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MARX, Karl – Le Capital (Livre Premier, Première Section)

Donneuse de voix : Albatros | Durée : 8h 49min | Genre : Histoire


Karl Marx

Livre premier : Le Développement de la production capitaliste – Première section : La Marchandise et la monnaie (traduction de J. Roy entièrement révisée par l’auteur, 1872).

Dans cette première section, point de capitalistes ni de prolétaires, encore. Marx nous parle de la marchandise, cette forme sous laquelle, à notre époque capitaliste, se présentent pratiquement tous les produits du travail, tous les biens utiles (cela n’a pas été le cas en tous temps) ; cette forme dont les lois et contradictions – qu’élucide ici Marx, gouvernent les producteurs-échangistes, au lieu qu’ils puissent se gouverner eux-mêmes ; cette forme, dont Marx ne fait ici qu’esquisser le dépassement dans une époque future où les hommes deviendraient libres et maître de leur destin.

« La vie sociale, dont la production matérielle et les rapports qu’elle implique forment la base, ne sera dégagée du nuage mystique qui en voile l’aspect, que le jour où s’y manifestera l’œuvre d’hommes librement associés, agissant consciemment et maîtres de leur propre mouvement social. »

Pour l’instant, Marx nous emmène au marché observer un tisserand y échanger avec un tailleur 20 mètres de toile contre un habit. De cet échange sans malice – apparemment -, il tire une première abstraction, une équation toute simple : 20 mètres de toile = 1 habit. À partir de là, Marx perce les énigmes, avant lui irrésolues, de l’économie politique : qu’est-ce qui détermine la valeur d’une marchandise ? Les marchandises s’échangent-elles conformément à leur valeur ? Comment ? Qu’est-ce qui détermine leur prix ? Pourquoi l’or sert-il de mesure de valeur des marchandises ? Et comment sert-elle de monnaie ? Comment des billets en papier – ou de simple symboles -, peuvent-ils remplacer l’or ? Qu’est-ce qui détermine la quantité d’or nécessaire dans un pays ? Etc.

Cette version audio est disponible ici avec ou sans les notes. Cette dernière ne dure plus que 5h55.

Certaines incertitudes, quant au texte de 1872 (disponible sur Gallica), ont été levées en croisant la traduction des Éditions sociales (1971) ; celle de l’édition Quadrige, sous la responsabilité de Jean-Pierre Lefebvre – qui avait accès aux notes manuscrites de Marx ; la première édition allemande, 1867.
Certains errata signalés en fin de texte (1872) ont été intégrés à la version enregistrée, mais pas tous.

Traduction : Joseph Roy (18..-18..).

Une autre version texte est disponible sur Wikisource.

Illustration : Karl Marx (Le Capital, édition française de 1872).

> Écouter un extrait : Préface.

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KANT, Emmanuel – Critique du jugement esthétique

Donneur de voix : Gauthier Manesse | Durée : 7h 26min | Genre : Philosophie


Emmanuel Kant

La « critique de la faculté de juger esthétique » est la première partie de la Critique de la faculté de juger, ou Critique du jugement, de Kant. Il y analyse le beau et le sublime, à la fois dans la nature et dans les arts. La satisfaction relative au beau est distinguée de deux autres formes de satisfaction : celle liée à « l’agréable » et celle liée au « bien ». La satisfaction liée à l’agréable est purement sensible et personnelle. Par exemple j’aime bien ce vin, mais si vous ne l’aimez pas, je comprends et cela me semble normal que nous ayons des goûts différents. « Des goûts et des couleurs, on ne discute pas ». Le satisfaction liée à ce qui est bien par contre (par exemple la satisfaction de voir quelqu’un porter secours à quelqu’un d’autre) est intellectuelle et on peut la présupposer aussi chez les autres. Quant au plaisir lié au beau, il est assez ambigu car il se situe entre les deux : il passe par la sensibilité, mais en qualifiant quelque chose de « beau » on s’attend à ce que les autres soient d’accord ; le jugement de goût a une prétention à l’universalité. D’ailleurs, de fait nous discutons et argumentons avec les autres quand ils ne sont pas d’accord avec nos jugements de goût. Kant se demande entre autres si cette prétention à l’universalité est justifiée.

Traduction : Jules Barni (1818-1878).

> Écouter un extrait : 02. Analytique du beau.

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KLEIST, Heinrich (von) – L’Enfant trouvé

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 40min | Genre : Nouvelles


L'Enfant trouvé

Heinrich von Kleist (1777-1811) est un écrivain allemand, poète, dramaturge et essayiste qui a signé, entre autres, Le Tremblement de terre du Chili et L’Enfant trouvé dont la rédaction (sujet, lieu, personnages, action) rappelle curieusement les nouvelles de Boccace qui ont vu le jour cinq siècles plus tôt.

« Arrivé hors des portes de la ville, il considéra pour la première fois avec attention le jeune enfant. Il était d’une beauté assez remarquable : ses cheveux noirs tombant en boucles se jouaient sur son front et ombrageaient un visage sérieux, dont l’expression ne changeait point. Piachi lui fit plusieurs questions auxquelles il répondit très brièvement. Silencieux et rentré en lui-même, il promenait des regards pensifs tout autour sur la campagne. De temps en temps il tirait de sa poche une poignée de noix, et tandis que Piachi, tout entier à sa douleur, essuyait les larmes qui inondaient ses yeux, il les cassait entre ses dents avec une vivacité un peu sauvage. »

Ne croirait-on pas lire des lignes du Décaméron : « Déjà à l’âge de quinze ans il fut, grâce à ces moines, en proie à la séduction d’une certaine Xaviera Tartini, maîtresse de l’évêque ; et quoique les vives représentations de ses parents l’eussent engagé à rompre cette liaison, Elvire eut plusieurs raisons de croire qu’il n’y avait point renoncé tout-à-fait. » ?

Traduction : A.-I. (Adrienne J. Cherbuliez, 1804-18..) et Joël Cherbuliez (1806-1870).

L’Enfant trouvé.

> Télécharger le mp3 (Clic-droit, « Enregistrer sous… »)


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KANT, Emmanuel – Prolégomènes à toute métaphysique future

Donneuse de voix : Bruissement | Durée : 6h 57min | Genre : Philosophie


Emmanuel Kant

« Dégoûté par conséquent du dogmatisme qui ne nous apprend rien, aussi bien que du scepticisme, qui ne nous laisse aucun espoir, pas même celui du repos dans une légitime ignorance, excité par l’importance de la connaissance dont nous avons besoin, et rendu circonspect par une longue expérience à l’égard de toute connaissance que nous croyons posséder, ou qui s’offre à nous sous le couvert de la raison pure, il ne nous reste plus qu’une question critique, à la solution de laquelle nous ayons à nous appliquer désormais : une métaphysique est-elle absolument possible. Mais cette question doit être résolue non par des doutes sceptiques touchant certaines affirmations d’une métaphysique réelle (car nous n’en reconnaissons aucune pour le moment), mais d’après la notion encore toute problématique d’une pareille science.

Dans la Critique de la raison pure, j’ai traité cette question synthétiquement ; c’est-à-dire que j’ai fait mes recherches dans la raison pure même, et que j’ai essayé d’établir d’après des principes dans cette source même et les éléments et les lois de son usage. Ce travail est difficile, et demande un lecteur résolu de suivre par la pensée un système qui est encore sans autre fondement donné que la raison même, et qui par conséquent, sans s’appuyer sur un fait quelconque, cherche à faire sortir la connaissance de son germe primitif. Des prolégomènes doivent être au contraire des préludes ; ils doivent plutôt indiquer ce qui est à faire pour constituer une science autant que possible, qu’exposer la science même. Ils doivent donc s’appuyer sur quelque chose que l’on connaît déjà passablement, d’où l’on peut partir avec confiance et s’élever aux sources que l’on ne connaît pas encore, et dont la découverte nous expliquera non seulement ce qu’on savait, mais aussi l’étendue de beaucoup de connaissances qui proviennent toutes des mêmes sources. Le procédé méthodique des prolégomènes, de ceux-là surtout qui doivent préparer à une métaphysique future, sera donc analytique. »

Traduction : Joseph Tissot (1801-1876).

> Écouter un extrait : .

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LUTHER, Martin – La Liberté chrétienne

Donneuse de voix : Plume | Durée : 1h 40min | Genre : Religion


Martin Luther par Lucas Cranach (1529)

Peut-on gagner sa place au paradis à force de bonnes actions et d’œuvres de piété ? À la belle époque des indulgences, le moine Martin Luther défend une thèse révolutionnaire : le salut, la vie éternelle, le paradis (quel que soit le nom qu’on lui donne) ne se gagne que par la foi seule. Dans ce court ouvrage, il répond à ses détracteurs et explique avec beaucoup de clarté sa thèse : les œuvres n’apportent pas le salut, elles ne sont que le fruit de la foi qui sauve, la foi que Dieu donne. Mais l’église catholique de l’époque ne voudra jamais entendre ses arguments et les thèses de Martin Luther deviendront le fondement du protestantisme réformé.

« Qui présume être justifié en même temps par la foi et par les œuvres, cloche des deux pieds, comme les adorateurs de Baal. Du jour, au contraire, où tu commences à croire, tu reconnais que tout ce qui est en toi n’est que misère et péché. « Tous ont péché, dit saint Paul, et sont privés de la gloire de Dieu. – Il n’est pas un seul juste, pas un qui fasse le bien. Tous les hommes se sont détournés de Dieu et sont tombés dans la vanité. » Tu comprends alors que Christ t’est nécessaire, que c’est en croyant à celui qui a souffert et qui est ressuscité pour toi, que tu deviens un homme nouveau, que tous tes péchés te sont remis et que c’est par ses seuls mérites que tu es justifié devant Dieu. »

Ce texte, envoyé au pape Léon X en 1520, était accompagné d’une lettre. La notice historique de Félix Kuhn explique le contexte dans lequel cette lettre a été écrite.

Traduction anonyme (1879).

> Écouter un extrait : Notice historique.

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DIVERS – Bouquet de roses délicates (Poèmes)

Donneurs de voix : Projet collectif | Durée : 23min | Genre : Poésie


Roses

Rose… l’une des rares fleurs ayant un nom dédié, différent du nom donné à la plante, rose… fleur du rosier.

Les premières remonteraient à 40 millions d’années.
Les roses sont cultivées en Chine et en Perse depuis 5000 ans et en Grèce depuis l’âge du bronze.

Par sa valeur symbolique, la rose laisse son « parfum » dans l’histoire…
Suzanne dans l’Ancien Testament signifie étymologiquement la rose.
Chez les Grecs, la rose est la fleur d’Aphrodite déesse de l’amour, et d’Aurora aux doigts de roses.
Les Romains rattachent la rose à Vénus.

Dans le langage des fleurs, la rose rouge est celle des amoureux, et les « 17 ans de mariage » sont les « noces de rose » en France.

La littérature européenne, dès le Moyen-âge, persane, peinture, musique… célèbrent la Rose… et de nombreux poètes dont :

Leconte de Lisle, Verhaeren, Ronsard, Jammes, Moréas, Desbordes-Valmore, Vivien, Froissard et Rilke, lesquels vous offrent maintenant leurs poésies…

Illustration extraite de Pixabay (domaine public).

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KANT, Emmanuel – Qu’est-ce que s’orienter dans la pensée

Donneuse de voix : Bruissement | Durée : 54min | Genre : Philosophie


Emmanuel Kant

« Ce n’est pas seulement un besoin pour notre raison de donner la notion de l’infini pour fondement à la notion du fini, par conséquent à toutes les autres choses, mais ce besoin va même jusqu’à la supposition de l’existence de l’infini. Sans cela elle ne peut se donner aucune raison satisfaisante de l’existence des choses dans le monde, et moins encore s’expliquer la finalité et l’ordre qui se rencontrent partout à un degré si étonnant. À moins d’admettre un créateur intelligent, on ne peut, du moins sans tomber dans de pures absurdités, en donner aucune raison intelligible ; et quoique nous ne puissions pas prouver l’impossibilité d’une telle finalité sans une cause intelligente (car alors nous aurions des raisons ob­jectives suffisantes de cette assertion, et nous ne se­rions pas dans la nécessité de nous en rapporter à des raisons subjectives), il reste encore, malgré ce défaut de lumière, une raison subjective suffisante de l’ad­mettre, en ce sens que la raison a besoin de supposer quelque chose qui lui soit intelligible pour expliquer par là le phénomène donné, puisque tout ce à quoi du reste elle peut seulement rattacher une notion ne peut la satisfaire. »

Traduction : Joseph Tissot (1801-1876).

> Écouter un extrait : Première Partie.

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KANT, Emmanuel – D’un prétendu droit de mentir par humanité

Donneuse de voix : Bruissement | Durée : 17min | Genre : Philosophie


Emmanuel Kant

« Il suffit donc de définir le mensonge une déclaration volontairement fausse faite à un autre homme, et il n’y a pas besoin d’ajouter cette condition, exigée par la définition des jurisconsultes, que la déclaration soit nuisible à autrui (mendacium est falsiloquium in præjudicium alterius). Car, en rendant inutile la source du droit, elle est toujours nuisible à autrui, sinon à un autre homme, du moins à l’humanité en général. [...] »

Traduction: Jules Barni (1818-1878).

D’un prétendu droit de mentir par humanité.

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