À Découvrir :
MILTON, John – Sur la liberté de la presse

Donneur de voix : André Rannou | Durée : 56min | Genre : Essais


Milton Aeropagitica

Le titre complet de ce pamphlet, publié en 1644, est Aréopagitique : Discours de M. John Milton pour la liberté de la presse non autorisée au Parlement d’Angleterre.
Ce titre fait référence à l’Aréopage, ce prestigieux tribunal d’Athènes qui siégeait sur la colline d’Arès (Mars, selon la mythologie latine). Ayant aboli en 1641 la Chambre Etoilée (Star Chamber), instrument honni de la tyrannie royale, et partant libéré la presse, le Parlement – en guerre avec le roi Charles 1er depuis août 1642, et comprenant la Chambre des Lords et la Chambre des Communes – venait en 1643 de réintroduire la censure. Milton ouvre son adresse aux parlementaires, tous protestants, en leur démontrant qu’ils reprenaient ainsi les méthodes de leurs pires ennemis, à savoir la papauté et l’Église catholique. Il argumente que la censure n’avait jamais été exercée, si ce n’est de manière quasi fortuite, ni par les Grecs ni par les Romains, et qu’elle était née de la conjonction du Concile de Trente (1545-1563) et de l’Inquisition, ce tribunal ecclésiastique chargé depuis le XIIIe siècle de lutter contre les hérésies.
La liberté d’encourager le savoir est, dit-il, une partie essentielle de l’éthique chrétienne. La lecture sans contrainte et la diversité d’opinions sont nécessaires au développement de la vertu, et de toute façon la censure des seuls livres et autres publications serait totalement inefficace. Elle ne pourrait en outre que ralentir le progrès de la science, ainsi que le montre le cas de Galilée, rencontré par Milton au cours de son récent voyage en Italie. Milton, futur auteur du Paradis perdu, s’exprime en érudit ami des livres, qu’il considère comme des êtres vivants, et affirme par-dessus tout sa confiance dans le pouvoir de la vérité de triompher dans tout combat loyal avec l’erreur.
En 1788, le comte de Mirabeau reprendra à son compte l’argumentation de Milton, pour dénoncer la censure qui sape les efforts du roi Louis XVI pour s’informer de l’avis de ses sujets concernant la convocation des États Généraux. Il s’en explique dans un avant-propos à sa traduction, d’ailleurs abrégée, du texte de Milton. Celle-ci sera rééditée, sans que soit cité le nom du traducteur, en 1826, lorsque le gouvernement de Charles X envisagera de limiter derechef la liberté de la presse.
Aujourd’hui encore, ce célèbre pamphlet est considéré comme une des meilleures critiques de toute forme de censure.

Traducteur : Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau (1749-1791).

Sur la liberté de la presse.

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À Découvrir :
FOA, Eugénie – Tirtza, chronique hébraïque (Version 2)

Donneur de voix : DanielLuttringer | Durée : 23min | Genre : Nouvelles


Tirtza

Cette nouvelle (tendue, tragique) de la femme de lettres Eugénie Foa, née Rebecca-Eugénie Rodrigues-Henriques (1796-1852) est parue dans la Revue des deux mondes en 1831.

« Tirtza était restée à la place où son mari l’avait poussée ; elle considérait d’un œil fixe l’acte de divorce, ce parchemin ployé en quatre, qui pesait à sa main comme un poids horrible ; elle regardait sans les voir les femmes qui peu à peu s’éloignaient d’elle ; elle entendait, dans une morne stupeur, le murmure sinistre qui s’élevait dans la foule. Mais bientôt, reprenant le sentiment de son malheur, elle lança loin d’elle ce fatal écrit, cherchant dans tout ce peuple qui l’entoure un défenseur, un ami.
Pas un !… car l’infortunée ne voyait pas, non loin d’elle, un jeune étranger qui, lui aussi, morne et pâle, considérait l’orage qui s’élevait, et reportait parfois un regard brûlant d’amour vers elle. Pauvre abandonnée ! »

Tirtza, chronique hébraïque.

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ARÈNE, Paul – Le Canot des six capitaines

Donneuse de voix : Cocotte | Durée : 1h 33min | Genre : Nouvelles


Antibes

Le Canot des six capitaines est la dernière nouvelle du recueil de Paul Arène : La Gueuse parfumée. C’est celle que je préfère car elle est pleine d’humour, et ces six capitaines sont très drôles.

« Le vent d’Est faisait rage autour du Bigorneau.
- Aveuglez les sabords ! commanda Lancelevée.
Aussitôt les sabords s’aveuglèrent ; un faible jour, de seconde en seconde interrompu par l’assaut alternatif des vagues, arriva seul à travers l’épais cristal des hublots ; les six compagnons se rassirent et le festin continua…

Presque au même instant, et par les mêmes parages, un imperceptible petit yacht – le Singe-Rouge – battait de l’aile dans la tempête… Mené grand train vent arrière, couché sur le flanc, sa quille presque à l’air et son foc labourant la vague, le Singe-Rouge faisait feu sur l’eau, comme disent les Antibois, et filait d’une incroyable vitesse vers le fantastique petit port.
Le Singe-Rouge enfila le chenal : arrêt subit, craquement sinistre. Du même coup, l’équipage se sentit jeté en l’air par le choc et cueilli au vol par la lame, tandis que le petit yacht, engagé de tout son avant entre le môle et la jetée, demeurait immobile et comme retenu dans la grosse pince d’un gros crabe. »

Image : La vieille ville d’Antibes (photographie de Abxbay, licence Cc-By-Sa-3.0).

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ELDER, Marc – Le Peuple de la mer

Donneur de voix : Christian Dousset | Durée : 7h 23min | Genre : Romans


Raphaël Toussaint - Le Passage du Gois à Noirmoutier

Marc Elder (1884-1933), de son vrai nom Marcel Tendron, fut critique, historien de l’art et conservateur du château des ducs de Bretagne à Nantes, ville dont il était originaire.
A l’issue de débats acharnés, où concourent également Le Grand Meaulnes (A. Fournier, Version 1, Version 2)) et Barnabooth (V. Larbaud), le jury Goncourt 1913 va élire Le Peuple de la mer.

Inspiré de la vie des pêcheurs de la baie de Bourgneuf auprès desquels le jeune Nantais passe ses vacances, le roman fait revivre l’existence aussi rude que modeste de la population laborieuse de Noirmoutier. Si le style très réaliste, émaillé de solides clichés sur les genres, offre une vision crue voire violente des relations humaines, l’évocation de la mer, personnage à part entière, repose, quant à elle, sur des images particulièrement soignées.
Le récit s’organise autour d’une trilogie féminine : la barque (1ère partie) ; la femme (2ème partie) ; la mer (3ème partie).

« Quand ils allaient du côté de Noirmoutier, ils découvraient, par-dessus le marais, le large, aux souffles âpres, et quand ils se tournaient vers l’Herbaudière, la mer barrait encore la route à leurs regards . Elle sertit la pointe étroitement ; on la voit partout, ; on l’entend sans cesse. » (Partie 3, chap.02).

Illustration : Raphaël Toussaint, Le Passage du Gois à Noirmoutier (2001, licence Cc-By-Sa-4.0).

Licence Creative Commons

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PICHON, Jean-Charles – L’Abondance du cœur

Donneuse de voix : Carole Détain | Durée : 7h 34min | Genre : Romans


Lever de soleil

Jean-Charles Pichon, né 1920 et mort en 2006 à Limoges est écrivain, dramaturge, poète, scénariste, philosophe, et mathématicien.
Écrivain prolifique, son œuvre marquée par l’ésotérisme connut le succès au cours des années 1960 et 1970. Il porta un regard critique sur l’histoire (son Saint Néron parut en 1962) et s’intéressa à la théorie du temps cyclique, en essayant grâce à cette théorie de déterminer à 2150 années de distance les principaux événements à venir, soit la théorie / mythe de l’éternel retour.
Jean-Charles Pichon a écrit dans la deuxième partie de sa vie sur les mythes, les légendes, les religions ainsi que l’ésotérisme alors qu’il avait consacré la première partie de sa vie d’écrivain à des livres autobiographiques ainsi qu’à des romans, ces derniers étant fortement inspirés par sa propre vie.
Il publia L’Abondance du cœur à trente-cinq ans. Il avait déjà à cette époque treize romans à son actif, des essais, ainsi que des nouvelles. C’est l’histoire d’un amour entre un aviateur et une femme. L’homme, blessé moralement par la deuxième guerre mondiale ainsi que par une précédente histoire d’amour craint de s’engager dans ce nouvel amour. Profondeur, sensibilité, finesse, intelligence, analyse psychologique subtile, toutes ces qualités sont présentes dans ce roman, un roman passionnant, magnifiquement écrit, choisi par Hervé Bazin pour cette publication en 1955 aux éditions Amiot-Dumont.

Avec l’aimable autorisation des ayants-droits de M. Pichon.

> Écouter un extrait : Partie 01.

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ARÈNE, Paul – La Mort de Pan

Donneuse de voix : Cocotte | Durée : 19min | Genre : Nouvelles


La Mort de Pan

La Mort de Pan est la quatrième nouvelle du livre de Paul Arène : La Gueuse parfumée.

« Vous connaissez l’étrange récit que fait Plutarque, en son livre Des Oracles qui ont cessé.

« Le vaisseau du pilote Thamus étant un soir vers certaines îles de la mer Egée, le vent tomba tout à coup. L’équipage était bien éveillé, partie buvait, partie s’entretenait, lorsqu’on entendit une voix qui venait des îles et qui appelait Thamus. Thamus ne répondit qu’à la troisième fois, et la voix lui commanda, lorsqu’il serait entré en un certain lieu, de crier que le grand Pan était mort. On fut saisi de frayeur, on délibéra si on obéirait à la voix. Thamus conclut que s’il faisait assez de vent pour passer l’endroit indiqué, il se tairait ; mais que si le vent venait à manquer, il s’acquitterait de l’ordre qu’il avait reçu. Il fut surpris d’un calme au lieu où il devait crier ; il le fit ; aussitôt le calme cessa et l’on entendit de tous côtés des plaintes et des gémissements comme d’un grand nombre de personnes affligées et surprises. »

Eh bien, non ! malgré Thamus et Plutarque, et malgré cette belle histoire qui, au dire de Rabelais, tirait des oeilz de Pantagruel, larmes grosses comme oeufz d’austruche, non, le grand Pan n’était pas mort. J’en sais quelque chose – moi qui vous parle – ayant eu cette joie, en pleine Provence catholique et dix-huit siècles après Tibère Cæsar, d’offrir au dieu un sacrifice sur son autel rustique et toujours vénéré. »

Illustration : La Chapelle Notre-Dame de la Motte, à Vesoul (photographie de L. Petiet, licence Cc-By-Sa).

La Mort de Pan.

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CERVANTES, Miguel (de) – Don Quichotte de La Manche (Tome 02, Version 3)

Donneuse de voix : Viviane | Durée : 6h 3min | Genre : Romans


Don Quichotte de La Manche

« Le curé et le barbier furent près d’un mois sans voir Don Quichotte, de peur de lui renouveler le souvenir des choses passées. Quand ils allèrent chez le bon voisin, ils le trouvèrent assis dans son lit, vêtu d’une camisole de laine verte, la tête couverte d’un bonnet rouge, et si maigre, si décharné, qu’il ressemblait à une momie. Ils furent parfaitement reçus, demandèrent à Don Quichotte des nouvelles de sa santé. Il en parla si bien que ses deux amis ne doutèrent plus qu’il n’eût retrouvé la raison. »

Édition abrégée d’après la traduction de Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794), 1882.

Accéder à la première partie.

> Écouter un extrait : Chapitre 01.

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ARÈNE, Paul – Le Clos des âmes

Donneuse de voix : Cocotte | Durée : 20min | Genre : Nouvelles


Le Clos des âmes

Voici la troisième nouvelle du recueil de Paul Arène : La Gueuse parfumée.

En sa verte jeunesse, Sube-le-Rouge avait travaillé avec acharnement aux œuvres de la Révolution. Mais, une fois enrichi, sous la Restauration, Sube s’était repenti et avait voulu faire oublier son passé de révolutionnaire. Un grain de dévotion placé à propos, quelques alliances avec des hobereaux désargentés, et le vieillard apparaissait pur comme le lis et admirateur le plus fervent de la royauté.

Son petit-fils, loin de se douter de la façon dont sa propriété avait été acquise, vivait paisiblement à Canteperdrix, avec l’estime de toute la population.

Illlustration : Banon, un village provençal (photographie de Jeanradium, domaine public).

Le Clos des âmes.

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ARÈNE, Paul – Le Tor d’Entraÿs

Donneuse de voix : Cocotte | Durée : 56min | Genre : Nouvelles


Le Tor d'Entraÿs

Cette nouvelle est extraite du recueil de Paul Arène : La Gueuse parfumée.

Monsieur Blasy, le propriétaire du château d’Entraÿs, est un brave homme, mais insouciant et ne s’entendant guère à la conduite des biens. Au fil des années, il a été obligé de vendre, par parcelles, la plupart de ses terres. Il a du aussi, hypothéquer son château.
Malheureusement, le plan du prêteur n’était pas la ruine du châtelain, mais une idée de mariage. L’abbé Mitre, prêtre sans paroisse et méprisé par son évêque, avait été snobé par les bourgeois de Canteperdrix. Le mariage de son neveu avec Jeanne Blasy, lui permettrait d’être reçu partout et d’avoir une belle revanche sur son évêque. Le mariage, ou la ruine.
Seulement, Jeanne aime un autre jeune homme…

Illustration : Château de Lastours dans l’Aude (photographie de Pinpin, licence Cc-By-Sa-2.5).

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PLATON – Ménon

Donneurs de voix : Projet collectif | Durée : 1h 38min | Genre : Philosophie


Platon

« « Me dirais-tu bien, Socrate, si la vertu peut s’enseigner, ou si elle ne le peut pas et ne s’acquiert que par la pratique ; ou enfin si elle ne dépend ni de la pratique ni de l’enseignement, et si elle se trouve dans les hommes naturellement, ou de quelque autre manière ? » (Ménon).
Cette question, si doctement formée par Ménon était une question débattue traditionnellement à Athènes devant les élèves des Grands Sophistes. Elle trouve, pourtant, en Socrate, un élève indocile. Il voudrait, en effet, obtenir d’abord une définition de la vertu, pour pouvoir déterminer sa réponse à cette question. Dans cet effort de recherche d’une définition, Ménon va s’épuiser, et il faudra finalement l’aide d’un interlocuteur inattendu, un petit esclave de ce même Ménon, pour qu’apparaisse le principe d’une réponse vraie, dans la thèse selon laquelle « apprendre » n’est rien d’autre que « se ressouvenir ». Mais Ménon ne cessera de vouloir précipitamment revenir à la réponse dans les termes de sa question initiale. Aussi, même en adaptant la méthode, et en prenant l’avis d’Anytos (futur accusateur de Socrate) sur l’existence de maîtres de vertu, comme les Sophistes, le sens des conclusions de la discussion restera-t-il, jusqu’à la fin, entaché d’équivoque. En effet, l’absence d’une élucidation complète de la notion de vertu compromet la réussite d’une conclusion.
La fin du dialogue semble donc sans conclusion. Pourtant, l’invitation à s’exercer à se ressouvenir, invitation faite au beau milieu du dialogue, trouve, à la fin de celui-ci, un terrain propice puisqu’il « s’est passé » quelque chose. Il faudra donc chercher et se souvenir de l’idée. Un maître d’esclave comme Ménon comprend-il la leçon, en quittant Socrate ? pourra-t-il oser repenser à la discussion menée avec l’esclave pour s’y instruire ? Saura-t-il changer de regard et de manière de vivre ?

Traduction : Victor Cousin (1792-1867).

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