Le Chêne

« Je suis un chêne. C’est ce que le patron a dit, en me tapant dans le dos. « Pierre, c’est un chêne. » […] »

Ce texte court aborde sans fioritures les maux actuels de notre société…

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Livre ajouté le 04/10/2010.
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Lu par Richard Keller

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22 Commentaires

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  1. Merci pour ce beau texte, à la fois précis et universel, entre émotion et réflexion… Un bel hommage à tous ces sacrifiés de nos grandes villes, qui sont passés de l’autre côté de la vitre, et dont on n’entend plus la voix.

  2. Très bonne lecture d’un texte remarquable, d’une haute qualité littéraire, très noir et très émouvant. Réquisitoire impitoyable mais criant de vérité. Les phrases se succèdent, très brèves, sans fioritures, souvent sans verbe inutile, un ou deux mots parfois, pas plus,et chacune tombe comme un couperet, marquant un nouveau pas dans la rapide et inexorable descente aux enfers de Pierre.
    Combien heureux sommes-nous si, arrivés sans encombre à la retraite, nous n’avons jamais dû affronter le morne désespoir, le sentiment d’impuissance, qui s’emparent du “chômeur de longue durée” lorsqu’il découvre le vide qui s’élargit autour de lui, y compris lors du départ de sa femme. “Elle m’avait pas épousé pour l’argent. Elle est pas restée sans”. Comment ne pas conclure avec Pierre qu’il vaut mieux en effet être “roseau” que “chêne” dans cette société matérialiste où seuls comptent la rentabilité et le profit. Bravo Natacha. Votre texte m’a interpellé, ému et glacé.

  3. C’est moi qui vous remercie, Audrey. Je ne saurais vous dire combien votre commentaire me touche. Je vous souhaite de faire beaucoup d’autres merveilleuses découvertes sur ce site…

  4. Je n’avais jamais écouté de livre audio.
    J’ai fermé les yeux et je me suis laissée emporter,quand je les ai rouvert ils étaient tout mouillés…
    merci

  5. Ce texte a été retenu par le groupe de lecture de l’Alliance française de Buffalo, état de New York (Etats-Unis). Un article relate cette soirée de lecture dans le bulletin du printemps 2011 de l’Alliance française. Voici les extraits qui concernent “Le chêne” :
    “Le groupe de lecture s’est révélé être un excellent moyen de passer le temps maussade de l’hiver. Le 23 février, les membres se sont réunis pour jouir de la bonne compagnie, de la conversation, et des goûters offerts par M.V.-S. (je n’ai gardé que les initiales du nom de cette personne, ndlr) (le délice des carrés au citron! mmmm!)
    Deux courts contes sont ceux qui ont fourni l’essence des conversations ce soir-là: Le mur de Jean Paul Sartre et Le chêne de Natacha Dugas. Bien qu’un intervalle de 70 années sépare les circonstances qui se déroulent dans ces deux contes, le thème de chacun présente une condition de l’homme qui se ressemble. C’est l’image crue des hommes dépouillés de choses qui les distingue comme véritables membres de la société. Deux écrivains, séparés par presqu’un siècle, ont chacun produit une oeuvre qui présente une image profonde de l’esprit de l’homme. Chaque conte est bien conçu et se développe soigneusement du commencement à la fin.
    […]
    Le chêne de Natacha Dugas , 2009 Il s’appelle Pierre, le protagoniste du deuxième conte.
    Il est un homme assailli par les circonstances de son temps. Pierre a cinquante ans et il a été licencié du poste qu’il a occupé pendant dix ans, sans un mot. Bien qu’il cherche un autre emploi, il n’en trouve pas. Par conséquent, il doit se dessaisir de tous ses biens, l’appartement, l’auto, le compte en banque, même sa femme le délaisse. Forcé de flâner dans les rues, il se nourrit à la soupe populaire.
    Les vicissitudes qu’il éprouve lui sapent le moral. Au bout du compte, il reconnaît que les virtus d’un homme fiable, un chêne, louées par son patron, l’auraient mieux servi s’il avait été plus flexible, un roseau (sentiment qui nous rappelle Le chêne et le roseau par Jean de La Fontaine).
    Pierre personifie la détresse du grand nombre d’individus qui sont au chômage
    à l’heure actuel. Ces personnes font face à ce décourageant problème. Bien sûr, ce n’est pas exactement la même chose pour les prisonniers, mais leur situation souligne aussi l’impuissance de l’humanité
    dans des circonstances incontrôlables.”

    Merci à Mme Sanfilippo d’avoir accordé autant d’intérêt à mon texte.

    N. Dugas

  6. Chère Natacha,
    merci pour vos voeux. Oui, je l’ai plu beaucoup, je l’ai même traduit pour que mes chers amis peuvent le comprendre. Merci encore une fois,
    Dianne

  7. Bonjour Dianne,
    Je suis heureuse que mon texte vous ai plu. Je vous souhaite sincèrement de pouvoir retrouver un travail rapidement et que votre histoire ne se termine pas comme celle du Chêne.
    Cordialement,
    N. Dugas

  8. J’adore le texte 🙁 Cela m’a touché beaucoup car j’ai perdu mon travaille aussi… Et j’étais un chêne aussi, même si j’ai 26 ans… Mais j’espère trouver un autre dans le futur… Bravo!

  9. Chere Natasha, est-ce qu’il est possible de trouver quelque part cette histoire en ecrit, car je ne suis pas francais et il m’est difficile de comprendre tous ce qui est dit? Amicalement, Dianne.

  10. Superbe, c’est la triste réalité très bien mise en scène, très touchante et angoissante!
    Félicitations!

  11. Bravo, chère Natacha pour ce beau texte émouvant et cruel, admirablement lu par Richard.
    Continuez.
    JLD

  12. Oui, ça fait peur et quoi que cette histoire soit entièrement inventée, elle est le reflet d’une triste réalité qu’on appelle la précarité. Au passage, je précise pour ceux qui ne l’ont pas encore découvert que ce court récit retrace la dégringolade sociale d’un homme qui perd son emploi. Le texte est truffé de “jeux de mots” sans que ce procédé nuise à l’aspect dramatique de l’histoire.

  13. Natacha,

    Tout est dans votre plume. Je n’ai fait que restituer mon ressenti face à cette tragique vérité contemporaine. Merci de m’avoir prêté votre texte.
    Amicalement.

    Richard KELLER