Leonid Andreiev, par Repin (1904)

Histoire de Sergueï Pétrovitch

Léonid Andreïev (1871-1919). Journaliste et écrivain russe. D’une acuité exceptionnelle et d’une lucidité effrayante, il saisit les facettes de l’âme et les monstruosités de la vie avec une perspicacité et une justesse effroyable. Mais il ne se sort pas indemne de ses observations de l’esprit humain. Alcoolique, révolté, hypersensible, Léonid Andreïev doit se battre avec ses démons.

Lors de son séjour à Saint-Pétersbourg, où il séjourne pour ses études, il découvre Nietzsche, qui le marque profondément. Il mène une existence difficile. La misère, les meublés sordides, la solitude au milieu de la foule des grandes villes, les déceptions amoureuses, l’alcool, les dépressions, plusieurs tentatives de suicide… Ces années resteront dans sa mémoire comme une période sombre qui lui inspirera plusieurs récits, dont Histoire de Sergueï Pétrovitch, que je vous invite à découvrir.

Avec mes remerciements pour leur consentement aux Éditions José Corti, qui ont entrepris la publication de l’intégralité de l’œuvre narrative de Leonid Andreïev (Andreyev). La traduction est assurée par Sophie Benech.

Traduction : Sophie Benech.
Références musicales :

David Recoing, Improvisation 3 (licence Cc-By-Nc-Sa-3.0).
Z Asmut, Дзон, extrait de l’album Dzon (licence Cc-By-Nc-Sa-3.0).

Livre audio ajouté le 11/02/2015.
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Lu par Esperiidae

Suggestions

18 Commentaires

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  1. Cher Jean H,

    Cela me fait plaisir de lire votre appréciation de ma lecture de ce beau texte d’Andreïev. Non je n’ai pas encore lu “une banale histoire” de Tchekhov! Je cours en chercher une version sur internet! Merci d’avance pour cette suggestion. Et merci pour votre gentil commentaire.

    Amicalement

  2. Merci pour cette très belle lecture.

    Outre votre belle voix, vous maniez si bien pauses et silences… on pouvait vraiment ressentir toute la mélancolie (mais aussi l’empathie pour le personnage!) qui émanent du texte.
    Le ton et l’atmosphère générale m’ont beaucoup rappelé “Une banale histoire” de Tchékov. L’avez-vous déjà lu ?

  3. Chère Louise Michel,

    Je suis heureuse de lire que vous êtes toujours en un seul morceau ! Mais sachez que je ne suis pas l’auteur de ce récit, je ne pourrai donc – fort heureusement ! – jamais être votre guide…

    Ah ! cet inévitable Styx… Vous me faites un très gentil compliment, mais je préfère que ma voix vous accompagne dans vos moments de recherche de forces, de tolérance, de compassion et de tendresse envers vous-mêmes, et que tout cela vous maintienne aussi longtemps que possible de ce côté-ci de la berge ;-).

    Amicalement.

  4. Ouf ! aucun train n’est passé et je suis toujours en un seul morceau ! Toutefois, je vais garder très précieusement cet enregistrement pour le jour où j’aurai envie de faire le dernier couac. Vous serez mon guide…

    Ah ! traverser le Styx en vous écoutant, ce n’est plus mourir !

  5. Chère Louise Michel,

    Si vous avez eu la patience de m’écouter raconter ce texte durant une heure et demie, vous avez la patience d’attendre que la mort vienne naturellement à vous, il sera bien assez tôt !

    « Je veux prouver qu’il n’est en ce monde ni vérité, ni beauté, ni bonheur fondé sur la vérité, ni liberté, ni égalité — il n’y en a pas et il n’y en aura jamais. […] Je veux montrer l’inconsistance de ces fictions sur lesquelles l’homme s’est appuyé jusqu’à aujourd’hui : Dieu, la morale, l’au-delà, l’immortalité de l’âme, le bonheur humain, etc. Je veux être l’apôtre de l’auto-anéantissement. […] Je veux, dans mon livre, agir sur la raison, les sentiments, les nerfs de l’homme, sur toute sa nature animale. »

    Léonid Andréïev avait tout juste 20 ans lorsqu’il écrivit cela.

    Il y avait une souffrance incommensurable en lui. Ses textes sont pour beaucoup autobiographiques, et la souffrance contenue dans « Histoire de Sergueï Petrovitch » m’émeut profondément. Cela m’inspire une compassion immense pour cet homme dont l’affliction semblait être sans borne et la pensée trop vive, vertigineuse, torturée. Quelle difficulté cela devait être de vivre avec une vision si brûlante de la réalité et tant de tourments intérieurs ! Et comme un contrepoids, il décrivait ses personnages avec tellement de tendresse ! Ses descriptions sont somptueuses, emplies de délicatesse et de majesté. Léonid Adndrïev, et ses textes, agace notre propension à l’empathie et sont à découvrir avec toute la bienveillance dont on dispose… Mais au-delà de ça, ils témoignent de l’intemporalité et de l’universalité des tourments humains. Bref, il y aurait encore beaucoup à dire sur l’oeuvre d’Andreïev…

    Mais pour l’heure, après cette longue réponse, il me reste à vous souhaiter une semaine aux antipodes des tourments de cet enregistrement!

    Amicalement,
    Esperiidae

  6. Bon, maintenant je vais aller m’allonger sur la voie de chemin de fer. Merci pour le mode d’emploi. 🙁

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