Luca Giordano, Mort de Caton d'Utique

De juger de la mort d’autrui (Essais II, 13)

Ces deux citations de l’Essai 13 du Livre II, De juger de la mort d’autrui sont une invitation à suivre la pensée de Montaigne sur un problème éternel.

« Quand nous jugeons de la fermeté des autres en face de la mort, ce qui est sans doute l’action la plus remarquable de la vie humaine, il faut prendre garde au fait que les gens croient difficilement qu’ils en sont arrivés là. Il en est peu qui meurent convaincus qu’ils ont atteint leur dernière heure, c’est là que l’illusion de l’espérance nous trompe le plus. Elle ne cesse de nous dire à l’oreille : « D’autres ont été bien plus malades sans mourir, l’affaire n’est pas aussi désespérée qu’on le pense, et au pis aller, Dieu a fait bien d’autres miracles. » C’est que nous faisons trop grand cas de nous. »

« Il n’est rien, à mon avis, de plus remarquable dans la vie de Socrate que d’avoir passé trente jours entiers à ruminer le décret qui le condamnait à mort, d’avoir envisagé celle-ci durant tout ce temps-là, de l’avoir attendue avec assurance, sans émoi, sans trouble, et avec un comportement et un discours montrant une attitude plutôt calme et nonchalante que tendue et agitée par le poids d’une telle méditation. »

Traduction : Guy de Pernon.
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Livre audio ajouté le 25/10/2014.
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Lu par René Depasse

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