Livres audio gratuits pour 'Angelot' :


HEINE, Heinrich – Intermezzo lyrique (Poème)

Donneur de voix : Angelot | Durée : 42min | Genre : Poésie


Heinrich Heine

« Il y avait une fois un chevalier qui était taciturne et sombre ! ses joues creuses avaient le blanc de la neige. Il errait çà et là d’un pas chancelante perdu en de vagues rêves. On eût dit qu’il était de bois, tant il était lourd et gauche ! les fleurettes et les fillettes se mettaient à rire sans bruit quand il passait près d’elles, trébuchant à chaque pas.

Souvent il se retirait dans le coin le plus sombre de sa demeure, dissimulé aux yeux des hommes. Alors il étendait les bras, comme mû d’un désir qu’il n’exprimait jamais. Mais à minuit on entendait un chant étrange, et à sa porte quelqu’un frappait… »

Traduction : Gérard de Nerval (1808-1855).

Intermezzo lyrique.

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GUYON, Jeanne-Marie – Les Torrents spirituels (Première Partie)

Donneur de voix : Angelot | Durée : 3h 20min | Genre : Religion


torrents

« […] L’amour tient lieu de tout, il ne m’apprend autre chose que la vérité, qui est au-dessus de moi et hors de moi. Oui, Amour, tout ce que l’on me peut dire regarde l’âme, et vous m’avez chassée hors d’elle. Vous y tenez lieu de tout, et je ne puis m’arrêter en aucun autre objet qu’en vous seul. O divin Amour ! Vous êtes tellement seul que je ne sais pas si j’ai une âme. Mon unique et pur Amour a délaissé et oublié l’âme : il n’y a temps et lieu que pour lui. Je me soucie autant de toi, ô âme, comme d’une paille … Oh ! qu’on ne me parle plus de l’âme ni de tout ce qui la concerne ! Je ne sais plus autre chose que mon Amour ; et il me semble que tout y est tellement Lui, qu’il y a une impossibilité morale de pouvoir plus regarder ni penser à son âme, mais bien à ce seul et unique Amour, et à cet objet de pureté.

Mais de dire ce qui occupe, et comme l’on est occupé, c’est ce qui ne se dira jamais. Je n’ai rien de distinct ni de particulier : c’est un objet où tout est un, sans aucune distinction ni discernement. Il n’y a rien en Dieu de particulier, tout y est un, mais silence à toute expression ! Silence à toute intelligence ! Silence pour toute parole ! Je commence de rendre compte de la vérité dont je suis certaine, qui est Dieu, et de Son divin amour, qui est tout mien et qui est tout moi, en disant que je ne puis rien dire. Et je finis en disant que je n’en dirai rien. » (Lettre d’une paysanne à Madame Guyon)

> Écouter un extrait : Chapitre 01.

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SÉGUR, Comtesse (de) – Le Mauvais Génie

Donneurs de voix : Projet collectif | Durée : 5h 43min | Genre : Romans


Comtesse de Ségur - Le Mauvais Génie

« Alcide :
Dis-moi donc, Julien, tu pourrais tout de même faire une fameuse affaire avec Monsieur Georgey ; il ne regarde pas à l’argent ; il est riche, tu pourrais lui vendre une de tes dindes pour huit francs.

Julien :
D’abord, je t’ai dit que c’est Madame Bonard qui les vend elle-même ; ensuite, quand je la lui vendrais huit francs, je ne vois pas ce que j’y gagnerais.

Alcide :
Comment, nigaud, tu ne comprends pas que, le prix d’une dinde étant de quatre francs, tu empocherais quatre francs et tu en donnerais autant à Madame Bonard ?

Julien :
Mais ce serait voler, cela !

Alcide :
Pas du tout, puisqu’elle n’y perdrait rien.

Julien :
C’est vrai ; mais, tout de même cela ne me semble pas honnête. »

> Écouter un extrait : Chapitre 01 : Une dinde perdue.

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BÖHME, Jacob – L’Aurore naissante : De la compaction des étoiles

Donneur de voix : Angelot | Durée : 41min | Genre : Religion


Compaction des étoiles

À propos des écrits de l’auteur de L’Aurore naissante, dont nous présentons ici le chapitre 24 intitulé De la compaction des étoiles, Balzac écrira dans la préface à son Livre mystique (Les Proscrits, Louis Lambert, Séraphîta) : « [...] On peut lire mille pages de Madame Guyon, de Swedenborg et surtout de Jacob Boehme, sans rien y saisir. Vous allez savoir pourquoi. Aux yeux de ces Croyants, tout est démontré : ce ne sont alors que cris de conviction, psaumes d’amour entonnés pour célébrer des jouissances continues, exclamations arrachées par la beauté du spectacle ! Vous diriez les clameurs d’un peuple entier voyant un feu d’artifice au milieu d’une nuit. Malgré ces torrents de phrases échevelées, l’ensemble est sublime et les arguments sont foudroyants, quand l’esprit les a pêchés dans ce grand bruissement de vagues célestes. Imaginez la mer embrassée d’un coup d’œil ; elle vous ravit, vous transporte, vous enchante ! Mais vous êtes sur un cap, vous la dominez, le soleil lui prête une physionomie qui vous parle de l’infini. Mettez-vous à y nager, tout y est confus ; vous la voyez partout semblable à elle-même, les lignes de l’horizon vous échappent, partout des flots, partout le vert sombre, et la monotonie de sa voix vous lasse ; ainsi, pour avoir une intuition de l’infini démontré dans ces livres étourdissants, vous devez monter sur un cap ; l’esprit de Dieu vous apparaît alors sur les eaux, vous voyez un soleil moral qui les illumine. »

Traduction : Louis Claude de Saint-Martin (1743-1803).

De la compaction des étoiles.

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JEAN PAUL – Un songe

Donneur de voix : Angelot | Durée : 8min | Genre : Contes


cimetiere

« Quand l’obscurité s’approche, nous détournons nos regards de l’église et de ses noirs vitraux ; les terreurs de l’enfance, plus encore que ses plaisirs, reprennent les ailes pour voltiger autour de nous, pendant la nuit légère de l’âme assoupie. Ah! n’éteignez pas ces étincelles ; laissez-nous nos songes, même les plus sombres. Ils sont encore plus doux que notre existence actuelle ; ils nous ramènent à cet âge où le fleuve de la vie réfléchit encore le ciel. »

Traduction : Madame de Staël (1766-1817).

Un songe.

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JEAN PAUL – L’Éclipse de lune

Donneur de voix : Angelot | Durée : 20min | Genre : Contes


Caspar moon

« L’ombre de l’éternel cadran approchait du XVIIIe siècle ; notre terre allait passer, toute sombre, entre le soleil et la lune, et déjà la mère des hommes, interdite et profondément affligée, pressait contre son cœur celles de ses filles qui n’avaient point encore porté le vêtement terrestre ; et elle leur répétait en gémissant : « Oh ! ne succombez pas, mes enfants chéris ! conservez-vous purs comme des anges, et revenez à moi ! ». »

Traduction : Gérard de Nerval (1808-1855).

L´Éclipse de lune.

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