Un homme sensible

Conte cruel.

« Adepte d’une pédagogie de choc, il va délibérément froisser nos habitudes confortables, transgresser nos interdits, éveiller notre esprit critique, nous contraindre à nous poser des questions que nous aurions préféré éviter, pour que nous finissions par apercevoir ce que, “aveugles volontaires”, nous refusions de regarder en face. Telle est en effet, selon lui, la mission de l’écrivain. Un livre n’est pas seulement un ensemble de pages amoureusement concoctées dans le silence d’un cabinet de travail, à destination des happy few protégés des fracas du monde. C’est aussi et surtout un acte par lequel on espère agir sur les hommes en vue de “corriger le monde” – sans pour autant se bercer de la moindre illusion ! […] » (Extrait de Mirbeau et la marginalité par Pierre Michel.)

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Références musicales :

Ouverture :
Heitor Villa-Lobos, Trio pour hautbois, clarinette et basson (2ème mouvement), interprété par The Soni Ventorum Wind (licence CC By-Nc-Sa 2.0).

Fin :
Ambroise Thomas, Mignon : « Kennst du das Land » (« Connais-tu le pays ? »), interprété par Elisabeth Grümmer (1953, domaine public)

Livre ajouté le 19/08/2010.
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Lu par Milunisu

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17 Commentaires

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  1. merci beaucoup monsieur, d’avoir associé votre talent à celui d’octave. grandiose lecture, qui nous apprend que la vie n’est jamais soumise à une vision simple et schématique et que l’âme humaine et un puit sans fond.

  2. Merci beaucoup, cher Vincent, pour ce si chaleureux message qui me touche sincèrement. J’y suis d’autant plus sensible que j’apprécie beaucoup les lectures que vous avez réalisées sur le site.

    J’espère que cette redécouverte vous donnera envie de lire quelques unes de ses nouvelles. Il y a plusieurs beaux textes qui réclament toujours une voix : j’aurai vraiment plaisir à écouter la vôtre si vous vous laissez tenter.
    Bien cordialement,
    Milunisu

  3. Cette nouvelle, racontée à la première personne, en est d’autant plus glaçante. On est entraîné malgré soi dans les pas de ce personnage révoltant.

    Merci de m’avoir fait redécouvrir cet auteur que je connaissais très peu. Votre interprétation est… comment dire ? Elle porte le texte avec une telle force ! La douceur, la chaleur de votre voix révèlent d’autant la monstruosité du propos. Une très très grande interprétation, et un merci chaleureux pour cette heure et demi passée en votre compagnie.
    Longtemps j’entendrai la voix du petit bossu : “Connais-tu, le pays…”

  4. Je partage votre point de vue Gabrielle : il est clairement fait allusion à l’eugénisme si prisé par le nazisme et j’ai hésité à réaliser la lecture de cette nouvelle car elle flirte avec l’indicible. La note, extraite d’un document de Pierre Michel, dit la position de Mirbeau : nous choquer pour que nous réagissions, nous indignions. En lisant sa biographie sur Wikipédia, on voit qu’il était loin de la position de certains de ses personnages. Merci pour votre message Gabrielle, j’espère que d’autres lectures vous divertiront plus agréablement. Milunisu

  5. Je n’ai pas du tout aimé cette histoire qui est, pour moi, trop malsaine mais j’ai découvert votre voix et votre interprétation avec plaisir. Egalement beaucoup apprécié les bruitages ainsi que la chanson.

    Votre voix où pointe quelque chose de noir et d’inquiétant est, me semble-t-il, idéale pour ce récit sombre et glaçant.

    Merci pour votre beau travail !

  6. La 1ère phase dit tout d’emblée, entre ce que le personnage croit être, sa prétendue “sensibilité” et sa réalité révoltante.
    Le ton bon enfant et désinvolte avec lequel Mirbeau fait se dérouler ce récit d’horreur est redoutable d’efficacité pour bousculer notre perception du monde et nos idées toutes faites.
    Merci à vous JAMINI pour votre message chaleureux et la fidélité de votre écoute. Milunisu

  7. Merci MILUNISU.
    Une fois encore votre voix, les choix audiovisuels que vous avez faits donnent une intensité au texte. Quelle ambiance!!! Quel malaise, et combien de doutes, de questions engendrés. Le titre de la nouvelle ne m’avait pas laissé supposer une telle cruauté. Les paradoxes exacerbés de Georges sont terriblement déconcertants, gênants, angoissants….. O. Mirbeau a atteint son but: il amène le lecteur à se poser les questions qui dérangent. Bravo à lui, bravo à vous MILUNISU.

  8. Oui, chère Brigitte, ce texte est fort inquiétant, voire révoltant. Il ne m’a pas été facile d’être la voix de ce personnage mais la qualité de la nouvelle est réelle. Ce texte renvoie clairement à l’eugénisme et à sa folie. Le débat reste malheureusement toujours cruellement actuel. L’article de Wikipédia sur ce thème est intéressant à parcourir :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Eug%C3%A9nisme
    Merci à vous pour votre intérêt. J’aurai l’occasion de lire d’autres nouvelles d’O. Mirbeau. Bien cordialement,
    Milunisu

  9. bonjour a vous Milunisu,
    merci beaucoup pour cette lecture envoutante – j’ai entendu pour la premiere fois Octave Mirbeau dans le journal d’une femme de chambre par Victoria (ah Victoria et sa voix de sirene….)
    . cet auteur est interessant bien qu’un peu inquietant. mais c’est vrai que sous des dehors polisses l’homme est inquietant et son gouffre est sans fond, tout comme le trou du recit.
    merci encore donc
    shalom de brigitte

  10. Bruno bonjour, je suis très heureux que vous ayez découvert et trouviez intérêt à ce site. Il est fourni en lectures très variées, ce qui vous permet de partir largement à l’aventure : grands romans en plusieurs volumes, nouvelles, poêmes de quelques minutes, textes philosophiques ou spirituels, textes historiques ou antiques… vous avez le choix.

    Le mieux, c’est au début de se laisser surprendre et progressivement de se faire aux auteurs et aux donneurs de voix avec lesquels vous vous trouverez le plus d’affinité.

    Pour l’aspect pratique, les livres sont souvent chapitrés, ce qui permet de les écouter au fur et à mesure. Dans cette longue nouvelle, l’auteur a inséré des coupures sans créer de chapitres véritables : c’est pourquoi, j’ai inséré des virgules sonores ou musicales pour respecter ces pauses.

    C’est également ce qu’a fait Sophie la girafe pour “Poil de Carotte”, texte constitué de petits tableaux successifs. Il est possible de s’arrêter à la virgule musicale et de mémoriser sur votre MP3 la position du curseur. Vous accéderez ensuite de façon accélérée à l’endroit désiré la fois suivante. Il serait dommage d’abandonner votre écoute pour cet aspect. Je vous souhaite de belles découvertes et de nombreuses heures de plaisir avec les lectures sur le site.
    Bien cordialement. Milunisu

  11. Bonjour,

    Je viens de découvrir ce site, il est génial.

    Je vous écoute sur mon MP3, quand je pars travailler, quand je fais la vaiselle, quand je suis au lavoir, quand je fais mes courses, etc.

    Je découvre des livres, des auteurs. Il y a trop à découvrir. Comment faire le bon choix dans tous ces livres ?

    Encore une petite chose, comment faites vous pour reprendre un livre audio là où vous l’avez laisser ? Pas de signet ? Je souhaite de tps en tps écouter autre chose mais comment y revenir là où je l’ai laissé. il faut recommencer du début

    J’ai recommencé quinze fois poil de carotte, à un moment ral le bol, j’ai laissé tomber.

    Un fan belge du site

  12. Votre message, cher Prof. Tournesol me touche sincèrement. J’ai en mémoire le travail de mise en ondes que vous aviez vous-même fait sur le “Système Ribadier” de Feydeau. Pour la ritournelle, je ne la connaissais pas avant de lire ce texte et grâce à internet (!) j’ai découvert qu’il s’agissait d’un air de Mignon, traduit d’un poëme de Goethe dont le texte, confronté à celui de Mirbeau, est d’autant plus cruel au 2nd degré :

    Connais-tu le pays où fleurit l’oranger,
    Le pays des fruits d’or et des roses vermeilles,
    Où la brise est plus douce et l’oiseau plus léger,
    Où dans toute saison butinent les abeilles,
    Où rayonne et sourit, comme un bienfait de Dieu,
    Un éternel printemps sous un ciel toujours bleu?

    Hélas! que ne puis-je te suivre
    Vers ce rivage heureux d’où le sort m’exila!
    C’est là, c’est là que je voudrais vivre,
    Aimer, aimer et mourir!
    C’est là que je voudrais vivre, c’est là! oui, c’est là!

    Connais-tu la maison où l’on m’attend là-bas?
    La salle aux lambris d’or où des hommes de marbre
    M’appellent dans la nuit en me tendant les bras,
    Et la cour où l’on danse à l’ombre d’un grand arbre,
    Et le lac transparent, où glissent sur les eaux
    Mille bateaux légers pareils à des oiseaux?

    Hélas! que ne puis-je te suivre
    Vers ce pays lointain d’où le sort m’exila!
    C’est là, c’est là que je voudrais vivre,
    Aimer, aimer et mourir!
    C’est là que je voudrais vivre, c’est là! oui, c’est là!

    Pour ce qui est de Mirbeau, il y a encore tant à lire et à faire découvrir, que je serai vraiment ravi de vous écouter avec cet auteur. Milunisu

  13. Superbe ! Quelle qualité et quel travail cette lecture a dû vous demander ! Le résultat est à la hauteur des espérances que j’avais en débutant l’écoute. L’histoire est sublime. Mirbeau est cruel, d’une noirceur parfois inquiétante. Et votre voix rend parfaitement cette atmosphère. Vous ne manquez pas non plus d’humour lorsque vous chantez la ritournelle du bossu… Tout cela avec une “réalisation” bluffante ! Je ne veux pas vous paraître flagorneur, mais j’admire réellement votre travail. C’est même pour moi une belle source d’inspiration : j’ai bien envie de reprendre la lecture de nouvelles de Mirbeau, et d’autres auteurs aussi…

    A bientôt,

    Vincent

  14. Merci Campagne pour votre sympathique commentaire . Moi aussi, je ne suis pas un grand lecteur ! Et Mirbeau je ne l’ai découvert que tardivement grâce à ce site d’ailleurs : pour continuer avec lui, je ne peux que vous encourager à écouter la belle lecture qu’a faite Victoria du “Journal d’une femme de chambre”. Bonnes découvertes sur le site. Milunisu

  15. je ne suis pas une grande lectrice. Mirabeau j’ai entendu parler. J’ai bien aimé la façon dont vous avez lu . l’histoire c’est la premiere fois que j’en registre sur un MP3
    et vous m’avez encourager a recommencer. je ne suis plus très jeune. et pendant une sieste c’est très agréable. merci encore je reviendrai. campagne

  16. Que dire ? Que dire ! C’est moi qui suis touché chère Sophie la girafe par votre enthousiasme et c’est à moi de vous remercier pour votre intérêt. Cela m’encourage à poursuivre dans les bruitages et ambiances sonores… Pour conclure un texte aussi terrible, voire terrifiant, j’espère que vous avez aimé la “vraie” et magnifique interprétation d’E. Grümmer en bouquet final du “Connais-tu le pays ?”. Je tenais à terminer par la note lumineuse de cette grande soprano. Amicalement. Milunisu

  17. Que dire? “Je n’sais pas…Je n’sais pas…” 😉 Si je sais! À recommander vivement à tous les adeptes de Mirbeau et aux autres…J’ai ADORÉ! Et le mot est faible. Il y avait un moment que je n’avais pris autant de plaisir à écouter une nouvelle. Tout y est, le rythme, la mise en scène, un vrai travail de pro.
    Un GRAND merci et un GRAND bravo!
    Amicalement
    Sophie