Une goguette

Une goguette

En 1900 il y avait encore à Paris des centaines de goguettes. Dans des « soirées » on se retrouvait pour se détendre, boire, rire, s’amuser et « pousser son cri », c’est à dire chanter sa chanson, surtout le samedi soir jusqu’à minuit. Les goguettiers étaient pour la plupart des ouvriers ou journaliers des deux sexes. Certaines chansons comme J’irai revoir ma Normandie ou Le P’tit Quinquin ont été créées par des goguettiers
Huysmans nous décrit de son style très personnel Une goguette à Montrouge vers 1880.

« En bas, dans la cour, l’obscurité est à peu près complète ; une lampe à schiste éclaire, seule, enfumant les murs ; cependant, les yeux s’habituent à l’ombre, et alors, confusément, l’on distingue des arbres plantés dans des barriques, des pins et des lauriers-roses, des tables, du gravier qui crie sous les pas et, tout au fond, une tonnelle qui abrite un grouillement de foule. La cour fourmille d’ailleurs de gens ; les tables sont encombrées, c’est à peine si près d’un enfant qui me tambourine aussitôt les jambes avec ses pieds, j’ai pu parvenir à trouver place. Un garçon arrive et demande ce que l’on veut boire ; les consommations sont peu variées ; tout le monde réclame un saladier et bientôt l’on entend au-dessus des voix, le bruit du sucre que l’on écrase à coups de cuillers dans un peu d’eau, puis le dégoulinage des litres qui tombent en cascade dans la faïence. »

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Livre audio ajouté le 27/08/2011.
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Lu par René Depasse

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4 Commentaires

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  1. Quelle heureuse nouvelle !!! Je suis impatient de l’écouter ! Merci, merci, merci Cher René !!!
    Bien cordialement.

  2. C’est toujours avec plaisir que je reviens sur ce site pour y vérifier si vous avez, cher René, fait revivre un texte de Huysmans. Merci à vous !