Honoré de Balzac (1855)

Le début : « Balzac naquit à Tours le 16 mai 1799, le jour de la fête de saint Honoré, dont on lui donna le nom, qui parut bien sonnant et de bon augure. Le petit Honoré ne fut pas un enfant prodige ; il n’annonça pas prématurément qu’il ferait la Comédie humaine. C’était un garçon frais, vermeil, bien portant, joueur, aux yeux brillants et doux, mais que rien ne distinguait des autres, du moins à des regards peu attentifs. À sept ans, au sortir d’un externat de Tours, on le mit au collège de Vendôme, tenu par des oratoriens, où il passa pour un élève très médiocre… »

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Livre ajouté le 19/04/2017.
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Lu par Daniel Luttringer

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6 Commentaires

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  1. Bonjour mon cher Daniel,
    … très contente de vous faire un nouveau petit mot après avoir écouté cette biographie de Balzac écrite par Théophile Gautier . Une brève biographie qui insiste sur quelques caractéristiques importantes du style , de l’état d’esprit de Balzac. Ce dernier peut être ainsi résumé : le bonheur passe par le mariage , la connaissance des âmes , son goût pour la royauté, ses dettes, ses projets irréalistes pour imaginer des affaires et faire fortune. Il mentionne son mariage avec Madame Hanska à la fin de sa vie alors qu’il avait lorsqu’il avait tout pour être heureux. Il évoque ses relations amicales avec des écrivains de l’époque et la reconnaissance littéraire qu’il a obtenue de son vivant mais qui devient plus unanime encore quelques années après sa mort . La publication de ses œuvres complètes a en effet lieu huit ans après sa mort.
    Je venais de lire la biographie de Balzac (par T. Lecocq) récemment parue. Sa biographie (bien sûr plus complète qu’un simple article) a repris l’ensemble des éléments cités par Théophile Gautier. Celui-ci a écrit un texte résolument positif , admiratif même plus précisément. Il m’apparaît intéressant d’ajouter ici quelques mentions vues par une femme du XXIe siècle( T Lecocq ) :
    ** Balzac travaillait comme un forcené , précise T Gautier. Il travaillait pour la beauté de l’art (de la littérature plus précisément) . Une biographie plus contemporaine semble montrer que Balzac voulait vivre avant tout .S’il cherchait à écrire autant , c’était bien pour faire fortune . Lorsque de trois ans avant d’épouser Madame H , alors qu’elle était déjà libre (elle était enfin devenue veuve) , lorsque donc les problèmes d’argent ou les perspectives de dettes ne se posaient plus pour Balzac, celui-ci a pris la vie du bon côté ;. Il a vécu avec Madame H , il a voyagé avec elle . Ce fut dit-il la période la plus heureuse de sa vie et il n’a pas écrit une ligne. Comme si cela ne lui manquait pas le moins du monde… il serait un anti Proust ou un anti Flaubert… (remarque personnelle : ou un Marquis de Sade, qui n’aurait rien écrit s’il n’avait pas fait de la prison . Il aurait simplement joui de la vie)
    **Théophile Gautier évoque sa discrétion sur ces conquêtes féminines . Il semble même signifier qu’elles étaient quasiment inexistantes. Il était un homme sage , sobre , selon Théophile Gautier. Il ne précise pas que pendant 17 ans il attendait la – libération – de Madame H (son veuvage) ainsi il lui devenait possible de l’épouser (et de ne plus avoir aucun problème financier) . Pendant 17 ans Balzac a donc eu fort intérêt à ce que Madame H ignore ses liaisons féminines s’il en avait. Le courrier existait. Les nouvelles circulaient. Balzac était très célèbre. Madame H, s’il n’avait pas été discret, aurait eu vent de ses– aventures – et il les a accumulées avec grand plaisir grande facilité . Ces femmes étaient discrètes . Il leur demandait d’être discrètes. Lorsqu’il a habité à Passy , sa gouvernante jouait bien sûr le rôle de gouvernante . Elle tenait sa maison mais elle était bien plus qu’une gouvernante. Madame de Berny fut sa première amoureuse. La liaison dura très longtemps. Et elle le soutint toute sa vie .
    **Cet homme était un fou de dépenses , pendant toute sa vie. A l heure actuelle , on qualifierait sa propension à dépenser de pathologique. T Gautier précise qu’il dépensait beaucoup uniquement avant son mariage , et pour Madame H . Sa boulimie de dépenses s’est manifestée depuis sa toute jeunesse jusqu’au dernier jour…
    ** Le terme de génie revient de très nombreuses fois sous la plume de Théophile Gautier (Ce sont de belles pages, d’un ami pour un ami). Ce terme était un mot à la mode à l’époque . Un terme peut-être qu’on emploierait plus maintenant….
    ** Théophile Gautier insiste beaucoup sur la simplicité de son écriture , sur son réalisme , le fait de parler d’argent , sur les critiques qui étaient émises à l’époque . Il évoque le retravail stylistique de Balzac . Il insiste ainsi sur l’exigence de Balzac envers sa propre écriture. Pour ma part la rapidité de ses productions littéraires m’impressionne . Souvent seuls 2 mois lui suffisent pour écrire un très gros roman.
    ** il repère les qualités d’écriture de Balzac. Peut-être est-il en effet plus moderne que Victor Hugo . Balzac n’écrit pas de poésie. Il n’écrit pas d’œuvres marquantes pour le théâtre. Mais il permet de percevoir le présent , son époque actuelle, habitée par le désir de jouissance (qui est toujours actuel au XXIe siècle) et de représentation sociale (importance du regard de l’autre : ceci également reste actuel) . Il s’agit des propres désirs de Balzac , tout comme celui d’aimer et d’être aimé . Il pare souvent le désir d’aimer et d’être aimé d’un idéalisme certain qui entraîne la plupart du temps (romantisme oblige) vers une impossibilité de l’amour. T Gautier précise que son immense talent pour décrire le présent ne s’accompagne pas d’un talent équivalent peindre le passé. Il ne s’y est jamais risqué. Contrairement à Victor Hugo Alexandre Dumas Théophile Gautier lui-même.
    **merci mon cher Daniel pour cette vision contemporaine de Balzac par un de ses amis. T Lecocq mentionne dans son livre qu’il faut absolument lire – le capitaine fracasse- … j’essaierai de l’écouter…