Livres audio gratuits pour 'Michel de Montaigne' :


MONTAIGNE, Michel (de) – De l’exercitation (Essais II, 6)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 32min | Genre : Essais


Chute de cheval de Napoleone Orsini

Le titre De l’exercitation (Livre II, Chapitre 6), n’est pas clair. Il faut le prendre dans le sens de « pratique », « expérience », « entraînement », en particulier pour le passage de la vie à la mort :
« On peut bien, par l’expérience et l’habitude, se fortifier contre les douleurs, la honte, la misère, et autres semblables accidents.
Mais s’agissant de la mort, nous n’avons droit qu’à un seul essai. Et nous sommes tous des apprentis lorsque nous la rencontrons. »

S’appuyant sur sa propre expérience, après une chute de cheval où il avait frôlé la mort, Montaigne en déduit quelques conclusions, dont : « Bien des choses semblent plus grandes dans notre imagination qu’elles ne le sont en réalité ».
Puisqu’il a parlé de cet accident, il élargit le sujet pour justifier son introspection :
« Il y a plusieurs années que je suis moi-même le seul de mes pensées, que je n’examine et n’étudie que moi. Et si je m’intéresse à autre chose, c’est pour l’appliquer aussitôt à moi- même, le faire en quelque sorte entrer en moi. »
Cet Essai est une illustration de « Je suis moi-même la matière de mon livre » et de la fameuse formule : « Chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition ».

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

De l’exercitation.

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MONTAIGNE, Michel (de) – De la vertu – D’un enfant monstrueux (Essais II, 29, 30)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 27min | Genre : Essais


Ibn Sayyid Murad al Husayni - Couple hindou uni dans le bûcher (1657)

L’Essai 29 du Livre II est intitulé par Montaigne De la vertu. Ce nom doit être entendu au sens de « courage » (latin « virtus ») et non comme le contraire de « vice ».

Il en faut, par exemple, aux femmes indiennes : « C’est bien autre chose avec les femmes des Indes : selon la coutume de ce pays, les hommes ont plusieurs femmes, et celle qui est la favorite doit se tuer après la mort de son mari ; pour chacune de ces femmes, le but de toute une vie est de gagner cet avantage sur ses compagnes, et les bons offices qu’elles rendent à leur mari ne visent pas d’autre récompense que celle d’être la préférée pour l’accompagner dans la mort. »

L’Essai II, 30 D’un enfant monstrueux est une histoire de ce qu’on appelle depuis le XIXe siècle des « frères siamois » (nés en 1808 au Siam, deux frères ainsi attachés, mais avec deux têtes, avaient été promenés dans le monde avant de se fixer aux Etats-Unis).
Montaigne pense que nous n’avons pas assez d’expérience ni de raison pour donner une explication à l’existence de ce genre de monstres…

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

De la vertu.

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MONTAIGNE, Michel (de) – De la grandeur romaine – De ne contrefaire le malade – Des pouces (Essais II, 24, 25 et 26)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 15min | Genre : Essais


Jean-Léon Gérôme - Pollice verso (détail)

Trois courts chapitres successifs (24, 25 et 26 du Livre II des Essais) d’anecdotes historiques :

De la grandeur romaine
« Tous les royaumes qu’Auguste avait acquis par le droit de la guerre, il les rendit à ceux qui les avaient perdus, ou en fit présent à des étrangers. Et à ce propos, Tacite dit : « Les Romains avaient l’habitude, depuis toujours, de laisser les rois qu’ils avaient vaincus en possession de leur royaume, mais soumis à leur autorité, afin d’avoir même des rois comme instruments de servitude. »

De ne contrefaire le malade
« Ne cherchons pas hors de nous notre mal, il est en nous, il est planté dans nos entrailles. Et le fait même de ne pas nous sentir malades nous rend la guérison plus difficile. Si nous ne commençons pas de bonne heure à nous soigner, quand parviendrons-nous à guérir tant de plaies et de maladies? Nous avons pourtant un remède très doux : la philosophie. Car si avec les autres on ne tire du plaisir qu’après la guérison, avec celui-là,on a du plaisir et on guérit en même temps. » Voilà ce que dit Sénèque.

Des pouces
« Auguste confisqua les biens d’un chevalier romain qui avait, par ruse et pour frauder, coupé les pouces à deux de ses jeunes enfants, pour les dispenser d’être enrôlés dans l’armée. »

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

Illustration : Jean-Léon Gérôme, Pollice verso (détail)

> Écouter un extrait : De la grandeur romaine.

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MONTAIGNE, Michel (de) – De juger de la mort d’autrui (Essais II, 13)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 17min | Genre : Essais


Luca Giordano - Mort de Caton d'Utique

Ces deux citations de l’Essai 13 du Livre II, De juger de la mort d’autrui sont une invitation à suivre la pensée de Montaigne sur un problème éternel.

« Quand nous jugeons de la fermeté des autres en face de la mort, ce qui est sans doute l’action la plus remarquable de la vie humaine, il faut prendre garde au fait que les gens croient difficilement qu’ils en sont arrivés là. Il en est peu qui meurent convaincus qu’ils ont atteint leur dernière heure, c’est là que l’illusion de l’espérance nous trompe le plus. Elle ne cesse de nous dire à l’oreille : « D’autres ont été bien plus malades sans mourir, l’affaire n’est pas aussi désespérée qu’on le pense, et au pis aller, Dieu a fait bien d’autres miracles. » C’est que nous faisons trop grand cas de nous. »

« Il n’est rien, à mon avis, de plus remarquable dans la vie de Socrate que d’avoir passé trente jours entiers à ruminer le décret qui le condamnait à mort, d’avoir envisagé celle-ci durant tout ce temps-là, de l’avoir attendue avec assurance, sans émoi, sans trouble, et avec un comportement et un discours montrant une attitude plutôt calme et nonchalante que tendue et agitée par le poids d’une telle méditation. »

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

De juger de la mort d’autrui.

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MONTAIGNE, Michel (de) – De la gloire (Essais II, 16)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 40min | Genre : Essais


A la gloire

Une des grandes idées de Montaigne, dans De la gloire, chapitre 16 du livre II des Essais, où abondent divers exemples historiques, est que « Celui qui n’est un homme de bien que parce qu’on le saura, et parce qu’on aura plus d’estime pour lui quand on l’aura appris, qui ne veut bien faire qu’à la condition que sa vertu vienne à la connaissance des hommes, celui-là n’est pas un homme dont on puisse tirer bien des services ».

« La gloire ? Tout d’abord, je n’ai pas de nom qui soit vraiment le mien : des deux que j’ai, l’un est commun à toute ma race, et même encore à d’autres : il y a une famille à Paris et à Montpellier qui se nomme « Montaigne » ; une autre en Bretagne ; et en Saintonge on trouve des « de la Montaigne ». Le déplacement d’une seule syllabe mêlera nos destins, de telle sorte que je prendrai part à leur gloire, et eux, peut-être à ma honte. D’ailleurs, les miens se sont autrefois appelés « Eyquem », nom d’une maison encore connue en Angleterre. Quant à mon autre nom, il appartient à quiconque aura envie de le prendre… Ainsi un crocheteur sera-t-il peut-être honoré à ma place ? »

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

De la gloire.

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MONTAIGNE, Michel (de) – La Couardise, mère de la cruauté (Essais II, 27)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 30min | Genre : Essais


Jacques Callot - Duel à l'épée

Aujourd’hui que les réparations de l’honneur par le duel – à l’épée – sont passées de mode, l’Essai (Livre II, chapitre 27) La Couardise, mère de la cruauté n’a plus qu’un intérêt historique.
En revanche, certains passages sur la cruauté sont facilement actualisables :

« Car en quel état peut être l’âme d’un homme attendant la mort pendant vingt-quatre heures, les membres brisés sur une roue, ou, à la façon antique, cloué sur une croix ? »

Et les exemples que cite Montaigne pour terminer son Essai sont épouvantables.

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

La Couardise, mère de la cruauté.

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MONTAIGNE, Michel (de) – De l’affection des pères aux enfants (Essais II, 8)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h | Genre : Essais


Anton Pizarro - Caballero con su hijo

L’Essai 8 du Livre II, De l’affection des pères aux enfants nous apprend beaucoup de choses sur la vie privée de Montaigne : « Je me suis marié à trente-trois ans, et j’approuve le choix de trente-cinq, qu’on dit être le conseil d’Aristote. [...] On dit que, tout petit, je n’ai été fouetté que deux fois, et modérément. Je devais rendre la pareille à mes propres enfants – mais ils meurent tous en nourrice… Léonore, qui est ma seule fille à avoir échappé à ce triste destin, a atteint six ans et plus sans que l’on ait employé pour sa formation et le châtiment de ses fautes d’enfant, autre chose que des paroles, et bien douces. »
La vie des bébés ne l’intéresse pas : « Nous sommes couramment plus émus par les trépignements, jeux et niaiseries puériles de nos enfants que nous ne le sommes par la suite de leurs actions bien pensées. [...] J’ai bien peur que les dépravations des enfants ne trouvent leur source dans les vices des pères. »

Curieux aussi que dans cet Essai qu’il dédie à Madame veuve D’Estissac, mère d’un de ses amis, il n’hésite pas à montrer une certaine misogynie : « Les femmes ont naturellement tendance à contredire leurs maris. Elles saisissent à deux mains tous les prétextes de s’opposer à eux et la première excuse trouvée leur sert de justification d’ensemble. [...] Plus elles ont tort et plus elles sont contentes d’elles-mêmes. »

Il ajoute nombre d’anecdotes où il compare« enfants corporels » et « enfants de l’esprit ». « Il est peu d’hommes s’adonnant à la poésie qui ne seraient pas plus flattés d’être les pères de l’Énéïde que du plus beau garçon de Rome, et qui ne supporteraient pas plus facilement la perte de l’un que de l’autre. Car selon Aristote, de tous les ouvriers, c’est le poète qui est le plus amoureux de son œuvre. »

Que penser de cette hypothèse finale :
« Si Épicure avait eu le choix de laisser derrière lui un enfant contrefait et taré, ou un livre bête et stupide, n’eût-il pas choisi – et non seulement lui, mais tout homme aussi savant que lui – de subir le premier malheur plutôt que le deuxième ? »

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

De l’affection des pères aux enfants.

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MONTAIGNE, Michel (de) – Des mauvais moyens employés à bonne fin – Nous ne goûtons rien de pur (Essais II, 20, 23)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 12min | Genre : Essais


Gladiateurs

Des mauvais moyens employés à bonne fin (Livre II, Chapitre 23) :

« La faiblesse de notre nature humaine nous pousse souvent à cette nécessité d’utiliser de vils moyens pour une noble fin… Les Romains, par exemple, enseignaient au peuple la vaillance, le mépris du danger et de la mort par de furieux combats de gladiateurs et d’escrimeurs qui se battaient jusqu’à la mort, se tailladaient et s’entretuaient devant eux. »

Le chapitre 20 Nous ne goûtons rien de pur nous invite à méditer sur le fait que « parmi les plaisirs et les biens que nous avons, il n’en est aucun qui soit exempt de quelque mélange de peine et de désagrément… Même les lois de la justice ne peuvent subsister sans quelque mélange d’injustice : et comme dit Platon, ceux qui prétendent ôter des lois tous leurs désagréments et leurs inconvénients entreprennent de couper la tête de l’Hydre. »

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

Des mauvais moyens employés à bonne fin.

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