Oscar Vladislas de Lubicz-Milosz

Les Terrains vagues (Poème)

« Comment m’es-tu venu, ô toi si humble, si chagrin ? Je ne sais plus.
Sans doute comme la pensée de la mort, avec la vie même.
Mais de ma Lithuanie cendreuse aux gorges d’enfer du Rummel,
De Bow-Street au Marais et de l’enfance à la vieillesse

J’aime (comme j’aime les hommes, d’un vieil amour
Usé par la pitié, la colère et la solitude) ces terrains oubliés
Où pousse, ici trop lentement et là trop vite,
Comme les enfants blancs dans les rues sans soleil, une herbe

De ville, froide et sale, sans sommeil, comme l’idée fixe,
Venue avec le vent du cimetière, peut-être
Dans un de ces ballots d’étoffe noire, lisse et lustrée, oreillers
Des vieilles dormeuses des berges, dans les terribles crépuscules. »

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Livre audio ajouté le 11/05/2012.
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Lu par Iamnot

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4 Commentaires

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  1. Merci d’être fidèle au poète de mes 16 ans. Il faudrait que les francophones puisent dans la diction des Coteau, des Mauriac (presque aphone), des Jean Gabin, des Jeanne Moreau,des Colette et de tous les Tourangeaux, les ressources de la musicale phonétique de leur langue, sous peine de voir notre beau parler “françois” enseveli dans l’insignifiance du désastre de Babel, par les chantres des journaux télévisés précipité.Un belge.