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ENGELS, Friedrich – Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande

Donneuse de voix : Albatros | Durée : 3h | Genre : Philosophie


Friedrich Engels

En 1886, plus de 40 ans après que Marx et Engels en ont eu « fin[i] avec [leur] ancienne conscience philosophique » et qu’ils sont devenus des communistes, Engels saisit la proposition qui lui est faite de critiquer un ouvrage sur Ludwig Feuerbach, pour faire d’une pierre deux coups : « un exposé succinct et systématique de nos rapports [à Marx et à moi] avec la philosophie hégélienne, de la façon dont nous en sommes sortis et dont nous nous en sommes séparés, me parut s’imposer de plus en plus. Et, de même, une reconnaissance pleine et entière de l’influence qu’eut sur nous Feuerbach, plus que tout autre philosophe post-hégélien, au cours de la période orageuse de notre jeunesse, m’apparut comme une dette d’honneur non encore acquittée. » (Préface)

Remontant ainsi à ses deux sources idéologiques, la « dialectique » de Hegel et le « matérialisme » « replacé de nouveau sur son trône » par Feuerbach, Engels nous présente au chapitres I et II, d’une façon très claire, le « matérialisme dialectique », méthode de penser qu’il attribue à son ami Marx vers 1845 (tandis qu’ils évoluent intellectuellement ensemble depuis 1844).

Il s’agit, d’une part, comme le faisait Hegel, de penser toutes les choses ainsi que leur rapports entre eux comme des processus jamais achevés (et donc « dialectiquement » – par opposition à une façon « métaphysique » de les voir, comme si elles étaient fixées une fois pour toute) ; mais d’autre part, contrairement à ce que faisait Hegel, de considérer les choses et leurs rapports pour ce qu’ils sont dans la réalité et non dans notre imagination (Hegel imagine une « Idée absolue » dont la nature ne serait que « l’extériorisation ») ; donc, de les considérer selon le principe matérialiste, affirmé par Feuerbach, qu’il n’existe rien en dehors de la nature et des hommes et que les idées ne sont que des reflets des choses – et que « Dieu […] n’est que l’image fantastique de l’homme ».

« Partout il ne s’agit plus d’imaginer dans sa tête des rapports, mais de les découvrir dans les faits. » (Chapitre IV)

Sauf que (chapitre III) : « [Feuerbach] ne veut nullement supprimer la religion, il veut la perfectionner » ; « il prend pour point de départ l’homme ; mais il ne dit absolument rien du monde dans lequel vit cet homme. » [...] « Mais le pas que Feuerbach ne fit point ne pouvait manquer d’être fait ; le culte de l’homme abstrait qui constituait le centre de la nouvelle religion feuerbachienne, devait nécessairement être remplacé par la science des hommes réels et de leur développement historique. Ce développement ultérieur du point de vue de Feuerbach, par-dessus Feuerbach lui-même, Marx l’entreprit en 1845 dans la Sainte Famille. » (Chapitre III, fin).

C’est de cette « conception marxiste de l’histoire » qu’Engels présente une « esquisse générale » au chapitre IV :

« S’il s’agit, par conséquent, de rechercher les forces motrices qui, – consciemment ou inconsciemment et, il faut le dire, très souvent inconsciemment, – se trouvent derrière les mobiles des actions des hommes dans l’histoire et qui constituent en fait les dernières forces motrices de l’histoire, il ne peut pas tant s’agir des motifs des individus, si proéminents soient-ils, que de ceux qui mettent en mouvement de grandes masses, des peuples entiers, et dans chaque peuple, à leur tour, des classes tout entières ; motifs qui les poussent non à des soulèvement passagers à la manière d’un peu de paille qui s’éteint rapidement, mais à une action durable, aboutissant à une grande transformation historique.
[…]
Mais alors que dans toutes les périodes antérieures, la recherche de ces causes motrices de l’histoire était presque impossible à cause de la complexité et de la dissimulation de leurs rapports avec les répercussions qu’ils exercent, notre époque a tellement simplifié ces rapports que l’énigme a pu être résolue.
[…]
Dans l’histoire moderne tout au moins, toute les luttes politiques sont des luttes de classes, et que toute les luttes émancipatrices de classes, malgré leur forme nécessairement politique – car toute lutte de classes est une lutte politique – tournent en dernière analyse, autour de l’émancipation économique. Par conséquent, l’État, le régime politique, constitue ici, tout au moins, l’élément secondaire, et la société civile, le domaine des relations économiques, l’élément décisif.» (Chapitre IV)

C’est ainsi que « [t]out comme en France, au XVIIIe siècle, la révolution philosophique, au XIXe siècle, précéda également en Allemagne la révolution politique » – celle de 1848. (Préface)

« Ce n’est que dans la classe ouvrière que le sens théorique allemand se maintient intact. Là, il est impossible de l’extirper ; là, il n’y a pas de considérations de carrière, de chasse aux profits, de protection bienveillante d’en haut ; au contraire, plus la science procède, libre de ménagements et de préventions, plus elle se trouve en accord avec les intérêts et les aspirations de la classe ouvrière. La nouvelle tendance qui reconnaissait dans l’histoire du développement du travail la clé pour la compréhension de l’histoire de la société tout entière se tourna dès le début de préférence vers la classe ouvrière et y trouva l’accueil qu’elle ne cherchait ni n’attendait auprès de la science officielle. Le mouvement ouvrier allemand est l’héritier de la philosophie classique allemande. » (Chapitre IV, suite et fin)

« Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, mais il s’agit de le transformer. » (Appendice, XIe et dernière des Thèses sur Feuerbach de Marx en 1845)

Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande / Friedrich Engels. – Nouvelle édition. – Paris : Bureau d’éditions, 1935.

Traduction anonyme (1935).

Illustration : Friedrich Engels.

> Écouter un extrait : Préface de l’auteur.

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MARX, Karl – Le Capital (Livre Premier, Troisième Section)

Donneuse de voix : Albatros | Durée : 10h 48min | Genre : Histoire

Karl MarxLivre premier : Le Développement de la production capitaliste – Troisième Section : La Production de la plus-value absolue (traduction de J. Roy entièrement révisée par l’auteur, 1872).

On a vu dans la seconde section que le capitaliste, en achetant à l’ouvrier sa force de travail, même à son juste prix, compte lui faire produire plus de valeur qu’elle n’en vaut – une plus-value.

Mais comment cela se passe-t-il exactement ?

« L’homme aux écus a payé la valeur journalière de la force de travail ; son usage pendant le jour, le travail d’une journée entière lui appartient donc. Que l’entretien journalier de cette force ne coûte qu’une demi‑journée de travail, bien qu’elle puisse opérer ou travailler pendant la journée entière, c’est‑à‑dire que la valeur créée par son usage pendant un jour soit le double de sa propre valeur journalière, c’est là une chance particulièrement heureuse pour l’acheteur, mais qui ne lèse en rien le droit du vendeur.

Notre capitaliste a prévu le cas, et c’est ce qui le fait rire. L’ouvrier trouve donc dans l’atelier les moyens de production nécessaires pour une journée de travail non pas de six mais de douze heures. » (Chap 7 II)

« La période d’activité qui dépasse les bornes du travail nécessaire […] forme une plus-value […]. Je nomme cette partie de la journée de travail, temps extra et le travail dépensé en elle surtravail »(chap 9 1).

Combien d’heures dans une journée de travail – combien de « temps extra » ? Voilà donc la question décisive.

Mais avant d’observer au chapitre 10 comment elle s’est résolue historiquement, les chapitres 7 à 9 de cette troisième section détaillent minutieusement comment l’activité productive se combine avec la transformation de la matière première, des matières auxiliaires et avec l’usure des instruments de travail, dans le « procès de travail » d’une part, dans la création de valeur d’autre part.

Car le capitaliste a sa propre façon de présenter la chose. Par exemple, il fait rentrer l’avance des matières premières et des autres moyens de travail, dans le calcul du taux de plus-value (chap 9), ce qui le minimise énormément. Aussi peut-il crier à la ruine dès qu’il est question de limiter la journée de travail. (chap. 9 II, 10 et 11).

C’est ce qu’il fait, par exemple, face à la loi de 1833, qui, après des années de luttes ouvrières, osait interdire le travail de nuit et réduire à 12h la journée de travail… pour les enfants et adolescents de 13 à 18 ans.

Avant la naissance de la grande industrie, les fabricants avaient rêvé de faire passer la semaine de travail de « l’ouvrier manufacturier » de 4 à 6 jours et de porter, dans des « maisons de terreur » sa journée à 10 h. Mais de 1770 à 1830, devenus capitalistes, ils avaient réussi à élever le temps de travail journalier à… 18 heures, enfants et femmes compris.  (chap 10 V et VI).

« La création d’une journée de travail normale est [...] le résultat d’une guerre civile longue, opiniâtre et plus ou moins dissimulée entre la classe capitaliste et la classe ouvrière. » (Chap. 10 VII)

C’est cette histoire de la « journée de travail » que racontent les 7 parties du chapitre 10, en commençant par l’Angleterre, berceau de l’industrie moderne  jusqu’à l’affirmation par les ouvriers américains, en 1866, de l’objectif de la journée de 8 heures, adopté peu après par l’Association internationale des travailleurs, dite « l’Internationale », à son congrès à Genève.

On y voit, rapports d’inspecteurs de fabrique à l’appui, les conditions de travail , tant dans les fabriques modernes, où l’exploitation capitaliste fait des ravages en premier et qui sont soumises en premier à une limitation de la journée de travail – ces limites sont alors contournées voire violemment combattues par les fabricants (manufactures de coton, laine, lin, soie, chap. 10 II et 10 VI), que dans celles « de vieilles roches » qui en sont d’abord « libres » (poteries, boulangeries – au mode de production « antique », dentelleries, chemins de fer – jusqu’à 50 h de travail sans interruption, ateliers modistes – jusqu’à 30h sans interruption, forges, haut-fourneaux et laminoirs, où les enfants travaillent de nuit, blanchisseries « en plein air »), puis finalement « soumises » à leur tour .

Les qualificatifs qui émaillent ces descriptions ne sont alors pas tous de Marx :  « esclavage perpétuel » (Postlhewait), « esclaves blanc » (Morning star), « travailler à mort » (Dr Letheby), « Capital affamé de surtravail », « soif de vampire du capital pour le sang vivant du travail », « passion aveugle et démesurée [du capital], [...] gloutonnerie de travail extra »…

« Bien loin que ce soit l’entretien normal de la force de travail qui serve de règle pour la limitation de la journée de travail, c’est au contraire la plus grande dépense possible par jour, si violente et si pénible qu’elle soit, qui règle la mesure du temps de répit de l’ouvrier. Le capital ne s’inquiète point de la durée de la force de travail. Ce qui l’intéresse uniquement, c’est le maximum qui peut en être dépensé dans une journée. Et il atteint son but en abrégeant la vie du travailleur, de même qu’un agriculteur avide obtient de son sol un plus fort rendement en épuisant sa fertilité. » (Chapitre 10 VI)

« L’industrie cotonnière date de 90 ans… En trois générations de la race anglaise, elle a dévoré neuf générations d’ouvriers. » (Chp. 10 V, discours de Ferrand à la Chambre des communes, du 27 avril 1863)

« Après moi le déluge ! Telle est la devise de tout capitaliste et de toute nation capitaliste. Le capital ne s’inquiète donc point de la santé et de la durée de la vie du travailleur, s’il n’y est pas contraint par la société. » (Chap. 10 V)

La version sans les notes dure 6 h 56.

Traduction : Joseph Roy (18?- 18?)

Illustration : Karl Marx (Le Capital, édition française de 1872).

> Écouter un extrait : Chapitre 07.

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MARX, Karl – Le Capital (Livre Premier, Deuxième Section)

Donneuse de voix : Albatros | Durée : 2h 28min | Genre : Histoire


MarxPortrait Capital1872

Livre premier : Le Développement de la production capitaliste – Deuxième Section : La Transformation de l’argent en capital (traduction de J. Roy entièrement révisée par l’auteur, 1872).

Dans cette seconde section entrent en scène le capitaliste et le travailleur, comme les deux pôles opposés mais indissociables d’un même processus : la transformation de l’argent en capital puis le mouvement illimité d’accroissement du capital.

C’est que, comme on le voit au chapitre 4, à côté du mouvement  « vendre pour acheter », qui permet l’acquisition de biens utiles et qui trouve sa limite dans la satisfaction des besoins, explose, à un certain moment, le mouvement antagonique de la circulation des marchandises « acheter pour vendre » qui lui, n’a pas de limite. Ce dernier se révèle être en fait…           « acheter pour vendre plus cher ». De là, la formation du capital s’accroissant sans cesse – et l’apparition du capitaliste qui est l’ « agent conscient » de son mouvement.

Mais d’où vient la « plus-value » par laquelle le capital s’accroît constamment ? Le chapitre 5 étudie la question de savoir s’il ne proviendrait pas d’un écart entre le prix et la valeur des marchandises, écart qui serait empoché par le capitaliste pendant l’achat ou la vente. Il aboutit à la négative.

L’origine de la plus-value est élucidée au chapitre 6 : elle s’explique par la libre rencontre, quoi que « historiquement déterminée », entre le possesseur d’argent et le possesseur d’une marchandise spéciale, la force de travail. Car la force de travail a la propriété de créer… plus de valeur qu’elle n’en vaut.

Vraiment ?

La valeur de la force de travail étant examinée ici, il ressort que c’est bien en payant toutes les marchandises, y compris la force de travail, à leur valeur (en moyenne), que le capitaliste se trouve néanmoins posséder plus de valeur qu’il n’en a payé et que, dans la circulation, l’argent se transforme en capital.

Tout ceci se produit donc dans le respect le plus strict des « droits de l’homme et du citoyen ».

Si le « libre-échangiste vulgaire » s’en trouve satisfait, le possesseur de la force de travail, c’est-à-dire le travailleur, de son côté, bien que « libre »,  « juridi- quement égal » au capitaliste et « propriétaire » de sa « marchandise », se trouve « timide, hésitant, rétif, comme quelqu’un qui a porté sa propre peau au marché, et ne peut plus s’attendre qu’à une chose : à être tanné. »

Cette version audio est disponible ici avec ou sans les notes. Sans les notes, l’écoute est réduite à 1h33.

Une confrontation a été réalisée dans une « note de la donneuse de voix » avec la traduction de l’édition Quadrige, sous la responsabilité de Jean-Pierre Lefebvre, pour un court passage du chapitre 5 (65 mots).

Traduction : Joseph Roy (18?- 18?)

Illustration : Karl Marx (Le Capital, édition française de 1872).

> Écouter un extrait : Chapitre 04.

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AGRIPPA, Henri Corneille – De l’excellence et de la supériorité de la femme

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 50min | Genre : Essais


Cornelius Agrippa

Titres des 30 chapitres de De l’excellence et de la supériorité de la femme :

01) Nulle différence de l’âme de la Femme d’avec celle de l’Homme.
02) Il y a des preuves certaines de l’excellence de la femme au-dessus de l’homme.
03) Le nom d’Eva prouve la supériorité de la Femme au-dessus de l’Homme.
04) La Femme est le chef-d’œuvre des ouvrages de Dieu.
05) Le lieu où fut formée la Femme en prouve la grandeur.
06) La qualité de la matière dont fut faite la Femme, en établit l’excellence.
07) Louanges données à la beauté de la Femme.
08) Pudeur et modestie des Femmes.
09) Propreté de la Femme.
10) La Femme fournit le principal dans la génération.
11) Choses particulières et étonnantes qui se remarquent dans la Femme.
12) Preuve tirée de l’usage de la parole.
13) La Femme fait le bonheur de l’homme.
14) La Femme paraît avoir été moins blâmable que l’homme, dans la désobéissance.
15) La Femme peut tout sur l’homme.
16) L’iniquité de la femme a souvent été plus louée que la bonté de l’homme.
17) L’excellence de la Femme est prouvée par les principes d’Aristote.
18) Tout le mal vient des hommes, et le bien vient des Femmes.
19) Les mauvais Maris font seuls les mauvaises Femmes.
20) Les Femmes sont les auteurs de tout ce qu’il y a de bon.
21) Rien de grand et d’illustre que n’aient fait et puissent faire les Femmes, également comme les hommes.
22) Les Femmes savent toutes choses naturellement.
23) Prudence et sagesse des Femmes.
24) Hauts Faits, et Bravoure des Femmes.
25) Marques d’honneur rendues à la Femme.
26) Privilèges accordés à la Femme par les Lois.
27) Les Femmes sont capables de tout ; l’Histoire en fait foi.
28) L’état où est la Femme aujourd’hui, est par usurpation de ses droits.
29) La Femme n’est point faite pour obéir à l’homme.
30) Récapitulation et Conclusion de ce Traité.

« Si quelqu’un, plus exact que moi, trouvait des preuves nouvelles qui pussent embellir ce traité ; loin de le regarder comme un critique mordant, je lui saurais gré de m’avoir secondé, et d’avoir rendu, par ses lumières et ses recherches, ce petit ouvrage plus complet et plus riche. »

Ce traité est rédigé en latin en 1505 par Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim (1486-1535), dit Cornelius Agrippa, génie de la Renaissance comme Léonard de Vinci, parlant huit langues (allemand, français, italien, espagnol, anglais, latin, grec, hébreu), humaniste, philosophe, théologien, médecin, alchimiste, kabbaliste chrétien, astrologue, mage, juriste, versé en science de la guerre et des explosifs… et pour finir grand féministe, connaissant parfaitement les femmes de la Bible et faisant un éloge de la femme où le sérieux et le respectable côtoient parfois le ridicule :
« Et elles conservent ce prodigieux amour de la pudeur, jusqu’aux derniers moments de la vie, et même après la mort. Comme on remarque en celles qui ont péri dans l’eau : car, comme rapporte Pline, et comme on le remarque tous les jours, le cadavre d’une femme noyée nage sur le ventre, la nature ménageant encore la pudeur de la défunte : un homme noyé, au contraire, nage sur le dos. »

Gardons-nous de provoquer une polémique !

Traduction anonyme (1801).

> Écouter un extrait : Chapitres 01 à 15.

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MARX, Karl – Le Capital (Livre Premier, Première Section)

Donneuse de voix : Albatros | Durée : 8h 49min | Genre : Histoire


Karl Marx

Livre premier : Le Développement de la production capitaliste – Première section : La Marchandise et la monnaie (traduction de J. Roy entièrement révisée par l’auteur, 1872).

Dans cette première section, point de capitalistes ni de prolétaires, encore. Marx nous parle de la marchandise, cette forme sous laquelle, à notre époque capitaliste, se présentent pratiquement tous les produits du travail, tous les biens utiles (cela n’a pas été le cas en tous temps) ; cette forme dont les lois et contradictions – qu’élucide ici Marx, gouvernent les producteurs-échangistes, au lieu qu’ils puissent se gouverner eux-mêmes ; cette forme, dont Marx ne fait ici qu’esquisser le dépassement dans une époque future où les hommes deviendraient libres et maître de leur destin.

« La vie sociale, dont la production matérielle et les rapports qu’elle implique forment la base, ne sera dégagée du nuage mystique qui en voile l’aspect, que le jour où s’y manifestera l’œuvre d’hommes librement associés, agissant consciemment et maîtres de leur propre mouvement social. »

Pour l’instant, Marx nous emmène au marché observer un tisserand y échanger avec un tailleur 20 mètres de toile contre un habit. De cet échange sans malice – apparemment -, il tire une première abstraction, une équation toute simple : 20 mètres de toile = 1 habit. À partir de là, Marx perce les énigmes, avant lui irrésolues, de l’économie politique : qu’est-ce qui détermine la valeur d’une marchandise ? Les marchandises s’échangent-elles conformément à leur valeur ? Comment ? Qu’est-ce qui détermine leur prix ? Pourquoi l’or sert-il de mesure de valeur des marchandises ? Et comment sert-elle de monnaie ? Comment des billets en papier – ou de simple symboles -, peuvent-ils remplacer l’or ? Qu’est-ce qui détermine la quantité d’or nécessaire dans un pays ? Etc.

Cette version audio est disponible ici avec ou sans les notes. Cette dernière ne dure plus que 5h55.

Certaines incertitudes, quant au texte de 1872 (disponible sur Gallica), ont été levées en croisant la traduction des Éditions sociales (1971) ; celle de l’édition Quadrige, sous la responsabilité de Jean-Pierre Lefebvre – qui avait accès aux notes manuscrites de Marx ; la première édition allemande, 1867.
Certains errata signalés en fin de texte (1872) ont été intégrés à la version enregistrée, mais pas tous.

Traduction : Joseph Roy (18?-18?).

Une autre version texte est disponible sur Wikisource.

Illustration : Karl Marx (Le Capital, édition française de 1872).

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KANT, Emmanuel – Critique du jugement esthétique

Donneur de voix : Gauthier Manesse | Durée : 7h 26min | Genre : Philosophie


Emmanuel Kant

La « critique de la faculté de juger esthétique » est la première partie de la Critique de la faculté de juger, ou Critique du jugement, de Kant. Il y analyse le beau et le sublime, à la fois dans la nature et dans les arts. La satisfaction relative au beau est distinguée de deux autres formes de satisfaction : celle liée à « l’agréable » et celle liée au « bien ». La satisfaction liée à l’agréable est purement sensible et personnelle. Par exemple j’aime bien ce vin, mais si vous ne l’aimez pas, je comprends et cela me semble normal que nous ayons des goûts différents. « Des goûts et des couleurs, on ne discute pas ». Le satisfaction liée à ce qui est bien par contre (par exemple la satisfaction de voir quelqu’un porter secours à quelqu’un d’autre) est intellectuelle et on peut la présupposer aussi chez les autres. Quant au plaisir lié au beau, il est assez ambigu car il se situe entre les deux : il passe par la sensibilité, mais en qualifiant quelque chose de « beau » on s’attend à ce que les autres soient d’accord ; le jugement de goût a une prétention à l’universalité. D’ailleurs, de fait nous discutons et argumentons avec les autres quand ils ne sont pas d’accord avec nos jugements de goût. Kant se demande entre autres si cette prétention à l’universalité est justifiée.

Traduction : Jules Barni (1818-1878).

> Écouter un extrait : 02. Analytique du beau.

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KLEIST, Heinrich (von) – L’Enfant trouvé

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 40min | Genre : Nouvelles


L'Enfant trouvé

Heinrich von Kleist (1777-1811) est un écrivain allemand, poète, dramaturge et essayiste qui a signé, entre autres, Le Tremblement de terre du Chili et L’Enfant trouvé dont la rédaction (sujet, lieu, personnages, action) rappelle curieusement les nouvelles de Boccace qui ont vu le jour cinq siècles plus tôt.

« Arrivé hors des portes de la ville, il considéra pour la première fois avec attention le jeune enfant. Il était d’une beauté assez remarquable : ses cheveux noirs tombant en boucles se jouaient sur son front et ombrageaient un visage sérieux, dont l’expression ne changeait point. Piachi lui fit plusieurs questions auxquelles il répondit très brièvement. Silencieux et rentré en lui-même, il promenait des regards pensifs tout autour sur la campagne. De temps en temps il tirait de sa poche une poignée de noix, et tandis que Piachi, tout entier à sa douleur, essuyait les larmes qui inondaient ses yeux, il les cassait entre ses dents avec une vivacité un peu sauvage. »

Ne croirait-on pas lire des lignes du Décaméron : « Déjà à l’âge de quinze ans il fut, grâce à ces moines, en proie à la séduction d’une certaine Xaviera Tartini, maîtresse de l’évêque ; et quoique les vives représentations de ses parents l’eussent engagé à rompre cette liaison, Elvire eut plusieurs raisons de croire qu’il n’y avait point renoncé tout-à-fait. » ?

Traduction : A.-I. (Adrienne J. Cherbuliez, 1804-18..) et Joël Cherbuliez (1806-1870).

L’Enfant trouvé.

> Télécharger le mp3 (Clic-droit, « Enregistrer sous… »)


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KANT, Emmanuel – Prolégomènes à toute métaphysique future

Donneuse de voix : Bruissement | Durée : 6h 57min | Genre : Philosophie


Emmanuel Kant

« Dégoûté par conséquent du dogmatisme qui ne nous apprend rien, aussi bien que du scepticisme, qui ne nous laisse aucun espoir, pas même celui du repos dans une légitime ignorance, excité par l’importance de la connaissance dont nous avons besoin, et rendu circonspect par une longue expérience à l’égard de toute connaissance que nous croyons posséder, ou qui s’offre à nous sous le couvert de la raison pure, il ne nous reste plus qu’une question critique, à la solution de laquelle nous ayons à nous appliquer désormais : une métaphysique est-elle absolument possible. Mais cette question doit être résolue non par des doutes sceptiques touchant certaines affirmations d’une métaphysique réelle (car nous n’en reconnaissons aucune pour le moment), mais d’après la notion encore toute problématique d’une pareille science.

Dans la Critique de la raison pure, j’ai traité cette question synthétiquement ; c’est-à-dire que j’ai fait mes recherches dans la raison pure même, et que j’ai essayé d’établir d’après des principes dans cette source même et les éléments et les lois de son usage. Ce travail est difficile, et demande un lecteur résolu de suivre par la pensée un système qui est encore sans autre fondement donné que la raison même, et qui par conséquent, sans s’appuyer sur un fait quelconque, cherche à faire sortir la connaissance de son germe primitif. Des prolégomènes doivent être au contraire des préludes ; ils doivent plutôt indiquer ce qui est à faire pour constituer une science autant que possible, qu’exposer la science même. Ils doivent donc s’appuyer sur quelque chose que l’on connaît déjà passablement, d’où l’on peut partir avec confiance et s’élever aux sources que l’on ne connaît pas encore, et dont la découverte nous expliquera non seulement ce qu’on savait, mais aussi l’étendue de beaucoup de connaissances qui proviennent toutes des mêmes sources. Le procédé méthodique des prolégomènes, de ceux-là surtout qui doivent préparer à une métaphysique future, sera donc analytique. »

Traduction : Joseph Tissot (1801-1876).

> Écouter un extrait : .

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