphonse (de) – La Naissance du duc de Bordeaux (Poème)

Donneuse de voix : Christiane-Jehanne | Durée : 11min | Genre : Poésie


François Gérard - La Duchesse de Berry et ses deux enfants après la mort de son époux en 1822

Voici la 17ème des Méditations poétiques, édition de 1860 : La Naissance du duc de Bordeaux.

Extraits :
« Il est né, l’enfant du miracle,
Héritier du sang d’un martyr !
Il est né d’un tardif oracle,
Il est né d’un dernier soupir !
Aux accents du bronze qui tonne
La France s’éveille, et s’étonne
Du fruit que la mort a porté !
Jeux du sort ! merveilles divines !
Ainsi fleurit sur des ruines
Un lis que l’orage a planté.
[...]
Il saura qu’aux jours où nous sommes,
Pour vieillir au trône des rois,
Il faut montrer aux yeux des hommes
Ses vertus auprès de ses droits ;
Qu’assis à ce degré suprême,
Il faut s’y défendre soi-même,
Comme les dieux sur leurs autels ;
Rappeler en tout leur image,
Et faire adorer le nuage
Qui les sépare des mortels ! »

Texte suivi de son commentaire par Alphonse de Lamartine.
Extrait :
« La naissance de cet enfant parut une vengeance du ciel contre l’assassin, une bénédiction miraculeuse du sang des Bourbons. J’étais loin de la France quand j’appris cet événement : il inspira ma jeune imagination autant que mon cœur. J’écrivis sous cette inspiration. »

Ce texte est à rapprocher du Livre 25 des Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand, qui évoque la mort du duc de Berry, père du duc de Bordeaux.

Illustration : François Gérard, La Duchesse de Berry et ses deux enfants après la mort de son époux en 1822.

Licence Creative Commons

La Naissance du duc de Bordeaux.

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LEOPARDI, Giacomo – À Angelo Maï, quand il eut trouvé la République de Cicéron (Poésie)

Donneuse de voix : Christiane-Jehanne | Durée : 12min | Genre : Poésie


Angelo Mai

Voici le troisième texte poétique du recueil Poésies et œuvres morales : À Angelo Maï, quand il eut trouvé la République de Cicéron (1820).

Extraits :
« Courageux Italien, dans quel dessein ne cesses-tu jamais d’éveiller nos pères dans leurs tombes et les mènes-tu parler à ce siècle mort, sur lequel pèse un tel nuage d’ennui ?
[...]
Reviens, reviens parmi nous, sors de ton sépulcre muet et désolé, si tu es désireux d’angoisse, ô misérable exemple d’infortune ! La vie d’alors te parut triste et affreuse : la nôtre est encore pire. Ô ami, qui te plaindrait ? on n’a souci que de soi-même. Qui n’appellerait encore insensé ton mortel chagrin, aujourd’hui que ce qui est grand et rare se nomme folie. Ce n’est plus l’envie, c’est l’indifférence, bien plus dure que l’envie, qui attaque les grands hommes. Les chiffres sont plus écoutés que la poésie, et qui aujourd’hui t’apprêterait le laurier une seconde fois ? »

On trouvera ici des renseignements intéressants sur Angelo Maï, cardinal et philologue italien.

Traduction : Alphonse Aulard (1849-1928).

Illustration : Angelo Maï (1782-1854).

Licence Creative Commons

À Angelo Mai, quand il eut trouvé la République de Cicéron.

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LAMARTINE, Alphonse (de) – La Charité, hymne oriental (Poésie)

Donneuse de voix : Christiane-Jehanne | Durée : 3min | Genre : Poésie


Ciel, atmosphère

Voici la 16ème des Méditations poétiques, édition de 1860 : La Charité, hymne oriental, 1846.

« Dieu dit un jour à son soleil :
Toi par qui mon nom luit, toi que ma droite envoie
Porter à l’univers ma splendeur et ma joie,
Pour que l’immensité me loue à son réveil ;
De ces dons merveilleux que répand ta lumière,
De ces pas de géant que tu fais dans les cieux,
De ces rayons vivants que boit chaque paupière,
Lequel te rend, dis-moi, dans toute ta carrière,
Plus semblable à moi-même et plus grand à tes yeux ? »

Illustration : Ciel, atmosphère.

Licence Creative Commons

La Charité, hymne oriental.

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LEOPARDI, Giacomo – Sur le monument de Dante qu’on préparait à Florence (Poème)

Donneuse de voix : Christiane-Jehanne | Durée : 11min | Genre : Poésie


Dante Alighieri

Voici le deuxième texte poétique du recueil Poésies et œuvres morales : Sur le monument de Dante qu’on préparait à Florence (1818).

Extraits :
« Quoique la paix rassemble nos peuples sous ses blanches ailes, les âmes italiennes ne se délivreront jamais des liens de l’antique sommeil, si cette terre prédestinée ne se retourne vers les exemples paternels de l’âge ancien. Ô Italie, prends à cœur de faire honneur aux hommes du passé : car tes contrées sont veuves aujourd’hui de tels hommes et il n’en est pas qui méritent que tu les honores. Tourne-toi en arrière et regarde, ô ma patrie, cette troupe infinie d’immortels, et pleure et irrite-toi contre toi-même : car désormais la douleur est sotte sans la colère. Tourne-toi, aie honte et éveille-toi : sois une fois mordue par la pensée de nos aïeux et de nos descendants.
[...]
Avons-nous péri pour toujours ? et notre honte n’a-t-elle aucune fin ? Moi, tant que je vivrai, j’irai criant partout : Tourne-toi vers tes aïeux, race dégénérée, regarde ces ruines, ces livres, ces toiles, ces marbres et ces temples. Pense quelle terre tu foules ; et si la lumière de tels exemples ne peut t’éveiller, qu’attends-tu ? Lève-toi et pars. »

Traduction : Alphonse Aulard (1849-1928).

Illustration : Dante Alighieri, gravure d’après la fresque de Giotto di Bondone (XIVe).

Licence Creative Commons

Sur le monument de Dante qu’on préparait à Florence.

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DIVERS – Allitérations poétiques

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 6min | Genre : Poésie


« Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes. »

Les Allitérations, la recherche d’Harmonies imitatives, tel le fameux vers de Racine :

« Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes. »
(S – Racine, Andromaque)

abondent dans notre poésie française. Petite récréation pour mémoire :

« Un effroyable cri sorti du fond des flots. »
(F – Racine, Phèbre, V, 6)

« Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille
Les feuilles
Qu’on foule »
(F – Apollinaire, Automne malade)

« Des blancs sanglots glissant sur l’azur des corolles »
(L – Mallarmé, Apparition)

« Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m‘aime
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m‘aime et me comprend »
(M et TR – Verlaine, Mon rêve familier)

« Avec grand bruit et grand fracas
Un torrent tombait des montagnes :
Tout fuyait devant lui ; l’horreur suivait ses pas ;
Il faisait trembler les campagnes. »
(R – La Fontaine, Le Torrent et la rivière)

« Sa croupe se recourbe en replis tortueux »
(R – Racine, Phèdre, V, 6)

« Il est de forts parfums pour qui toute matière
Est poreuse. On dirait qu’ils pénètrent le verre.
En ouvrant un coffret venu de l’Orient
Dont la serrure grince et rechigne en criant »
(R – Baudelaire, Le Flacon)

« De ce sacré Soleil dont je suis descendue »
(S – Racine, Phèdre, I)

« Il écoute chanter leurs haleines craintives
Qui fleurent de longs miels végétaux et rosés,
Et qu’interrompt parfois un sifflement, salives
Reprises sur la lèvre ou désirs de baisers.
Il entend leurs cils noirs battant sous les silences
Parfumés ; et leurs doigts électriques et doux
Font crépiter parmi ses grises indolences
Sous leurs ongles royaux la mort des petits poux.
Voilà que monte en lui le vin de la Paresse,
Soupir d’harmonica qui pourrait délirer ;
L’enfant se sent, selon la lenteur des caresses,
Sourdre et mourir sans cesse un désir de pleurer. »
(S – Rimbaud, Les Chercheurs de poux)

« Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité. »
(R – La Fontaine, Le Loup et l’agneau)

« Triton trottait devant, et tirait de sa conque,
des sons si ravissants qu’il ravissait quiconque. »
(T – Hugo, Les Misérables)

« Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté »
(TR – Rimbaud, Le Dormeur du val)

« Qu’est-ce qui flambe file fume…
Ce brasier du bronze et des brumes »
(F et BR – Aragon, Le Roman inachevé)

« Viens, mon fils, viens, mon sang, viens réparer ma honte,
Viens me venger.
[...]
Va, cours, vole,et nous venge »
(V – Corneille, Le Cid, I, 5)

« Un frais parfum sortait des touffes d’asphodèles
[...]
Les parfums de la nuit flottaient sur Galgala »
(F et L – Hugo, Booz endormi)

L’allitération peut être une cacophonie comique :

« Tonton, ton thé t’a-t-il ôté ta toux ? »

« Non, il n’est rien que Nanine n’honore »
(Voltaire, Nanine)

« Ces six chauds chocolats-ci sont-ils aussi chauds quand ces six chocolats-là font leurs show ? »

« – As-tu vu le ver vert vers le verre en verre vert ? »

« – Je veux et j’exige d’exquises excuses ! »

« – Ces cyprès sont si loin qu’on ne sait si c’en sont. » etc etc

Mais là on s’éloigne de la poésie !

Allitérations poétiques.

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LAMARTINE, Alphonse (de) – La Gloire (Poème)

Donneuse de voix : Christiane-Jehanne | Durée : 17min | Genre : Poésie


Torquato Tasso, dit Le Tasse

Voici la quinzième des Méditations poétiques : La Gloire (édition 1860).
Ce poème est dédié à Manoël, à un « poète exilé ».

« Généreux favoris des filles de Mémoire,
Deux sentiers différents devant vous vont s’ouvrir :
L’un conduit au bonheur, l’autre mène à la gloire ;
Mortels, il faut choisir.
[…]
Rougis plutôt, rougis d’envier au vulgaire
Le stérile repos dont son cœur est jaloux :
Les dieux ont fait pour lui tous les biens de la terre ;
Mais la lyre est à nous. »

Cette belle Méditation est suivie de son commentaire :
« [Cette ode…] me fut inspirée à Paris en 1817, par les infortunes d’un pauvre poëte portugais appelé Manoël. Après avoir été illustre dans son pays, chassé par des réactions politiques, il s’était réfugié à Paris, où il gagnait péniblement le pain de ses vieux jours en enseignant sa langue. »

À défaut d’un portrait de Manoël, voici celui de Torquato Tasso, dit Le Tasse (1577).

Licence Creative Commons

La Gloire, avec fond musical.

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OVIDE – Les Amours (Livre 02)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 15min | Genre : Poésie


Casa di Marte e Venere

Le 26 avril 2011 nous publiions les 15 élégies du premier livre de Les Amours d’Ovide. Six ans après voici les 19 élégies du livre II.

Nous avons isolé, pour la donner en exemple, la quatrième, autobiographique, de ce Don Juan, Lovelace, Casanova ou Sade du premier siècle de notre ère.

« La force me manque pour maîtriser mes passions. Je m’y laisse entraîner, comme l’esquif emporté par les flots rapides. Ce n’est point une seule beauté qui stimule mes amours ; j’ai cent motifs pour aimer toujours.
Une belle tient-elle devant moi ses yeux modestement baissés ? mon cœur s’enflamme, et sa pudeur est le piège où je me laisse prendre. Celle-ci se montre-t-elle agaçante ? je succombe parce qu’elle n’est point novice, et qu’elle me promet mille plaisirs sur un lit moelleux. Si j’en vois une dont l’air farouche rappelle la rigidité des Sabines ; je pense qu’elle a des désirs, mais qu’elle les cache sous cet air de grandeur. Êtes-vous savante ? vous me plaisez par vos rares talents ; ignorante ? votre simplicité me charme. »

Traduction : Désiré Nisard (1806-1888).

Illustration: Fresque de la Casa di Marte e Venere à Pompéi.

> Écouter un extrait : Élégie 04.

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