Henri Pélissier en 1919

Les Forçats de la route

« Pendant un mois, ils se sont battus avec la route. Les batailles avaient lieu en pleine nuit, au petit matin, sous le coup de midi, à tâtons, dans le brouillard qui donne des coliques, contre le vent debout qui les couche par côté, sous le soleil qui voulait, comme dans la Crau, les assommer sur leur guidon. Ils ont empoigné les Pyrénées et les Alpes. Ils montaient en selle un soir, à dix heures et n’en redescendaient que le lendemain soir, à six heures, ainsi que l’on put le constater des Sables d’ Olonne à Bayonne, par exemple. »

C’est en ces termes qu’Albert Londres commente le Tour de France 1924 et rend hommage aux coureurs, à ces « géants » devenus pour lui des « forçats » de la route. Ses reportages quotidiens pour Le Petit Parisien nous font vivre ce « Tour de France, Tour de souffrance », depuis la Renault qui transporte le journaliste et sur un ton où se côtoient réalisme et humour.

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Illustration : Henri Pélissier en 1919.

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Références musicales :

Deux sons de klaxon issus de Sound fishing, divers sons (foule, véhicules anciens, dérailleur) issus de prises personnelles.

Livre ajouté le 15/09/2019.
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Lu par Christian Dousset

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8 Commentaires

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  1. Juste un ENORME merci
    Grace à votre interprétation on est dans le Tour
    Albert Londres dit par vous est un délice
    MERCI

  2. Oui, vous avez tout à fait raison concernant le choix de Pélissier. J’avais d’ailleurs trouvé mon message un peu maladroit. Mais une fois « envoyé », on ne peut plus revenir en arrière…

    Bonne continuation !

    Amitiés, 🙂

    Ahikar

  3. Merci cher Ahikar pour cette contribution très enrichissante, notamment en ce qui concerne l’engagement anti-fasciste de Bottechia. Le choix de Pélissier permettait de mettre l’accent sur un symbole de la révolte face aux travaux forcés dont les coureurs sont victimes; c’est peut-être aussi une solution de facilité.Merci encore à vous.

  4. Merci pour cette très belle lecture. Je me pose une question : il n’aurait pas été plus logique de mettre une photo d’Ottavio Bottecchia, vainqueur du Tour cette année-là, alors que les frères Pélissier abandonnent dès la troisième étape. J’ai aussi souri en entendant Albert Londres comparer les coureurs à des pingouins quand ils montent en danseuse. Pas sûr que les coureurs d’aujourd’hui apprécieraient qu’on les compare à des pingouins ! 😉

    Bonne continuation et encore merci !

    (J’ai appris également que le pauvre Bottecchia, mort trois ans plus tard en 1927, a très certainement été assassiné par un groupe fasciste pour ses prises de positions anti-fascistes. Bien triste mort pour celui qui venait de remporter à deux reprises, en 1924 et 1925, le Tour de France pour l’Italie.)

  5. Cher Jean-Pierre, je suis ravi que ce texte vous ait permis ce petit voyage dans le temps; ces légers moments proustiens sont précieux pour chacun(e) d’entre nous. A titre d’information, je vous communique le titre d’un long article de Jean Paul Kauffmann intitulé “Corps nuds, ma ville d’enfance – Une éducation en pays gallo” et paru dans la revue-livre “Zadig” de ce trimestre; on y trouve une belle évocation des odeurs de l’enfance. Si le coeur vous en dit…

  6. Toute une époque !
    Enfant, je faisais fréquemment pèlerinage dans le grenier familial où pendait le long d’une poutre le mystérieux boyau dit du « Tour de France ». Mes frères et moi, le vénérions comme s’il se fût agi d’une couille de Dagobert.
    Merci Christian, pour ce petit morceau de madeleine !