William-Adolphe Bouguereau, Tentation (ca. 1880, détail)

Alice Dugdale

« – Les demoiselles Wanless auront très peu d’argent, John – selon les standards d’une telle famille. Mais Sir Wanless a une grande influence. […] Et puis – as-tu déjà vu plus séduisante jeune fille que Georgiana Wanless ?
Le major pensa bien qu’il en connaissait une, mais il ne répondit pas à la question.
– Et elle a toutes les qualités que peut avoir une jeune fille. Ses manières sont parfaites, et son éducation également. Bien sûr, l’assiduité aux tâches domestiques est admirable. S’il faut laver le linge, celle qui lave son linge est une excellente femme. Mais les esprits élevés ne se trouvent généralement pas parmi ces choses mesquines.
– Je ne suis pas bien sûr de cela, mère.
– C’est pourtant le cas. Comment trouver du temps pour enrichir son esprit quand chaque heure du jour est consacrée à des tâches domestiques ? S’occuper des vêtements des enfants est certes un devoir, mais c’est aussi un obstacle.
– Vous parlez d’Alice.
– Bien sûr que je parle d’Alice. »

Alice Dugdale (1878) décrit les errements et les hésitations du Major Rossiter, tiraillé entre le charme aristocratique de la belle Georgiana Wanless, et la douceur simple de son amie d’enfance, Alice Dugdale.
Le lecteur suivra avec délectation les stratagèmes élaborés de Lady Wanless pour marier ses cinq filles.

Traduction : Vincent de L’Épine pour Littérature Audio.

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Références musicales :

Edward Elgar, Salut d’Amour, op.12, interprété par Emanuel Salvador (licence Cc-By 3.0).

Livre audio gratuit ajouté le 18/09/2018.
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Lu par Vincent de l'Épine

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28 Commentaires

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  1. Merci Vincent de l’Epine pour cette jolie nouvelle. Excellente traduction, accompagnement musical bien choisi, lecture subtile, un travail d’orfèvre, une oeuvre d’art en soi qui nous est offerte !
    Ce qui m’a intéressée ici c’est la réflexion sur le mensonge. Les personnages mentent pour esquiver la vérité de leurs sentiments. Le major par indécision et légèreté (qu’il est énervant celui-là), Alice par fierté féminine. La seule qui mente activement en toute lucidité c’est lady Wonlay (j’aime bien ce personnage !) dans ses tactiques guerrières. Et puis il y a l’humour avec la petite ville qui suit les évènements comme le choeur antique.
    Je m’aperçois que j’avais déjà écouté certaines de vos lectures il y a quelques années. Le souvenir de l’action peut être effacé, le plaisir reste le même.

    1. Merci Sylvie de votre commentaire, que je découvre seulement maintenant. Vous me faites beaucoup d’honneur ; je suis heureux que cette lecture vous ait plu. Une fois de plus votre analyse est tout à fait pertinente… les personnages sont liés par un tissu de mensonges ; ils se mentent à eux-mêmes et aux autres. Le Major est un personnage qu’on rencontre souvent chez Trollope : indécis et faible, mais l’auteur montre toujours une pointe de compréhension pour ces personnages, finalement très humains. Quant à lady Wanless je suis comme vous : voilà un personnage qui sait ce qu’il veut, même si ses façons d’y parvenir sont particulièrement retorses. Peut-être ai-je tort, mais je vois un jeu de mot dans son nom (ce qui est fréquent chez cet auteur) : “One Less”, “une de moins”, pour une femme dont l’obsession est de parvenir à marier toutes ses filles, une par une, et dans le bon ordre :-).

  2. Bonjour à toutes,
    Bianca, Lïat, merci pour votre appréciation sur ce roman et sa traduction. Je suis heureux qu’il vous ait plu !
    Lïat et Claudie, vous avez raison, j’ai annoncé la lecture de “La pupille” il y a longtemps et je ne me suis pas encore attaqué à ce roman, pourtant très attachant. Je m’y mettrai très prochainement, mais je dois déjà finir mon gros projet en cours (Henry Dunbar, de ME Braddon). Ne soyez pas trop impatientes : je ne travaille pas vite. Ce roman vous aidera plutôt, à mon avis, à supporter les rigueurs de l’hiver…

  3. Monsieur Vincent,
    J’ai la même curiosité que Lïat, me demandant si vous allez nous offrir
    “La pupille” de Frances TROLLOPE, tel que mentionné sur la liste.
    Cela nous aiderait à mieux supporter les chaleurs incommodantes
    de l’été.
    Merci.

  4. Bonjour monsieur de l’Épine,
    J’ai pris connaissance de ce projet de lecture que vous avez inscrit sur la liste :

    TROLLOPE, Frances (1780-1863) – La pupille (traduction Sara de la FIZELIÈRE 1839-1913 ) (par Vincent de l’Epine, le 10/02/17)

    Comptez-vous toujours le réaliser ?
    Merci et bravo pour votre merveilleuse Alice Dugdale !
    J’ai passé des heures … trop vite envolées 🙂

  5. Après écoute, je dois vous féliciter, Vincent, pour la traduction! Quant à la nouvelle elle-même, elle m a beaucoup plu. Comme toujours, Trollope s y entend pour nous intéresser à la psychologie des personnages et aux valeurs de la société victorienne. Ce major qui se laisse happer par toutes ces dames, entraîner vers un mariage qu’il ne désire pas vraiment, c’est à la fois drôle er agaçant

  6. Bianca, je pense que cette petite histoire devrait vous plaire. Personnellement, j’ai beaucoup aimé la famille Wanless ; des personnages tels qu’Anthony Trollope seul sait les croquer. Je vous souhaite une belle découverte !

  7. Décidément, Vincent, nous sommes gâtés grâce à vos choix de lectures. Je n’ai jamais lu ce roman de Trollope et je me réjouis d’avance de l’écouter.
    Passez un bel été!

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