Sur l’art de conférer (Essais III, 8)

Pascal qui n’aimait pas Montaigne l’appelle pourtant avec admiration : « l’incomparable auteur de L’Art de conférer » (Livre III, chapitre 8).
« Le plus fructueux et naturel exercice de notre esprit, c’est à mon gré la conférence. » écrit notre Gascon.

Le mot de « conférence » désignait au XVIème siècle une conversation (terme employé dans notre traduction moderne) ou une discussion plutôt qu’un exposé fait en public et pour Montaigne c’est aussi tout débat, toute communication orale, toute joute pour atteindre la vérité.

Quelques extraits : Comme on interrogeait Mélanthios sur ce qu’il pensait de la tragedie de Denys l’Ancien : « Je ne l’ai point vue, dit-il, tant elle est obscurcie par son langage. » La plupart de ceux qui jugent les discours des grands de ce monde devraient dire aussi :
« Je n’ai pas entendu ce qu’il disait, tant cela était obscurci par la gravité, la grandeur et la majesté. »

« Nous n’aimons guère la critique, et il faudrait au contraire la rechercher et s’y soumettre, quand elle se présente sous la forme de discussion et non de discours magistral. Quand on rencontre une opposition, on ne se demande même pas si elle est fondée, mais comment s’en débarrasser, à tort ou à raison. Au lieu de lui tendre la main, nous lui sortons les griffes. »

Traduction : Guy de Pernon.
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Illustration : Anonyme, Portrait de Montaigne
Livre audio ajouté le 07/09/2011.
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Lu par René Depasse

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2 Commentaires

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  1. ah!!quel plaisir, j’attends tous les soirs comme un enfant devant un sapin de nöel une nouvelle lecture de Montaigne en podcast!!!
    merci encore, un vrai plaisir que la lecture de cet homme si proche de nous