À Découvrir :
LITTRÉ, Émile – Pathologie verbale, ou Lésions de certains mots dans le cours de l’usage (Sixième Partie)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 20min | Genre : Essais


Les Papillotes

Quinze mots commençant par O et P analysés étymologiquement par Émile Littré :

Opiniâtre – Ordonner, Ordre – Papelard – Papillote – Parole – Persifler – Personne – Pistole, pistolet – Placer – Poison – Potence – Poulaine – Préalable

« Pistole, pistolet. — La pathologie, en ces deux mots visiblement identiques, est que leurs significations actuelles n’ont rien de commun. Dans les langues d’où ils dérivent, italien et espagnol, ils signifient uniquement une petite arme à feu, et pourtant, en français, ils ont l’un, le sens d’une monnaie, l’autre, celui d’un court fusil. Autrefois, en français, pistole et pistolet se dirent, comme cela devait être, de l’arme portative. Puis, la forme diminutive de pistolet suggéra l’idée de donner ce nom aux écus d’Espagne, parce qu’ils sont plus petits que les autres. Une fois la notion de monnaie introduite dans ces deux mots, l’usage les sépara, ne faisant signifier que monnaie à pistole, et qu’arme à pistolet. J’avoue qu’il ne me paraît pas que cela soit bien imaginé. L’italien et l’espagnol ne se sont pas trouvés mal d’avoir conservé à ces mots leur sens originel ; et ici nous avons fait trop facilement le sacrifice de connexions intimes. »

Illustration : Louis-Léopold Boilly, Les Papillotes (1824-1827).

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À Découvrir :
VERLAINE, Paul – Clair de lune (Poème, Version 2)

Donneur de voix : GamObs | Durée : 4min | Genre : Poésie


Paul Verlaine par Gustave Courbet

Les notes lumineuses de ce poème, volontairement entachées des impressions d’un siècle assombri, chantent la mélancolie réelle dissimulée sous le masque des Fêtes galantes.

Les lecteurs avertis sauront rassembler les images parsemées sur le chemin menant au monde sensible de Verlaine et trouver, derrière les apparences, la vérité.

Clair de lune.

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L’ENCYCLOPÉDIE – Janvier – Étrennes – An, Année

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 19min | Genre : Histoire


Almanach pour l'année 1765

Article de L’Encyclopédie consacré au mois de Janvier et aux Étrennes :

« Quoique les calendes de ce mois fussent sous la protection de Junon, comme tous les premiers jours des autres mois, celui-ci se trouvoit consacré particuliérement au dieu Janus, à qui l’on offroit ce jour-là le gâteau nommé janual, ainsi que des dattes, des figues & du miel, fruits dont la douceur faisoit tirer d’heureux prognostics pour le cours de l’année. »

Article An, Année :

« Ainsi comme ce fut principalement par rapport aux saisons que l’année fut instituée, la principale attention qu’on eut, fut de faire en sorte que les mêmes parties de l’année répondissent toûjours aux mêmes saisons, c’est-à-dire, que le commencement de l’année se trouvât toûjours dans le tems que le Soleil étoit au même point de son orbite.
Mais comme chaque peuple prit une voie différente pour arriver à ce but, ils ne choisirent pas tous le même point du zodiaque pour fixer le commencement de l’année, & ils ne s’accorderent pas non plus sur la durée de la révolution entiere. »

L’article se poursuit par de très longues considérations un peu fastidieuses que vous pourrez lire dans la version texte. L’intérêt historique n’en est pas absent, comme par exemple :

« Les Mahométans commencent l’année au moment où le Soleil entre dans le Bélier.
Les Persans, dans le mois qui répond à notre mois de Juin.
Les Chinois, & la plûpart des Indiens commencent leur année avec la premiere lune de Mars. Les Brachmanes avec la nouvelle lune d’Avril, auquel jour ils célebrent une fête appellée Samwat saradi pauduga, c’est-à-dire, la fête du nouvel an.
Les Mexicains, suivant d’Acosta, commençoient l’année le 23 de Février, temps où la verdure commençoit à paraître… etc »

Illustration : Almanach pour l’année 1765.

Janvier – Étrennes.

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LONDON, Jack – L’Enfant des eaux

Donneur de voix : Alain Degandt | Durée : 25min | Genre : Nouvelles


Jack London

Kohokumu, le vieux pêcheur polynésien, est intarissable. Et il n’en démord pas : les histoires qu’il se plaît à colporter ne sont pas des légendes sans fondement, il peut en fournir la preuve ! Il en est ainsi de l’histoire de l’Enfant des Eaux, de l’île de Waiihée. Pour satisfaire les exigences capricieuses du Roi, dont on annonce la visite imminente, accompagné de tout son aréopage, on appelle à la rescousse cet enfant, qui vénère les dieux de la mer et connaît le langage des poissons : parviendra-t-il à pêcher suffisamment de homards pour les royales agapes, au fond de l’eau du lagon infestée de dangereux requins ?
Il s’agit ici de la dernière nouvelle écrite par London.

Au début de l’été, l’écrivain découvre La Psychologie de l’Inconscient, de Jung. « Je me trouve à l’orée d’un monde si nouveau, si terrible, si extraordinaire, que j’ai presque peur de m’y plonger », confie-t-il à sa seconde épouse Charmian. Celle-ci voit dans cette ultime nouvelle une représentation symbolique de la renaissance et du retour à la terre nourricière.

Titre original : The Water Baby
Traduction : Louis Postif (1887-1942).

Licence Creative Commons

L’Enfant des eaux.

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BERGERAT, Émile – Le Coup de la belle-mère – Le Bon Chevalier de Frileuse

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 45min | Genre : Nouvelles


Le Bon Chevalier de Frileuse

Pour finir 2016 en souriant, deux Contes de Caliban de l’humoriste Émile Bergerat.

Le Coup de la belle-mère :

Appréciez le style de présentation des personnages : « J’estime sage d’en revenir au système du vieux répertoire – ou de La Bruyère – et d’appeler paisiblement : Eraste, Clitandre, Araminte et Bélise les types, comme on dit aujourd’hui, de ce conte philosophique.
Celui qui, du fond des nues, règle les choses de ce monde s’amusa donc, un jour, pour tenir le diable en haleine, à conduire Araminte, jeune fille pleine d’agréments du huitième à l’étalage miroitant où l’indolent Eraste, le crayon d’or en flèche à l’oreille, chiffonnait les soldes de faille et aunait les coupons de satin.
Le doux commis, marqué de Dieu, emplissait son idéal de vierge. »

Le Bon Chevalier de Frileuse est divertissant à écouter et facile à raconter ensuite :

« M. de Frileuse avait un ami, un seul, mais il était bon !… À ce mot : Turc ! cet ami accourait, et c’étaient des caresses sans fin comme sans prétexte, pour le simple plaisir. Notez que vous n’accueillez pas un frère absent depuis vingt années avec autant de transports que le chevalier ne recevait son ami chaque matin, après une seule nuit d’absence passée par Turc sur le paillasson.
— Je trouve en Turc, disait le chevalier, une supériorité évidente sur tous les amis de la race pensante et parlante : c’est que Turc pense sans parler, et que l’homme parle sans penser. »

Illustration : James Lonsdale, Portrait de Charles Howard (1746–1815), 11ème duc de Norfolk.

Le Coup de la belle-mère.

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LABOULAYE, Édouard – Zerbin le farouche

Donneuse de voix : Cocotte | Durée : 52min | Genre : Contes


Johann Georg Laminit - Kaspar Hauser

« Sire, dit Mistigris, un prince ne reprend jamais sa parole, mais il y a plusieurs façons de la tenir. Votre Majesté vient de promettre à sa fille de la marier. Nous la marierons. Après, nous prendrons la loi qui dit : « Si un noble prétend à l’amour d’une princesse, il sera décapité. Si le prétendant est un bourgeois, il sera pendu. Si c’est un vilain, il sera noyé comme un chien.
- Mistigris, dit le roi, vous êtes un coquin !
- Sire, dit le gros homme en se rengorgeant, je ne suis qu’un politique. On m’a enseigné qu’il y a une grande morale pour les princes et une petite pour les petites gens. C’est ce discernement qui fait le génie des hommes d’État, l’admiration des habiles et le scandale des sots. »

Il est intéressant de connaître les mentalités d’il y a une centaine d’années. Bien entendu, il s’agit d’un conte qui se passe il y a longtemps. De nos jours, heureusement, les choses ont bien changé !

Un conte extrait du recueil Nouveaux Contes bleus (1866).

Zerbin le farouche.

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BOCCACE, Jean – Préface de l’auteur – À mes censeurs : Les Oies du Frère Philippe – Le Crapaud, ou L’Innocence justifiée hors de saison

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 30min | Genre : Contes


Les Oies du Frère Philippe

Préface de l’auteur – À mes censeurs (début de la première nouvelle de la quatrième journée) à regrouper avec le Prologue et avec Conclusion est une mise au point de Boccace en réponse à ses détracteurs qui semblent avoir été nombreux, si l’on en juge par l’acharnement avec lequel se défend ce ministre florentin écrivain des années 1350 !

« Croiriez-vous, mesdames, que plusieurs de mes critiques me font un crime de vous trouver aimables, et qu’ils soutiennent qu’il n’y a aucun honneur à vous amuser, à vous plaire, et à célébrer vos charmes ? Rien n’est cependant plus vrai. D’autres, plus circonspects, prétendent qu’il ne convient nullement à un homme de mon âge de se livrer à de semblables bagatelles, et que ce n’est qu’à des jeunes gens tout au plus qu’il appartient de causer si longtemps de galanterie et de vous faire la cour. Quelques-uns, feignant de s’intéresser à ma réputation et à ma gloire, disent que je ferais beaucoup mieux d’aller avec les Muses sur le Parnasse que de perdre le temps avec vous. Quelques autres, moins prudents et plus aigres, n’ont pas craint de dire qu’au lieu d’employer le temps à composer des niaiseries, je devrais plutôt songer à amasser de quoi vivre. Il y en a qui, pour décrier mon travail et le dépriser à vos yeux, ont cherché à vous persuader que les événements que je vous ai racontés se sont passés d’une autre manière, et qu’ils sont devenus méconnaissables sous ma plume. »

Le ton de l’invective a disparu dans Le Crapaud, ou L’Innocence justifiée hors de saison (Journée IV, nouvelle 7).

« Il n’y a pas encore beaucoup de temps qu’il y avait à Florence une jeune fille, nommée Simone, issue de parents pauvres, mais jolie à ravir, et assez bien élevée pour son état. Comme elle était obligée de travailler pour vivre, elle filait de la laine pour différents particuliers. Le soin de songer à gagner sa vie ne la rendait point inaccessible à l’amour. Pasquin, jeune homme d’une condition à peu près égale à la sienne, eut occasion de la connaître, en lui apportant de la laine à filer, pour un fabricant dont il était commis, et la trouvant aussi honnête que jolie, il ne put se défendre d’en devenir amoureux. »

Traduction : Antoine Sabatier de Castres (1742-1817).

Illustration : Les Oies du Frère Philippe, aux éditions Barbier (1846).

Préface de l’auteur – À mes censeurs : Les Oies du Frère Philippe.

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GASKELL, Elizabeth – Une race maudite

Donneuse de voix : Cocotte | Durée : 41min | Genre : Nouvelles


Elizabeth Gaskell - Une race maudite

Cette nouvelle est la dernière du recueil Autour du sofa.

« En Angleterre, nous avons eu nos préjugés. Nous avons torturé les Juifs, brûlé les catholiques et les protestants, sans préjudice des sorciers et des sorcières.
Toutefois, notre position d’insulaires nous a, pour ainsi dire, préservés de l’invasion de certaines races, qui, chassées de l’endroit où elles avaient fixé leurs demeures, ont, à diverses époques, afflué dans un pays mécontent de les recevoir et dont les indigènes ne se donnaient pas la peine de dissimuler la répugnance qu’ils éprouvaient à leur égard. »
Elizabeth Gaskell

Traduction : Henriette Loreau (1815-18?).

Une race maudite.

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VERNE, Jules – Le Humbug, mœurs américaines

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 15min | Genre : Nouvelles


Le Humbug

Emprunté à Hier et demain, contes et nouvelles de Jules Verne (même recueil que La Journée d’un journaliste américain en 2890, L’Éternel Adam, Aventures de la famille Raton, La Destinée de Jean Morénas),

Le Humbug est une moquerie sans indulgence des mœurs américaines en 1863.

« Je vous le répète, disait le capitaine, cet original n’en fait jamais d’autres. Voilà dix fois qu’il remonte l’Hudson, de New-York à Albany, voilà dix fois qu’il s’arrange pour arriver en retard, voilà dix fois qu’il transporte des chargements pareils. Qu’est-ce que tout cela devient ? Je l’ignore. Le bruit court que Mr. Hopkins monte une grande entreprise à quelques lieues d’Albany et que, de toutes les parties du monde, on lui expédie des marchandises inconnues. »

Vous apprendrez la nature de ces chargements en parcourant cette boutade de Jules Verne.

Quelques synonymes de la traduction de Humbug : Charlatanisme fracassant, tromperie, fumisterie, grosse blague.

Le Humbug.

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POE, Edgar Allan – Les Cloches (Poème)

Donneuse de voix : Christiane-Jehanne | Durée : 31min | Genre : Poésie


Une des cloches de la cathédrale Saint-Fulcran de Lodève

Voici un texte d’Edgar Allan Poe, publié après sa mort, en 1849, traduit en prose par Stéphane Mallarmé et qui inspira une œuvre musicale à Serge Rachmaninoff.
Stéphane Mallarmé découvre Edgar Poe en 1862.
Les cloches accompagnent des événements sociaux, privés aussi parfois.
Ce texte en quatre parties suit avec subtilité certains de ces événements.
L’auteur et son traducteur utilisent l’onomatopée avec art.

Stéphane Mallarmé dans son commentaire suggère aussi la traduction d’Émile Blémont (1839-1927).

Serge Rachmaninoff a épousé cette poésie en prose rythmée et d’une élégance sensible, dans son poème symphonique en quatre mouvements, créé en 1913. Le troisième mouvement semble annoncer la guerre. Il utilise un texte russe de Konstantin Balmont, tiré du poème d’Edgar Allan Poe.

On pense, naturellement, aux quatre âges de la vie humaine.

Illustration : Une des cloches de la cathédrale Saint-Fulcran de Lodève.

Licence Creative Commons

> Écouter un extrait : Les Cloches.

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