Claude Monet - La Grande Creuse au pont de Vervy

Les Provinciales (Partie 2)

La deuxième partie des Provinciales débute par trois brèves allégories :

Le Printemps : « C’était le printemps, frère de l’été. Vous n’auriez pas su distinguer le blé du gazon, ni l’amitié de l’amour ; le ciel était lointain, et montait jusqu’au soleil ; les haleines des hommes ne ternissaient plus l’air, et ne s’y continuaient pas comme une rivière boueuse dans un fleuve transparent ; les trains seuls, à l’horizon, fumaient ; c’étaient les pluies fines tombant de l’azur comme si midi avait sa rosée ; c’était un petit ruisseau, amoureux de son eau, et qui courait après elle, murmurant en vain des noms. »

La Nostalgie : « Ô Nostalgie, adieu ! ma lampe s’est allumée d’elle-même, là-bas, et mon chien m’attend, allongé en sphinx devant la porte qu’il ne comprend plus. Adieu. » « Adieu, toi qui nous enveloppes dans le souvenir comme dans la robe de Nessus, qui poses tes mains à tout moment sur nos oreilles de sorte que nous n’entendons le bonheur que par bouffées incohérentes, pareils à des enfants espiègles quand jouent les orgues. »

À l’amour, à l’amitié : « Il n’y a plus d’amitié ; il n’y a plus, amie, d’amour ; il n’y a plus, sur ta robe, sur ton visage, qu’un miroitement et qu’un rayonnement sous lequel tu tremblotes toute. »

Ces poèmes en prose sont suivis de La Pharmacienne, histoire amusante de la mésaventure d’un agent voyer (de la voirie) qui, voyant mal, s’était trompé de femme…


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Illustration :

Claude Monet, La Grande Creuse au pont de Vervy (1889, détail).

Livre audio gratuit ajouté le 09/03/2015.
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Lu par René Depasse

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