Ce salopard de Céline

Ce salopard de Céline

« Je peux avoir mon livre ? demandai-je timidement. — Il est dans la poubelle avec les ordures, et je t’interdis d’y toucher ! — Quoi ? murmurai-je. — Je ne veux pas de ce genre de livre à la maison. — Qu’est-ce que tu lui reproches ? — C’est un écrivain ordurier ! — Mais, papa… — Il n’y a pas de « mais », tu obéis, un point c’est tout ! Et si tu veux contester, c’est tous tes livres qui vont y passer ! »


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Livre audio gratuit ajouté le 10/06/2017.
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Lu par Myrneleon

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57 Commentaires

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  1. Bien entendu j ‘ ai compris que la tournure syllogistique que je vous ai signalée était ironique..
    … quant à la citation de Bret Easton ELLIS ( un auteur que je n’ ai eu aucun élan de lire ) je la trouve des plus pertinentes… et d ‘ une actualité brûlante sur le site… suivez mon regard !

  2. oui oui AHIKAR ! Nous avons vu tout ceci…
    mais nous n ‘ avons fait allusion qu’ à sa première impression… car de notre côté nous ne partageons que celle- ci… IBRAHIMA (je profite de l ‘ occasion pour rectifier l’ orthographe de son nom que j ‘ ai écorchée précédemment ) a reconsidere la chose… nous pas !
    CÉLINE est complexe… je ne distingue pas l’ homme de l ‘ écrivain… d’ ailleurs je ne connais ni l ‘ un ni l’ autre ! Je ne connais que des textes… et tous les textes pourraient être signés… HOMERE… si vous voyez ce que je veux dire… Bien sûr je lis des choses sur les écrivains… ici cette biographie de GODARD par exemple… mais dans le fond… ce n ‘ est que divertissement ! Les textes., d’ abord !
    Merci de votre réponse…
    Mon cordial salut !

  3. Merci Claryssandre et Sautillant pour vos commentaires.

    @Sautillant

    Vous écrivez « CÉLINE salopard… je ne peux le voir comme ça. Les pamphlets ? Je pense comme IBRAHIMA qu’il s’est laissé emporter par une ivresse d’écriture.» Toutefois, si vous lisez entièrement le message d’Ibrahima, il me semble bien que sa conclusion est toute différente :

    « J’ai longtemps voulu croire à propos des pamphlets antisémites de Céline à une logorrhée délirante plus littéraire que réelle, mais un ouvrage d’Annick Duraffour et Pierre-André Taguieff paru en 2017 montre qu’il n’en est rien. Ce salopard de Céline n’a pas hésité à dénoncer le Dr Joseph Hogarth, d’abord comme médecin juif étranger non naturalisé, puis comme nègre haïtien, rien que pour obtenir son poste au dispensaire de Bezons. Quel beau salaud quand même ! » (Message d’Ibrahima du 6 août 2019)

    @Claryssandre

    Le jour où Beaumont fit connaissance avec sa douleur est disponible en poche :

    http://www.gallimard.fr/Catalogue/MERCURE-DE-FRANCE/Le-Petit-Mercure/Le-Jour-ou-Beaumont-fit-connaissance-avec-sa-douleur

    Vous trouverez aussi facilement sur Internet un dossier intéressant (PDF de 12 pages) :

    Le jour où Beaumont fit connaissance avec sa douleur par Micheline Ruel-Kellermann (Docteur en chirurgie dentaire et secrétaire générale de la Société française d’histoire de l’art dentaire)

    Bonne soirée, 🙂

    Ahikar

  4. @ CLARYSSANDRE… Bonsoir…

    J ‘ étais en train de vous répondre ce matin quand… la page a sauté ! Elle vient de réapparaître… avec tout le site… inaccessible depuis…
    ” Le jour où BEAUMONT fit connaissance avec sa douleur ” est une histoire des plus prenantes… du premier LE CLEZIO… celui qui nous a donné ” Le procès-verbal ” ” La fièvre ” ” La guerre ” ” Les géants “… et les fascinantes méditations philosophiques de ” L ‘ extase matérielle “…
    Par la suite son ton à complètement changé et j’ ai arrêté de le lire… trop de bons sentiments… de mièvrerie même, à mes yeux … je ne le reconnaissais plus ! Mais… mais… il vient de publier ” Le flot de la poesie continuera de couler “… une meditation sur la poésie de l ‘ époque Tang… et ce sera l’ occasion pour moi de le retrouver…
    J ‘ espère que vous parviendrez à le lire ou qu’ il se trouvera une personne amie pour vous faire la lecture.
    L ‘ heure de la soupe… je vous quitte en vous souhaitant bon appétit et bonne nuit.
    Ps. J’ irai regarder le petit film d ‘ animation que vous nous avez signalé…

  5. @Sautillant et Ahikar, bonjour ! Je n’ai jamais lu Le Clezio mais le sujet du livre que vous citez m’intéresse beaucoup ! Après une rapide recherche, je n’ai pas trouvé de version audio dans le commerce. Je pourrais peut être le lire, petit à petit…enfin j’espère !

  6. Bonjour à tous ceux qui ont mis leur grain de sel dans cette très intéressante conversation. CÉLINE salopard… je ne peux le voir comme ça. Les pamphlets ? Je pense comme IBRAHIMIA qu ‘ il s’ est laissé emporter par une ivresse d ‘ écriture qui… reconnaissons-le… cause une certaine ivresse de lecture ! C’ est un peu comme les délires de SADE… trop c ‘ est trop… et on ne peut qu’ en rire ! CÉLINE est- il allé plus loin que l ‘ outrance verbale ? D’ après ce que j ‘ ai lu et entendu de part ou d ‘ autre ce n ‘ est pas aussi prouvé que l’ affirme TAGUIEFF… Ce qui est arrivé à DESNOS ne semble pas devoir grand chose à ses invectives… quant à l ‘ affaire du dispensaire elle n’ est pas non plus avérée…
    Il paraît même que CÉLINE aurait aidé certains juifs à échapper aux griffes de la GESTAPO…
    Tout ça pour dire que CÉLINE a sans doute montré une certaine… ” bêtise ” dans toute cette histoire… Aussi… là prudence s ‘ impose-t-avant que de le juger… et de prononcer contre lui un herem de même farine que le sinistre herem prononcé contre SPINOZA… qui est lui… moins ” littéraire ” que les pamphlets de CÉLINE ! La haine y est plus réelle, je trouve…
    À propos de la citation de SPINOZA que vous nous faites, AHIKAR… il me semble que vous commettez une légère erreur de logique…
    ” Plus grand aura été notre amour , plus grande en sera la haine ” ne peut être mis sous la forme d ‘ un syllogisme… comme vous le sous-entendez par la suite de votre propos… un grand amour pourra entraîner une grande haine… mais une grande haine ne nait pas nécessairement d’ un grand amour ( consciemment du moins )… Ma remarque n ‘ est que de pure forme car en ce qui concerne CÉLINE… je sens comme vous… Quant à ce que vous dites de son racisme… j’ ai l ‘ impression qu’ il détestait… Le SUD ! Italiens , Espagnols,… et Marseillais compris ! Tourné vers le NORD , il était…
    Pour ce que je saisis de votre texte… que je n ‘ ai pas encore écouté… n’ oubliez pas que le sang de la mère de RIMBAUD n ‘ à fait qu’ un tour quand elle s ‘ est aperçu qu’ IZAMBARD , le professeur admirable d ‘ Arthur, faisait lire HUGO… T ( elle l’ orthographiait ainsi) à son rejeton !

    En espérant que votre mal de dents aura disparu ( inoubliable le texte de Le CLEZIO que vous citez !) je vous passe mon cordial salut.

  7. Bonsoir kalman,

    Je ne suis pas sûr de comprendre votre question ? Le « on », est-ce Céline ? ou est-ce vous ? Me demandez-vous si vous avez le droit de dire tout ce que vous pensez ?

    En tout cas, cela me rappelle un passage de Bret Easton Ellis, dans White :

    « Nous sommes entrés, semble-t-il, dans une sorte de totalitarisme qui exècre la liberté de parole et punit les gens s’ils révèlent leurs véritables personnalités. C’est pourquoi, sur les réseaux sociaux, les gens se surveillent et se comportent comme des acteurs. »

  8. Vous dites comme Compagnon avec des mots différents. Ce que vous nommez « lacher-prise », il le nomme « grain de bêtise ». Mais, bêtise sans méchanceté… avec de l’affection et probablement même un sourire !

  9. Non, je n’ai pas adoré! Je vois beaucoup de fausse modestie là-dedans. A Barthes et Valéry, ce n’est pas le grain de bêtise qui leur manquait pour écrire un roman, mais plutôt une légèreté, un lacher-prise, une spontanéïté, des sabots qui aurait ramené leur cervelle sur terre.
    Bon, ce que j’en dis… Une chose est sûre, c’est que les sabots me maintiennent bien ras terre, moi!

  10. Bonjour Ahikar,
    En Juillet 2017, j’avais écrit (ci-dessus) à Lulu :
    “L’homme est un salopard. Mais, l’écrivain est prodigieux.”
    Je n’ai pas changé d’avis. Je pense qu’il est important sur un site à vocation plus ou moins “littéraire” d’essayer de faire la part (c’est peut-être une illusion, mais elle me tient à coeur) entre l’homme et l’écrivain. Tout à fait d’accord sur le fait qu’un entretien conduise souvent (par souci de cohérence) à des rapprochements du type raccourci.
    Heureux de voir, en tout cas, que vous ne dormez que d’un oeil 😉

    PS : C’est Pomme qui va “adorer” votre complément sur le “grain de bêtise”.

  11. Bonjour Jean-Pierre,

    J’ai lu l’article du Monde dont voici un autre extrait :

    « Nous évoquions Barthes. Vous avez écrit, dans « L’Age des lettres » (Gallimard, 2015), qu’il « manquait à Roland ce grain de bêtise pour imaginer des romans ». Ce grain de bêtise, vraiment ?
    Flaubert disait qu’il fallait être un peu bête pour faire un roman, et surtout pour le publier.
    Écrire un roman, cela suppose un brin d’innocence ou d’inconscience. Sans cela, si l’on n’accepte pas de renoncer à l’intelligence, c’est impossible. Voyez Paul Valéry. Comme beaucoup de modernes, il était trop intelligent pour s’abandonner à un genre littéraire dans lequel il n’aurait pas tout contrôlé. La littérature se définit par la pluralité des sens, et Barthes, un intellectuel, voulait contrôler le sens. A la fin de sa vie, son projet de Vita Nova, interrompu par un accident, l’aurait peut-être conduit dans une voie différente. »

    Que dire ? Je suis sceptique vis-à-vis de ce genre de déclarations qui ressemblent à des boutades. Flaubert pensait-il vraiment qu’il fallait être un peu bête pour écrire un roman. C’eût été renier ce à quoi il avait consacré toute sa vie, ce qui était pour lui le sens même de l’existence. Je vois plutôt ces déclarations comme un témoignage d’humilité de l’artiste créateur devant l’immensité de la Création.

    « Plus grand aura été notre amour, plus grande en sera la haine. » disait Spinoza dans L’Éthique. Il faut donc supposer que Céline a beaucoup aimé avant d’écrire ses pamphlets. Sérieusement, je pense que Céline aimait avant tout l’humanité « blanche ». En relisant attentivement Voyage au bout de la nuit, on se rend compte qu’il ne portait pas vraiment les Africains dans son cœur : « Avec ça, ils peuvent toujours se gargariser avec le tonnerre de Dieu si ça les excite, les peaux de boudin ! Moi, je m’en fous toujours avec mon coton à la graisse ! J’entends plus rien ! Les nègres, vous vous en rendrez tout de suite compte, c’est tout crevés et tout pourris !… Dans la journée c’est accroupi, on croirait pas ça capable de se lever seulement pour aller pisser le long d’un arbre et puis aussitôt qu’il fait nuit, va te faire voir ! Ça devient tout vicieux ! tout nerfs ! tout hystérique ! Des morceaux de la nuit tournés hystériques ! Voilà ce que c’est que les nègres, moi j’vous le dis ! Enfin, des dégueulasses… Des dégénérés quoi !… »

    Bien sûr, on peut se dire que c’est le personnage qui pense cela ! Mais dans Voyage au bout de la nuit, ce genre de phrases revient trop souvent. C’est pourquoi je pense que c’est Céline qui s’exprime, c’est Céline qui pensait cela !

    Libre à vous, bien sûr, cher Jean-Pierre, de ne pas me suivre…

    Excellent week-end,

    Ahikar

  12. A JPB,
    Hum…pour l’explication. Mais vous avez bien fait de l’interrompre, car je crains que je n’eusse pas compris grand chose!
    J’oserai dire, au risque de provoquer une réaction intempestive (qui ne ferait qu’un petit plouf!) que j’adore votre humour!

  13. A Pomme,
    En effet, pour comprendre ce point… il faut lire le reste de l’article. Compagnon y évoque, en outre, Roland Barthes dont il écrivait dans son ouvrage “l’âge des lettres” qu’il lui “manquait ce grain de bêtise pour imaginer des romans”. Rien de trop péjoratif, donc !

    J’arrête là l’explication avant que vous ne “m’adoriez”, trop conscient désormais des réactions intempestives que cela peut susciter ;-).

  14. Si quelqu’un peut m’expliquer en quoi est nécessaire à la création littéraire “le grain de bêtise”…!

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