Charles Baudelaire - Autoportrait

Amœnitates belgicæ (Œuvre intégrale)

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Poèmes mordants, satiriques, méchants parfois et même grossiers traduisant la haine de Baudelaire pour les Belges, les Amœnitates belgicæ (« les charmes de la Belgique ») sont un recueil de la vengeance. En 1864 ses soucis d’argent s’aggravant et sa santé se détériorant, Baudelaire s’installe en Belgique pour donner des conférences qui ne lui rapportent rien, l’humilient et il reporte toute sa colère sur le mauvais français, la bêtise, la saleté des habitants et leurs habitudes latrinesques ; il s’amuse de la mort du roi Léopold et décharge toute sa rancune envers son pays et son siècle. Une petite facette peu honorable du grand poète des Fleurs du mal qui ne sera révélée qu’en 1908 dans ses œuvres posthumes, avec Mon cœur mis à nu et Fusées. Voici le sonnet le moins virulent des 21 poèmes :

« Les Belges et la lune

On n’a jamais connu de race si baroque
Que ces Belges. Devant le joli, le charmant,
Ils roulent de gros yeux et grognent sourdement.
Tout ce qui réjouit nos cœurs mortels les choque.

Dites un mot plaisant, et leur œil devient gris
Et terne comme l’œil d’un poisson qu’on fait frire ;
Une histoire touchante ; ils éclatent de rire,
Pour faire voir qu’ils ont parfaitement compris.

Comme l’esprit, ils ont en horreur les lumières ;
Parfois sous la clarté calme du firmament,
J’en ai vu, qui rongés d’un bizarre tourment,

Dans l’horreur de la fange et du vomissement,
Et gorgés jusqu’aux dents de genièvre et de bières,
Aboyaient à la Lune, assis sur leurs derrières. »


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Livre audio gratuit ajouté le 13/09/2013.
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Lu par René Depasse

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1 Commentaire

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  1. Cher M. Depasse, effectivement, ce n’est pas à l’honneur du père des Fleurs du Mal. La vengeance des belges: “Pourquoi les Français appellent la toilette “LES toilettes”, parce que, chez eux, il faut en faire plusieurs avant d’en trouver une propre”.