La marquise de Sévigné vers 1665 par Claude Lefèbvre

Lettres 161 à 210

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« M. de Langlée a donné à madame de Montespan une robe d’or sur or, rebrodé d’or, rebordé d’or, et par-dessus un or frisé, rebroché d’un or mêlé avec un certain or, qui fait la plus divine étoffe qui ait jamais été imaginée : ce sont les fées qui ont fait cet ouvrage en secret ; âme vivante n’en avait connaissance. On la voulut donner aussi mystérieusement qu’elle avait été fabriquée. Le tailleur de madame de Montespan lui apporta l’habit qu’elle lui avait ordonné ; il en avait fait le corps sur des mesures ridicules : voilà des cris et des gronderies, comme vous pouvez le penser ; le tailleur dit en tremblant : « Madame, comme le temps presse, voyez si cet autre habit que voilà ne pourrait point « vous accommoder, faute d’autre. » On découvrit l’habit : Ah ! la belle chose ! ah ! quelle étoffe ! vient-elle du ciel ? Il n’y en a point de pareille sur la terre. On essaye le corps ; il est à peindre. Le roi arrive ; le tailleur dit : « Madame, il est fait pour vous ». On comprend que c’est une galanterie ; mais qui peut l’avoir faite ? C’est Langlée, dit le roi. C’est Langlée assurément, dit madame de Montespan ; personne que lui ne peut avoir imaginé une telle magnificence ; c’est Langlée, c’est Langlée : tout le monde répète, C’est Langlée ; les échos en demeurent d’accord, et disent, C’est Langlée : et moi, ma fille, je vous dis, pour être à la mode, C’est Langlée. ». »


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Lu par Cocotte

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6 Commentaires

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  1. Cher Ahmed
    Merci pour votre fidélité et pour votre commentaire qui m’a vraiment fait un grand plaisir.
    Il reste encore une centaine de lettres à enregistrer. Il me faudra une quinzaine de jours.
    Puis je terminerai tout ce que j’ai commencé, en particulier votre Abélard.
    Ma fille et sa famille vont venir passer 2 ou 3 semaines chez moi, ce qui va ralentir ma production, Mais heureusement, je lis quand même assez vite.
    Amicalement
    Cocotte

  2. Bonjour chère Cocotte ,

    Heureux de vous écouter pour cette suite et vous souhaite du courage et je vois plus la moitié lues.

    Merci infiniment ,
    Bien cordialement ,
    Ahmed

  3. Oh! Chère Claire-Marie, j’ai déjà enregistré le texte.
    S’il n’y a pas, dans les prochaines lettres, une anecdote croustillante, je mettrai dans le billet quelques lignes du supplice de la Voisin! Quelle horreur, cette femme!
    Amitiés
    Cocotte

  4. Il vous faut tout mettre dans le billet, chère Cocotte, les audiolecteurs sauteront le passage si cela ne leur va pas. Par contre, si vous ne pouvez pas enregistrer le texte, là, c’est autre chose. Pas question de vous faire violence et de vous causer le moindre désagrément.
    Pensez à vous d’abord !

    Amitiés

  5. Chère Claire-Marie
    Vous parlez de l’affaire des Poisons. Justement, je suis en train d’enregistrer la suite, avec la Voisin. C’est assez dur, je ne sais pas si je mettrai ce supplice dans le billet.
    Oui, son récit sur les évènements est intéressant car c’est du vécu, presque un témoignage direct, en tout cas, elle dit ce que pensent plusieurs de ses contemporains.
    Mme Vigée-Lebrun, c’est un peu différent. Elle parle comme une amie des nobles et voit la Révolution Française d’un œil tout à fait différent de ce qu’on lit dans les livres d’histoire. Évidemment, elle n’est pas du même côté de la barrière que les Républicains. Ce sont justement ces témoignages très personnels, partiaux bien sûr, qui sont passionnants. Mais est-ce que nous voyons, nous, les évènements actuels exactement comme notre voisin? Il n’y a qu’à lire les journaux.
    C’est la raison pour laquelle je publie ces œuvres en même temps, ou presque.
    Amitiés
    Cocotte

  6. Merci Cocotte !

    Cette alternance , déjà terminée, hélas, entre Mme Lebrun et notre chère Madame de Sévigné est un pur plaisir.

    Son témoignage sur la Brinvillier est différent de ce qu’on peut lire dans les livres d’hhistoire, notamment quant au point de savoir si elle a été torturée ou pas.
    Par ailleurs, on voit ici mieux que dans les livres la volonté d’étouffer très précocement ce qui n’est pas encore connu comme “l’affaire des poisons “.
    Il est vrai que Mme de Sévigné ne peut être impartiale puisque qu’elle vit les événement . Toutefois, elle nous donne des détails vvraiment intéressants. Mais, les livres d’histoire sont ils impartiaux? Non plus. Je ne me lance pas dans des délires de cconspiration. Je dis seulement qu’ils sont aussi reflets de l’époque à laquelle ils sont écrits .

    Allez, je m’y remets !

    A bientôt et amitiés