À Découvrir :
ENGELS, Friedrich – Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande

Donneuse de voix : Albatros | Durée : 3h | Genre : Philosophie


Friedrich Engels

En 1886, plus de 40 ans après que Marx et Engels en ont eu « fin[i] avec [leur] ancienne conscience philosophique » et qu’ils sont devenus des communistes, Engels saisit la proposition qui lui est faite de critiquer un ouvrage sur Ludwig Feuerbach, pour faire d’une pierre deux coups : « un exposé succinct et systématique de nos rapports [à Marx et à moi] avec la philosophie hégélienne, de la façon dont nous en sommes sortis et dont nous nous en sommes séparés, me parut s’imposer de plus en plus. Et, de même, une reconnaissance pleine et entière de l’influence qu’eut sur nous Feuerbach, plus que tout autre philosophe post-hégélien, au cours de la période orageuse de notre jeunesse, m’apparut comme une dette d’honneur non encore acquittée. » (Préface)

Remontant ainsi à ses deux sources idéologiques, la « dialectique » de Hegel et le « matérialisme » « replacé de nouveau sur son trône » par Feuerbach, Engels nous présente au chapitres I et II, d’une façon très claire, le « matérialisme dialectique », méthode de penser qu’il attribue à son ami Marx vers 1845 (tandis qu’ils évoluent intellectuellement ensemble depuis 1844).

Il s’agit, d’une part, comme le faisait Hegel, de penser toutes les choses ainsi que leur rapports entre eux comme des processus jamais achevés (et donc « dialectiquement » – par opposition à une façon « métaphysique » de les voir, comme si elles étaient fixées une fois pour toute) ; mais d’autre part, contrairement à ce que faisait Hegel, de considérer les choses et leurs rapports pour ce qu’ils sont dans la réalité et non dans notre imagination (Hegel imagine une « Idée absolue » dont la nature ne serait que « l’extériorisation ») ; donc, de les considérer selon le principe matérialiste, affirmé par Feuerbach, qu’il n’existe rien en dehors de la nature et des hommes et que les idées ne sont que des reflets des choses – et que « Dieu […] n’est que l’image fantastique de l’homme ».

« Partout il ne s’agit plus d’imaginer dans sa tête des rapports, mais de les découvrir dans les faits. » (Chapitre IV)

Sauf que (chapitre III) : « [Feuerbach] ne veut nullement supprimer la religion, il veut la perfectionner » ; « il prend pour point de départ l’homme ; mais il ne dit absolument rien du monde dans lequel vit cet homme. » [...] « Mais le pas que Feuerbach ne fit point ne pouvait manquer d’être fait ; le culte de l’homme abstrait qui constituait le centre de la nouvelle religion feuerbachienne, devait nécessairement être remplacé par la science des hommes réels et de leur développement historique. Ce développement ultérieur du point de vue de Feuerbach, par-dessus Feuerbach lui-même, Marx l’entreprit en 1845 dans la Sainte Famille. » (Chapitre III, fin).

C’est de cette « conception marxiste de l’histoire » qu’Engels présente une « esquisse générale » au chapitre IV :

« S’il s’agit, par conséquent, de rechercher les forces motrices qui, – consciemment ou inconsciemment et, il faut le dire, très souvent inconsciemment, – se trouvent derrière les mobiles des actions des hommes dans l’histoire et qui constituent en fait les dernières forces motrices de l’histoire, il ne peut pas tant s’agir des motifs des individus, si proéminents soient-ils, que de ceux qui mettent en mouvement de grandes masses, des peuples entiers, et dans chaque peuple, à leur tour, des classes tout entières ; motifs qui les poussent non à des soulèvement passagers à la manière d’un peu de paille qui s’éteint rapidement, mais à une action durable, aboutissant à une grande transformation historique.
[…]
Mais alors que dans toutes les périodes antérieures, la recherche de ces causes motrices de l’histoire était presque impossible à cause de la complexité et de la dissimulation de leurs rapports avec les répercussions qu’ils exercent, notre époque a tellement simplifié ces rapports que l’énigme a pu être résolue.
[…]
Dans l’histoire moderne tout au moins, toute les luttes politiques sont des luttes de classes, et que toute les luttes émancipatrices de classes, malgré leur forme nécessairement politique – car toute lutte de classes est une lutte politique – tournent en dernière analyse, autour de l’émancipation économique. Par conséquent, l’État, le régime politique, constitue ici, tout au moins, l’élément secondaire, et la société civile, le domaine des relations économiques, l’élément décisif.» (Chapitre IV)

C’est ainsi que « [t]out comme en France, au XVIIIe siècle, la révolution philosophique, au XIXe siècle, précéda également en Allemagne la révolution politique » – celle de 1848. (Préface)

« Ce n’est que dans la classe ouvrière que le sens théorique allemand se maintient intact. Là, il est impossible de l’extirper ; là, il n’y a pas de considérations de carrière, de chasse aux profits, de protection bienveillante d’en haut ; au contraire, plus la science procède, libre de ménagements et de préventions, plus elle se trouve en accord avec les intérêts et les aspirations de la classe ouvrière. La nouvelle tendance qui reconnaissait dans l’histoire du développement du travail la clé pour la compréhension de l’histoire de la société tout entière se tourna dès le début de préférence vers la classe ouvrière et y trouva l’accueil qu’elle ne cherchait ni n’attendait auprès de la science officielle. Le mouvement ouvrier allemand est l’héritier de la philosophie classique allemande. » (Chapitre IV, suite et fin)

« Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, mais il s’agit de le transformer. » (Appendice, XIe et dernière des Thèses sur Feuerbach de Marx en 1845)

Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande / Friedrich Engels. – Nouvelle édition. – Paris : Bureau d’éditions, 1935.

Traduction anonyme (1935).

Illustration : Friedrich Engels.

> Écouter un extrait : Préface de l’auteur.

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À Découvrir :
GARCHINE, Vsevolod – Une nuit

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h | Genre : Nouvelles


Vsevolod Garchine

Dans Une nuit, sa troisième nouvelle ici publiée, Vsevolod Garchine (1855-1888) – qui s’est suicidé à 33 ans – nous fait assister à la denière nuit de son héros Alexis Petrovitch « pâle jeune homme » qui a décidé de se tuer.
« Il s’imagina repasser sa vie tout entière ; il vit une foule de vilains et sombres tableaux dont il était lui-même le héros ; il se rappela toutes les fanges de sa vie ; il chercha dans son âme sans y trouver un seul coin pur et limpide, et se persuada que son âme ne contenait plus rien que de la boue.
- Non seulement je n’y trouve plus que de la boue, ajouta-t-il ; mais jamais elle n’a contenu autre chose ! »

« Il entendit le son de sa voix ; car à présent il pensait tout haut. Et ce qu’il disait lui parut hideux,
- Encore !… Tu meurs, tu te tues, et tu ne peux pas même faire cela sans phrases ! À propos de quoi, devant qui poses-tu ? Devant toi-même. Allons, assez, assez, assez !… répétait-il d’une voix éteinte et brisée en essayant d’ouvrir de ses mains tremblantes l’obturateur du revolver, qui résistait et qui céda enfin. »

Traduction : Émile Durand-Gréville (1838-1914).

Une nuit.

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MIRBEAU, Octave – Deux nouvelles

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 29min | Genre : Nouvelles


Octave Mirbeau

Deux pamphlets contre les crétinisés anesthésiés qui respectent bêtement les règlements administratifs et contre ceux qui s’engraissent de la misère des pauvres.
Octave Mirbeau (1848-1917) s’était donné pour mission « d’obliger les aveugles volontaires à regarder Méduse en face. »

En attendant l’omnibus.

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BLOY, Léon – Histoires désobligeantes (Sélection 1)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 15min | Genre : Nouvelles


Léon Bloy

Les trente Histoires désobligeantes ont paru en 1894. Léon Bloy, sensible à la misère humaine et révolté par l’attitude de la bourgeoisie (cf. Propos digestifs) n’abandonne jamais l’humour. Mais son comique provocateur et cruel laisse parfois la place à des pages touchantes. On ne peut s’empêcher de penser à Voltaire et à Baudelaire.

La Tisane.

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BEAUGRAND, Honoré – La Légende de la chasse-galerie

Donneur de voix : J.-F. Leblanc | Durée : 25min | Genre : Nouvelles


CG-2

La Chasse-galerie est une des légendes les plus anciennes du Québec. Une micro-brasserie en a même fait une marque de commerce… et Claude Dubois une belle chanson ! On peut consulter sur Wikipédia pour un exposé sur les origines françaises du terme « chasse-galerie ».

La Chasse-galerie.

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BARBEY D’AUREVILLY, Jules – Léa

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 10min | Genre : Nouvelles


Auguste Renoir - Jeune fille au ruban rouge

La première nouvelle de Barbey d’Aurevilly publiée en 1832. Texte romantique très triste : l’amour passionné et impossible d’un jeune artiste pour une jeune fille de seize ans irrémédiablement vouée à une mort très prochaine.

« Mais vous qui avez vécu dans le monde, vous qui avez connu mille femmes plus séduisantes que Léa, qu’une pauvre fille qui se meurt, comment se peut-il que vous l’aimiez !

- Je ne sais pas, Madame, je ne sais, – répondit-il avec une voix entrecoupée ; – c’est un incompréhensible délire. [...] »

Léa.

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ERASME – Traité de civilité puérile

Donneur de voix : Gérard Ferran | Durée : 1h | Genre : Philosophie


érasme

Bien qu’écrit à l’adresse du jeune prince Henri de Bourgogne, le Traité de civilité puérile est pensé pour l’éducation et l’élévation morale des enfants. Érasme, théologien âgé, alors au sommet de sa renommée, s’attache à les guider vers les règles élémentaires de la politesse et de la courtoisie.

Traduction : Alcide Bonneau (1877)

> Écouter un extrait : Introduction.

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CHADOURNE, Louis – Poésies (Sélection)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 8min | Genre : Poésie


Lys blanc

Il faut lire ou écouter ces poèmes en sachant que Louis Chadourne avait 24 ans en 1914 et mourut dix ans plus tard d’une maladie nerveuse contractée à la première guerre mondiale. Il écrivait pendant les répits que lui laissait la souffrance… Ces poésies sont extraites d’Accords, oeuvre posthume d’un homme hyper-sensible aux fragilités de l’existence humaine et à la beauté de la nature.

Jardins de Novembre.

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O.N.U. – Déclaration universelle des droits de l’homme (En espéranto)

Donneur de voix : J.-F. Leblanc | Durée : 22min | Genre : V.O.


Drapeaux des pays de l'ONU

Le 10 décembre 1948, les 58 États membres, qui constituaient alors l’Assemblée générale des Nations Unies, ont adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme à Paris, au Palais de Chaillot.

« Artikolo 1: Ciuj homoj estas denaske liberaj kaj egalaj lau digno kaj rajtoj. Ili posedas racion kaj konsciencon, kaj devus konduti unu al alia en spirito de frateco. »

Déclaration universelle des droits de l’homme (en espéranto).

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CONAN DOYLE, Arthur – Le Champion qui manque

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 10min | Genre : Nouvelles


Arthur Conan Doyle

« Il nous arrivait souvent, à Baker Street, de recevoir des dépêches bizarres, mais je m’en rappelle surtout une qui nous parvint il y a sept ou huit ans par une triste matinée de février, et qui causa à M. Sherlock Holmes un quart d’heure de vive préoccupation.

Elle était ainsi conçue : «  Prière m’attendre. Malheur terrible, bras droit des trois quarts manque, présence indispensable demain. – Overton.  » [...] »

Traduction : Henry Evie.

Accéder à la liste complète des Aventures de Sherlock Holmes

Le Champion qui manque.

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