Guy de Maupassant - Le Pain maudit

Le Pain maudit – Moiron

Le dernier couplet sur le couple chanté par le marié refroidit l’atmosphère de la noce, dans un riche logis, de l’amusant récit Le Pain maudit :
« Dans ton simple réduit, ouvrière gentille,
Tu sembles écouter la voix du tentateur !
Pauvre enfant, va, crois-moi, ne quitte pas l’aiguille.
Tes parents n’ont que toi, toi seule es leur bonheur.
Dans un luxe honteux trouveras-tu des charmes
Lorsque, te maudissant, ton père expirera (bis).
Le pain du déshonneur se pétrit dans les larmes.
Chers enfants, gardez-vous de toucher ce pain-là ! (bis). »

Moiron est la confession blasphématoire d’un instituteur devenu meurtrier après que Dieu lui eut enlevé ses enfants :
« J’eus une révolte, mais une révolte furieuse ; et puis tout à coup j’ouvris les yeux comme lorsque l’on s’éveille ; et je compris que Dieu est méchant. Pourquoi avait-il tué mes enfants ? J’ouvris les yeux, et je vis qu’il aime tuer. Il n’aime que ça, monsieur. Il ne fait vivre que pour détruire ! Dieu, monsieur, c’est un massacreur. Il lui faut tous les jours des morts. Il en fait de toutes les façons pour mieux s’amuser. Il a inventé les maladies, les accidents, pour se divertir tout doucement le long des mois et des années ; et puis, quand il s’ennuie, il y a les épidémies, la peste, le choléra, les angines, la petite vérole ; est-ce que je sais tout ce qu’a imaginé ce monstre ? »


Remarques :

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Livre audio gratuit ajouté le 12/11/2014.
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Lu par René Depasse

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3 Commentaires

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  1. Merci M. Depasse pour l’histoire terrible de l’instituteur Moiron, lue avec sobriété.

    D’après l’article ci-dessous (p. 57), Maupassant se serait inspiré d’un fait divers lu dans un journal italien, qui rapportait qu’un rebouteux avait guéri un enfant avant de l’empoisonner en lui offrant des dragées.

    De l’influence du fait divers : les Chroniques et Contes de Maupassant, par Noëlle Benhamou (1997).

    http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/roman_0048-8593_1997_num_27_97_3236