Henri Bergson en 1927

Essai sur les données immédiates de la conscience (Chap. 1)

L’Essai sur les données immédiates de la conscience (1888), comporte trois chapitres dont voici le premier : De l’intensité des états psychologiques. Bergson pose ainsi le problème : « Quand on avance qu’un nombre est plus grand qu’un autre nombre ou un corps qu’un autre corps, on sait fort bien, en effet, de quoi l’on parle. Car, dans les deux cas, il est question d’espaces inégaux, ainsi que nous le montrerons en détail un peu plus loin, et l’on appelle plus grand espace celui qui contient l’autre. Mais comment une sensation plus intense contiendra-t-elle une sensation de moindre intensité ? Dira-t-on que la première implique la seconde, qu’on atteint la sensation d’intensité supérieure à la condition seule­ment d’avoir passé d’abord par les intensités inférieures de la même sensation, et qu’il y a bien encore ici, dans un certain sens, rapport de contenant à contenu ? »

Dans cette démonstration nous trouvons des passages très clairs : « Ainsi, en musique, le rythme et la mesure suspendent la circulation normale de nos sensations et de nos idées en faisant osciller notre attention entre des points fixes, et s’empa­rent de nous avec une telle force que l’imitation, même infiniment discrète, d’une voix qui gémit suffira à nous remplir d’une tristesse extrême. Si les sons musicaux agissent plus puissamment sur nous que ceux de la nature, c’est que la nature se borne à exprimer des sentiments, au lieu que la musique nous les suggère. D’où vient le charme de la poésie ? Le poète est celui chez qui les sentiments se développent en images, et les images elles-mêmes en paroles, dociles au rythme, pour les traduire. En voyant repasser devant nos yeux ces images, nous éprouverons à notre tour le sentiment qui en était pour ainsi dire l’équivalent émotionnel ; mais ces images ne se réaliseraient pas aussi forte­ment pour nous sans les mouvements réguliers du rythme, par lequel notre âme, bercée et endormie, s’oublie comme en un rêve pour penser et pour voir avec le poète. », mais il ne faut pas se laisser rebuter par les difficultés des démonstrations de Fechner, par exemple, vers la fin du chapitre. On peut passer outre…

Accéder aux autres chapitres de cette œuvre : Chapitre 02, Chapitre 03.


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Livre audio gratuit ajouté le 22/08/2012.

2 Commentaires

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  1. Bonjour,

    Un grand merci pour cette lecture ! Ma première expérience de livre audio à partir de ce site, et à mon grand ravissement, la seconde partie déjà disponible sitôt la première terminée…
    Peut-être un exercice encore plus exigeant pour le lecteur qu’un roman puisqu’il s’agit d’un long raisonnement, mais vous avez réussi à le rendre compréhensible !
    Et une très belle prose philosophique…
    Je vais me référer au contenu écrit pour les quelques images contenues dans ce chapitre.

Lu par René DepasseVoir plus

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