Livres audio gratuits pour 'Ludovic Coudert' :


WEIL, Simone – L’Enracinement (Deuxième Partie)

Donneur de voix : Ludovic Coudert | Durée : 9h | Genre : Philosophie


Simone Weil

« Notre époque a pour mission propre, pour vocation, la constitution d’une civilisation fondée sur la spiritualité du travail. Les pensées qui se rapportent au pressentiment de cette vocation, et qui sont éparses chez Rousseau, George Sand, Tolstoï, Proudhon, Marx, dans les encycliques des papes, et ailleurs, sont les seules pensées originales de notre temps, les seules que nous n’ayons pas empruntées aux grecs. C’est parce que nous n’avons pas été à la hauteur de cette grande chose qui était en train d’être enfantée en nous que nous nous sommes jetés dans l’abîme des systèmes totalitaires. Mais, si l’Allemagne est vaincue, peut-être que notre faillite n’est pas définitive. Peut-être avons-nous encore une occasion. On ne peut pas y penser sans angoisse ; si nous l’avons, médiocres comme nous sommes, comment ferons-nous pour ne pas la manquer ?

Cette vocation est la seule chose assez grande pour la proposer aux peuples au lieu de l’idole totalitaire. Si on ne la propose pas de manière à en faire sentir la grandeur, ils resteront sous l’emprise de l’idole ; elle sera seulement peinte en rouge au lieu de brun. »

Simone Weil (1909-1943), L’Enracinement, ou Prélude à une déclaration des devoirs envers l’être humain (extrait tiré de la p. 161, éditions Champs-Flammarion, 1943).

Accéder à la première partie…

> Écouter un extrait : Partie 01.

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WEIL, Simone – Méditations sur l’économie

Donneur de voix : Ludovic Coudert | Durée : 20min | Genre : Philosophie


Simone Weil

Dans le contexte actuel de crise sanitaire et sociale, nos dettes explosent, et la France était déjà très endettée à environ 100 % de son PIB. Les États et les particuliers regardent donc l’avenir avec inquiétude. Qui pourra prêter ? rembourser ? pourra-t-on emprunter ? Mais des questions éthiques aussi ressurgissent. Comment juger de la responsabilité en matière de dettes ? La justice consiste-t-elle uniquement à payer ses dettes ? Distinguer rigoureusement et sans faiblir entre créancier et débiteur est-il le signe d’un véritable début d’équilibre économique ?

On pourra se rappeler qu’en 2008 la question de l’annulation des dettes s’était posée. En fait, elle s’est toujours posée. Dans l’Antiquité, l’esclavage pour dettes a posé de multiples problèmes. Chez les Hébreux, l’annulation des dettes était périodiquement prévue. Tout récemment, lors d’une de ses déclarations télévisées pendant le confinement, le chef de l’État français a annoncé que la dette des pays d’Afrique serait annulée. Est-ce surprenant ?

La réflexion de Simone Weil sur l’économie a pour mérite principal d’éclairer le caractère inéluctable des reports et annulations partielles ou totales des dettes. Beaucoup de situations et d’intérêts nous incitent à oublier périodiquement cela, mais ce n’est pas un hasard.

« L’économie est chose singulière. Combien de fois, depuis un certain nombre d’années, ne parle-t-on pas, soit à propos de tel ou tel pays, soit à propos du monde capitaliste dans son ensemble, d’effondrement économique ? On a ainsi l’impression, excitante et romantique, de vivre dans une maison qui, d’un jour à l’autre, peut s’écrouler. Pourtant, qu’on s’arrête un instant pour réfléchir au sens des mots, et qu’on se demande s’il y a jamais eu effondrement économique. Comme toutes les questions extrêmement simples, si simples qu’on ne songe jamais à les poser, celle-ci est propre à jeter dans un abîme de réflexions. […]

L’économie n’est pas comparable à une architecture ni les malheurs de l’économie à des effondrements.

Dans tous les domaines auxquels s’applique la pensée et l’activité humaine, la clef est constituée par une certaine notion de l’équilibre, sans laquelle il n’y a que misérables tâtonnements.»

Simone Weil, Quelques réflexions sur l’économie, 1937.

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WEIL, Simone – Quelques réflexions autour de la notion de valeur

Donneur de voix : Ludovic Coudert | Durée : 24min | Genre : Philosophie


Simone Weil

Surmonter les contradictions essentielles de la pensée, en les éliminant, c’est peut-être la valeur propre du travail et de l’œuvre poétique, si l’on en croit Paul Valéry, dans son Cours de poétique. Mais est-ce le propre de la démarche du philosophe et le sens de son travail ? « La valeur est au centre de la philosophie » déclare Simone Weil, dans la première ligne de ces Quelques réflexions autour de la notion de valeur, vraisemblablement inspirées par le propos de Valéry dont elle eut connaissance. Dans un texte, tiré du premier des Cahiers de Marseille, elle écrit en effet : « Valéry : Cours de poétique. Commence par faire entièrement abstraction de toute considération de valeur (alors qu’il ne s’agit que de valeurs), puis décrit. Procédé très instructif (mais comme procédé) pour déceler la marque en creux de la valeur. »
En considérant que, d’un côté, la philosophie a partie liée avec la valeur et que, d’un autre côté, la vie ne se sépare pas de l’affirmation de valeurs (on ne peut les traiter séparément de la vie elle-même, pour les connaître) Simone Weil relève une contradiction entre le désir de connaître la valeur et son impossible satisfaction. Elle soutient que cette contradiction appartient en propre à la valeur supérieure de la philosophie elle-même. En étant aspiration à la vérité, elle est attachement au détachement, attachement à une vie détachée et attachement à la mort finalement. C’est cette situation paradoxale qui permet au philosophe d’atteindre la vérité et la valeur de chaque chose dans une hiérarchie des biens, en libérant l’attention.
« La notion de valeur est au centre de la philosophie. Toute réflexion portant sur la notion de valeur, sur une hiérarchie de valeurs, est philosophique ; tout effort de pensée portant sur un objet autre que la valeur est, si on l’examine de près, étranger à la philosophie. Par là, la valeur de la philosophie elle-même est hors de discussion. » Le manuscrit du texte s’interrompt brutalement, après que Simone Weil a cité enfin le nom de Paul Valéry, ayant situé la doctrine élaborée par lui dans sa leçon de poétique. « Quant aux systèmes complets construits dans le dessein d’éliminer toutes les contradictions essentielles de la pensée, on comprendrait que s’ils ont une valeur, elle ne peut être que poétique ; c’est ici que l’affirmation de Valéry est tout à fait juste. » (Simone Weil, Quelques réflexions autour de la notion de valeur, 1941 Œuvres, Quarto Gallimard, p. 121).
« La tempête qui nous entoure a déraciné les valeurs, en a défait la hiérarchie, et les met toutes en question pour les peser sur la balance toujours fausse de la force. Nous du moins, pendant ce temps, mettons-les toutes en question nous aussi, chacun de nous pour son compte, pesons-les en nous-mêmes dans le silence de l’attention, et souhaitons qu’il nous soit accordé de faire de notre conscience une balance juste. » (Simone Weil, À propos de la théorie des quanta, derniers mots de ce texte signé du pseudonyme Emile Novis, dans l’édition des Œuvres en Quarto Gallimard, p. 592)

Quelques réflexions autour de la notion de valeur.

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PLATON – La République (Œuvre intégrale)

Donneur de voix : Ludovic Coudert | Durée : 16h 14min | Genre : Philosophie


Platon

« Qu’est-ce que la justice ? » Cette question que Socrate lie étroitement avec celle de savoir quelle vie il faut désirer vivre est au cœur de l’ouvrage le plus célèbre de Platon, la République. Faut-il vivre la vie d’un homme simple, attaché à faire consciencieusement son travail, sans profit pour lui-même ? Ou au contraire celle d’un petit brigand ou mieux encore d’un voleur accompli comme un tyran prospère, riche et impuni jusqu’à la fin de sa vie, vie louée d’ailleurs par un certain nombre d’hommes ? La discussion commence chez le vieillard Céphale puis seule la jeunesse ambitieuse reste pour prolonger la soirée (le temps des dix livres qui composent la république !). La parole entraînera ce groupe exigeant à réfléchir aux conditions d’existence d’une cité réelle et aux principes de décomposition des cités dans l’histoire. Au fond la république apprendra à ses lecteurs à réfléchir au gouvernement de soi comme au gouvernement des cités.

Socrate : « Si une cité d’hommes bons venait à l’existence, il semble qu’on y lutterait pour échapper au pouvoir comme maintenant on lutte pour l’obtenir, et là il deviendrait clair que le véritable gouvernant n’est point fait en réalité, pour chercher son propre avantage, mais celui du gouverné. » (347d)

- Livre I (Version 1, Version 2)
- Livre II
- Livre III
- Livre IV
- Livre V
- Livre VI
- Livre VII
- Livre VIII
- Livre IX
- Livre X

Traduction : Victor Cousin (1792-1867).


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PLATON – La Caverne

Donneur de voix : Ludovic Coudert | Durée : 13min | Genre : Philosophie


Platon

« – Maintenant, repris-je, pour avoir une idée de la conduite de l’homme par rapport à la science et à l’ignorance, figure-toi la situation que je vais te décrire. Imagine un antre souterrain, très ouvert dans toute sa profondeur du côté de la lumière du jour ; et dans cet antre des hommes retenus, depuis leur enfance, par des chaînes qui leur assujettissent tellement les jambes et le cou, qu’ils ne peuvent ni changer de place ni tourner la tête, et ne voient que ce qu’ils ont en face. La lumière leur vient d’un feu allumé à une certaine distance en haut derrière eux. Entre ce feu et les captifs s’élève un chemin, le long duquel imagine un petit mur semblable à ces cloisons que les charlatans mettent entre eux et les spectateurs, et au-dessus desquelles apparaissent les merveilles qu’ils montrent.

- Je vois cela.

- Figure-toi encore qu’il passe le long de ce mur, des hommes portant des objets de toute sorte qui paraissent ainsi au-dessus du mur, des figures d’hommes et d’animaux en bois ou en pierre, et de mille formes différentes ; et naturellement parmi ceux qui passent, les uns se parlent entre eux, d’autres ne disent rien.

- Voilà un étrange tableau et d’étranges prisonniers.

- Voilà pourtant ce que nous sommes. »

Extrait de La République (Livre VII).

Traduction : Victor Cousin (1792-1867).

La Caverne.

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PLATON – La République (Livre premier)

Donneur de voix : Ludovic Coudert | Durée : 1h 45min | Genre : Philosophie


Platon

« La justice, est-ce payer ses dettes et dire la vérité ? demande Socrate à Céphale. Plus généralement, selon Polémarque, fils de Céphale, c’est « rendre à chacun son dû » ? Mais Socrate dit non : la justice n’est pas une réussite visible aux yeux. D’où la colère de Thrasymaque, qui voudra forcer Socrate à reconnaître que la justice n’est en rien une réussite et n’est que « l’intérêt du plus fort ». Devant ce choc des opinions, l’esprit d’examen de Socrate, d’une redoutable et froide rigueur, soutiendra que la justice est force, beauté et santé de l’âme : l’homme juste est ainsi selon lui plus heureux que l’injuste.

Ce texte peut être lu ou écouté pour lui-même. Certains historiens avancent, en effet, que Platon ne l’avait pas d’abord conçu comme une introduction au reste de la République, quoiqu’il l’utilisât ainsi par la suite. Peu nous importe en un sens : mais le fait est que ce premier livre présente une unité particulière et qu’il se démarque nettement de la suite, par son style et par la variété des personnages du dialogue. Surtout, il donne déjà les principes essentiels de la pensée platonicienne, et annonce amplement la suite des neuf livres de la République.

Thrasymaque à Socrate : « Parce que tu t’imagines que […] les chefs des cités, ceux qui sont vraiment chefs, regardent leurs sujets autrement qu’on regarde ses moutons, et qu’ils se proposent un autre but, jour et nuit, que de tirer d’eux un profit personnel ? » (343b).
Socrate : « Si une cité d’hommes bons venait à l’existence, il semble qu’on y lutterait pour échapper au pouvoir comme maintenant on lutte pour l’obtenir, et là il deviendrait clair que le véritable gouvernant n’est point fait en réalité, pour chercher son propre avantage, mais celui du gouverné. » (347d)

Traduction : Victor Cousin (1792-1867).

PS: Cette nouvelle lecture du livre 1 vient achever la lecture de l’ensemble des livres de la République, tous pouvant être écoutés désormais dans la même traduction de Victor Cousin. La traduction Chambry du livre 1 demeure consultable sur le site Littérature audio (publication en date du 8 décembre 2011).

> Écouter un extrait : Première Partie.

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SÉGUR, Comtesse (de) – L’Auberge de l’Ange-Gardien (Extrait)

Donneurs de voix : Projet collectif | Durée : 25min | Genre : Romans


Comtesse de Ségur

« Il faisait froid, il faisait sombre ; la pluie tombait fine et serrée ; deux enfants dormaient au bord d’une grande route sous un vieux chêne touffu : un petit garçon de trois ans était étendu sur un amas de feuilles ; un autre petit garçon de six ans, couché à ses pieds, les lui réchauffant de son corps »

Livre de référence pour de nombreuses générations de lecteurs, enfants et adultes, L’Auberge de l’Ange-Gardien est riche en personnages hauts en couleurs et en sentiments généreux et réalistes.

Cette lecture est un projet collectif original, tenté il y a trois ans: il s’agit d’une lecture en famille en se répartissant les rôles des personnages de l’histoire, ceux-ci correspondant alors assez bien à l’âge des enfants. Nous avons lu les trois premiers chapitres. Je l’avais quelque peu oubliée et l’ai retrouvée récemment en mettant de l’ordre dans les fichiers enregistrés ces dernières années. Les voix ayant muées, il ne sera plus possible d’offrir une suite avec les mêmes conditions, mais nous espérons que cela plaira déjà aux auditeurs de Littératureaudio.com et leur donnera envie d’aller écouter la suite…

> Écouter un extrait : Chapitre 01.

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PLATON – La République (Livre dixième)

Donneur de voix : Ludovic Coudert | Durée : 1h 36min | Genre : Philosophie


Platon

« Socrate. – Je puis m’expliquer avec vous, car vous n’irez pas me dénoncer aux poètes tragiques et autres poètes imitateurs. Il semble que ce genre de poésie est un poison pour l’esprit de ceux qui l’écoutent, lorsqu’ils n’ont pas l’antidote, qui consiste à savoir apprécier ce genre tel qu’il est.

- Comment l’entends-tu ?

- Je vous le dirai ; cependant je sens que ma langue est arrêtée par une certaine tendresse, et un certain respect que j’ai depuis l’enfance pour Homère ; on peut dire en effet qu’Homère est le maître et le chef de tous ces beaux poètes tragiques ; mais on doit plus d’égards à la vérité qu’à un homme ; je parlerai donc… »

Le livre X clôt La République, avec le mythe d’Er le Pamphylien, sur l’immortalité de l’âme et la destinée, l’un des plus beaux et des plus difficiles textes de Platon.

La foi en l’immortalité de l’âme est en effet la condition nécessaire à son salut propre, qui est la vie selon la justice, vie gouvernée par la raison et non par les passions qu’excitent complaisamment les poètes tragiques, maîtres en imitations.

Traduction : Victor Cousin (1792-1867).

Accéder au sommaire de La République

> Écouter un extrait : Première Partie.

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