S serpent

Allitérations poétiques

Les Allitérations, la recherche d’Harmonies imitatives, tel le fameux vers de Racine :

« Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes. »
(S – Racine, Andromaque)

abondent dans notre poésie française. Petite récréation pour mémoire :

« Un effroyable cri sorti du fond des flots. »
(F – Racine, Phèbre, V, 6)

« Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille
Les feuilles
Qu’on foule »
(F – Apollinaire, Automne malade)

« Des blancs sanglots glissant sur l’azur des corolles »
(L – Mallarmé, Apparition)

« Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m‘aime
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m‘aime et me comprend »
(M et TR – Verlaine, Mon rêve familier)

« Avec grand bruit et grand fracas
Un torrent tombait des montagnes :
Tout fuyait devant lui ; l’horreur suivait ses pas ;
Il faisait trembler les campagnes. »
(R – La Fontaine, Le Torrent et la rivière)

« Sa croupe se recourbe en replis tortueux »
(R – Racine, Phèdre, V, 6)

« Il est de forts parfums pour qui toute matière
Est poreuse. On dirait qu’ils pénètrent le verre.
En ouvrant un coffret venu de l’Orient
Dont la serrure grince et rechigne en criant »
(R – Baudelaire, Le Flacon)

« De ce sacré Soleil dont je suis descendue »
(S – Racine, Phèdre, I)

« Il écoute chanter leurs haleines craintives
Qui fleurent de longs miels végétaux et rosés,
Et qu’interrompt parfois un sifflement, salives
Reprises sur la lèvre ou désirs de baisers.
Il entend leurs cils noirs battant sous les silences
Parfumés ; et leurs doigts électriques et doux
Font crépiter parmi ses grises indolences
Sous leurs ongles royaux la mort des petits poux.
Voilà que monte en lui le vin de la Paresse,
Soupir d’harmonica qui pourrait délirer ;
L’enfant se sent, selon la lenteur des caresses,
Sourdre et mourir sans cesse un désir de pleurer. »
(S – Rimbaud, Les Chercheurs de poux)

« Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité. »
(R – La Fontaine, Le Loup et l’agneau)

« Triton trottait devant, et tirait de sa conque,
des sons si ravissants qu’il ravissait quiconque. »
(T – Hugo, Les Misérables)

« Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté »
(TR – Rimbaud, Le Dormeur du val)

« Qu’est-ce qui flambe file fume…
Ce brasier du bronze et des brumes »
(F et BR – Aragon, Le Roman inachevé)

« Viens, mon fils, viens, mon sang, viens réparer ma honte,
Viens me venger.
[…]
Va, cours, vole,et nous venge »
(V – Corneille, Le Cid, I, 5)

« Un frais parfum sortait des touffes d’asphodèles
[…]
Les parfums de la nuit flottaient sur Galgala »
(F et L – Hugo, Booz endormi)

L’allitération peut être une cacophonie comique :

« Tonton, ton thé t’a-t-il ôté ta toux ? »

« Non, il n’est rien que Nanine n’honore »
(Voltaire, Nanine)

« Ces six chauds chocolats-ci sont-ils aussi chauds quand ces six chocolats-là font leurs show ? »

« – As-tu vu le ver vert vers le verre en verre vert ? »

« – Je veux et j’exige d’exquises excuses ! »

« – Ces cyprès sont si loin qu’on ne sait si c’en sont. » etc etc

Mais là on s’éloigne de la poésie !


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Livre audio gratuit ajouté le 05/05/2017.

1 Commentaire

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  1. Un bref retour dans ma jeunesse.
    Un zeste d’humour qui maintient le sourire aux levres.
    Merci.

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