Le Père Cruel

Le Père cruel

Le Père cruel, trente deuxième nouvelle (IV, 1) publiée du Décaméron contient deux tirades, étonnantes par leur style et leur virulence, d’une jeune femme, Sigismonde, sur la condition et les revendications féminines… écrites en toscan par Boccace en 1350, c’est-à-dire il y a 650 ans, deux cents ans avant la naissance de Montaigne !!!

« Comme vous n’êtes ni de fer ni de marbre, vous deviez songer que votre fille n’en était pas non plus ; vous deviez, quoique dans l’âge avancé, vous rappeler combien fortes et puissantes sont les passions de la jeunesse. Si vous avez passé vos premières années dans le dur métier des armes, il vous était encore plus aisé de sentir les inconvénients et les suites de la mollesse et de l’oisiveté, dans les hommes de tous les âges, et surtout dans les jeunes gens. Je suis sensible, je suis à la fleur de mon âge, et à ce double égard sujette à des besoins que le mariage a tellement irrités, que je n’ai pu m’empêcher de les satisfaire. Ce sont ces besoins sans doute qui ont allumé dans mon cœur les feux de l’amour. Mais qu’y a-t-il là de surprenant dans une jeune femme ? »

Traduction : Antoine Sabatier de Castres (1742-1817).
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Livre audio ajouté le 04/11/2015.
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Lu par René Depasse

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