Livres audio gratuits pour 'Allemagne' :


KLEIST, Heinrich (von) – Sainte Cécile, ou La Puissance de la musique

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 27min | Genre : Nouvelles


Guido Reni - Sainte Cécile

Sainte Cécile, ou La Puissance de la musique (1810) de l’Allemand Heinrich von Kleist se passe à Aachen (Aix la chapelle).

Au XVIe siècle, Aix-la-Chapelle souffrit beaucoup des guerres de religion. Les protestants s’en emparèrent et de 1560 à 1580 tentèrent, sans grand succès, de la convertir à la Réforme.

Ce récit est celui d’un échec de ces tentatives :

« Quatre frères, ayant appris que les nonnes du couvent de Sainte-Cécile, situé aux portes de la ville, se disposaient à célébrer la Fête-Dieu, échauffés par le fanatisme, par la jeunesse et par l’exemple, résolurent de donner à la ville d’Aachen le spectacle d’un iconoclaste. »

Traduction : A.-I. (Adrienne J. Cherbuliez, 1804-18..) et Joël Cherbuliez (1806-1870).

Illustration : Guido Reni, Sainte Cécile (1606).

Sainte Cécile, ou La Puissance de la musique.

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KLOPSTOCK, Friedrich-Gottlieb – Odes choisies

Donneuse de voix : Christiane-Jehanne | Durée : 57min | Genre : Poésie


Max Brückner - Le Walhalla (1896)

Voici quelques odes de cet auteur sensible et engagé pour la liberté, ce qui lui valut une reconnaissance de la nation française, de par le Décret du 26 août 1792.

Ces odes choisies ici montrent différentes facettes de l’auteur, qui rédigea également La Messiade, poème sur le Messie, en vingt chants.

Madame de Staël, dans son ouvrage si enrichissant, De l’Allemagne, cite certaines odes avec recul et intelligence littéraire.

Charles Nicolas Denis Diez nous présente les textes de son propre ouvrage, avec arguments et notes des textes sélectionnés.
Quelques informations concernant ce germaniste de très grande érudition : déjà maître d’études, Charles Nicolas Denis Diez fait partie des six professeurs reçus à l’agrégation d’allemand ayant lieu pour la première fois en 1849 et devient ainsi professeur de lycée. Le doctorat ès-lettres, passé en 1859, lui permet d’enseigner en Faculté : il est nommé professeur de Littérature étrangère à Besançon (1864-1865), puis à Dijon (1872).
Il est l’auteur d’une thèse française sur Klopstock : Essai sur Klopstock, thèse présentée à la Faculté des lettres de Strasbourg, par C. Diez. Friedrich Gottlieb Klopstock (1724-1803) faisait partie de la liste des auteurs allemands inscrits au programme de l’agrégation en 1849. Poète et auteur dramatique allemand, hostile au jacobinisme de la Révolution française, il rompt avec le rationalisme du XVIIIe siècle et annonce le courant de révolution littéraire du Sturm und Drang (Tempête et passion).

Odes de ce livre audio :

01. Le Rossignol (1748) À la sœur de son ami Schmidt.
02. À Ebert (1748) La peur de perdre ses amis.
03. À Young (1752) Une apothéose du poète anglais.
04. Les Deux Muses (1752) En lice, la Muse allemande et la Muse anglaise.
05. Notre langue (1767) La langue allemande, personnifiée, apparaît.
06. L’Art du Tialf (1767) Des bardes nous entraînent sur un fleuve glacé…
07. Connaissez-vous vous-mêmes (1789) La Liberté.
08. Les Deux Tombeaux (1793) Charlotte Corday, La Rochefoucaut.
09. Les Deux Tombeaux. Traduction de madame de Clarowitz.
10. À l’ombre de La Rochefoucault (1793) Élégie sur la perte de la liberté.
11. Hermann sorti du Walhalla (1794) Ne pas attaquer la France, et mieux vaut, toujours, la paix.
12. Le Monument à Thérèse-Mathilde-Amalie (1794) Unir Vérité et Histoire.

Traduction : Charles Nicolas Denis Diez (1826-1872).

Illustration : Max Brückner, Le Walhalla (1896).

Licence Creative Commons

> Écouter un extrait : Le Rossignol.

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KLOPSTOCK, Friedrich-Gottlieb – La Messiade (Chant 01)

Donneuse de voix : Christiane-Jehanne | Durée : 52min | Genre : Poésie


Friedrich-Gottlieb Klopstock

Après la très belle préface de la traductrice Aloïse de Carlowitz (1797-1863), voici le premier des vingt chants de cet important ouvrage poético-religieux :

« Le Messie s’éloigne du peuple qui vient de le proclamer roi, et gravit le mont des Oliviers, où il va promettre de nouveau à son père d’accomplir l’œuvre de la rédemption. – Les souffrances de la passion commencent pour lui. Gabriel, qui le sert sur la terre, remonte vers les cieux pour y porter ses prières. Après avoir traversé le soleil et la route aérienne qui, jadis, rattachait la terre au ciel , l’ange arrive au sanctuaire. – Eloha, le plus grand des séraphins, l’introduit, et Gabriel pose l’encens sur l’autel de la rédemption. – L’Éternel allume le feu du sacrifice, et donne des ordres à Eloha, qui les communique à tous les Immortels, afin qu’ils célèbrent le second sabbat de la création. – Gabriel va porter un message aux anges gardiens de la terre, qui habitent un soleil placé dans l’intérieur du globe terrestre. – Il y trouve les âmes des jeunes enfants morts, qui apprennent dans ce mystérieux séjour à mériter les béatitudes célestes. Gabriel se rend ensuite au soleil, où les âmes des patriarches se sont réunies autour d’Uriel, sur le pinacle du temple solaire.

Âme immortelle ! chante le Messie qui a pour racheter les enfants d’Adam ! chante le Messie qui a bravé les souffrances et la mort pour initier de nouveau l’espèce humaine au culte de l’amour divin ! »

Puis, ce sera le Chant II, dans lequel Jésus arrive dans les tombeaux.

Illustration : Portrait de Friedrih-Gottlieb Klopstock par Johann Caspar Füssli (1750).

Accéder à l’œuvre intégrale.

Licence Creative Commons

> Écouter un extrait : Première Partie.

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CARLOWICZ, Aloïse (de) – Notice sur « La Messiade »

Donneuse de voix : Christiane-Jehanne | Durée : 21min | Genre : Poésie


Aloïse de Carlowitz

Voici, pour commencer, la présentation par la traductrice, Aloïse de Carlowitz (1797-1863), de La Messiade, très beau recueil de vingt chants écrits par Friedrich Gottlieb Klopstock, que Germaine de Staël évoque dans la deuxième partie, chapitre 05, de De l’Allemagne : « c’est avec lui que l’école vraiment allemande a commencé ».

Le projet de madame de Carlowitz est de faire passer une partie de la beauté du poème de Friedrich Klopstock, et de ramener, tout comme le font Les Martyrs de François-René de Chateaubriand, et aussi les Méditations d’Alphonse de Lamartine, les jeunes personnes vers la morale chrétienne.

Elle présente la vie et le travail de Friedrich Gottlieb Klopstock (1724-1803). Il fut influent et la Législative le nomma citoyen français en août 1792. Il résigna ce titre devant la Terreur. En 1802, l’Institut le nomma membre-associé, l’Académie française désirant faire connaître ce grand talent.

Elle expose aussi très bien ce qu’implique un travail de traduction, avec beaucoup de finesse et d’intelligence littéraire.

Illustration : Portrait d’Aloïse de Carlowitz par Julien Léopold Boilly (1835-1836).

Licence Creative Commons

Notice sur « La Messiade ».

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ENGELS, Friedrich – Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande

Donneuse de voix : Albatros | Durée : 3h | Genre : Philosophie


Friedrich Engels

En 1886, plus de 40 ans après que Marx et Engels en ont eu « fin[i] avec [leur] ancienne conscience philosophique » et qu’ils sont devenus des communistes, Engels saisit la proposition qui lui est faite de critiquer un ouvrage sur Ludwig Feuerbach, pour faire d’une pierre deux coups : « un exposé succinct et systématique de nos rapports [à Marx et à moi] avec la philosophie hégélienne, de la façon dont nous en sommes sortis et dont nous nous en sommes séparés, me parut s’imposer de plus en plus. Et, de même, une reconnaissance pleine et entière de l’influence qu’eut sur nous Feuerbach, plus que tout autre philosophe post-hégélien, au cours de la période orageuse de notre jeunesse, m’apparut comme une dette d’honneur non encore acquittée. » (Préface)

Remontant ainsi à ses deux sources idéologiques, la « dialectique » de Hegel et le « matérialisme » « replacé de nouveau sur son trône » par Feuerbach, Engels nous présente au chapitres I et II, d’une façon très claire, le « matérialisme dialectique », méthode de penser qu’il attribue à son ami Marx vers 1845 (tandis qu’ils évoluent intellectuellement ensemble depuis 1844).

Il s’agit, d’une part, comme le faisait Hegel, de penser toutes les choses ainsi que leur rapports entre eux comme des processus jamais achevés (et donc « dialectiquement » – par opposition à une façon « métaphysique » de les voir, comme si elles étaient fixées une fois pour toute) ; mais d’autre part, contrairement à ce que faisait Hegel, de considérer les choses et leurs rapports pour ce qu’ils sont dans la réalité et non dans notre imagination (Hegel imagine une « Idée absolue » dont la nature ne serait que « l’extériorisation ») ; donc, de les considérer selon le principe matérialiste, affirmé par Feuerbach, qu’il n’existe rien en dehors de la nature et des hommes et que les idées ne sont que des reflets des choses – et que « Dieu […] n’est que l’image fantastique de l’homme ».

« Partout il ne s’agit plus d’imaginer dans sa tête des rapports, mais de les découvrir dans les faits. » (Chapitre IV)

Sauf que (chapitre III) : « [Feuerbach] ne veut nullement supprimer la religion, il veut la perfectionner » ; « il prend pour point de départ l’homme ; mais il ne dit absolument rien du monde dans lequel vit cet homme. » [...] « Mais le pas que Feuerbach ne fit point ne pouvait manquer d’être fait ; le culte de l’homme abstrait qui constituait le centre de la nouvelle religion feuerbachienne, devait nécessairement être remplacé par la science des hommes réels et de leur développement historique. Ce développement ultérieur du point de vue de Feuerbach, par-dessus Feuerbach lui-même, Marx l’entreprit en 1845 dans la Sainte Famille. » (Chapitre III, fin).

C’est de cette « conception marxiste de l’histoire » qu’Engels présente une « esquisse générale » au chapitre IV :

« S’il s’agit, par conséquent, de rechercher les forces motrices qui, – consciemment ou inconsciemment et, il faut le dire, très souvent inconsciemment, – se trouvent derrière les mobiles des actions des hommes dans l’histoire et qui constituent en fait les dernières forces motrices de l’histoire, il ne peut pas tant s’agir des motifs des individus, si proéminents soient-ils, que de ceux qui mettent en mouvement de grandes masses, des peuples entiers, et dans chaque peuple, à leur tour, des classes tout entières ; motifs qui les poussent non à des soulèvement passagers à la manière d’un peu de paille qui s’éteint rapidement, mais à une action durable, aboutissant à une grande transformation historique.
[…]
Mais alors que dans toutes les périodes antérieures, la recherche de ces causes motrices de l’histoire était presque impossible à cause de la complexité et de la dissimulation de leurs rapports avec les répercussions qu’ils exercent, notre époque a tellement simplifié ces rapports que l’énigme a pu être résolue.
[…]
Dans l’histoire moderne tout au moins, toute les luttes politiques sont des luttes de classes, et que toute les luttes émancipatrices de classes, malgré leur forme nécessairement politique – car toute lutte de classes est une lutte politique – tournent en dernière analyse, autour de l’émancipation économique. Par conséquent, l’État, le régime politique, constitue ici, tout au moins, l’élément secondaire, et la société civile, le domaine des relations économiques, l’élément décisif.» (Chapitre IV)

C’est ainsi que « [t]out comme en France, au XVIIIe siècle, la révolution philosophique, au XIXe siècle, précéda également en Allemagne la révolution politique » – celle de 1848. (Préface)

« Ce n’est que dans la classe ouvrière que le sens théorique allemand se maintient intact. Là, il est impossible de l’extirper ; là, il n’y a pas de considérations de carrière, de chasse aux profits, de protection bienveillante d’en haut ; au contraire, plus la science procède, libre de ménagements et de préventions, plus elle se trouve en accord avec les intérêts et les aspirations de la classe ouvrière. La nouvelle tendance qui reconnaissait dans l’histoire du développement du travail la clé pour la compréhension de l’histoire de la société tout entière se tourna dès le début de préférence vers la classe ouvrière et y trouva l’accueil qu’elle ne cherchait ni n’attendait auprès de la science officielle. Le mouvement ouvrier allemand est l’héritier de la philosophie classique allemande. » (Chapitre IV, suite et fin)

« Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, mais il s’agit de le transformer. » (Appendice, XIe et dernière des Thèses sur Feuerbach de Marx en 1845)

Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande / Friedrich Engels. – Nouvelle édition. – Paris : Bureau d’éditions, 1935.

Traduction anonyme (1935).

Illustration : Friedrich Engels.

> Écouter un extrait : Préface de l’auteur.

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MARX, Karl – Le Capital (Livre Premier, Troisième Section)

Donneuse de voix : Albatros | Durée : 10h 48min | Genre : Histoire

Karl MarxLivre premier : Le Développement de la production capitaliste – Troisième Section : La Production de la plus-value absolue (traduction de J. Roy entièrement révisée par l’auteur, 1872).

On a vu dans la seconde section que le capitaliste, en achetant à l’ouvrier sa force de travail, même à son juste prix, compte lui faire produire plus de valeur qu’elle n’en vaut – une plus-value.

Mais comment cela se passe-t-il exactement ?

« L’homme aux écus a payé la valeur journalière de la force de travail ; son usage pendant le jour, le travail d’une journée entière lui appartient donc. Que l’entretien journalier de cette force ne coûte qu’une demi‑journée de travail, bien qu’elle puisse opérer ou travailler pendant la journée entière, c’est‑à‑dire que la valeur créée par son usage pendant un jour soit le double de sa propre valeur journalière, c’est là une chance particulièrement heureuse pour l’acheteur, mais qui ne lèse en rien le droit du vendeur.

Notre capitaliste a prévu le cas, et c’est ce qui le fait rire. L’ouvrier trouve donc dans l’atelier les moyens de production nécessaires pour une journée de travail non pas de six mais de douze heures. » (Chap 7 II)

« La période d’activité qui dépasse les bornes du travail nécessaire […] forme une plus-value […]. Je nomme cette partie de la journée de travail, temps extra et le travail dépensé en elle surtravail »(chap 9 1).

Combien d’heures dans une journée de travail – combien de « temps extra » ? Voilà donc la question décisive.

Mais avant d’observer au chapitre 10 comment elle s’est résolue historiquement, les chapitres 7 à 9 de cette troisième section détaillent minutieusement comment l’activité productive se combine avec la transformation de la matière première, des matières auxiliaires et avec l’usure des instruments de travail, dans le « procès de travail » d’une part, dans la création de valeur d’autre part.

Car le capitaliste a sa propre façon de présenter la chose. Par exemple, il fait rentrer l’avance des matières premières et des autres moyens de travail, dans le calcul du taux de plus-value (chap 9), ce qui le minimise énormément. Aussi peut-il crier à la ruine dès qu’il est question de limiter la journée de travail. (chap. 9 II, 10 et 11).

C’est ce qu’il fait, par exemple, face à la loi de 1833, qui, après des années de luttes ouvrières, osait interdire le travail de nuit et réduire à 12h la journée de travail… pour les enfants et adolescents de 13 à 18 ans.

Avant la naissance de la grande industrie, les fabricants avaient rêvé de faire passer la semaine de travail de « l’ouvrier manufacturier » de 4 à 6 jours et de porter, dans des « maisons de terreur » sa journée à 10 h. Mais de 1770 à 1830, devenus capitalistes, ils avaient réussi à élever le temps de travail journalier à… 18 heures, enfants et femmes compris.  (chap 10 V et VI).

« La création d’une journée de travail normale est [...] le résultat d’une guerre civile longue, opiniâtre et plus ou moins dissimulée entre la classe capitaliste et la classe ouvrière. » (Chap. 10 VII)

C’est cette histoire de la « journée de travail » que racontent les 7 parties du chapitre 10, en commençant par l’Angleterre, berceau de l’industrie moderne  jusqu’à l’affirmation par les ouvriers américains, en 1866, de l’objectif de la journée de 8 heures, adopté peu après par l’Association internationale des travailleurs, dite « l’Internationale », à son congrès à Genève.

On y voit, rapports d’inspecteurs de fabrique à l’appui, les conditions de travail , tant dans les fabriques modernes, où l’exploitation capitaliste fait des ravages en premier et qui sont soumises en premier à une limitation de la journée de travail – ces limites sont alors contournées voire violemment combattues par les fabricants (manufactures de coton, laine, lin, soie, chap. 10 II et 10 VI), que dans celles « de vieilles roches » qui en sont d’abord « libres » (poteries, boulangeries – au mode de production « antique », dentelleries, chemins de fer – jusqu’à 50 h de travail sans interruption, ateliers modistes – jusqu’à 30h sans interruption, forges, haut-fourneaux et laminoirs, où les enfants travaillent de nuit, blanchisseries « en plein air »), puis finalement « soumises » à leur tour .

Les qualificatifs qui émaillent ces descriptions ne sont alors pas tous de Marx :  « esclavage perpétuel » (Postlhewait), « esclaves blanc » (Morning star), « travailler à mort » (Dr Letheby), « Capital affamé de surtravail », « soif de vampire du capital pour le sang vivant du travail », « passion aveugle et démesurée [du capital], [...] gloutonnerie de travail extra »…

« Bien loin que ce soit l’entretien normal de la force de travail qui serve de règle pour la limitation de la journée de travail, c’est au contraire la plus grande dépense possible par jour, si violente et si pénible qu’elle soit, qui règle la mesure du temps de répit de l’ouvrier. Le capital ne s’inquiète point de la durée de la force de travail. Ce qui l’intéresse uniquement, c’est le maximum qui peut en être dépensé dans une journée. Et il atteint son but en abrégeant la vie du travailleur, de même qu’un agriculteur avide obtient de son sol un plus fort rendement en épuisant sa fertilité. » (Chapitre 10 VI)

« L’industrie cotonnière date de 90 ans… En trois générations de la race anglaise, elle a dévoré neuf générations d’ouvriers. » (Chp. 10 V, discours de Ferrand à la Chambre des communes, du 27 avril 1863)

« Après moi le déluge ! Telle est la devise de tout capitaliste et de toute nation capitaliste. Le capital ne s’inquiète donc point de la santé et de la durée de la vie du travailleur, s’il n’y est pas contraint par la société. » (Chap. 10 V)

La version sans les notes dure 6 h 56.

Traduction : Joseph Roy (18?- 18?)

Illustration : Karl Marx (Le Capital, édition française de 1872).

> Écouter un extrait : Chapitre 07.

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MARX, Karl – Le Capital (Livre Premier, Deuxième Section)

Donneuse de voix : Albatros | Durée : 2h 28min | Genre : Histoire


MarxPortrait Capital1872

Livre premier : Le Développement de la production capitaliste – Deuxième Section : La Transformation de l’argent en capital (traduction de J. Roy entièrement révisée par l’auteur, 1872).

Dans cette seconde section entrent en scène le capitaliste et le travailleur, comme les deux pôles opposés mais indissociables d’un même processus : la transformation de l’argent en capital puis le mouvement illimité d’accroissement du capital.

C’est que, comme on le voit au chapitre 4, à côté du mouvement  « vendre pour acheter », qui permet l’acquisition de biens utiles et qui trouve sa limite dans la satisfaction des besoins, explose, à un certain moment, le mouvement antagonique de la circulation des marchandises « acheter pour vendre » qui lui, n’a pas de limite. Ce dernier se révèle être en fait…           « acheter pour vendre plus cher ». De là, la formation du capital s’accroissant sans cesse – et l’apparition du capitaliste qui est l’ « agent conscient » de son mouvement.

Mais d’où vient la « plus-value » par laquelle le capital s’accroît constamment ? Le chapitre 5 étudie la question de savoir s’il ne proviendrait pas d’un écart entre le prix et la valeur des marchandises, écart qui serait empoché par le capitaliste pendant l’achat ou la vente. Il aboutit à la négative.

L’origine de la plus-value est élucidée au chapitre 6 : elle s’explique par la libre rencontre, quoi que « historiquement déterminée », entre le possesseur d’argent et le possesseur d’une marchandise spéciale, la force de travail. Car la force de travail a la propriété de créer… plus de valeur qu’elle n’en vaut.

Vraiment ?

La valeur de la force de travail étant examinée ici, il ressort que c’est bien en payant toutes les marchandises, y compris la force de travail, à leur valeur (en moyenne), que le capitaliste se trouve néanmoins posséder plus de valeur qu’il n’en a payé et que, dans la circulation, l’argent se transforme en capital.

Tout ceci se produit donc dans le respect le plus strict des « droits de l’homme et du citoyen ».

Si le « libre-échangiste vulgaire » s’en trouve satisfait, le possesseur de la force de travail, c’est-à-dire le travailleur, de son côté, bien que « libre »,  « juridi- quement égal » au capitaliste et « propriétaire » de sa « marchandise », se trouve « timide, hésitant, rétif, comme quelqu’un qui a porté sa propre peau au marché, et ne peut plus s’attendre qu’à une chose : à être tanné. »

Cette version audio est disponible ici avec ou sans les notes. Sans les notes, l’écoute est réduite à 1h33.

Une confrontation a été réalisée dans une « note de la donneuse de voix » avec la traduction de l’édition Quadrige, sous la responsabilité de Jean-Pierre Lefebvre, pour un court passage du chapitre 5 (65 mots).

Traduction : Joseph Roy (18?- 18?)

Illustration : Karl Marx (Le Capital, édition française de 1872).

> Écouter un extrait : Chapitre 04.

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AGRIPPA, Henri Corneille – De l’excellence et de la supériorité de la femme

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 50min | Genre : Essais


Cornelius Agrippa

Titres des 30 chapitres de De l’excellence et de la supériorité de la femme :

01) Nulle différence de l’âme de la Femme d’avec celle de l’Homme.
02) Il y a des preuves certaines de l’excellence de la femme au-dessus de l’homme.
03) Le nom d’Eva prouve la supériorité de la Femme au-dessus de l’Homme.
04) La Femme est le chef-d’œuvre des ouvrages de Dieu.
05) Le lieu où fut formée la Femme en prouve la grandeur.
06) La qualité de la matière dont fut faite la Femme, en établit l’excellence.
07) Louanges données à la beauté de la Femme.
08) Pudeur et modestie des Femmes.
09) Propreté de la Femme.
10) La Femme fournit le principal dans la génération.
11) Choses particulières et étonnantes qui se remarquent dans la Femme.
12) Preuve tirée de l’usage de la parole.
13) La Femme fait le bonheur de l’homme.
14) La Femme paraît avoir été moins blâmable que l’homme, dans la désobéissance.
15) La Femme peut tout sur l’homme.
16) L’iniquité de la femme a souvent été plus louée que la bonté de l’homme.
17) L’excellence de la Femme est prouvée par les principes d’Aristote.
18) Tout le mal vient des hommes, et le bien vient des Femmes.
19) Les mauvais Maris font seuls les mauvaises Femmes.
20) Les Femmes sont les auteurs de tout ce qu’il y a de bon.
21) Rien de grand et d’illustre que n’aient fait et puissent faire les Femmes, également comme les hommes.
22) Les Femmes savent toutes choses naturellement.
23) Prudence et sagesse des Femmes.
24) Hauts Faits, et Bravoure des Femmes.
25) Marques d’honneur rendues à la Femme.
26) Privilèges accordés à la Femme par les Lois.
27) Les Femmes sont capables de tout ; l’Histoire en fait foi.
28) L’état où est la Femme aujourd’hui, est par usurpation de ses droits.
29) La Femme n’est point faite pour obéir à l’homme.
30) Récapitulation et Conclusion de ce Traité.

« Si quelqu’un, plus exact que moi, trouvait des preuves nouvelles qui pussent embellir ce traité ; loin de le regarder comme un critique mordant, je lui saurais gré de m’avoir secondé, et d’avoir rendu, par ses lumières et ses recherches, ce petit ouvrage plus complet et plus riche. »

Ce traité est rédigé en latin en 1505 par Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim (1486-1535), dit Cornelius Agrippa, génie de la Renaissance comme Léonard de Vinci, parlant huit langues (allemand, français, italien, espagnol, anglais, latin, grec, hébreu), humaniste, philosophe, théologien, médecin, alchimiste, kabbaliste chrétien, astrologue, mage, juriste, versé en science de la guerre et des explosifs… et pour finir grand féministe, connaissant parfaitement les femmes de la Bible et faisant un éloge de la femme où le sérieux et le respectable côtoient parfois le ridicule :
« Et elles conservent ce prodigieux amour de la pudeur, jusqu’aux derniers moments de la vie, et même après la mort. Comme on remarque en celles qui ont péri dans l’eau : car, comme rapporte Pline, et comme on le remarque tous les jours, le cadavre d’une femme noyée nage sur le ventre, la nature ménageant encore la pudeur de la défunte : un homme noyé, au contraire, nage sur le dos. »

Gardons-nous de provoquer une polémique !

Traduction anonyme (1801).

> Écouter un extrait : Chapitres 01 à 15.

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