Livres audio gratuits de la catégorie 'Société' :


SAND, George – Lettre aux membres du Comité central (1848)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 25min | Genre : Histoire


Alcide-Joseph Lorentz - George Sand

La IIe République venait d’instaurer le suffrage universel mais, on le sait, uniquement masculin. À la faveur des élections d’avril 1848, les femmes choisirent George Sand pour les représenter à l’Assemblée nationale, sans consulter l’intéressée. Une manipulation qu’elle n’apprécia pas. En outre, elle n’était pas favorable au vote des femmes dans l’état actuel de la société, comme elle le répète plusieurs fois.

Le contenu de Lettre (inachevée) aux membres du Comité central (avril 1848) se relit avec une attention particulière à la lumière des droits acquis ou refusés aux femmes depuis la seconde République.

« La femme étant sous la tutelle et dans la dépendance de l’homme par le mariage, il est absolument impossible qu’elle présente des garanties d’indépendance politique, à moins de briser individuellement et au mépris des lois et des mœurs, cette tutelle que les mœurs et les lois consacrent. […] Je dirai toute ma pensée sur ce fameux affranchissement de la femme dont on a tant parlé dans ce temps-ci. Je le crois facile et immédiatement réalisable, dans la mesure que l’état de nos mœurs comporte. Il consiste simplement à rendre à la femme les droits civils que le mariage seul lui enlève, que le célibat seul lui conserve ; erreur détestable de notre législation qui place en effet la femme dans la dépendance cupide de l’homme, et qui fait du mariage une condition d’éternelle minorité. »

« En y réfléchissant, on trouverait beaucoup d’autres fonctions auxquelles les femmes sont appelées par la nature et la Providence ; mais lorsqu’il s’agit de leur attribuer des droits politiques de la même nature que ceux des hommes, il y a beaucoup à dire, pour et contre.
Les femmes doivent-elles participer un jour à la vie politique ? Oui, un jour, je le crois avec vous, mais ce jour est-il proche ? Non, je ne le crois pas, et pour que la condition des femmes soit ainsi transformée, il faut que la société soit transformée radicalement. »

Lettre aux membres du Comité cental.

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JANIN, Jules – La Dévote

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 50min | Genre : Arts


La Dévote

Jules Janin (1804-1874), plusieurs fois présent sur le site, était écrivain et journaliste ; surnommé « le prince des critiques » il est devenu académicien successeur de Sainte-Beuve.

La Dévote est un long texte satirique qui dénonce la société de ses contemporains et fait l’éloge de la femme vraiment pieuse dont il suit la vie depuis sa naissance. Nous sommes habitués à ses grandes envolées lyriques et humoristiques, mais aujourd’hui il est particulièrement féroce.

« Grâce à Dieu, il n’est pas de révolution en ce monde qui, à le bien prendre, n’ait en soi quelque chose de bon. La révolution de juillet, par exemple, nous a délivrés à tout jamais d’un abominable fléau qui menaçait de reparaître dans nos mœurs, je veux dire l’hypocrisie religieuse, la pire espèce de toutes les hypocrisies. Quand tous les honnêtes gens qui croient encore en Dieu, et qui n’ont pas relégué l’Évangile avec les livres des philosophes, ont pu aller à l’église tête levée sans être soupçonnés d’ambition ou de flatterie, l’église s’est remplie, à toutes les heures du jour, d’une noble foule. Les honnêtes gens ne se sont plus cachés pour y venir. »

La Dévote.

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AGNEL, Émile – Procès contre les animaux

Donneuse de voix : Sisyphe | Durée : 47min | Genre : Société


Procès

Quiconque à jamais vécu à la campagne sait que certains animaux tels les porcs adultes peuvent être particulièrement dangereux.
Un animal de ferme tue/mutile un enfant. Comment réagir ?

Le bon sens voudrait que l’on sanctionne le propriétaire imprudent et non l’animal irresponsable. Mais nous sommes au Moyen Âge, siècles pétris de peurs où la superstition (plus que la croyance religieuse) est invoquée pour sauver l’homme de sa supposée ingérence naturelle, du dit mal originel qui le ronge, et de la fatalité qui l’accable.

Alors, que viennent les protections de la justice et ses rituels administratifs, les admonestations, les excommunications contre les animaux et, à travers eux, ce qu’ils représentent : l’instinct, l’affranchissement des règles du jeu social, l’absence de contrôle, l’imprévisible, le Mal peut-être ?

Procès contre les animaux.

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RYNER, Han – Les Artisans de l’avenir

Donneuse de voix : Domi | Durée : 42min | Genre : Discours


Han Ryner

Han Ryner (1861-1938), refusant toute doctrine imposée et déniant la séparation, qu’il estime artificielle, en nations et en classes, se montre toujours très sceptique quant à l’efficacité des révolutions violentes, leur préférant les méthodes de non-coopération. Mais il considère qu’aucune société réellement humaine ne pourrait advenir sans une révolution intérieure opérée par chaque individu en lui-même. (Source : Wikipédia)

« Nous voudrions contribuer à faire que l’avenir soit fraternel. Désir qui certes n’a rien d’original et de nouveau, désir […] probablement aussi ancien que l’existence même de l’homme. A voir que ce désir dure depuis plusieurs millénaires et qu’il n’a pas encore commencé sa réalisation est-ce que nous ne tirerons pas divers enseignements ? Et, à côté de ces enseignements, est-ce que nous en tirerons quelques encouragements ou quelques découragements ? Nous en tirerons des enseignements de patience, mais aussi des enseignements de persévérance ; des enseignements de prudence, mais aussi, malgré l’apparence première, des encouragements. Car, nous le constatons par bien des exemples, tous les désirs que l’homme a portés en lui pendant longtemps, tous les désirs assez essentiels pour qu’il n’y ait pas renoncé au long des siècles, il finit par les réaliser. Mais il les réalise après des millénaires, et après des échecs innombrables. Or il faut que les échecs ne nous découragent jamais et il faut qu’ils nous instruisent toujours. »

« Mes Chers Amis, chacun de nous peut une chose, chacun de nous peut produire en lui-même un homme tel qu’il rêve les hommes futurs. Que chacun de nous réalise cet acte qui paraît d’abord médiocre et qui est le plus merveilleux et le plus rare des chefs-d’œuvre. Que chacun de nous se sculpte et se réalise comme il rêve l’homme de plus tard. Et, dans les laideurs et les tristesses même du présent nous formerons déjà un bien merveilleux oasis de bonté et d’amour. »

Puissent ces deux extraits du texte de Han Ryner, Les Artisans de l’avenir, donner envie de lire ou d’écouter dans son intégralité…

Les Artisans de l’avenir.

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BLANC, Louis – Organisation du travail

Donneuse de voix : Sisyphe | Durée : 6h | Genre : Essais


Louis Blanc

Une dénonciation de la concurrence, de la misère et de l’aliénation de l’être humain abandonné à son ignorance ; un cri de ralliement durant la Monarchie de Juillet (1830-1848) pour une juste répartition des bénéfices de l’entreprise via la mise en place d’ateliers sociaux (livre 1) ; une remise en question du droit d’auteur et une réflexion sur le rôle des intellectuels (livre 2) ; voici L’Organisation du travail, texte rédigé par Louis Blanc dans une édition de 1847, et pourtant aux accents si actuels (exploitation par le travail, libéralisme, État providence, injustice sociale, travail des enfants, dénigrement du travail manuel, culture de masse, légitimité des droits patrimoniaux…).

> Écouter un extrait : Chapitre 00.

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MARX, Karl – Travail salarié et capital

Donneuse de voix : Albatros | Durée : 2h | Genre : Histoire


Père Peinard - Capital et travail

« Maintenant que nos lecteurs ont vu se développer la lutte de classe en l’année 1848 sous des formes politiques colossales, il est temps d’approfondir les rapports économiques eux-mêmes sur lesquels se fondent l’existence de la bourgeoisie et sa domination de classe ainsi que l’esclavage des ouvriers.

Nous chercherons à faire un exposé aussi simple et populaire que possible, et sans supposer connues à l’avance les notions les plus élémentaires de l’économie politique. Nous voulons être compréhensible pour les ouvriers. »

« Quelle est donc la loi générale qui détermine la hausse et la baisse du salaire et du profit dans leurs relations réciproques ? Ils sont en rapport inverse. La part du capital, le profit, monte dans la mesure même où la part du travail, baisse, et inversement [...] les intérêts du capital et les intérêt du travail salarié sont diamétralement opposés.

Même la situation la plus favorable pour la classe ouvrière, l’accroissement le plus rapide possible du capital, quelque amélioration qu’il apporte à la vie matérielle de l’ouvrier [...] profit et salaire sont, après comme avant, en raison inverse l’un de l’autre. [...] l’abîme social qui le sépare du capitaliste s’est élargi.

[...] Toute réforme sociale reste une utopie jusqu’au moment où la révolution prolétarienne et la contre-révolution féodale se mesureront par les armes dans une guerre mondiale. » (Karl Marx, Travail salarié et capital)

Avec une introduction de Friedrich Engels, 1891.

Traduction : Charles Longuet (1839-1903) et Eduard Bernstein (1850-1932).

> Écouter un extrait : Introduction de Friedrich Engels.

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PHILIPPE, Charles-Louis – La Mère et l’enfant

Donneuse de voix : Domi | Durée : 4h 28min | Genre : Société


Charles-Louis Philippe

« Je crois être en France le premier d’une race de pauvres qui soit allée dans les lettres », écrivait Charles-Louis Philippe (1874-1909).

Fils d’un sabotier, issu d’un milieu très pauvre, il poursuit ses études grâce à une bourse.
Au début de l’année 1908, il appartient au mouvement qui décide de créer La Nouvelle Revue française.

Le livre La Mère et l’enfant est un hommage à sa mère.

« [...] ce livre, maman, on croira que je l’ai fini sans penser à toi. Mais non. J’ai dit d’abord II n’y aura que maman dans ce livre. C’est parce que je ne me rappelais que des instants heureux or j’ai subi beaucoup de malheurs. C’est la Vie qui se dresse entre nos mères et nous, et qui les cache. Mais nous les aimons quand même, et si nous sommes tristes parfois c’est quand la Vie nous empêche de penser à nos mères. Tu prendras des lunettes pour lire ces phrases. Tu épelleras mot à mot en disant C’est un gros livre plein de mots. Eh bien, maman, chacun de ces mots est pour toi. Ma vie de fils, la voici racontée. Maintenant, je gagne 3 fr.75 par jour, et c’est ma vie d’homme qui commence. »

> Écouter un extrait : Chapitre 01.

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BAUDELAIRE, Charles – Le Haschisch

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 28min | Genre : Essais


Charles Baudelaire - Autoportrait sous l'effet du haschisch

La troisième section des Paradis artificiels est intitulée par Baudelaire Du vin et du haschisch comparés comme moyens de multiplication de l’individualité.
Le chapitre sur Le Vin a été publié sur notre site et voici celui sur Le Haschisch (préparation obtenue à partir du cannabis).

« L’idée m’est venue de parler du vin et du haschisch dans le même article, parce qu’en effet il y a en eux quelque chose de commun : le développement poétique excessif de l’homme. »

Mais Baudelaire qui connaît bien les effets des deux substances (il a découvert le haschich en 1843 à 22 ans, c’est-à-dire sa première cuillère de confiture verte cannabique) insiste sur leur opposition : « Le vin exalte la volonté ; le haschisch l’annihile. Le vin est support physique ; le haschisch est une arme pour le suicide. Le vin rend bon et sociable ; le haschisch est isolant… Le vin est utile, il produit des résultats fructifiants. Le haschisch est inutile et dangereux. »

Il décrit clairement les trois phases par lesquelles passe le fumeur (hilarité, sensation de fraîcheur aux extrémités, hallucinations) et précise :
« J’ai raconté à peu de chose près les phénomènes qui se produisent généralement, sauf quelques variantes, chez les esprits artistiques et philosophiques. Mais il y a des tempéraments chez qui cette drogue ne développe qu’une folie tapageuse. »

Une mise en garde pour finir :
« On dit que cette substance ne cause aucun mal physique. Cela est vrai, jusqu’à présent du moins. Car je ne sais pas jusqu’à quel point on peut dire qu’un homme qui ne ferait que rêver et serait incapable d’action, se porterait bien… Mais c’est la volonté qui est attaquée, et c’est l’organe le plus précieux. »

Le Haschisch.

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