Leonetto Cappiello, Automoto, affiche publicitaire (1907)

Impressions de route en automobile

Troisième et dernier volet de notre série consacrée aux premières impressions automobiles. Après René Boylesve et Maurice Maeterlinck, voici le tour de Marcel Proust. Dans cet article publié dans Le Figaro le 19 novembre 1907, il évoque ses souvenirs d’un voyage en Normandie, en compagnie de son secrétaire Alfred Agostinelli. De nouveau nous sommes frappés par ces sensations nouvelles provoquées par la vitesse et la technique qu’aujourd’hui nous ne remarquons plus…

« Un accident de machine nous força de rester jusqu’à la nuit tombante à Lisieux ; avant de partir je voulus revoir à la cathédrale quelques-uns des feuillages dont parle Ruskin, mais les faibles lumignons qui éclairaient les rues de la ville cessaient sur la place où la cathédrale était presque plongée dans l’obscurité. […] Au moment où je m’approchais d’elle à tâtons, une subite clarté l’inonda; tronc par tronc les piliers sortirent de la nuit, détachant vivement en pleine lumière sur un fond d’ombre le large modelé de leurs feuilles de pierre. C’était mon mécanicien, l’ingénieux Agostinelli, qui, envoyant aux vieilles sculptures le salut du présent dont la lumière ne servait plus qu’à mieux lire les leçons du passé, dirigeait successivement sur toutes les parties du porche, à mesure que je voulais les voir, les feux du phare de son automobile. »


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Références musicales :

Gabriel Fauré, Fauré Fantaisie, Op. 79 – Andantino, interprété par Lydia J. Roth (domaine public).

Licence d'utilisation : CC BY : Attribution
Livre audio gratuit ajouté le 28/02/2020.
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Lu par Christine Sétrin

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7 Commentaires

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  1. Merci à vous chère Pomme et cher Alain de m’avoir accompagnée pour ce petit bout de route 🙂 !!

    Et si vous avez envie d’aventures automobiles, n’hésitez pas à venir faire un tour avec René Boylesve ou Maurice Maeterlinck. Frissons et émotions garantis !

    À bientôt :-),

    Ch.

  2. Quel régal! Je suis sous le charme de ce cocktail Proust – Christine, si apaisant.
    Bravo, chère Christine.

  3. Cette savoureuse escapade a le charme suranné de ces voyages anciens en chemin de fer, à bord des transatlantiques, dans le panier des montgolfières, à bicyclette où en Caravelle Air France, au temps où l’on savait prendre son temps et observer, musarder, contempler, baguenauder, rêver. Un rien, et c’était l’aventure ! Merci Christine pour ce beau moment d’évasion rafraîchissante !

  4. Merci pour cette lecture, votre voix posée et l’accompagnement musical m’ont particulièrement séduits ! Je vais de ce pas écouter les précédentes lectures sur ce thème.