Jean-Henri Merle d'Aubigné (1794-1872)

Histoire de la Réformation en Europe au temps de Calvin (Tomes 1 à 3)

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Voyageant en Europe au 19e siècle, un Américain avait écrit dans son journal : « À Genève, il faut voir trois monuments : Saint-Pierre, le Mont Blanc et Merle d’Aubigné. Mais on n’y parvient pas aisément. La cathédrale est souvent fermée, le géant des Alpes caché dans les nuages et l’historien de la Réformation invisible. Cependant, à force de patience et de persévérance, on y arrive ». Si aujourd’hui Merle d’Aubigné est pour de bon injoignable, il est d’autant plus nécessaire de le lire si l’on veut comprendre quelque chose à Calvin, l’historien ayant en quelque sorte vécu plus de cinquante ans dans l’intimité du Réformateur par l’étude constante et de première main de ses lettres et de ses œuvres. La récente mouvance néo-calviniste américaine, recopiée sans discernement par les évangéliques d’Europe, nous offre de Calvin l’image d’un théologien bigot, rageusement attaché aux fameux cinq points du calvinisme. « Or chose étrange, écrit d’Aubigné, Calvin s’indigne contre l’appétit de vouloir sonder les mystères de la prédestination et du conseil éternel de Dieu, et il appelle une rage ce qu’on a nommé plus tard le calvinisme. Le Réformateur repousse cet appétit comme un furieux délire et c’est de ce délire qu’on l’accuse. »

Luther a incontestablement été le fondateur de la Réforme ; Calvin en fut l’architecte, le docteur ayant reçu le don d’édifier sur les fondations un édifice cohérent. La division de l’Histoire de la Réformation par d’Aubigné en deux parties, le temps de Luther et le temps de Calvin, paraît suffisamment justifiée. Selon le jugement de F. Godet, c’est d’un coup de pinceau magistral, d’un style simple, digne, calme et pourtant ému, majestueux comme le cours d’un grand fleuve, oserions-nous dire, et avec tout l’amour tendre et respectueux de son sujet, que l’auteur nous raconte cette deuxième partie.


Remarques :

Consulter la version texte de ce livre audio : Tomes 1 et 2 ; Tome 3.

Illustration :

Portrait de Jean-Henri Merle d’Aubigné (1794-1872).

Références musicales :

Claude Goudimel, Psaumes, interprétés par Ernst Stolz (avec l’aimable autorisation de l’artiste).

Livre audio gratuit ajouté le 02/10/2017.
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9 Commentaires

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  1. Chers amis donneurs de voix,
    Un grand merci pour cette grande histoire de la réformation, que plusieurs tomes ont découragé certains de la connaitre, mais qui grace a vous est devenue accessible a tous.
    A quand les lectures des écrits de Luther, Calvin ?
    avec tous mes respects,
    Tahar

  2. Drôle de manière de faire ! On présente une caricature du calvinisme puis on vient expliquer que Calvin ne serait pas calviniste. Quelle folie. Tout lecteur de l’Institution saura bien répondre à cela. Calvin était un vrai calviniste : il croyait à l’élection souveraine et ce qu’il ne faut pas sonder selon lui, c’est la raison pour laquelle il choisit un tel plutôt qu’un autre. Je ne connais pas de théologie, aussi néo-calviniste et américain qu’il soit, qui nie cela.

  3. La courte éclipse du billet s’explique par l’adjonction du Tome III à la suite de l’ouvrage. Tous nos remerciements à Cocotte pour sa narration alerte de la suite des aventures de Calvin, qui ne sont pas tout à fait terminées, il reste 5 tomes… mais voilà dès à présent un nombre respectable d’heures d’enregistrement sur LA pour fêter dignement le 500ième anniversaire de la Réforme, qui aura lieu le 31 octobre qui vient. Bonne écoute !

  4. Chapeau bas à la Genève du 16ème siècle!
    Je viens de finir l’écoute des chapitres lus par mes collègues (tome 1 et 2) que je remercie au passage.
    Bien sûr, l’histoire restituée par Merle d’Aubigné ne manque pas d’événements remarquables et utiles à la compréhension du fait religieux. C’est d’ailleurs en ce sens un ouvrage monumental (au propre comme au figuré).
    Pourtant on peut également, sortir de cette lecture, impressionné par la valeur d’un petit peuple.
    Car tout de même, voilà un peuple qui a un tel goût de la liberté qu’il ne craint ni évêque, ni pape ni Charles Quint ni François 1er. Voir ce petit peuple face à de tels adversaires, maintenir un courage inébranlable, malgré sévices et tortures, pour préserver son indépendance a de quoi réjouir grandement.
    Chapeau bas à la Genève du 16ème siècle!

  5. Pour ce qui me concerne, je dois dire que l’enregistrement des chapitres qui m’étaient confiés (2.13 à 2.36), a été une école de persévérance que je ne regrette pas. Il m’a fallu l’Histoire de la Réformation pour acquérir une disciple de préparation et d’enregistrement que je n’avais qu’à moitié jusqu’alors.
    Puis-je me permettre : le lien sur le site mercipourlaBible, renvoie aux tomes 1 à 4 de l’ouvrage. Y aurait-il la possibilité qu’il renvoie à Merle d’Aubigné “lui-même”, plutôt qu’à une partie de l’ouvrage ?

  6. Nous avons sans doute eu besoin de persévérance, cher ThéoTex, vu l’ampleur de la tâche, cependant celle-ci a été grandement facilitée par vos apports divers (texte rendu plus lisible, choix et pose de la musique, envoi sur le serveur, patience si aimable…) et, pour moi notamment ce travail s’est trouvé bien gentiment réduit par votre lecture du livre 2 du tome 1.
    Il est à noter que vous lisez aussi le tome 3. Le travail d’équipe va se poursuivre avec le tome 4 lu par notre amie et collègue Cocotte et le 5 par vous de nouveau.
    Je n’ai pas encore trop osé dire combien j’avais apprécié les qualités d’écriture, de probité (les documents à l’appui de ses dires sont foison) d’esprit ouvert et d’intelligence tranquille de ce chercheur inlassable qu’a été Merle d’Aubigné. Son ouvrage historique, qui nous plonge dans une époque intéressante et vue sous un angle jamais approché me semble-t-il, n’en est que plus passionnant.
    Chaleureux remerciements à vous, cher TeoTex, pour l’exhumation, pour LA, de cette œuvre colossale.